Pour une
véritable renaissance
Quand
survient un grand événement comme les Jeux
Olympiques, on s’empresse de cacher les
itinérants et tous les misérables. On
voudrait les voir disparaître. Dans notre
société, les pauvres, les malades, les
handicapés, les vieillards dérangent. Bien
sûr, lors de tragiques cataclysmes comme en
Haïti et au Chili, il y a les gestes de
solidarité de toute la communauté
internationale envers les victimes. Ainsi, après
avoir vu ce qu’il y a de pire chez l’être humain,
apparaît alors ce qu’il y a de meilleur.
Entre
la compassion et la barbarie que choisir? Nous pouvons
nous demander si notre monde gouverné par
l’économie a rompu avec la compassion pourtant au
cœur de toutes les grandes traditions spirituelles.
Il
faut dire que chez les biens nantis, la grande
préoccupation est de s’assurer mur à
mur : assurances santé, assurances
automobile, assurances contre le vol et les incendies,
assurances voyage, bref, assurances contre toutes sortes
de peurs, de dangers anticipés. Nous avons
l’obsession du risque zéro nous imaginant
qu’ainsi nous n’aurons pas à dépendre de
la compassion des autres. Pourtant, la peur ne
demeure-t-elle pas présente dans nos vies?
Etty
Hillesum avait raison d’affirmer : « Cette peur de ne pas tout
avoir dans la vie, c’est elle qui nous fait tout
manquer. Elle nous empêche d’atteindre
l’essentiel. »
Il
est vrai que, bien protégés, nous sommes
indépendants, individualistes et nous nous
croyons en sécurité sur cette
planète qui devient de plus en plus une jungle.
Alors,
comment
retrouver
notre
humanité
qui
sombre
de
plus
en
plus
dans la barbarie quand la loi du plus fort menace
l’égalité entre tous?
Malgré
les
immenses
progrès
scientifiques,
nous
ne
pouvons
fermer
les
yeux
sur
les dérives concernant l’euthanasie,
l’eugénisme. Les changements sont-ils trop
rapides? Dans un contexte de mondialisation, il faut
avouer notre impuissance face à
l’évolution souvent débridée en
économie et en techno science.
Que
faire devant cette humanité qui se
déshumanise? Quelle place accordons-nous à
notre vie spirituelle? Quand notre époque
privilégie le rendement, l’efficacité et
la compétitivité, savons-nous prendre soin
de notre espace intérieur? N’oublions pas :
« Le
dernier enjeu : résister aux
idéologies grâce à
l’intériorité. Celle-ci est le dernier
bastion de la liberté profonde. »
Annie Leduc,
psychologue
Alors,
n’avons-nous pas à retrouver notre être
intérieur? Et l'avenir des jeunes?
«Vous
avez
des
écoles
de
vaste
érudition,
omettant
le
fait
que
la
sagesse
provient de
l’intérieur. » R.
Herman
Y
a-t-il longtemps que vous n’êtes pas allé
dans votre jardin intérieur? www.nidraj.ca
L’intériorité
est
un
lieu
d’intégration
de
notre
être
profond.
En
cultivant
notre
jardin intérieur, nous découvrons notre
valeur fondamentale.
« Ne
t’en vas pas dehors, retourne en toi-même, la
vérité habite en l’être
intérieur. » Saint Augustin
L’intériorité
nous
ouvre
à
la
fraternité,
à
la
compassion
et
à
l’espérance.
Faites
en l’expérience!
Vers une ère nouvelle…
Que
ce soit en France, en Belgique, en Suisse… que ce
soit aux États-Unis, au Canada ou au
Québec, il y a une métamorphose
concernant l’expression du sentiment religieux. Ce
phénomène est observé
à travers le monde tant par les croyants
que les incroyants.
Pour
comprendre ce changement, considérons deux
endroits où se vit la
laïcité : la France et le
Québec. Depuis quelques décennies,
nous assistons à la promotion d’une
approche antireligieuse. Est-ce dû à
la sécularisation de la
société? Pas uniquement. Il s’agit
plutôt d’une réaction à la
dominance de l’Église catholique qui a
géré avec autorité la vie de
la population. S’il y a eu des bienfaits
reliés à la
chrétienté, il y a eu de
déplorables dérapages.
Au
Québec, nombre de personnes et tout
spécialement les incroyants (athées,
agnostiques, laïcistes, etc.) ont
clamé leur insatisfaction et ont fait la
promotion de leur doctrine sur toutes les tribunes
avec un prosélytisme sans gêne. Ce
faisant, ils copiaient la France d’il y a deux
siècles en se réclamant
paradoxalement de la modernité.
Souvenons-nous du célèbre philosophe
Peter Sloterdijk qui écrivait : «
Se libérer de l’obsession antireligieuse
est un signe de santé mentale, même
si le laïcisme acharné est
compréhensible compte-tenu du fait que le
christianisme a été longtemps
instrumentalisé »
Heureusement,
au
début
du troisième millénaire, le vent
tourne. Ces gens pour qui la croyance de l’autre
est insupportable n’ont plus l’écoute d’une
population qui découvre de plus en plus et
de mieux en mieux son héritage. Celle-ci ne
croit plus que ses ancêtres étaient
tous des gens bornés et stupides. Elle ne
rejette plus en bloc leurs convictions. Dès
lors, il apparait de plus en plus que le
mépris n’a plus la cote. Ils sont de moins
en moins nombreux à vomir sur la religion
et à soutenir qu’elle est la plus
néfaste des séductions.
