Quelles sont les attitudes-clés de l’exercice d’un leadership au sein d’une communauté de méditation?
• Un premier élément de réponse dans l’épître de Jacques 3, 13-18 : La vraie et la fausse sagesse - « Est-il quelqu’un de sage et d’expérimenté parmi vous? Qu’il fasse voir par une bonne conduite des actes empreints de douceur et de sagesse. Si vous avez au cœur, au contraire, une amère jalousie et un esprit de chicane, ne vous vantez pas, ne mentez pas contre la vérité. Pareille sagesse ne descend pas d’en haut: elle est terrestre, animale, démoniaque. Car, où il y a jalousie et chicane, il y a désordre et toutes sortes de mauvaises actions. Tandis que la la sagesse d’en haut est tout d’abord pure, puis pacifique, indulgente, bienveillante, pleine de compassion et de bons fruits, sans partialité, sans hypocrisie. Un fruit de justice est semé dans la paix pour celles et ceux qui produisent la paix.»
• La question: pourquoi je me retrouve dans une équipe d’animation d’une communauté de méditation?
John Main et Laurence Freeman enseignent souvent la nécessité de laisser « son image de soi » loin en arrière. Les personnes qui méditent veulent être des témoins vivants, vivaces et vivifiants d’une foi vécue, incarnée et enracinée dans l’engagement gratuit envers les autres! Des personnes qui ne sont pas là pour elles-mêmes mais capables d’accueillir toutes et tous SANS AUCUNE FORME DE DISCRIMINATION.
Les
leaders authentiques pratiquent la
fonction de prophétesse ou de
prophète au sein de leur
communauté de méditation.
Écoutons Amos: « Je ne
suis pas prophète…je suis bouvier
et pinceur de sycomores. Mais
Yahvé m’a pris de derrière
le troupeau et Yahvé m’a dit:
« Va, prophétise
à mon peuple
Israël. » 7, 14-15
• Amos, Jérémie… Alain, Claudette, Darquise, Diane, Emoke, Florence, François, Geneviève, Gisèle, Jean-Pierre, Johanne, Laurence, Lise, Louis, Louise, Lysanne, Madeleine, Marie-Thérèse, Mariette, Martial, Michel, Mylène, Paulette, Pierre, Pierrette, Raymond, Robert, Roger, Suzanne, Yvette, Yvon et tant d’autres… Jérémie: « La parole de Yahvé me fut adressée en ces termes: Avant même de te former au ventre maternel, je t’ai connu; avant même que tu sois sorti du sein, je t’ai consacré comme prophète des nations, je t’ai établi. » Jr 1,4-5
De la même manière, nous, femmes et hommes de ce temps sommes tous appelés à exercer la fonction de prophétesse ou de prophète et de leader au sein d’une communauté de méditation, comme nous pouvons le faire dans les réalités de ce monde.
La question sous-jacente: êtes-vous conscient-e que si vous êtes là, c’est parce que Dieu vous y a appelé-e?
• Aimé-e-s de Dieu, nous devons aimer à notre tour comme le dit si bien Jean: «Vous êtes mes ami-e-s si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître; mais je vous appelle ami-e-s, parce que tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi; mais c’est moi qui vous ai choisis et vous ai établis pour que vous alliez et portiez du fruit et que votre fruit demeure, afin que tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donne. Ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres ». Jn 15, 14-17.
• Rappel: attitudes-clés: 1- s’affranchir de son image de soi; 2- nous sommes appelé-e-s pour exercer ce travail de leadership et accomplir la fonction prophétique de notre baptême; 3- aimé-e-s de Dieu, à notre tour, et tout comme Lui nous devons aimer sans aucune condition.
Nous devons aussi chercher et invoquer l’Esprit pour nous guider, y compris au cœur de nos activités car c’est l’Esprit qui distribue dons, talents et charismes pour que l’unité se réalise dans la diversité. 1 Cor 12. (La suite au mois prochain)
Yvon R. Théroux
Méditer, c’est passer
du printemps de la vie à la vie du printemps!
Février :
un mois bref dédié à l’amour
éternel
Parmi les
expériences humaines universelles, l’amour
remporte la palme sans nul doute. En parler n’est
jamais simple puisqu’il s’agit d’une
expérience si intense que les mots ne
peuvent en épuiser le sens et la
profondeur. Et la poésie est probablement
de par sa nature litteraire, le meilleur
véhicule pour en témoigner. La
Saint-Valentin (1) veut donner une occasion de
réfléchir, et de vivre,
au-delà de la tourmente quotidienne, un
moment d’amour ineffable. Journée-oasis
dans la vie de chacune et de chacun. L’amour, une
réalité trine qui
jalonne le cours de notre vie. La terminologie
grecque emploie trois concepts différents
pour tenter de le cerner : éros,
philia et agapè. Il ne s’agit pas de
degrés qualitatifs mais de qualifiants
marquant des étapes de transformation de la
personne dans le processus de maturation qui
devrait aboutir naturellement à la sagesse.
Éros (Chez les
Grecs de l’Antiquité, le dieu de l’amour
(2).) Il caractérise cette phase
incarnée de l’amour où deux
êtres s’unissent, corps, cœur, tête et
âme. Il n’est point étranger à
l’expérience spirituelle et la mystique
l’évoque à travers des
métaphores évocatrices. Le moment
extatique n’est pas seulement charnel. Il est plus
et transcende les personnes qui le vivent. C’est
pourquoi des philosophies religieuses
l’intègrent pleinement à
l’expérience spirituelle universelle tout
comme certaines sagesses de
l’Extrême-Orient. Le taoïsme qui, entre
autres choses, enseigne des
« techniques sexuelles », le
fait pour que le corps « se
spiritualise ». Et la respiration
embryonnaire du yoga chinois incarne bien le
mouvement cosmique (Tao/Dao) avec lequel tout
adepte veut entrer en harmonie. La méditation
taoïste
intègre donc "Éros".
