Oser renaître à
la vie
Quand viennent l’été et les vacances, qui de nous ne souhaite pas se désintoxiquer de la ville? Oui, nous voulons de la verdure et de l’air pur, car nous désirons nous ressourcer dans la nature pour renouer avec la paix et la joie intérieures.
Plus que jamais, nous avons besoin du recul, de la contemplation et du silence pour relire les événements de nos vies. Adieu le stress, adieu la déprime! Laissons nos soucis de côté pour aller humer l’air pur de nos montagnes, de nos lacs et de nos campagnes. Nous allons retrouver le bien-être et le véritable sens de notre existence dans la beauté, la magnificence de la création.
Cette saison de l’émerveillement est celle d’une nouvelle quête spirituelle, d’une nouvelle conquête intérieure. Jeter un regard d’amour sur toutes les beautés de la nature qui nous entoure, c’est se donner un espace de la liberté.
Mettons donc au menu cet été : la liberté, la paix, la joie, l’amour, la contemplation des étoiles, le respect de la planète, la musique, la lecture et, pour les croyants/es, la prière, la méditation. Ne faut-il pas décrocher du quotidien et de son « ratatinement mental » pour reprendre son souffle et se recentrer sur soi?
Dans notre jardin
intérieur, il est alors possible découvrir nos forces
et nos richesses.
Bien sûr, cela exige au préalable de se départir du
superflu. Comme le dit si
bien Pierre Rabhi : « Contrairement
à ce que dit la publicité, la joie intérieure ne
s’achète pas. Elle passe
nécessairement par le dépouillement »
Si vous vivez avec des jeunes, souvenez-vous que l’urgence est de les éveiller à la quête de sens et aux interrogations qui la fondent : l’amour, le sens de la vie, le mystère du mal, la recherche du bonheur, l’espérance, etc. Leur permettre d’entrer dans un tel questionnement est indispensable avant de leur parler d’une divinité. Bref, aider chaque jeune à découvrir son intériorité, c’est les orienter vers le beau, le vrai et le bon… soit vers l’essentiel.
Élargir son espace intérieur et retrouver la source en soi, cette démarche s’adresse à tous les êtres humains peu importe leur nationalité, leur situation économique, leur degré d’instruction et leur croyance ou non croyance.
Quelqu’un se dit chrétien? Qu’il écoute ceci : « Les chrétiens dorment sur un trésor ». Jean-Claude Guillebaud
Avec l’été et les vacances, nous avons un temps pour renaître à la vie, pourquoi ne pas en profiter?
La
saison du souffle de vie
À
notre réveil, chaque matin, quelle joie, pour ne pas dire quel
miracle, de
pouvoir crier : « Je suis toujours vivant,
vivante! » En nous,
il y a un principe de vie qu’on
désigne par le mot « âme ».
Celle-ci vient informer la matière, car elle donne le
souffle de vie à notre corps. Au
fil
des siècles, les
grands penseurs, croyants ou incroyants, l’ont
étudiée et approfondie.
Selon le
christianisme, l’âme humaine,
créée par la
volonté du Tout-Puissant, porte l’empreinte du divin. Le
prophète de Galilée a
bouleversé l’histoire de l’humanité quand il a
révélé que l’être humain, issu
du Vivant, est enfant de Dieu, enfant de Lumière. Conférant
une dimension exceptionnelle à la dignité humaine, il a affirmé sans
équivoque :
« Je suis
venu pour que vous
ayez la Vie et que vous l’ayez en abondance. » (Jn, 10,10)
Dans
leur recherche, les hommes, les femmes s’interrogent souvent à
savoir s’ils
sont un super animal ou un ange
déchu. À ce sujet, voici l’explication de trois
auteurs :
« L’âme
est ce qui met en
lien avec le monde spirituel, le monde des esprits, le
divin. L’âme
m’individualise dans mon être et dans mon agir. C’est ce qui me
rend unique au
monde. L’âme, c’est le souffle de vie. L’âme, c’est la soif
du beau, du grand,
du sublime, du parfait… L’âme, c’est le centre de ma vie
intérieure. L’âme,
c’est le centre d’où part ma croissance personnelle. » (MOMBOURQUETTE,
J., LADOUCEUR, M., et DESJARDINS-PROULX,
J., Je suis aimable, je suis capable,
Québec, éd. Novalis,
1996)
Sur notre
planète, quand plus d’un milliard de croyants, de croyantes
célèbrent le
magnifique temps de Pâques, quand des incroyants, des incroyantes
fêtent
l’équinoxe du printemps, c’est vraiment la période de
l’année où la vie – après
un long hiver - se déploie, se
manifeste
dans toute la nature et au cœur de la
vie spirituelle. Alors, des questions surgissent : comment prendre
soin de
votre âme? En d’autres mots, comment apprécier la vie? Comment
laisser notre âme s’épanouir en nous?