À
ce
sujet,
selon
l’auteur Jean-Claude Guillebaud, la France a
évolué car « les
communautés religieuses ne sont plus
perçues par l’État laïc
comme des puissances rivales. Elles se voient,
tout au contraire, convoquées par ce
dernier, consultées et
reconsultées de mille façons en
qualité de gardiennes du sens, de
l’éthique, des valeurs où de la
morale (…). Que l’on pense aux
précautions nouvelles que prend
désormais l’État pour capter le
soutien des
« confessions » et des
autorités religieuses qu’il combattait
hier avec la dernière
énergie. »
Il
y
a là de quoi donner de l’urticaire aux
laïcistes du Québec. Pourtant, le
phénomène commence à se
manifester en Amérique. De plus en plus
d’adeptes de la laïcité
perçoivent ce qu’ils appellent les
mensonges du laïcisme et prennent leur
distance face à cette doctrine. Nous
assistons alors au déclin d’un discours
trompeur. Cette transformation s’inscrit dans une
métamorphose mondiale du
phénomène religieux.
(GUILLEBAUD, J-Claude, Le
commencement d’un monde, Paris, éd.
du Seuil, 2008, p. 207)
À
la conquête d’un univers fascinant
Nous vivons à une époque où s’effectuent d’importantes recherches scientifiques dans tous les domaines : informatique, astronomie, médecine, moyens de communication, etc. Nous pouvons nous en réjouir et espérer qu’elles servent au bien-être de la collectivité.
Il arrive cependant qu’un secteur soit négligé, oublié. Par exemple, ne sommes-nous pas à l’ère de la conquête spatiale? Des milliers de savants travaillent à la Nasa dont le budget en 2009 dépassera les 17 milliards. Des pays s’unissent pour construire la station spatiale : les Etats-Unis, le Canada, la Russie, le Japon et les onze membres de l’agence européenne. Ainsi, temps, énergies, argent, rien n’est négligé pour la réussite de ce gigantesque projet.
Alors, qu’on investit autant pour la découverte de l’UNIVERS SPATIAL, que faisons-nous pour l’exploration de notre UNIVERS INTÉRIEUR? Avons-nous la volonté de nous engager dans cette passionnante aventure d’un travail sur soi et d’y mettre notre temps, nos talents et nos forces?
Voyons cela d’un peu
plus près.
Comment nous élancer vers notre espace
intérieur ?
Il faut d’abord apprivoiser le silence et ce faisant quitter le monde du dehors pour notre univers intime. Nous avons donc à nous détacher des choses extérieures pour nous consacrer à celles du dedans.
Il y a là une sagesse qui nous invite à éviter la précipitation, à rechercher le calme, à être à l’écoute de notre vie intérieure, à méditer, à faire la vérité en soi et à accueillir notre propre mystère. Assez vite, nous réaliserons que nous sommes très peu avancés dans cette connaissance comme l’écrivait le philosophe Martin Heidegger :
« Aucune
époque, il est vrai, n’a accumulé des
connaissances aussi nombreuses que la nôtre. Aucune
époque n’a réussi à rendre ce savoir
aussi aisément accessible… mais également,
aucune époque n’a moins su ce qu’est l’être
humain. »
Pourtant, il y a des merveilles en nous. Oui, au centre de notre être, il y a un jardin secret doté d’une source d’où peut jaillir l’amour, paix, liberté, vérité, beauté, bonté et lumière. C’est là où nous puisons l’équilibre et l’unité, fondements d’une réelle joie de vivre. Retrouvant la sérénité, nous atteignons la quête d’harmonie.
Toutes ces richesses au plus profond de nous sont à cultiver par une pratique quotidienne car, comme l’exprimait Colette Portelance : « Notre expérience de chaque jour nous démontre l’utilité, la nécessité de la vie intérieure ».
Maintenant, que
faire pour avancer dans cette voie?
Simplement réfléchir à la question
suivante : quelle est la qualité de notre amour?
Ce faisant, nous aurons de plus en plus la conviction que
l’essentiel de la vie est à l’intérieur de nous et
nous est accessible. Sommes-nous prêt à y investir?
Bien sûr, nous avons tous des périodes d’angoisse, de peine, de découragement. Il nous arrive de devoir combattre un mal d’être, un mal à l’âme. En puisant dans les ressources de notre for intérieur, nous misons sur ce qu’il y a de meilleur en nous et nous découvrons des forces insoupçonnées. S’ouvre alors un chemin de guérison où il est possible de nous réconcilier avec nous-mêmes et avec la vie. Nous pouvons rechercher la compassion, la vérité et l’authenticité dans nos rapports avec nous-mêmes, avec les autres et avec Dieu.
Maintenant
quel
est le but d’une telle démarche
d’intériorité?
Atteindre ce qu’il y de plus important, de plus essentiel :
le bonheur.
Et le vrai bonheur vient de l’intérieur. D’où la
nécessité de s’abreuver à la source tout au
fond de nous-mêmes.
Nous voulons être heureux? Envolons-nous à la découverte de notre espace intérieur. À chacune et chacun d’en faire l’expérience !
Oser
renaître à la vie
Quand viennent l’été et les vacances, qui de nous ne souhaite pas se désintoxiquer de la ville? Oui, nous voulons de la verdure et de l’air pur, car nous désirons nous ressourcer dans la nature pour renouer avec la paix et la joie intérieures.
