Oser renaître à la vie

Quand viennent l’été et les vacances, qui de nous ne souhaite pas se désintoxiquer de la ville? Oui, nous voulons de la verdure et de l’air pur, car nous désirons nous ressourcer dans la nature pour renouer avec la paix et la joie intérieures.

Plus que jamais, nous avons besoin du recul, de la contemplation et du silence pour relire les événements de nos vies. Adieu le stress, adieu la déprime! Laissons nos soucis de côté pour aller humer l’air pur de nos montagnes, de nos lacs et de nos campagnes. Nous allons retrouver le bien-être et le véritable sens de notre existence dans la beauté, la magnificence de la création.

Cette saison de l’émerveillement est celle d’une nouvelle quête spirituelle, d’une nouvelle conquête intérieure. Jeter un regard d’amour sur toutes les beautés de la nature qui nous entoure, c’est se donner un espace de la liberté.

Mettons donc au menu cet été : la liberté, la paix, la joie, l’amour, la contemplation des étoiles, le respect de la planète, la musique, la lecture et, pour les croyants/es, la prière, la méditation. Ne faut-il pas décrocher du quotidien et de son « ratatinement mental » pour reprendre son souffle et se recentrer sur soi?

Dans notre jardin intérieur, il est alors possible découvrir nos forces et nos richesses. Bien sûr, cela exige au préalable de se départir du superflu. Comme le dit si bien Pierre Rabhi : « Contrairement à ce que dit la publicité, la joie intérieure ne s’achète pas. Elle passe nécessairement par le dépouillement »  

Si vous vivez avec des jeunes, souvenez-vous que l’urgence est de les éveiller à la quête de sens et aux interrogations qui la fondent : l’amour, le sens de la vie, le mystère du mal, la recherche du bonheur, l’espérance, etc. Leur permettre d’entrer dans un tel questionnement est indispensable avant de leur parler d’une divinité. Bref, aider chaque jeune à découvrir son intériorité, c’est les orienter vers le beau, le vrai et le bon… soit vers l’essentiel. 

Élargir son espace intérieur et retrouver la source en soi, cette démarche s’adresse à tous les êtres humains peu importe leur nationalité, leur situation économique, leur degré d’instruction et leur croyance ou non croyance. 

Quelqu’un se dit chrétien? Qu’il écoute ceci : « Les chrétiens dorment sur un trésor ». Jean-Claude Guillebaud

Avec l’été et les vacances, nous avons un temps pour renaître à la vie, pourquoi ne pas en profiter?




La saison du souffle de vie

À notre réveil, chaque matin, quelle joie, pour ne pas dire quel miracle, de pouvoir crier : « Je suis toujours vivant, vivante! » En nous, il y a un principe de vie qu’on désigne par le mot « âme ». Celle-ci vient informer la matière, car elle donne le souffle de vie à notre corps. Au fil des siècles, les grands penseurs, croyants ou incroyants, l’ont étudiée et approfondie.

Selon le christianisme, l’âme humaine, créée par la volonté du Tout-Puissant, porte l’empreinte du divin. Le prophète de Galilée a bouleversé l’histoire de l’humanité quand il a révélé que l’être humain, issu du Vivant, est enfant de Dieu, enfant de Lumière. Conférant une dimension exceptionnelle à la dignité humaine, il a affirmé sans équivoque :

« Je suis venu pour que vous ayez la Vie et que vous l’ayez en abondance. » (Jn, 10,10)

Dans leur recherche, les hommes, les femmes s’interrogent souvent à savoir s’ils sont un super animal ou un ange déchu. À ce sujet, voici l’explication de trois auteurs :  

« L’âme est ce qui met en lien avec le monde spirituel, le monde des esprits, le divin. L’âme m’individualise dans mon être et dans mon agir. C’est ce qui me rend unique au monde. L’âme, c’est le souffle de vie. L’âme, c’est la soif du beau, du grand, du sublime, du parfait… L’âme, c’est le centre de ma vie intérieure. L’âme, c’est le centre d’où part ma croissance personnelle. »  (MOMBOURQUETTE, J.,  LADOUCEUR, M., et DESJARDINS-PROULX, J., Je suis aimable, je suis capable, Québec, éd. Novalis, 1996)

Toutefois, devenir conscient de l’importance de notre âme ne nous soustrait pas aux difficultés et ne nous immunise pas contre la souffrance. Comme pour tous les humains, notre âme est façonnée par les joies, les peines, les échecs et les réussites de votre vie. Le célèbre Thomas Moore affirmait avec justesse :

« Toutes ces expériences permettent de se connaître, de s’accepter davantage, de retrouver le coeur de sa personne, le noyau de son être, ce centre qui crée la paix, le calme, l’harmonie à l’intérieur comme à l’extérieur de soi. L’âme est fragile, l’âme est précieuse, l’âme est unique, l’âme est au centre de mon être. » (MOORE, Thomas, The care of the soul, New York, Harper Pernennial, 1994)

Sur notre planète, quand plus d’un milliard de croyants, de croyantes célèbrent le magnifique temps de Pâques, quand des incroyants, des incroyantes fêtent l’équinoxe du printemps, c’est vraiment la période de l’année où la vie – après un long hiver -  se déploie, se manifeste dans toute la nature et au cœur de  la vie spirituelle. Alors, des questions surgissent : comment prendre soin de votre âme? En d’autres mots, comment apprécier la vie? Comment laisser notre âme s’épanouir en nous?