Pour les
chrétiens, les chrétiennes, le
Christ
ressuscité est la véritable source de Vie.
Sur ce,
bonne réflexion!
À l'heure où croyants et incroyants
délibèrent sur la place de la religion dans la
société, nous constatons la méconnaissance,
l'ignorance de plusieurs concernant l'héritage de la voie
spirituelle du christianisme. Nous n'avons qu'à lire les
articles de certains journalistes, qu'à écouter les
propos de certains politiciens ou animateurs à la radio et
à la télévision. Il ne faut pas se surprendre de
voir cet analphabétisme religieux générer une
foule d'âneries, de sottises.
(LEROUX, Georges, Éthique,
culture religieuse, dialogue, Montréal, éd. Fides,
2007, p.38)
(PORTELANCE, Colette, Relation
d'aide et amour de soi, Montréal, éd. du Cram,
1998)
(SERRES, Michel, La légende
des anges, Paris, éd. Flammarion, 1993)
(Entrevue télévisée avec la journaliste Denise
Bombardier)
(LEROUX, Georges, Éthique,
culture religieuse, dialogue,
Montréal, éd. Fides,
2007, P.76)
(TAYLOR, Charles, Les sources du moi,
Montréal, éd. Boréal, 1998, p. 648-649)
(GUILLEBAUD, Jean-Claude, La force
de conviction, Paris, éd. Seuil, 2005)
(COLLECTIF, Transmettre, Semaine sociale de France,
Paris, éd. Bayard, 2006,
p.81)
Ici, la croyance peut se révéler d’un secours décisif car…
(GUILLEBAUD, Jean-Claude, La force de conviction,
Paris, éd. Le
Seuil, 2005)
Le bonheur, vous y croyez? Qu'on soit athée ou croyant, qu'on soit chrétien ou
bouddhiste, nous sommes tous des êtres habités par des
questions existentielles. La quête du bonheur en est une. En
effet, tout ce qu'on fait dans la vie tend vers un but. De plus, nous
sommes toujours des êtres en devenir. Alors, où
trouvons-nous le bonheur? Est-ce dans la quantité d'objets: ordinateurs, automobiles,
maisons, argent? Plusieurs chercheront le bonheur à l'intérieur
d'eux-mêmes: - dans le fait de
donner un sens
à leur vie À quatre-vingt quinze ans, soeur Emmanuel,
dévouée aux enfants pauvres du Caire, affirme: "La clef du bonheur,
c'est la relation". Devant toutes ces pistes de recherche, le moins que l'on puisse
dire, c'est que le bonheur n'arrive pas par magie. Obsédé
par sa poursuite, l'individu d'aujourd'hui explore l'univers de la
consommation, du matérialisme, de la production, du plaisir
immédiat, etc. Résultat? Il vit dans un état de
perpétuelle insatisfaction. François Closet
reconnaîtra cette difficulté:
" Nous sommes confrontés
à un problème de civilisation, Pourquoi ce désarroi? Il vient du fait que l'être
humain est un être fini, limité et mortel qui aspire
à l'infini, à l'immortalité. Seul un bonheur
éternel saura le combler. Sur terre, croyants et incroyants tenteront d'atteindre le bonheur
dans le vécu des grandes valeurs: Certes, ceux et celles qui ont la foi sauront vivre, durant leur vie
terrestre, un état de sérénité, d'harmonie
et de paix. Mais cette félicité demeure toujours
relative, éphémère car le bonheur en
plénitude ne peut être atteint qu'en Dieu, l'être
absolu. Ils ont alors pour mission de réenchanter le monde
sachant que les petites joies quotidiennes sont autant de pas vers le
bonheur parfait, le ravissement suprême. Encore faut-il y croire? Réfléchir au bonheur, c'est déjà lui
ouvrir la porte et l'accueillir. Bonne réflexion!