Plus que jamais, nous avons besoin du recul, de la contemplation et du silence pour relire les événements de nos vies. Adieu le stress, adieu la déprime! Laissons nos soucis de côté pour aller humer l’air pur de nos montagnes, de nos lacs et de nos campagnes. Nous allons retrouver le bien-être et le véritable sens de notre existence dans la beauté, la magnificence de la création.
Cette saison de l’émerveillement est celle d’une nouvelle quête spirituelle, d’une nouvelle conquête intérieure. Jeter un regard d’amour sur toutes les beautés de la nature qui nous entoure, c’est se donner un espace de la liberté.
Mettons donc au menu cet été : la liberté, la paix, la joie, l’amour, la contemplation des étoiles, le respect de la planète, la musique, la lecture et, pour les croyants/es, la prière, la méditation. Ne faut-il pas décrocher du quotidien et de son « ratatinement mental » pour reprendre son souffle et se recentrer sur soi?
Dans notre jardin
intérieur, il est alors possible
découvrir nos forces et nos richesses. Bien
sûr, cela exige au préalable de se
départir du superflu. Comme le dit si bien Pierre
Rabhi : « Contrairement
à ce que dit la publicité, la joie
intérieure ne s’achète pas. Elle passe
nécessairement par le
dépouillement »
Si vous vivez avec des jeunes, souvenez-vous que l’urgence est de les éveiller à la quête de sens et aux interrogations qui la fondent : l’amour, le sens de la vie, le mystère du mal, la recherche du bonheur, l’espérance, etc. Leur permettre d’entrer dans un tel questionnement est indispensable avant de leur parler d’une divinité. Bref, aider chaque jeune à découvrir son intériorité, c’est les orienter vers le beau, le vrai et le bon… soit vers l’essentiel.
Élargir son espace intérieur et retrouver la source en soi, cette démarche s’adresse à tous les êtres humains peu importe leur nationalité, leur situation économique, leur degré d’instruction et leur croyance ou non croyance.
Quelqu’un se dit chrétien? Qu’il écoute ceci : « Les chrétiens dorment sur un trésor ». Jean-Claude Guillebaud
Avec l’été et les vacances, nous avons un temps pour renaître à la vie, pourquoi ne pas en profiter?
La saison du
souffle de vie
À
notre réveil, chaque matin, quelle joie, pour ne pas
dire quel miracle, de pouvoir crier : « Je
suis toujours vivant, vivante! » En nous, il y a
un principe de vie qu’on désigne par
le mot « âme ».
Celle-ci
vient
informer
la
matière,
car
elle donne le souffle de vie à notre
corps. Au fil des
siècles, les grands
penseurs, croyants ou incroyants, l’ont
étudiée et approfondie.
Selon le christianisme,
l’âme humaine,
créée par la volonté du Tout-Puissant,
porte l’empreinte du divin. Le prophète de
Galilée a bouleversé l’histoire de
l’humanité quand il a révélé que
l’être humain, issu du Vivant, est enfant de Dieu,
enfant de Lumière. Conférant
une dimension exceptionnelle à la dignité
humaine, il
a affirmé sans équivoque :
« Je
suis venu pour que vous ayez la Vie et que vous l’ayez en
abondance. » (Jn, 10,10)
Dans leur recherche, les
hommes, les femmes s’interrogent souvent à savoir
s’ils sont un super animal ou un ange
déchu. À ce sujet, voici l’explication de
trois auteurs :
« L’âme
est
ce
qui
met
en
lien
avec
le
monde spirituel, le monde des esprits, le
divin. L’âme m’individualise dans mon
être et dans mon agir. C’est ce qui me rend unique
au monde. L’âme, c’est le souffle de vie.
L’âme, c’est la soif du beau, du grand, du sublime,
du parfait… L’âme, c’est le centre de ma vie
intérieure. L’âme, c’est le centre
d’où part ma croissance personnelle. »
(MOMBOURQUETTE, J., LADOUCEUR, M., et
DESJARDINS-PROULX, J., Je suis aimable, je suis
capable, Québec, éd.
Novalis, 1996)
Sur notre
planète, quand plus d’un milliard de croyants, de
croyantes célèbrent le magnifique temps de
Pâques, quand des incroyants, des incroyantes
fêtent l’équinoxe du printemps, c’est vraiment
la période de l’année où la vie –
après un long hiver - se
déploie, se manifeste dans toute la nature et au cœur
de la
vie spirituelle. Alors, des questions surgissent :
comment prendre soin de votre âme? En d’autres mots,
comment apprécier la vie? Comment laisser notre âme
s’épanouir en nous?
Pour les
chrétiens, les chrétiennes,
le Christ ressuscité est la véritable source
de Vie.
Sur ce, bonne
réflexion!
À l'heure où croyants et incroyants
délibèrent sur la place de la religion
dans la société, nous constatons la
méconnaissance, l'ignorance de plusieurs
concernant l'héritage de la voie spirituelle du
christianisme. Nous n'avons qu'à lire les
articles de certains journalistes, qu'à
écouter les propos de certains politiciens ou
animateurs à la radio et à la
télévision. Il ne faut pas se surprendre
de voir cet analphabétisme religieux
générer une foule d'âneries, de
sottises.