Pour les chrétiens, les chrétiennes, le Christ ressuscité est la véritable source de Vie. 

Sur ce, bonne réflexion!  

 


L'indispensable devoir de connaître


À l'heure où croyants et incroyants délibèrent sur la place de la religion dans la société, nous constatons la méconnaissance, l'ignorance de plusieurs concernant l'héritage de la voie spirituelle du christianisme. Nous n'avons qu'à lire les articles de certains journalistes, qu'à écouter les propos de certains politiciens ou animateurs à la radio et à la télévision. Il ne faut pas se surprendre de voir cet analphabétisme religieux générer une foule d'âneries, de sottises.

Face à cette situation, n'y a-t-il pas lieu de s'interroger? Comment se comprendre sans comprendre son milieu et son histoire? Depuis quand un peuple se construit et se modernise en rejetant ce qui constitue son âme depuis sa fondation? Certes, de nos jours, nous sommes inondés d'informations mais cela n'équivaut pas pour autant à un véritable enseignement.

Il est donc impératif de parfaire nos connaissances. Tant pour les adultes que pour les jeunes, une éducation spirituelle est essentielle à l'expression et à l'épanouissement du sentiment religieux.

"Nul ne peut nier l'importance du fait religieux dans notre société, importance philosophique, culturelle et politique. Pour déchiffrer certaines caractéristiques de notre civilisation, il faut savoir y reconnaître la composante religieuse."
(LEROUX, Georges, Éthique, culture religieuse, dialogue, Montréal, éd. Fides, 2007, p.38)

Alors, il s'avère nécessaire de nous soucier de toutes les dimensions de notre personnalité. Aucun gouvernement, aucune idéologie, aucune Charte ne peut nous en empêcher.

"L'approche multidimentionnelle de l'être humain est source première d'évolution. Exploiter une seule dimension au détriment des autres, c'est créer le déséquilibre intérieur; négliger une dimension, c'est  s'amputer d'une partie essentielle de soi-même et nier l'importance de la globalité. L'être humain n'est pas que raison. Il est aussi corps, émotions, images et âme. Une démarche de travail sur soi ne peut être complète, à mon avis, sans le développement de la dimension spirituelle au sens d'ouverture au divin."
(PORTELANCE, Colette, Relation d'aide et amour de soi, Montréal, éd. du Cram, 1998)

Ils sont légion les penseurs qui ont reconnu l'importance de cette force inscrite dans l'âme de chaque être humain. Par exemple, pour saisir l'évolution du religieux et le relier à l'histoire des cultures, le philosophe Michel Serres écrit:

"Dieu est notre pudeur et nous devons le protéger. (...) Ce qu'il y a d'infini, c'est sa fragilité. Aussi, ne peut-il être protégé que dans ce qu'il y a de plus caché en nous. (...) La religion est à situer à des niveaux de profondeur qui oblige à la distinguer nettement des phénomènes superficiels immédiatement observables. C'est la plaque la plus profonde dans l'histoire des cultures. Plaque très immergée, très enfouie, souvent opaque et noire, qui se meut avec une lenteur infinie."
(SERRES, Michel, La légende des anges, Paris, éd. Flammarion, 1993)

Sommes-nous attentifs à cette plaque profonde de notre personnalité, de notre histoire, de notre culture? Pour sa part, le regretté sociologue Fernand Dumont s'interrogeait sur le fait d'être dépossédé de la religion, soit "du plus puissant levier de notre conscience collective et d'un des principaux lieux de fusion des individus en un tout organique. (...) La religion pénêtre plus profondément dans les consciences que le langage."
(Entrevue télévisée avec la journaliste Denise Bombardier)

D'ailleurs, le philosophe Georges Leroux rejoint ces propos quand il affirme:

"Le savoir moral et religieux est constitutif du langage même de l'identité et de notre expérience la plus actuelle, il est la condition fondamentale de notre compréhension de nous-mêmes autant que la condition de notre accès à l'autre."
(LEROUX, Georges, Éthique, culture religieuse, dialogue, Montréal, éd. Fides, 2007, P.76)

De son côté, le psychologue Karl Gustave Jung observait avec justesse:

"Quand on a perdu le sens et l'orientation que donnent les vérités religieuses, il n'y a plus rien qui puisse  sauver l'homme  (à plus forte raison l'enfant)  de la médiocrité."

À notre époque, le religieux et le spirituel doivent affronter le matérialisme et le nihilisme. Dans cette foulée, plusieurs délaissent l'essentiel pour le superficiel. Mais, le plus dommageable, c'est le relativisme où toutes les philosophies, toutes les religions s'équivalent. N'est-il pas urgent d'étudier la sagesse des grandes voies spirituelles et d'en découvrir la lumière?

Devant de jeunes universitaires aux États-Unis, le penseur Jacques Maritain confiait ceci:

"J'aime et je respecte la jeunesse, mais je la considère avec un étrange sentiment d'angoisse. Ils savent quantité de choses concernant la matière, mais presque rien concernant l'âme."