Est-ce dans la sécurité, l'érotisme, les voyages,
la popularité?
Est-ce dans les besoins primaires: se nourrir, se
vêtir, se protéger, se reproduire?
- dans la
satisfaction de leur
besoin d'être aimé, compris, apprécié
- dans le
contentement de leur
désir et la réalisation de leurs rêves
- dans leur vie en
couple, en
famille, en société.
un problème que la
technologie,
si
perfectionnée soit-elle, ne peut résoudre."
c'est le désir sans manque et la
plénitude sans satiété."
non
de l'injustice, de l'agressivité et de la domination".
François de Closet
Si cette question se pose depuis longtemps, force nous est d'admettre qu'elle apparaît aujourd'hui dans un contexte différent. Tous les jours, nous sommes confrontés à une multitude de croyances. Comment oser dire que sa religion est la meilleure ? Par contre, si toutes les religions se valent, n'avons-nous pas raison de nous bricoler notre propre " petite religion " bien à nous, pas trop dérangeante ?
Avant d'aller plus loin, ne serait-il pas pertinent de nous demander si nous formulons la même question à propos d'autres réalités de la vie ? Est-ce que toutes les idéologies se valent ? Est-ce que toutes les politiques ont la même valeur ? Est-ce que toutes les pédagogies sont du pareil au même ? Est-ce que toutes les médecines se valent ? La réponse est assurément NON.
Il en est ainsi pour les religions. NON, elles ne se valent pas toutes. Il y en a qui ont une plus grande valeur intrinsèque que d'autres. Une idée ne peut être à la fois VRAIE et FAUSSE. À ce sujet, le psychiatre Yves Prigent a raison d'affirmer :
" Si je m'immerge totalement dans la société de l'hypersens où tout est programmé par le souci de rentabiliser son temps, ses relations, etc., ou encore dans cette société du non-sens où tout se vaut, tout est pareil, rien n'a d'importance, je peux perdre tout contact avec l'espace du dedans. "
Le problème de nos jours, c'est l'analphabétisme religieux. On ignore souvent les fondements de sa propre foi et on ne possède que des informations superficielles concernant les autres religions. Alors, quand on affirme que toutes les religions se valent et qu'on n'en connaît véritablement aucune, même pas la sienne, on peut se demander ce que vaut ce jugement.
Pourtant, plus une croyance nous incite à chercher la vérité, plus elle est supérieure à d'autres. Cette recherche exigeante, nous l'écartons souvent car nous avons été élevés dans une religion sans trop nous soucier de l'approfondir et de la confronter à d'autres. Alors, devant la diversité des traditions spirituelles, (catholicisme, christianisme, islamisme, bouddhisme), nous n'hésitons pas à nous réfugier dans un relativisme facile. Par exemple, si ma religion est bénéfique pour moi, c'est elle la bonne. Si l'autre croit que c'est sa religion qui est la meilleure, c'est donc elle la vraie. À l'évidence, il y a là une fausseté.
S'il faut reconnaître le pluralisme religieux, s'il faut apprécier la quête de la vérité dans toutes les religions, il ne faut pas céder à ce relativisme où toutes les religions se valent et où les vérités de chacune et chacun sont vraies. Seul l'approfondissement de notre foi peut nous éviter de verser dans ce mirage. Les grandes valeurs d'amour, de foi, de respect, de tolérance et de paix que partagent de nombreuses religions peuvent contribuer à l'harmonie entre elles mais n'autorisent pas à conclure qu'elles se valent toutes.