(LEROUX, Georges, Éthique,
culture
religieuse, dialogue, Montréal,
éd. Fides, 2007, p.38)
(PORTELANCE, Colette, Relation
d'aide
et amour de soi, Montréal, éd. du
Cram, 1998)
(SERRES, Michel, La
légende des anges, Paris, éd.
Flammarion, 1993)
(Entrevue télévisée avec la
journaliste Denise Bombardier)
(LEROUX, Georges, Éthique,
culture
religieuse, dialogue,
Montréal, éd. Fides, 2007, P.76)
(TAYLOR, Charles, Les
sources du moi, Montréal, éd.
Boréal, 1998, p. 648-649)
(GUILLEBAUD, Jean-Claude, La force de conviction, Paris,
éd. Seuil, 2005)
(COLLECTIF, Transmettre, Semaine
sociale de France, Paris, éd. Bayard, 2006, p.81)
Ici, la croyance peut se révéler d’un secours décisif car…
(GUILLEBAUD, Jean-Claude, La force de
conviction, Paris, éd. Le Seuil, 2005)
Le bonheur, vous y croyez?
Qu'on
soit athée ou croyant, qu'on soit chrétien
ou bouddhiste, nous sommes tous des êtres
habités par des questions existentielles. La
quête du bonheur en est une. En effet, tout ce qu'on
fait dans la vie tend vers un but. De plus, nous sommes
toujours des êtres en devenir. Alors, où
trouvons-nous le bonheur?
Est-ce
dans la quantité d'objets: ordinateurs,
automobiles, maisons, argent?
Est-ce dans la sécurité, l'érotisme,
les voyages, la popularité?
Est-ce dans les besoins primaires: se nourrir, se
vêtir, se protéger, se reproduire?
Plusieurs chercheront le bonheur à l'intérieur d'eux-mêmes:
- dans le fait de donner
un sens à leur vie
- dans
la satisfaction de leur besoin d'être aimé,
compris, apprécié
- dans
le contentement de leur désir et la
réalisation de leurs rêves
- dans
leur vie en couple, en famille, en société.
À
quatre-vingt quinze ans, soeur Emmanuel,
dévouée aux enfants pauvres du Caire,
affirme:
"La clef du bonheur, c'est
la relation".
Devant
toutes ces pistes de recherche, le moins que l'on puisse
dire, c'est que le bonheur n'arrive pas par magie.
Obsédé par sa poursuite, l'individu
d'aujourd'hui explore l'univers de la consommation, du
matérialisme, de la production, du plaisir
immédiat, etc. Résultat? Il vit dans un
état de perpétuelle insatisfaction.
François Closet reconnaîtra cette
difficulté:
" Nous sommes
confrontés à un problème de
civilisation,
un problème que la technologie,
si
perfectionnée soit-elle, ne peut
résoudre."
Pourquoi
ce désarroi? Il vient du fait que l'être
humain est un être fini, limité et mortel qui
aspire à l'infini, à l'immortalité.
Seul un bonheur éternel saura le combler.
Sur
terre, croyants et incroyants tenteront d'atteindre le
bonheur dans le vécu des grandes valeurs:
Certes,
ceux et celles qui ont la foi sauront vivre, durant leur
vie terrestre, un état de
sérénité, d'harmonie et de paix. Mais
cette félicité demeure toujours relative,
éphémère car le bonheur en
plénitude ne peut être atteint qu'en Dieu,
l'être absolu. Ils ont alors pour mission de
réenchanter le monde sachant que les petites joies
quotidiennes sont autant de pas vers le bonheur parfait,
le ravissement suprême. Encore faut-il y croire?
Réfléchir
au bonheur, c'est déjà lui ouvrir la porte
et l'accueillir.
Bonne
réflexion!
Si cette question se pose depuis longtemps, force nous est d'admettre qu'elle apparaît aujourd'hui dans un contexte différent. Tous les jours, nous sommes confrontés à une multitude de croyances. Comment oser dire que sa religion est la meilleure ? Par contre, si toutes les religions se valent, n'avons-nous pas raison de nous bricoler notre propre " petite religion " bien à nous, pas trop dérangeante ?
Avant d'aller plus loin, ne serait-il pas pertinent de nous demander si nous formulons la même question à propos d'autres réalités de la vie ? Est-ce que toutes les idéologies se valent ? Est-ce que toutes les politiques ont la même valeur ? Est-ce que toutes les pédagogies sont du pareil au même ? Est-ce que toutes les médecines se valent ? La réponse est assurément NON.
Il en est ainsi pour les religions. NON, elles ne se valent pas toutes. Il y en a qui ont une plus grande valeur intrinsèque que d'autres. Une idée ne peut être à la fois VRAIE et FAUSSE. À ce sujet, le psychiatre Yves Prigent a raison d'affirmer :
" Si je m'immerge totalement dans la société de l'hypersens où tout est programmé par le souci de rentabiliser son temps, ses relations, etc., ou encore dans cette société du non-sens où tout se vaut, tout est pareil, rien n'a d'importance, je peux perdre tout contact avec l'espace du dedans. "
Le problème de nos jours, c'est l'analphabétisme religieux. On ignore souvent les fondements de sa propre foi et on ne possède que des informations superficielles concernant les autres religions. Alors, quand on affirme que toutes les religions se valent et qu'on n'en connaît véritablement aucune, même pas la sienne, on peut se demander ce que vaut ce jugement.