De même, le philosophe Charles Taylor affirmait en traitant des conflits de la modernité:

"C'est pourquoi l'adoption d'un point de vue séculier restreint, sans la moindre dimension religieuse ni espoir radical dans l'histoire, n'est pas une manière d'éviter le dilemme, bien qu'il puisse constituer une bonne manière de vivre. Elle ne l'évite pas parce qu'elle entraîne aussi une mutilation. Elle implique qu'on étouffe en soi toutes réponses à quelques-unes des aspirations spirituelles les plus profondes et les plus puissantes que l'humanité ait conçues. Cela aussi est un prix élevé à payer."
(TAYLOR, Charles, Les sources du moi, Montréal, éd. Boréal, 1998, p. 648-649)

Il y a aussi le journaliste, écrivain et essayiste, Jean-Claude Guillebaud qui a livré sa pensée sur la nécessité des croyances:

"Nul homme ne peut vivre sans croyance. Aucune société humaine ne peut survivre sans une conviction minimale qui la maintienne debout."
(GUILLEBAUD, Jean-Claude, La force de conviction, Paris, éd. Seuil, 2005)

Il faudrait encore ajouter des noms comme Etty Hillesum, Édith Stein, Zhao Fusan, Claude Tresmontant, Thomas de Koninck, René Girard, Theillard de Chardin, Jacques Grand'Maison, André Comte-Sponville, Edgard Morin, Simone Weil, et combien d'autres.

Nous avons donc toutes les raisons du monde d'approfondir nos connaissances du catholicisme, du christianisme et des différentes religions car, à l'évidence, elles sont indispensables à la compréhension de nous-mêmes et du monde actuel.



Transmettre pour construire l’avenir

Parmi les défis auxquels la société nous confronte, il y a la panne pour ne pas dire la crise de transmission. En d’autres mots, est-il encore possible de partager notre savoir et nos valeurs entre générations ? Quel parent, quel professeur/e ne s’est pas heurté à cette difficulté? Pourquoi, trop souvent, le message ne passe pas ? Que faire ? Voici quelques pistes de réflexion…

Dans un premier temps, ne faut-il pas reconnaître la complexité de notre monde où tout est morcelé, sectorisé, spécialisé ? Qu’on songe aux différents médias…

«Les informations dispersées sont comme une pluie, un nuage, s’il n’y a pas de connaissance capable de les organiser et de leur donner sens. » Edgard Morin
(COLLECTIF, Transmettre, Semaine sociale de France, Paris, éd. Bayard, 2006, p.81)

Il y a donc lieu de bien connaître notre milieu et de décloisonner les différents secteurs pour retrouver, par une vue d’ensemble, l’être humain d’aujourd’hui et son sens nouveau.

Dans second temps, une attitude à corriger, celle de croire qu’il y a seulement la vérité présente qui compte. On peut alors ignorer le passé et le futur. Pourtant… « L’origine n’est pas derrière nous mais devant nous » Heidegger

Peu importe notre âge, peu importe les modes, il faut accueillir les richesses du passé si nous voulons bâtir l’avenir. L’évolution est en effet compromise quand il y a rupture de la transmission. Certes, tous demeurent libres de se croire le nombril du monde et de prétendre qu’avant eux, il n’y a rien eu de valable. Il reste qu’un héritage se mérite par l’humilité et l’ouverture d’esprit. On parle alors d’une conquête qui exige le sens de l’effort et la sagesse de la continuité.

Dans un troisième temps, nous pouvons nous demander : qu’avons-nous à transmettre ? Des connaissances ? Des expériences ? Admettons que nous pouvons communiquer davantage par notre manière d’être que par nos discours. Par exemple… « L’école peut-elle transmettre des savoirs sans transmettre des valeurs ? » Alexandra Yannicopoulos

À une époque où ce sont l’efficacité et l’utilité qui comptent, il y a danger d’oublier le sens. Ainsi, la valeur de la justice peut être désirée parce qu’elle permet à la société de vivre dans l’ordre, le droit et non parce que la dignité humaine l’exige. Pourtant,  qu’est-ce qui compte le plus dans la transmission si ce n’est d’être soi-même… un être humain authentique ? Paul VI avait raison d’affirmer : « Une société écoute davantage les témoins que les maîtres. »

Dans un quatrième temps, il faut prendre en considération les grands obstacles à la transmission que sont l’individualisme, le relativisme, le nihilisme et le matérialisme envahissant. Quand tout se vaut, quand tout tourne autour d’un gros « ego », comment transmettre l’essentiel de notre héritage, de nos connaissances et de nos valeurs ?

Devant cette situation, l’ouverture à l’autre autant que la liberté est indispensable pour accueillir la présence et la parole de l’autre. Sans un tel échange entre les humains, il y a non seulement une crise de transmission mais il y a également une crise de l’espérance.

Ici, la croyance peut se révéler d’un secours décisif car…

« La croyance n’est pas un élément ajouté à l’humanisation mais le fondement de celle-ci. »
(GUILLEBAUD, Jean-Claude, La force de conviction, Paris, éd. Le Seuil, 2005)

Les lumières de la foi dans la vie, en Dieu et dans l’avenir peuvent nous permettre d’espérer que notre héritage ne demeurera pas sans héritiers. 