Si la religion est naturelle à l'être humain (l'athéisme étant un produit de notre époque), toute religion n'est pas aussi valable que l'autre. Face aux violences aveugles, aux catastrophes naturelles, au nihilisme et au pessimisme qui caractérisent notre époque, la religion authentiquement vécue tient très haut le flambeau de l'amour, de la liberté et de la vérité dans les esprits et dans les coeurs.Il n'est pas vrai que l'on doive tout tolérer. N'y a-t-il pas une place pour le discernement ?
Une approche constructive pour développer
l'estime de soi.
Tant en Europe qu'en Amérique, des milliers d'ouvrages sur l'estime de soi ont été publiés traitant principalement de son aspect soit philosophique, soit psychologique ou soit pédagogique. Il y a pourtant un autre chemin... celui de la découverte de son " univers intérieur ". Le célèbre neuropsychiatre Yves Prigent avait raison d'affirmer :
" Sans intériorité, l'âme s'essouffle, s'étouffe. La vie intérieure n'est pas un luxe, mais au contraire la base du développement de la personne. "
Si vous explorez votre " jardin intérieur ", vous découvrirez votre valeur fondamentale. Dès lors, l'idée que vous vous faites de vous-mêmes deviendra de plus en plus positive, constructive et vous fera aborder la vie avec enthousiasme.
Dans votre quête d'identité, vous atteindrez une perception de vous-mêmes plus juste et plus réaliste. Il en résultera une plus grande confiance en vous et, partant, un sentiment de sécurité. Une meilleure connaissance de vous-mêmes, vous révélera que vous êtes unique et alors vous saurez vous aimer. Faire ainsi la lumière en soi, c'est éviter d'être défini par les autres.
Dans votre quête de sens, vous apprendrez à vous comprendre et à comprendre le monde. Conscients que votre vie a un sens, vous serez motivés à socialiser, à aimer et respecter les autres... d'où une qualité de vie supérieure. Tout en vous donnant le droit à l'erreur, vous vous sentirez importants, compétents et rassurés face à l'avenir. Vous ne craindrez plus d'exprimer vos besoins, vos émotions et vos idées. Responsables, vous saurez vous engager dans des relations et dans des projets de vie.
Dans votre quête de transcendance, vous n'hésiterez pas à vous confronter aux grandes questions existentielles : les origines de la vie, l'existence d'un Créateur, le problème du mal (la souffrance), le pourquoi de la mort, l'au-delà de la vie, etc. Alors, vous apprivoiserez vos doutes et vous éprouverez la maîtrise de vos facultés intellectuelles et spirituelles. Cette recherche vous permettra de devenir plus conscients de la dignité de l'être humain, et, du même coup, de votre propre grandeur. Ainsi, votre estime de soi solidifiée ne pourra qu'accroître votre épanouissement personnel.
Dans votre quête de Dieu, vous serez invitez, selon les grandes traditions spirituelles, à vous enraciner dans l'amour. Pour le christianisme, vous n'aurez qu'à ouvrir l'Évangile et vous serez éblouis par un message d'amour inédit. Vous découvrirez cette extraordinaire dignité d'enfant de Dieu, d'enfant de lumière. Dès lors, " vous accepter tel que vous êtes " sera enthousiasmant et fera taire la critique intérieure, le défaitisme. L'amour de soi, des autres et de Dieu est à la source de l'estime de soi. Un sentiment d'accomplissement repose sur cet amour.
Il y aurait encore beaucoup à dire sur l'estime de soi qui peut se construire dans votre " jardin secret ". Ce texte n'est évidemment pas exhaustif. Si seulement, il pouvait vous inciter à emprunter cette voie éprouvée... Qui ne souhaite pas vivre avec le sentiment d'être reconnu, apprécié, estimé et aimé ? Sans l'estime de soi, est-il possible de nourrir ses rêves, ses désirs, ses espoirs ? Dans un parcours d'intériorité, l'estime de soi ne fonde pas sur l'avoir, le paraître, le faire mais sur l'ÊTRE. Il ne s'enseigne pas, il se vit.
Qui n'a pas une blessure de l'âme à guérir ?
Qui ne désire pas la délivrance de ses souffrances ?