Pourtant, plus une croyance nous incite à chercher la vérité, plus elle est supérieure à d'autres. Cette recherche exigeante, nous l'écartons souvent car nous avons été élevés dans une religion sans trop nous soucier de l'approfondir et de la confronter à d'autres. Alors, devant la diversité des traditions spirituelles, (catholicisme, christianisme, islamisme, bouddhisme), nous n'hésitons pas à nous réfugier dans un relativisme facile. Par exemple, si ma religion est bénéfique pour moi, c'est elle la bonne. Si l'autre croit que c'est sa religion qui est la meilleure, c'est donc elle la vraie. À l'évidence, il y a là une fausseté.
S'il faut reconnaître le pluralisme religieux, s'il faut apprécier la quête de la vérité dans toutes les religions, il ne faut pas céder à ce relativisme où toutes les religions se valent et où les vérités de chacune et chacun sont vraies. Seul l'approfondissement de notre foi peut nous éviter de verser dans ce mirage. Les grandes valeurs d'amour, de foi, de respect, de tolérance et de paix que partagent de nombreuses religions peuvent contribuer à l'harmonie entre elles mais n'autorisent pas à conclure qu'elles se valent toutes.
Si la religion est naturelle à l'être humain (l'athéisme étant un produit de notre époque), toute religion n'est pas aussi valable que l'autre. Face aux violences aveugles, aux catastrophes naturelles, au nihilisme et au pessimisme qui caractérisent notre époque, la religion authentiquement vécue tient très haut le flambeau de l'amour, de la liberté et de la vérité dans les esprits et dans les coeurs.Il n'est pas vrai que l'on doive tout tolérer. N'y a-t-il pas une place pour le discernement ?
Une approche constructive pour
développer l'estime de soi.
Tant en Europe qu'en Amérique, des milliers d'ouvrages sur l'estime de soi ont été publiés traitant principalement de son aspect soit philosophique, soit psychologique ou soit pédagogique. Il y a pourtant un autre chemin... celui de la découverte de son " univers intérieur ". Le célèbre neuropsychiatre Yves Prigent avait raison d'affirmer :
" Sans intériorité, l'âme s'essouffle, s'étouffe. La vie intérieure n'est pas un luxe, mais au contraire la base du développement de la personne. "
Si vous explorez votre " jardin intérieur ", vous découvrirez votre valeur fondamentale. Dès lors, l'idée que vous vous faites de vous-mêmes deviendra de plus en plus positive, constructive et vous fera aborder la vie avec enthousiasme.
Dans votre quête d'identité, vous atteindrez une perception de vous-mêmes plus juste et plus réaliste. Il en résultera une plus grande confiance en vous et, partant, un sentiment de sécurité. Une meilleure connaissance de vous-mêmes, vous révélera que vous êtes unique et alors vous saurez vous aimer. Faire ainsi la lumière en soi, c'est éviter d'être défini par les autres.
Dans votre quête de sens, vous apprendrez à vous comprendre et à comprendre le monde. Conscients que votre vie a un sens, vous serez motivés à socialiser, à aimer et respecter les autres... d'où une qualité de vie supérieure. Tout en vous donnant le droit à l'erreur, vous vous sentirez importants, compétents et rassurés face à l'avenir. Vous ne craindrez plus d'exprimer vos besoins, vos émotions et vos idées. Responsables, vous saurez vous engager dans des relations et dans des projets de vie.
Dans votre quête de transcendance, vous n'hésiterez pas à vous confronter aux grandes questions existentielles : les origines de la vie, l'existence d'un Créateur, le problème du mal (la souffrance), le pourquoi de la mort, l'au-delà de la vie, etc. Alors, vous apprivoiserez vos doutes et vous éprouverez la maîtrise de vos facultés intellectuelles et spirituelles. Cette recherche vous permettra de devenir plus conscients de la dignité de l'être humain, et, du même coup, de votre propre grandeur. Ainsi, votre estime de soi solidifiée ne pourra qu'accroître votre épanouissement personnel.
Dans votre quête de Dieu, vous serez invitez, selon les grandes traditions spirituelles, à vous enraciner dans l'amour. Pour le christianisme, vous n'aurez qu'à ouvrir l'Évangile et vous serez éblouis par un message d'amour inédit. Vous découvrirez cette extraordinaire dignité d'enfant de Dieu, d'enfant de lumière. Dès lors, " vous accepter tel que vous êtes " sera enthousiasmant et fera taire la critique intérieure, le défaitisme. L'amour de soi, des autres et de Dieu est à la source de l'estime de soi. Un sentiment d'accomplissement repose sur cet amour.
Il y aurait encore beaucoup à dire sur l'estime de soi qui peut se construire dans votre " jardin secret ". Ce texte n'est évidemment pas exhaustif. Si seulement, il pouvait vous inciter à emprunter cette voie éprouvée... Qui ne souhaite pas vivre avec le sentiment d'être reconnu, apprécié, estimé et aimé ? Sans l'estime de soi, est-il possible de nourrir ses rêves, ses désirs, ses espoirs ? Dans un parcours d'intériorité, l'estime de soi ne fonde pas sur l'avoir, le paraître, le faire mais sur l'ÊTRE. Il ne s'enseigne pas, il se vit.
Qui n'a pas une blessure de l'âme à guérir ?
Qui ne désire pas la délivrance de ses souffrances ?
Seule la descente en soi permet de résoudre nos contradictions et d'apaiser nos tensions intérieures. En s'arrêtant et en entrant en soi-même, nous pouvons réfléchir, relire les événements récents de notre vie et revisiter notre histoire.