Voilà donc brièvement esquissés, quelques d’idées sur ce défi de transmettre aux futures générations ce que nous avons de meilleur. Et si tout dépendait de la qualité de nos relations humaines ?

Bonne réflexion !



Le bonheur, vous y croyez?

Qu'on soit athée ou croyant, qu'on soit chrétien ou bouddhiste, nous sommes tous des êtres habités par des questions existentielles. La quête du bonheur en est une. En effet, tout ce qu'on fait dans la vie tend vers un but. De plus, nous sommes toujours des êtres en devenir. Alors, où trouvons-nous le bonheur?

Est-ce dans la quantité d'objets: ordinateurs, automobiles, maisons, argent?
Est-ce dans la sécurité, l'érotisme, les voyages, la popularité?
Est-ce dans les besoins primaires: se nourrir, se vêtir, se protéger, se reproduire?

Plusieurs chercheront le bonheur à l'intérieur d'eux-mêmes:

           - dans le fait de donner un sens à leur vie
           - dans la satisfaction de leur besoin d'être aimé, compris, apprécié
           - dans le contentement de leur désir et la réalisation de leurs rêves
           - dans leur vie en couple, en famille, en société.

À quatre-vingt quinze ans, soeur Emmanuel, dévouée aux enfants pauvres du Caire, affirme:

"La clef du bonheur, c'est la relation".

Devant toutes ces pistes de recherche, le moins que l'on puisse dire, c'est que le bonheur n'arrive pas par magie. Obsédé par sa poursuite, l'individu d'aujourd'hui explore l'univers de la consommation, du matérialisme, de la production, du plaisir immédiat, etc. Résultat? Il vit dans un état de perpétuelle insatisfaction. François Closet reconnaîtra cette difficulté:

            " Nous sommes confrontés à un problème de civilisation,
un problème que la technologie,

              si perfectionnée soit-elle, ne peut résoudre."

Pourquoi ce désarroi? Il vient du fait que l'être humain est un être fini, limité et mortel qui aspire à l'infini, à l'immortalité. Seul un bonheur éternel saura le combler.

"Le bonheur éternel,
c'est le désir sans manque et la plénitude sans satiété."

                                                 Bernard de Clairvaux

Sur terre, croyants et incroyants tenteront d'atteindre le bonheur dans le vécu des grandes valeurs:

" Un bonheur authentique ne peut naître que de la justice, de la solidarité et de l'accomplissement de soi,
  non  de l'injustice, de l'agressivité et de la domination".
                                                           François de Closet

Certes, ceux et celles qui ont la foi sauront vivre, durant leur vie terrestre, un état de sérénité, d'harmonie et de paix. Mais cette félicité demeure toujours relative, éphémère car le bonheur en plénitude ne peut être atteint qu'en Dieu, l'être absolu. Ils ont alors pour mission de réenchanter le monde sachant que les petites joies quotidiennes sont autant de pas vers le bonheur parfait, le ravissement suprême. Encore faut-il y croire?

Réfléchir au bonheur, c'est déjà lui ouvrir la porte et l'accueillir.

Bonne réflexion!



Toutes les religions se valent-elles ?


Si cette question se pose depuis longtemps, force nous est d'admettre qu'elle apparaît aujourd'hui dans un contexte différent. Tous les jours, nous sommes confrontés à une multitude de croyances. Comment oser dire que sa religion est la meilleure ? Par contre, si toutes les religions se valent, n'avons-nous pas raison de nous bricoler notre propre " petite religion " bien à nous, pas trop dérangeante ?

Avant d'aller plus loin, ne serait-il pas pertinent de nous demander si nous formulons la même question à propos d'autres réalités de la vie ? Est-ce que toutes les idéologies se valent ? Est-ce que toutes les politiques ont la même valeur ? Est-ce que toutes les pédagogies sont du pareil au même ? Est-ce que toutes les médecines se valent ? La réponse est assurément NON.

Il en est ainsi pour les religions. NON, elles ne se valent pas toutes. Il y en a qui ont une plus grande valeur intrinsèque que d'autres. Une idée ne peut être à la fois VRAIE et FAUSSE. À ce sujet, le psychiatre Yves Prigent a raison d'affirmer :

" Si je m'immerge totalement dans la société de l'hypersens où tout est programmé par le souci de rentabiliser son temps, ses relations, etc., ou encore dans cette société du non-sens où tout se vaut, tout est pareil, rien n'a d'importance, je peux perdre tout contact avec l'espace du dedans. "

Le problème de nos jours, c'est l'analphabétisme religieux. On ignore souvent les fondements de sa propre foi et on ne possède que des informations superficielles concernant les autres religions. Alors, quand on affirme que toutes les religions se valent et qu'on n'en connaît véritablement aucune, même pas la sienne, on peut se demander ce que vaut ce jugement.

Pourtant, plus une croyance nous incite à chercher la vérité, plus elle est supérieure à d'autres. Cette recherche exigeante, nous l'écartons souvent car nous avons été élevés dans une religion sans trop nous soucier de l'approfondir et de la confronter à d'autres. Alors, devant la diversité des traditions spirituelles, (catholicisme, christianisme, islamisme, bouddhisme), nous n'hésitons pas à nous réfugier dans un relativisme facile. Par exemple, si ma religion est bénéfique pour moi, c'est elle la bonne. Si l'autre croit que c'est sa religion qui est la meilleure, c'est donc elle la vraie. À l'évidence, il y a là une fausseté.