Seule la descente en soi permet de résoudre nos contradictions et d'apaiser nos tensions intérieures. En s'arrêtant et en entrant en soi-même, nous pouvons réfléchir, relire les événements récents de notre vie et revisiter notre histoire.
Peu à peu, nous prenons conscience de ce que nous sommes, de ce que nous vivons ainsi que de nos valeurs et de nos forces. N'est-il pas important d'identifier la valeur fondamentale qui nous habite ?
Ce faisant, au fil des jours, nous apprenons à mieux nous connaître. Nous débusquons nos stress, nos peurs qui nous paralysent et nous pouvons mesurer nos talents, nos capacités. C'est un travail de longue haleine mais combien salutaire, combien bénéfique. De l'aliénation de nos angoisses, de nos préjugés, de nos idées noires, nous accédons à la liberté, à l'apaisement.
Cette métanoïa, cette conversion est la clé de notre guérison. Au manque d'estime de soi, succédera, progressivement, la confiance en soi, dans les autres et, pour ceux et celles qui ont le privilège de croire, en Dieu.
Il y aura certaines étapes à franchir comme, par exemple, celle du PARDON. En effet, la prise de conscience et la reconnaissance de nos blessures (rejet, mauvaises expériences, erreurs regrettables, culpabilité, pulsion de mort, etc.) exigent que nous puissions nous pardonner à nous-mêmes. C'est souvent le plus difficile. Pourtant, seul ce pardon procure une nouvelle naissance, une libération, une guérison. On comprend alors pourquoi les gens qui ont la foi puisent dans la miséricorde de leur Dieu.
Autre étape importante de la guérison, c'est l'AMOUR. Oui, guérir signifie en arriver à s'aimer et à aimer les autres. La route est parfois longue pour retrouver cet amour source de bonheur, mais le jeu n'en vaut-il pas la chandelle ? Cet effort nous conduira à l'ouverture aux autres, au don de soi, au partage, à la solidarité. Nous ne sommes pas seuls.
Enfin, le chemin de la guérison est celui de l'ESPÉRANCE, celui de la lumière. Traverser des crises, surmonter des obstacles qui ont marqué notre vie, cela ne se fait pas par magie. Il faut de la ténacité, de la persévérance dans notre travail sur soi. Il n'est donc pas surprenant de constater que toutes les grandes traditions spirituelles invitent à la PRIÈRE depuis des millénaires. " Le Seigneur est proche du coeur brisé. " (Ps.34)
Tout cela pour dire que la guérison du coeur est à la portée de tous. Certes, il faut de la volonté, de la compassion envers nous-mêmes, envers les autres et de l'humilité pour accepter d'être aidé si nécessaire. Pourquoi remettre cela à demain ?
À l'ère du vide, les
valeurs !
Pourquoi
s'intéresser aux valeurs ?
On peut y
répondre par deux autres questions.
- Peut-on donner un
sens à notre vie sans s'y référer ?
- Existe-t-il une éducation possible sans elles ?
À une époque
où l'on s'ingénie à tout démystifier,
à tout désacraliser, à tout laïciser, les
jeunes héritent d'une société à
l'ère du vide. Il n'est pas étonnant de voir un jeune
intitulé son premier livre : " Nous sommes les enfants de
personne. " (Jacques Guillebon, éd. Presse de la Renaissance.
Paris 2005)
Il n'y a pas une crise des valeurs mais plutôt une absence. Il
est donc important, pour ne pas dire urgent, de s'interroger : quelles
valeurs nous font vivre ? Pour les clarifier, certains les
désignent comme humaines, morales (éthiques) ou
spirituelles. D'autres préciseront en les qualifiant
d'affectives, d'esthétiques, de sociales, etc. Que ce soit
l'amour, la justice, le respect, la liberté… que ce soit la
paix, la fraternité, l'argent… nos valeurs imprègnent
tout ce que nous faisons. Elles nous protègent d'un "
je-m'en-foutiste ", d'un relativisme qui nous rend vulnérables
aux manipulations de tout genre : modes, idéologies,
médias, etc.