Peu à peu, nous prenons conscience de ce que nous sommes, de ce que nous vivons ainsi que de nos valeurs et de nos forces. N'est-il pas important d'identifier la valeur fondamentale qui nous habite ?
Ce faisant, au fil des jours, nous apprenons à mieux nous connaître. Nous débusquons nos stress, nos peurs qui nous paralysent et nous pouvons mesurer nos talents, nos capacités. C'est un travail de longue haleine mais combien salutaire, combien bénéfique. De l'aliénation de nos angoisses, de nos préjugés, de nos idées noires, nous accédons à la liberté, à l'apaisement.
Cette métanoïa, cette conversion est la clé de notre guérison. Au manque d'estime de soi, succédera, progressivement, la confiance en soi, dans les autres et, pour ceux et celles qui ont le privilège de croire, en Dieu.
Il y aura certaines étapes à franchir comme, par exemple, celle du PARDON. En effet, la prise de conscience et la reconnaissance de nos blessures (rejet, mauvaises expériences, erreurs regrettables, culpabilité, pulsion de mort, etc.) exigent que nous puissions nous pardonner à nous-mêmes. C'est souvent le plus difficile. Pourtant, seul ce pardon procure une nouvelle naissance, une libération, une guérison. On comprend alors pourquoi les gens qui ont la foi puisent dans la miséricorde de leur Dieu.
Autre étape importante de la guérison, c'est l'AMOUR. Oui, guérir signifie en arriver à s'aimer et à aimer les autres. La route est parfois longue pour retrouver cet amour source de bonheur, mais le jeu n'en vaut-il pas la chandelle ? Cet effort nous conduira à l'ouverture aux autres, au don de soi, au partage, à la solidarité. Nous ne sommes pas seuls.
Enfin, le chemin de la guérison est celui de l'ESPÉRANCE, celui de la lumière. Traverser des crises, surmonter des obstacles qui ont marqué notre vie, cela ne se fait pas par magie. Il faut de la ténacité, de la persévérance dans notre travail sur soi. Il n'est donc pas surprenant de constater que toutes les grandes traditions spirituelles invitent à la PRIÈRE depuis des millénaires. " Le Seigneur est proche du coeur brisé. " (Ps.34)
Tout cela pour dire que la guérison du coeur est à la portée de tous. Certes, il faut de la volonté, de la compassion envers nous-mêmes, envers les autres et de l'humilité pour accepter d'être aidé si nécessaire. Pourquoi remettre cela à demain ?
À l'ère du vide, les
valeurs !
Pourquoi
s'intéresser aux valeurs ?
On peut y
répondre par deux autres questions.
- Peut-on donner
un sens à notre vie sans s'y référer ?
- Existe-t-il une éducation possible sans elles ?
À une
époque où l'on s'ingénie à tout
démystifier, à tout désacraliser,
à tout laïciser, les jeunes héritent d'une
société à l'ère du vide. Il n'est
pas étonnant de voir un jeune intitulé son
premier livre : " Nous sommes les enfants de personne. "
(Jacques Guillebon, éd. Presse de la Renaissance. Paris
2005)
Il n'y a pas une crise des valeurs mais plutôt une
absence. Il est donc important, pour ne pas dire urgent, de
s'interroger : quelles valeurs nous font vivre ? Pour les
clarifier, certains les désignent comme humaines,
morales (éthiques) ou spirituelles. D'autres
préciseront en les qualifiant d'affectives,
d'esthétiques, de sociales, etc. Que ce soit l'amour,
la justice, le respect, la liberté… que ce soit la
paix, la fraternité, l'argent… nos valeurs
imprègnent tout ce que nous faisons. Elles nous
protègent d'un " je-m'en-foutiste ", d'un relativisme
qui nous rend vulnérables aux manipulations de tout
genre : modes, idéologies, médias, etc.
Au lieu de déplorer que les jeunes manquent de points
de repère, qu'ils ne distinguent plus le bien du mal,
qu'ils n'ont plus de principes, il faudrait leur offrir
d'identifier et surtout d'INTÉRIORISER les valeurs
fondamentales comme la famille, l'amour (amitié), le
travail, la foi et la dignité humaine. Cet exercice
exige l'éveil de leur conscience et de leur esprit
critique tout en faisant appel à leur sens des
responsabilités et à leur engagement. Ils
saisiront comment les valeurs sont déterminantes dans
les choix qu'ils ont à faire. Au sortir d'un vide
intérieur, de solides valeurs ne peuvent-elles pas
servir de tremplin pour aller de l'avant ? Toute
société n'a-t-elle pas besoin d'un minimum de
valeurs partagées pour la cohésion sociale?
Les grandes traditions spirituelles (christianisme,
judaïsme, bouddhisme, islamisme, etc.) avaient compris
cela et, aujourd'hui, font encore la promotion des valeurs
universelles. L'exemple le plus concret, ce sont les valeurs
évangéliques vécues et transmis par celui
qui a bouleversé l'histoire de l'humanité,
Jésus de Nazareth.
En 2005, parents, professeurs, animateurs, animatrices
désirent toujours transmettre à notre jeunesse,
un héritage de valeurs éprouvées.
Celles-ci ne sont-elles pas autant d'étoiles à
découvrir dans le ciel de leur " jardin
intérieur " ?