S'il faut reconnaître le pluralisme religieux, s'il faut apprécier la quête de la vérité dans toutes les religions, il ne faut pas céder à ce relativisme où toutes les religions se valent et où les vérités de chacune et chacun sont vraies. Seul l'approfondissement de notre foi peut nous éviter de verser dans ce mirage. Les grandes valeurs d'amour, de foi, de respect, de tolérance et de paix que partagent de nombreuses religions peuvent contribuer à l'harmonie entre elles mais n'autorisent pas à conclure qu'elles se valent toutes.

Si la religion est naturelle à l'être humain (l'athéisme étant un produit de notre époque), toute religion n'est pas aussi valable que l'autre. Face aux violences aveugles, aux catastrophes naturelles, au nihilisme et au pessimisme qui caractérisent notre époque, la religion authentiquement vécue tient très haut le flambeau de l'amour, de la liberté et de la vérité dans les esprits et dans les coeurs.Il n'est pas vrai que l'on doive tout tolérer. N'y a-t-il pas une place pour le discernement ?


Une approche constructive pour développer l'estime de soi.

Tant en Europe qu'en Amérique, des milliers d'ouvrages sur l'estime de soi ont été publiés traitant principalement de son aspect soit philosophique, soit psychologique ou soit pédagogique. Il y a pourtant un autre chemin... celui de la découverte de son " univers intérieur ". Le célèbre neuropsychiatre Yves Prigent avait raison d'affirmer :

" Sans intériorité, l'âme s'essouffle, s'étouffe. La vie intérieure n'est pas un luxe, mais au contraire la base du développement de la personne. "

Si vous explorez votre " jardin intérieur ", vous découvrirez votre valeur fondamentale. Dès lors, l'idée que vous vous faites de vous-mêmes deviendra de plus en plus positive, constructive et vous fera aborder la vie avec enthousiasme.

Dans votre quête d'identité, vous atteindrez une perception de vous-mêmes plus juste et plus réaliste. Il en résultera une plus grande confiance en vous et, partant, un sentiment de sécurité. Une meilleure connaissance de vous-mêmes, vous révélera que vous êtes unique et alors vous saurez vous aimer. Faire ainsi la lumière en soi, c'est éviter d'être défini par les autres.

Dans votre quête de sens, vous apprendrez à vous comprendre et à comprendre le monde. Conscients que votre vie a un sens, vous serez motivés à socialiser, à aimer et respecter les autres... d'où une qualité de vie supérieure. Tout en vous donnant le droit à l'erreur, vous vous sentirez importants, compétents et rassurés face à l'avenir. Vous ne craindrez plus d'exprimer vos besoins, vos émotions et vos idées. Responsables, vous saurez vous engager dans des relations et dans des projets de vie.

Dans votre quête de transcendance, vous n'hésiterez pas à vous confronter aux grandes questions existentielles : les origines de la vie, l'existence d'un Créateur, le problème du mal (la souffrance), le pourquoi de la mort, l'au-delà de la vie, etc. Alors, vous apprivoiserez vos doutes et vous éprouverez la maîtrise de vos facultés intellectuelles et spirituelles. Cette recherche vous permettra de devenir plus conscients de la dignité de l'être humain, et, du même coup, de votre propre grandeur. Ainsi, votre estime de soi solidifiée ne pourra qu'accroître votre épanouissement personnel.

Dans votre quête de Dieu, vous serez invitez, selon les grandes traditions spirituelles, à vous enraciner dans l'amour. Pour le christianisme, vous n'aurez qu'à ouvrir l'Évangile et vous serez éblouis par un message d'amour inédit. Vous découvrirez cette extraordinaire dignité d'enfant de Dieu, d'enfant de lumière. Dès lors, " vous accepter tel que vous êtes " sera enthousiasmant et fera taire la critique intérieure, le défaitisme. L'amour de soi, des autres et de Dieu est à la source de l'estime de soi. Un sentiment d'accomplissement repose sur cet amour.

Il y aurait encore beaucoup à dire sur l'estime de soi qui peut se construire dans votre " jardin secret ". Ce texte n'est évidemment pas exhaustif. Si seulement, il pouvait vous inciter à emprunter cette voie éprouvée... Qui ne souhaite pas vivre avec le sentiment d'être reconnu, apprécié, estimé et aimé ? Sans l'estime de soi, est-il possible de nourrir ses rêves, ses désirs, ses espoirs ? Dans un parcours d'intériorité, l'estime de soi ne fonde pas sur l'avoir, le paraître, le faire mais sur l'ÊTRE. Il ne s'enseigne pas, il se vit.


La guérison intérieure

Qui n'a pas une blessure de l'âme à guérir ?

Qui ne désire pas la délivrance de ses souffrances ?

Seule la descente en soi permet de résoudre nos contradictions et d'apaiser nos tensions intérieures. En s'arrêtant et en entrant en soi-même, nous pouvons réfléchir, relire les événements récents de notre vie et revisiter notre histoire.

Peu à peu, nous prenons conscience de ce que nous sommes, de ce que nous vivons ainsi que de nos valeurs et de nos forces. N'est-il pas important d'identifier la valeur fondamentale qui nous habite ?