Au lieu de déplorer que les jeunes manquent de points de
repère, qu'ils ne distinguent plus le bien du mal, qu'ils n'ont
plus de principes, il faudrait leur offrir d'identifier et surtout
d'INTÉRIORISER les valeurs fondamentales comme la famille,
l'amour (amitié), le travail, la foi et la dignité
humaine. Cet exercice exige l'éveil de leur conscience et de
leur esprit critique tout en faisant appel à leur sens des
responsabilités et à leur engagement. Ils saisiront
comment les valeurs sont déterminantes dans les choix qu'ils ont
à faire. Au sortir d'un vide intérieur, de solides
valeurs ne peuvent-elles pas servir de tremplin pour aller de l'avant ?
Toute société n'a-t-elle pas besoin d'un minimum de
valeurs partagées pour la cohésion sociale?
Les grandes traditions spirituelles (christianisme, judaïsme,
bouddhisme, islamisme, etc.) avaient compris cela et, aujourd'hui, font
encore la promotion des valeurs universelles. L'exemple le plus
concret, ce sont les valeurs évangéliques vécues
et transmis par celui qui a bouleversé l'histoire de
l'humanité, Jésus de Nazareth.
En 2005, parents, professeurs, animateurs, animatrices désirent
toujours transmettre à notre jeunesse, un héritage de
valeurs éprouvées. Celles-ci ne sont-elles pas autant
d'étoiles à découvrir dans le ciel de leur "
jardin intérieur " ?
APPRENDS-MOI LE SILENCE
En Orient comme en Occident, les maîtres en spiritualité reconnaissent la nécessité du silence pour la méditation, la prière et pour toute démarche d'intériorité. Faut-il rappeler la phrase célèbre de Maître Eckart : " Il n'y a rien de plus semblable à Dieu que le silence."
Dans notre monde actuel inondé de paroles et de bruit où l'anonymat et l'individualisme priment, il est donc nécessaire d'ouvrir des espaces d'invitation au silence, des temps et des lieux d'écoute où les jeunes peuvent prendre du recul pour mieux s'ouvrir aux autres et se poser seuls face à eux-mêmes. C'est là un moyen de savoir qui ils sont vraiment et de se construire.
Certes, les jeunes désirent vivre des expériences profondes. Mais il leur arrive de passer leur temps à les chercher dans la mauvaise direction, c'est-à-dire, à l'extérieur d'eux-mêmes. La culture du zapping et celle du plaisir immédiat font qu'ils craignent et fuient le silence. Regardons le mal qu'ils ont à se mettre en silence, à y durer, à le supporter, même pour le travail scolaire.
Or, seul le silence leur permettra d'accéder à cet état de paix où l'essentiel s'accomplit au-dedans d'eux.
Pourtant, c'est possible de les initier au silence. Voici…
- Beaucoup de jeunes aiment se
retirer dans l'intimité de leur chambre.
- Certains apprécient faire silence lors d'une marche dans la
nature : en forêt, au bord de la mer, en montagne.
- D'autres sont intéressés à visiter ou à
séjourner dans un monastère et à y rencontrer des
moniales, des moines dont la vie les intrigue.
Jeunes et moins jeunes, payons nous le luxe de ces temps de pause, de silence et nous pourrons dire avec le Prophète :
" Je ne suis qu'un chercheur de silence, et quel trésor ai-je trouvé en mes silences que je ne puisse dispenser avec confiance. " ? Khalil Gibran.
Éduquer à
l’intériorité, quel défi!
Dans ce monde de vitesse et d’agitation,
quel jeune n’aspira pas de temps à autre à
s’arrêter, à se ressourcer, à faire une pause,
quoi! Autant les parents que les professionnels de l’éducation
reconnaissent ce besoin criant d’intériorité chez ces
jeunes qui vivent souvent à l’extérieur d’eux-mêmes
dans une spirale d’activités qui les empêchent de
construire leur personnalité profonde. Celle-ci risque ainsi de
s’étioler, de s’atrophier dans le superficiel.
Qu’apporte alors l’intériorité?