APPRENDS-MOI LE SILENCE
En Orient comme en Occident, les maîtres en spiritualité reconnaissent la nécessité du silence pour la méditation, la prière et pour toute démarche d'intériorité. Faut-il rappeler la phrase célèbre de Maître Eckart : " Il n'y a rien de plus semblable à Dieu que le silence."
Dans notre monde actuel inondé de paroles et de bruit où l'anonymat et l'individualisme priment, il est donc nécessaire d'ouvrir des espaces d'invitation au silence, des temps et des lieux d'écoute où les jeunes peuvent prendre du recul pour mieux s'ouvrir aux autres et se poser seuls face à eux-mêmes. C'est là un moyen de savoir qui ils sont vraiment et de se construire.
Certes, les jeunes désirent vivre des expériences profondes. Mais il leur arrive de passer leur temps à les chercher dans la mauvaise direction, c'est-à-dire, à l'extérieur d'eux-mêmes. La culture du zapping et celle du plaisir immédiat font qu'ils craignent et fuient le silence. Regardons le mal qu'ils ont à se mettre en silence, à y durer, à le supporter, même pour le travail scolaire.
Or, seul le silence leur permettra d'accéder à cet état de paix où l'essentiel s'accomplit au-dedans d'eux.
Pourtant, c'est possible de les initier au silence. Voici…
- Beaucoup de jeunes aiment se
retirer dans l'intimité de leur chambre.
- Certains apprécient faire silence lors d'une marche
dans la nature : en forêt, au bord de la mer, en
montagne.
- D'autres sont intéressés à visiter ou
à séjourner dans un monastère et à
y rencontrer des moniales, des moines dont la vie les
intrigue.
Jeunes et moins jeunes, payons nous le luxe de ces temps de pause, de silence et nous pourrons dire avec le Prophète :
" Je ne suis qu'un chercheur de silence, et quel trésor ai-je trouvé en mes silences que je ne puisse dispenser avec confiance. " ? Khalil Gibran.
Éduquer à
l’intériorité, quel défi!
Dans ce monde de vitesse et
d’agitation, quel jeune n’aspira pas de temps à autre
à s’arrêter, à se ressourcer, à faire
une pause, quoi! Autant les parents que les professionnels de
l’éducation reconnaissent ce besoin criant
d’intériorité chez ces jeunes qui vivent souvent
à l’extérieur d’eux-mêmes dans une spirale
d’activités qui les empêchent de construire leur
personnalité profonde. Celle-ci risque ainsi de
s’étioler, de s’atrophier dans le superficiel.
Qu’apporte alors
l’intériorité? Un éveil de la conscience
où les jeunes appren-
nent à relire les événements de leur vie et
à les relier entre eux découvrant du même
coup le monde intérieur qui les habite :
pensées, sentiments, émotions, découverte
de soi et des autres, spiritualité, etc.
Pour répondre à ce besoin, diverses
possibilités s’offrent aux pédagogue:
-inviter les jeunes à apprivoiser le silence, à faire le vide, à marcher dans la nature
-leur permettre de se réfugier dans la solitude (ex : visite d’un monastère) et de se retirer de leur milieu pour un certain temps
-leur donner des outils afin qu’ils puissent créer leur « jardin intérieur » en étant proactifs dans leur quête d’identité, leur quête de sens, leur quête de transcendance et leur quête de Dieu. (ex : le site: www.nidraj.ca ou le cédérom…i.e. l’intériorité dans le cyberespace.)
-leur offrir l’occasion de faire leur « journal personnel » au fil des jours en explorant leur univers intérieur avec un guide. (ex : le roman pédagogique : « Le Jardin de Catherine ».)
-si possible être à leur disposition par un service d’écoute et de relation d’aide. (ex : le cyberaccompagnement « EN PARLER » de Nidraj).
Voici donc quelques propositions pour
parvenir à mettre en œuvre d’une façon
concrète la découverte de
l’intériorité. Tout cela pour permettre aux jeunes
de faire une relecture des événements de leur vie
et ainsi favoriser la construction de leur être
intérieur, de leur « jardin
secret »… « Un jardin secret où
l’on peut se retirer au moment des coups durs, des
épreuves, des mauvaises passes. (…) Un jardin secret
pour se ressourcer, se ré-inspirer, rebondir en
confiance, repartir à neuf, pour réenchanter sa
vie, retrouver la joie et le goût de vivre, d’aimer, de
lutter et d’espérer. » p.17 ( Jacques
Gand’Maison, « Du jardin secret aux appels de la
vie », éd. Fides, Montréal 2004)
Aider les jeunes à découvrir leur espace
intérieur n’est certes pas facile, mais quel beau
défi!
Ces lignes s’adressent à ceux et
celles qui se croient « des gens bien ».
Autant dire, à chacun de nous. Qui n’estime pas
être compétent et avoir du talent? Illusion ou
réalité, toujours est-il que nous avons la
conviction d’être de bonnes personnes devant les autres…
et même devant Dieu. Après tout, on ne fait de tord
à autrui et on s’occupe de ses propres affaires.
Pourtant, tous les jours nous expérimentons notre
fragilité. Tous les jours – si nous sommes croyants –
nous expérimentons la miséricorde de Dieu. Alors,
dans notre démarche intérieure, une question
s’impose à nous : avons-nous le courage de
l’humilité? N’en faut-il pas plus que jamais dans une
société où tout est fondé sur
l’ambition, l’orgueil, le pouvoir et une soi-disant
efficacité?