Ce faisant, au fil des jours, nous apprenons à mieux nous connaître. Nous débusquons nos stress, nos peurs qui nous paralysent et nous pouvons mesurer nos talents, nos capacités. C'est un travail de longue haleine mais combien salutaire, combien bénéfique. De l'aliénation de nos angoisses, de nos préjugés, de nos idées noires, nous accédons à la liberté, à l'apaisement.

Cette métanoïa, cette conversion est la clé de notre guérison. Au manque d'estime de soi, succédera, progressivement, la confiance en soi, dans les autres et, pour ceux et celles qui ont le privilège de croire, en Dieu.

Il y aura certaines étapes à franchir comme, par exemple, celle du PARDON. En effet, la prise de conscience et la reconnaissance de nos blessures (rejet, mauvaises expériences, erreurs regrettables, culpabilité, pulsion de mort, etc.) exigent que nous puissions nous pardonner à nous-mêmes. C'est souvent le plus difficile. Pourtant, seul ce pardon procure une nouvelle naissance, une libération, une guérison. On comprend alors pourquoi les gens qui ont la foi puisent dans la miséricorde de leur Dieu.

Autre étape importante de la guérison, c'est l'AMOUR. Oui, guérir signifie en arriver à s'aimer et à aimer les autres. La route est parfois longue pour retrouver cet amour source de bonheur, mais le jeu n'en vaut-il pas la chandelle ? Cet effort nous conduira à l'ouverture aux autres, au don de soi, au partage, à la solidarité. Nous ne sommes pas seuls.

Enfin, le chemin de la guérison est celui de l'ESPÉRANCE, celui de la lumière. Traverser des crises, surmonter des obstacles qui ont marqué notre vie, cela ne se fait pas par magie. Il faut de la ténacité, de la persévérance dans notre travail sur soi. Il n'est donc pas surprenant de constater que toutes les grandes traditions spirituelles invitent à la PRIÈRE depuis des millénaires. " Le Seigneur est proche du coeur brisé. " (Ps.34)

Tout cela pour dire que la guérison du coeur est à la portée de tous. Certes, il faut de la volonté, de la compassion envers nous-mêmes, envers les autres et de l'humilité pour accepter d'être aidé si nécessaire. Pourquoi remettre cela à demain ?


À l'ère du vide, les valeurs !

Pourquoi s'intéresser aux valeurs ?

On peut y répondre par deux autres questions.

- Peut-on donner un sens à notre vie sans s'y référer ?
- Existe-t-il une éducation possible sans elles ?


À une époque où l'on s'ingénie à tout démystifier, à tout désacraliser, à tout laïciser, les jeunes héritent d'une société à l'ère du vide. Il n'est pas étonnant de voir un jeune intitulé son premier livre : " Nous sommes les enfants de personne. " (Jacques Guillebon, éd. Presse de la Renaissance. Paris 2005)

Il n'y a pas une crise des valeurs mais plutôt une absence. Il est donc important, pour ne pas dire urgent, de s'interroger : quelles valeurs nous font vivre ? Pour les clarifier, certains les désignent comme humaines, morales (éthiques) ou spirituelles. D'autres préciseront en les qualifiant d'affectives, d'esthétiques, de sociales, etc. Que ce soit l'amour, la justice, le respect, la liberté… que ce soit la paix, la fraternité, l'argent… nos valeurs imprègnent tout ce que nous faisons. Elles nous protègent d'un " je-m'en-foutiste ", d'un relativisme qui nous rend vulnérables aux manipulations de tout genre : modes, idéologies, médias, etc.

Au lieu de déplorer que les jeunes manquent de points de repère, qu'ils ne distinguent plus le bien du mal, qu'ils n'ont plus de principes, il faudrait leur offrir d'identifier et surtout d'INTÉRIORISER les valeurs fondamentales comme la famille, l'amour (amitié), le travail, la foi et la dignité humaine. Cet exercice exige l'éveil de leur conscience et de leur esprit critique tout en faisant appel à leur sens des responsabilités et à leur engagement. Ils saisiront comment les valeurs sont déterminantes dans les choix qu'ils ont à faire. Au sortir d'un vide intérieur, de solides valeurs ne peuvent-elles pas servir de tremplin pour aller de l'avant ? Toute société n'a-t-elle pas besoin d'un minimum de valeurs partagées pour la cohésion sociale?

Les grandes traditions spirituelles (christianisme, judaïsme, bouddhisme, islamisme, etc.) avaient compris cela et, aujourd'hui, font encore la promotion des valeurs universelles. L'exemple le plus concret, ce sont les valeurs évangéliques vécues et transmis par celui qui a bouleversé l'histoire de l'humanité, Jésus de Nazareth.

En 2005, parents, professeurs, animateurs, animatrices désirent toujours transmettre à notre jeunesse, un héritage de valeurs éprouvées. Celles-ci ne sont-elles pas autant d'étoiles à découvrir dans le ciel de leur " jardin intérieur " ?


APPRENDS-MOI LE SILENCE

En Orient comme en Occident, les maîtres en spiritualité reconnaissent la nécessité du silence pour la méditation, la prière et pour toute démarche d'intériorité. Faut-il rappeler la phrase célèbre de Maître Eckart : " Il n'y a rien de plus semblable à Dieu que le silence."