Un éveil de la conscience où les jeunes appren-
nent à relire les événements de leur vie et
à les relier entre eux découvrant du même coup le
monde intérieur qui les habite : pensées,
sentiments, émotions, découverte de soi et des autres,
spiritualité, etc.
Pour répondre à ce besoin, diverses possibilités
s’offrent aux pédagogue:
-inviter les jeunes à apprivoiser le silence, à faire le vide, à marcher dans la nature
-leur permettre de se réfugier dans la solitude (ex : visite d’un monastère) et de se retirer de leur milieu pour un certain temps
-leur donner des outils afin qu’ils puissent créer leur « jardin intérieur » en étant proactifs dans leur quête d’identité, leur quête de sens, leur quête de transcendance et leur quête de Dieu. (ex : le site: www.nidraj.ca ou le cédérom…i.e. l’intériorité dans le cyberespace.)
-leur offrir l’occasion de faire leur « journal personnel » au fil des jours en explorant leur univers intérieur avec un guide. (ex : le roman pédagogique : « Le Jardin de Catherine ».)
-si possible être à leur disposition par un service d’écoute et de relation d’aide. (ex : le cyberaccompagnement « EN PARLER » de Nidraj).
Voici donc quelques propositions pour parvenir
à mettre en œuvre d’une façon concrète la
découverte de l’intériorité. Tout cela pour
permettre aux jeunes de faire une relecture des
événements de leur vie et ainsi favoriser la construction
de leur être intérieur, de leur « jardin
secret »… « Un jardin secret où l’on
peut se retirer au moment des coups durs, des épreuves, des
mauvaises passes. (…) Un jardin secret pour se ressourcer, se
ré-inspirer, rebondir en confiance, repartir à neuf, pour
réenchanter sa vie, retrouver la joie et le goût de vivre,
d’aimer, de lutter et d’espérer. » p.17 ( Jacques
Gand’Maison, « Du jardin secret aux appels de la
vie », éd. Fides, Montréal 2004)
Aider les jeunes à découvrir leur espace intérieur
n’est certes pas facile, mais quel beau défi!
Ces lignes s’adressent à ceux et
celles qui se croient « des gens bien ». Autant
dire, à chacun de nous. Qui n’estime pas être
compétent et avoir du talent? Illusion ou réalité,
toujours est-il que nous avons la conviction d’être de bonnes
personnes devant les autres… et même devant Dieu. Après
tout, on ne fait de tord à autrui et on s’occupe de ses propres
affaires.
Pourtant, tous les jours nous expérimentons notre
fragilité. Tous les jours – si nous sommes croyants – nous
expérimentons la miséricorde de Dieu. Alors, dans notre
démarche intérieure, une question s’impose à
nous : avons-nous le courage de l’humilité? N’en faut-il
pas plus que jamais dans une société où tout est
fondé sur l’ambition, l’orgueil, le pouvoir et une soi-disant
efficacité?
Qui parmi nous n’a pas besoin d’être reconnu et
apprécié dans son milieu et, parfois, même au prix
d’écraser son prochain? Tout le langage social en est un de
promotion, de compétition, d’efficacité et de la loi du
plus fort. Comment concilier cela avec l’humilité?
Il serait mal venu de faire ici l’éloge du misérabilisme,
de la petitesse, de la résignation, de la pauvreté et de
l’infantilisme. Sans verser dans un défaitisme, on peut
s’interroger…Et si l’humilité s’avérait nécessaire
pour un véritable travail sur soi? Et si les textes
sacrés comme l’évangile avaient une certaine sagesse?
Dans notre vie intérieure, l’humilité engendre la
vérité sur notre valeur comme être humain porteur
du divin. Elle est alors une manière d’aimer avec dignité
dans notre famille, notre travail et nos relations. Cette
humilité est donc incontournable car elle met le cœur en accueil
des autres où que nous soyons : dans le métro, dans
le centre commercial, sur la rue ou au fond d’une église. Elle
permet de faire la lumière en nous et de déceler, de
dénoncer les injustices, les inégalités. Elle nous
rend solidaires de nos frères te sœurs victimes de la
manipulation des médias et de l’exploitation sous toutes ses
formes. Bref, cette petite vertu de l’humilité exige beaucoup
d’audace.