Qui parmi nous n’a pas besoin d’être reconnu et
apprécié dans son milieu et, parfois, même
au prix d’écraser son prochain? Tout le langage social en
est un de promotion, de compétition, d’efficacité
et de la loi du plus fort. Comment concilier cela avec
l’humilité?
Il serait mal venu de faire ici l’éloge du
misérabilisme, de la petitesse, de la résignation,
de la pauvreté et de l’infantilisme. Sans verser dans un
défaitisme, on peut s’interroger…Et si l’humilité
s’avérait nécessaire pour un véritable
travail sur soi? Et si les textes sacrés comme
l’évangile avaient une certaine sagesse?
Dans notre vie intérieure, l’humilité engendre la
vérité sur notre valeur comme être humain
porteur du divin. Elle est alors une manière d’aimer avec
dignité dans notre famille, notre travail et nos
relations. Cette humilité est donc incontournable car
elle met le cœur en accueil des autres où que nous
soyons : dans le métro, dans le centre commercial,
sur la rue ou au fond d’une église. Elle permet de faire
la lumière en nous et de déceler, de
dénoncer les injustices, les inégalités.
Elle nous rend solidaires de nos frères te sœurs victimes
de la manipulation des médias et de l’exploitation sous
toutes ses formes. Bref, cette petite vertu de l’humilité
exige beaucoup d’audace.
Alors, à chacune et chacun de se demander : ai-je le
courage de cette humilité?
Combien de milliards dépense-t-on pour explorer l'espace? Combien de savants mobilise-t-on? Et si l'avenir de l'humanité se fondait sur l'exploration de notre univers intérieur? Combien d'efforts et de temps serions-nous prêts à y consacrer? Quelqu'un a déjà dit :
" La vie ne peut se renouveler qu'en se reliant au plus profond de nous et en aidant les autres à se relier au plus profond d'eux-mêmes. " (Rolande Biès)
C'est précisément ce à quoi nous convie une démarche d'intériorité. Est-ce si difficile?
Si les jeunes sont une richesse pour l'avenir, ils sont vulnérables. Comment contrer cette fragilité si ce n'est en les aidant à se construire intérieurement. L'amour, les valeurs, le sens de la vie, la connaissance de soi, la dignité de la personne, l'estime de soi, l'altruisme, le courage, la foi en Dieu, l'affrontement de la souffrance, le respect, le sens de l'effort, le bonheur… voilà autant de piliers sur lesquels édifier leur vie.
Pour cela, une attitude positive est nécessaire. Finies les fuites dans le tourbillon des activités extérieures, dans le superficiel et dans le matérialisme. Grandir intérieurement exige de faire la vérité en soi, de percevoir le véritable sens des réalités et de s'engager dans la voie de la confiance en soi, de l'équilibre et de l'harmonie. C'est aussi trouver sa place dans le monde en s'occupant de l'essentiel et en se délestant de ce qui encombre notre existence. Il importe alors, à chacune et chacun dans sa vie personnelle et sociale, de bien identifier ses désirs et ses besoins.
Pour aller plus loin, il reste à choisir ses nourritures spirituelles avec autant de soin que nous mettons à surveiller notre alimentation au plan physique. Par exemple, quelles sont les pensées, les lectures qui nourrissent nos désirs, nos motivations, nos prières, nos projets? Pour le croyant, il y a les textes sacrés; pour l'agnostique, l'athée, il y a la conscience.
Dans notre société éclatée où les valeurs sont confuses, n'est-il pas urgent d'approfondir sa vie intérieure pour espérer se construire une vision de l'existence cohérente porteuse de fécondité, d'évolution et d'espoir?
Un cri du cœur… un cri vers le ciel.
Dans un climat de guerre, d’épidémie, de catastrophes naturelles, la spiritualité ne saurait nous tenir à l’écart du monde.
Ainsi, devant l’ampleur du désastre du tsunami en Asie, il y a eu cet impératif besoin de crier vers le ciel de toute son âme…. c’est-à-dire, de se recueillir et de prier. Qu’elles soient chrétiennes, bouddhistes, musulmanes et même incroyantes, des milliards de personnes sur tous les continents ont imploré le ciel… et leur Dieu.
Devant ce phénomène qui se vérifie chez tous les peuples de la planète depuis des millénaires, on peut s’interroger : pourquoi au cœur de nos désirs, de nos inquiétudes et de nos attentes qui tissent la trame de notre vie quotidienne, surgit la prière?
Peut-être parce que ces moments d’intériorité
redonnent sens à nos vies?
Peut-être qu’ils nous permettent d’être et non
seulement d’exister?
Peut-être que ces instants de prières sont un
moyen d’exprimer notre solidarité?
Chose certaine, dans un monde éclaté, plus que jamais nous avons besoin de recul, de silence et d’un lien avec UN PLUS GRAND QUE SOI pour être porteur de confiance, de paix et de fraternité.
Même si l’agnostique et l’athée peuvent indéniablement faire une démarche d’intériorité, les croyants ont, par la prière, une force qui soulève le monde. Depuis la nuit des temps et dans toutes les civilisations, les femmes, les hommes et les enfants ont puisé à cette source pour retrouver l’estime de soi, pour vivre en harmonie avec la nature, pour développer une conscience sociale, pour émerger du superficiel et accéder à l’essentiel… bref, pour vivre une vraie liberté.
Pourquoi s’en priver?