Dans notre monde actuel inondé de paroles et de bruit où l'anonymat et l'individualisme priment, il est donc nécessaire d'ouvrir des espaces d'invitation au silence, des temps et des lieux d'écoute où les jeunes peuvent prendre du recul pour mieux s'ouvrir aux autres et se poser seuls face à eux-mêmes. C'est là un moyen de savoir qui ils sont vraiment et de se construire.

Certes, les jeunes désirent vivre des expériences profondes. Mais il leur arrive de passer leur temps à les chercher dans la mauvaise direction, c'est-à-dire, à l'extérieur d'eux-mêmes. La culture du zapping et celle du plaisir immédiat font qu'ils craignent et fuient le silence. Regardons le mal qu'ils ont à se mettre en silence, à y durer, à le supporter, même pour le travail scolaire.

Or, seul le silence leur permettra d'accéder à cet état de paix où l'essentiel s'accomplit au-dedans d'eux.

Pourtant, c'est possible de les initier au silence. Voici…

- Beaucoup de jeunes aiment se retirer dans l'intimité de leur chambre.
- Certains apprécient faire silence lors d'une marche dans la nature : en forêt, au bord de la mer, en montagne.
- D'autres sont intéressés à visiter ou à séjourner dans un monastère et à y rencontrer des moniales, des moines dont la vie les intrigue.

Jeunes et moins jeunes, payons nous le luxe de ces temps de pause, de silence et nous pourrons dire avec le Prophète :

" Je ne suis qu'un chercheur de silence, et quel trésor ai-je trouvé en mes silences que je ne puisse dispenser avec confiance. " ? Khalil Gibran.


Éduquer à l’intériorité, quel défi!

Dans ce monde de vitesse et d’agitation, quel jeune n’aspira pas de temps à autre à s’arrêter, à se ressourcer, à faire une pause, quoi! Autant les parents que les professionnels de l’éducation reconnaissent ce besoin criant d’intériorité chez ces jeunes qui vivent souvent à l’extérieur d’eux-mêmes dans une spirale d’activités qui les empêchent de construire leur personnalité profonde. Celle-ci risque ainsi de s’étioler, de s’atrophier dans le superficiel.

Qu’apporte alors l’intériorité? Un éveil de la conscience où les jeunes appren-
nent à relire les événements de leur vie et à les relier entre eux découvrant du même coup le monde intérieur qui les habite : pensées, sentiments, émotions, découverte de soi et des autres, spiritualité, etc.

Pour répondre à ce besoin, diverses possibilités s’offrent aux pédagogue:

-inviter les jeunes à apprivoiser le silence, à faire le vide, à marcher dans la nature

-leur permettre de se réfugier dans la solitude (ex : visite d’un monastère) et de se retirer de leur milieu pour un certain temps

-leur donner des outils afin qu’ils puissent créer leur « jardin intérieur » en étant proactifs dans leur quête d’identité, leur quête de sens, leur quête de transcendance et leur quête de Dieu. (ex : le site: www.nidraj.ca ou le cédérom…i.e. l’intériorité dans le cyberespace.)

-leur offrir l’occasion de faire leur « journal personnel » au fil des jours en explorant leur univers intérieur avec un guide. (ex : le roman pédagogique : « Le Jardin de Catherine ».)

-si possible être à leur disposition par un service d’écoute et de relation d’aide. (ex : le cyberaccompagnement « EN PARLER » de Nidraj).

Voici donc quelques propositions pour parvenir à mettre en œuvre d’une façon concrète la découverte de l’intériorité. Tout cela pour permettre aux jeunes de faire une relecture des événements de leur vie et ainsi favoriser la construction de leur être intérieur, de leur « jardin secret »… « Un jardin secret où l’on peut se retirer au moment des coups durs, des épreuves, des mauvaises passes. (…) Un jardin secret pour se ressourcer, se ré-inspirer, rebondir en confiance, repartir à neuf, pour réenchanter sa vie, retrouver la joie et le goût de vivre, d’aimer, de lutter et d’espérer. » p.17 ( Jacques Gand’Maison, « Du jardin secret aux appels de la vie », éd. Fides, Montréal 2004)

Aider les jeunes à découvrir leur espace intérieur n’est certes pas facile, mais quel beau défi!


Une audace surprenante.

Ces lignes s’adressent à ceux et celles qui se croient « des gens bien ». Autant dire, à chacun de nous. Qui n’estime pas être compétent et avoir du talent? Illusion ou réalité, toujours est-il que nous avons la conviction d’être de bonnes personnes devant les autres… et même devant Dieu. Après tout, on ne fait de tord à autrui et on s’occupe de ses propres affaires.

Pourtant, tous les jours nous expérimentons notre fragilité. Tous les jours – si nous sommes croyants – nous expérimentons la miséricorde de Dieu. Alors, dans notre démarche intérieure, une question s’impose à nous : avons-nous le courage de l’humilité? N’en faut-il pas plus que jamais dans une société où tout est fondé sur l’ambition, l’orgueil, le pouvoir et une soi-disant efficacité?