Alors, à chacune et chacun de se demander : ai-je le
courage de cette humilité?
Combien de milliards dépense-t-on pour explorer l'espace? Combien de savants mobilise-t-on? Et si l'avenir de l'humanité se fondait sur l'exploration de notre univers intérieur? Combien d'efforts et de temps serions-nous prêts à y consacrer? Quelqu'un a déjà dit :
" La vie ne peut se renouveler qu'en se reliant au plus profond de nous et en aidant les autres à se relier au plus profond d'eux-mêmes. " (Rolande Biès)
C'est précisément ce à quoi nous convie une démarche d'intériorité. Est-ce si difficile?
Si les jeunes sont une richesse pour l'avenir, ils sont vulnérables. Comment contrer cette fragilité si ce n'est en les aidant à se construire intérieurement. L'amour, les valeurs, le sens de la vie, la connaissance de soi, la dignité de la personne, l'estime de soi, l'altruisme, le courage, la foi en Dieu, l'affrontement de la souffrance, le respect, le sens de l'effort, le bonheur… voilà autant de piliers sur lesquels édifier leur vie.
Pour cela, une attitude positive est nécessaire. Finies les fuites dans le tourbillon des activités extérieures, dans le superficiel et dans le matérialisme. Grandir intérieurement exige de faire la vérité en soi, de percevoir le véritable sens des réalités et de s'engager dans la voie de la confiance en soi, de l'équilibre et de l'harmonie. C'est aussi trouver sa place dans le monde en s'occupant de l'essentiel et en se délestant de ce qui encombre notre existence. Il importe alors, à chacune et chacun dans sa vie personnelle et sociale, de bien identifier ses désirs et ses besoins.
Pour aller plus loin, il reste à choisir ses nourritures spirituelles avec autant de soin que nous mettons à surveiller notre alimentation au plan physique. Par exemple, quelles sont les pensées, les lectures qui nourrissent nos désirs, nos motivations, nos prières, nos projets? Pour le croyant, il y a les textes sacrés; pour l'agnostique, l'athée, il y a la conscience.
Dans notre société éclatée où les valeurs sont confuses, n'est-il pas urgent d'approfondir sa vie intérieure pour espérer se construire une vision de l'existence cohérente porteuse de fécondité, d'évolution et d'espoir?
Un cri du cœur… un cri vers le ciel.
Dans un climat de guerre, d’épidémie, de catastrophes naturelles, la spiritualité ne saurait nous tenir à l’écart du monde.
Ainsi, devant l’ampleur du désastre du tsunami en Asie, il y a eu cet impératif besoin de crier vers le ciel de toute son âme…. c’est-à-dire, de se recueillir et de prier. Qu’elles soient chrétiennes, bouddhistes, musulmanes et même incroyantes, des milliards de personnes sur tous les continents ont imploré le ciel… et leur Dieu.
Devant ce phénomène qui se vérifie chez tous les peuples de la planète depuis des millénaires, on peut s’interroger : pourquoi au cœur de nos désirs, de nos inquiétudes et de nos attentes qui tissent la trame de notre vie quotidienne, surgit la prière?
Peut-être parce que ces moments d’intériorité
redonnent sens à nos vies?
Peut-être qu’ils nous permettent d’être et non
seulement d’exister?
Peut-être que ces instants de prières sont un
moyen d’exprimer notre solidarité?
Chose certaine, dans un monde éclaté, plus que jamais nous avons besoin de recul, de silence et d’un lien avec UN PLUS GRAND QUE SOI pour être porteur de confiance, de paix et de fraternité.
Même si l’agnostique et l’athée peuvent indéniablement faire une démarche d’intériorité, les croyants ont, par la prière, une force qui soulève le monde. Depuis la nuit des temps et dans toutes les civilisations, les femmes, les hommes et les enfants ont puisé à cette source pour retrouver l’estime de soi, pour vivre en harmonie avec la nature, pour développer une conscience sociale, pour émerger du superficiel et accéder à l’essentiel… bref, pour vivre une vraie liberté.
Pourquoi s’en priver?