Qui parmi nous n’a pas besoin d’être reconnu et apprécié dans son milieu et, parfois, même au prix d’écraser son prochain? Tout le langage social en est un de promotion, de compétition, d’efficacité et de la loi du plus fort. Comment concilier cela avec l’humilité?

Il serait mal venu de faire ici l’éloge du misérabilisme, de la petitesse, de la résignation, de la pauvreté et de l’infantilisme. Sans verser dans un défaitisme, on peut s’interroger…Et si l’humilité s’avérait nécessaire pour un véritable travail sur soi? Et si les textes sacrés comme l’évangile avaient une certaine sagesse?

Dans notre vie intérieure, l’humilité engendre la vérité sur notre valeur comme être humain porteur du divin. Elle est alors une manière d’aimer avec dignité dans notre famille, notre travail et nos relations. Cette humilité est donc incontournable car elle met le cœur en accueil des autres où que nous soyons : dans le métro, dans le centre commercial, sur la rue ou au fond d’une église. Elle permet de faire la lumière en nous et de déceler, de dénoncer les injustices, les inégalités. Elle nous rend solidaires de nos frères te sœurs victimes de la manipulation des médias et de l’exploitation sous toutes ses formes. Bref, cette petite vertu de l’humilité exige beaucoup d’audace.

Alors, à chacune et chacun de se demander : ai-je le courage de cette humilité?


Approfondir sa vie intérieure

Combien de milliards dépense-t-on pour explorer l'espace? Combien de savants mobilise-t-on? Et si l'avenir de l'humanité se fondait sur l'exploration de notre univers intérieur? Combien d'efforts et de temps serions-nous prêts à y consacrer? Quelqu'un a déjà dit :

" La vie ne peut se renouveler qu'en se reliant au plus profond de nous et en aidant les autres à se relier au plus profond d'eux-mêmes. " (Rolande Biès)

C'est précisément ce à quoi nous convie une démarche d'intériorité. Est-ce si difficile?

Si les jeunes sont une richesse pour l'avenir, ils sont vulnérables. Comment contrer cette fragilité si ce n'est en les aidant à se construire intérieurement. L'amour, les valeurs, le sens de la vie, la connaissance de soi, la dignité de la personne, l'estime de soi, l'altruisme, le courage, la foi en Dieu, l'affrontement de la souffrance, le respect, le sens de l'effort, le bonheur… voilà autant de piliers sur lesquels édifier leur vie.

Pour cela, une attitude positive est nécessaire. Finies les fuites dans le tourbillon des activités extérieures, dans le superficiel et dans le matérialisme. Grandir intérieurement exige de faire la vérité en soi, de percevoir le véritable sens des réalités et de s'engager dans la voie de la confiance en soi, de l'équilibre et de l'harmonie. C'est aussi trouver sa place dans le monde en s'occupant de l'essentiel et en se délestant de ce qui encombre notre existence. Il importe alors, à chacune et chacun dans sa vie personnelle et sociale, de bien identifier ses désirs et ses besoins.

Pour aller plus loin, il reste à choisir ses nourritures spirituelles avec autant de soin que nous mettons à surveiller notre alimentation au plan physique. Par exemple, quelles sont les pensées, les lectures qui nourrissent nos désirs, nos motivations, nos prières, nos projets? Pour le croyant, il y a les textes sacrés; pour l'agnostique, l'athée, il y a la conscience.

Dans notre société éclatée où les valeurs sont confuses, n'est-il pas urgent d'approfondir sa vie intérieure pour espérer se construire une vision de l'existence cohérente porteuse de fécondité, d'évolution et d'espoir?


Un cri du cœur… un cri vers le ciel.

Dans un climat de guerre, d’épidémie, de catastrophes naturelles, la spiritualité ne saurait nous tenir à l’écart du monde.

Ainsi, devant l’ampleur du désastre du tsunami en Asie, il y a eu cet impératif besoin de crier vers le ciel de toute son âme…. c’est-à-dire, de se recueillir et de prier. Qu’elles soient chrétiennes, bouddhistes, musulmanes et même incroyantes, des milliards de personnes sur tous les continents ont imploré le ciel… et leur Dieu.

Devant ce phénomène qui se vérifie chez tous les peuples de la planète depuis des millénaires, on peut s’interroger : pourquoi au cœur de nos désirs, de nos inquiétudes et de nos attentes qui tissent la trame de notre vie quotidienne, surgit la prière?

Peut-être parce que ces moments d’intériorité
redonnent sens à nos vies?
Peut-être qu’ils nous permettent d’être et non
seulement d’exister?
Peut-être que ces instants de prières sont un
moyen d’exprimer notre solidarité?

Chose certaine, dans un monde éclaté, plus que jamais nous avons besoin de recul, de silence et d’un lien avec UN PLUS GRAND QUE SOI pour être porteur de confiance, de paix et de fraternité.

Même si l’agnostique et l’athée peuvent indéniablement faire une démarche d’intériorité, les croyants ont, par la prière, une force qui soulève le monde. Depuis la nuit des temps et dans toutes les civilisations, les femmes, les hommes et les enfants ont puisé à cette source pour retrouver l’estime de soi, pour vivre en harmonie avec la nature, pour développer une conscience sociale, pour émerger du superficiel et accéder à l’essentiel… bref, pour vivre une vraie liberté.

Pourquoi s’en priver?