Philia "Aristote
appelle philia
l'affection qui fait que nous aimons un
être pour ce qu'il est et non pour ce
qu'il peut nous apporter" Wikipédia, et
il correspond
à l’expérience d’amitié.
Expérience relationnelle et
communicationnelle qui défie parfois le
temps pour certains individus. D’où les
expressions « ami-e-s
d’enfance », « ami-e
pour toujours » et on se fait un
plaisir de retracer l’histoire d’un
événement-clé qui a vu
naître une telle amitié. Il est
question de liens sacrés. C’est une
expression amoureuse modulée par une
fréquence différente de l’amour
conjugal. On se sent bien en la présence
d’un-e- ami-e. La confiance tisse leur relation.
C’est pourquoi Jésus Ben Sira (IIe
siècle av. J. C.), dans un extrait
consacré à l’amitié,
signalera la rareté des vrais amis et leur
valeur inestimable :
" Un ami
fidèle est un puissant soutien : qui l’a
trouvé a trouvé un trésor. Un
ami fidèle n’a pas de prix, on ne
saurait en estimer la valeur. Un ami fidèle est un
baume de vie… " (Ecclésiastique, 6,
14-16)
Agapè retrouve toute
la force de l’amour altruiste et
réciproque. C’est un amour engagé,
concret, inconditionnel et sublimement
partagé. C’est à ce
signe vivant qu’on repérait dans
les temps apostoliques les disciples de la Voie
(Actes des Apôtres) nommés
ultérieurement, chrétiennes et
chrétiens. Lorsque
Luc évoque la première
communauté chrétienne, il en parle
en termes inspirants :
« Ils
se montraient assidus à l’enseignement des
Apôtres,
fidèles
à
la communion fraternelle, à la fraction
du pain et aux prières. Ils mettaient tout en commun (…) Jour
après jour, d’un seul cœur, ils rompaient
le pain dans leurs maisons, prenant leur nourriture
avec allégresse et simplicité de
cœur. » (Actes
2, 42-47)
Méditer
sur l’amour c’est
peut-être aussi travailler sur soi
pour en extraire le meilleur. C’est aussi contempler
le bon, le bien, le beau qui gisent en nous mais
qui appellent, par amour, à
s’extérioriser, à se manifester. Ce
trésor enfoui au tréfonds de notre
être n’existe que pour être
partagé et faire le bonheur de toutes et de
tous. Les contrefaçons de l’amour par trop
nombreuses, sont à discerner de l’essence
même de cette expérience lumineuse.
(1) (2) Voir
les termes "Saint Valentin" et "Éros" sur
Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Yvon R.
Théroux
yvonrtheroux@hotmail.com
Janvier
2010 : Déjà une décennie du
IIIe millénaire achevée…
Le «bogue de l’an 2000
», c’est presque déjà
très loin! Une revue des actualités
marquantes durant ces dix dernières
années laisse entrevoir les grandeurs et
les misères de l’humanité, ses
aspirations et ses déceptions, ses
victoires et ses échecs. Et à chaque
nouvel an, on se targue de recommencer à
neuf, de repartir d’un bon pied et de faire les
choses comme jamais auparavant. L’intention est
bonne, la volonté politique de changer
en profondeur est souvent absente. C’est
tellement humain. C’est à croire que la
seule espèce pensante
désespère de s’améliorer, de
se dépasser, de s’autotranscender. Sa zone
de confort est tellement
sécurisante! Pourquoi en sortir? Pourquoi
changer quoi que ce soit?
Alors qu’on tente
d’exploiter l’intelligence animale sous divers
angles, des chimpanzés apprivoisent un
clavier d’ordinateur, la corneille apprend
à parler etc., que fait-on de cette
espèce pensante, unique en son genre?
Elle a le génie de faire évoluer
rapidement la technologie dans toutes les
sphères d’activités des humains,
et plusieurs de ses exploits sont nommés
« miracles de la
science ». C’est tout à son
honneur. Mais n’y aurait-il pas la
possibilité d’autres
« miracles »?
La pleine conscience,
la réalisation intégrale de qui
je suis au tréfonds de mon
être, l’éveil
au Réel, ne sont-ils pas tout aussi
importants que la conquête de l’espace et la
maîtrise des technologies de l’infiniment
petit (nanotechnologies)? Car si de plus amples
efforts étaient orientés dans cette
direction, les réalisations humaines dans
tous les champs du savoir et de leurs diverses
applications n’en seraient-elles pas enrichies au
maximum? Et, me semble-t-il, l’environnement
global en serait, certes, plus sain, plus
harmonieux, plus pacifique. Comme de l’ « uranium
enrichi » à des fins nobles,
légitimes et pour desservir la cause
infiniment précieuse de toute
l’humanité.
À partir de cet
énoncé plausible et possible - et
pas du tout utopique - j’arrive à mieux
saisir et comprendre la pensée de mystiques
qui affirment, du moins dans la tradition
chrétienne, que Dieu a voulu s’incarner
(prendre chair au sein de l’humanité) pour
que l’humain se divinise. C’est un appel
tout à fait vraisemblable!
On pourrait me
rétorquer facilement qu’une telle
idée est irréaliste, et en fait,
irréalisable. L’attraction de la zone de
confort est si séduisante, puissante,
totale…En revanche, je me réfère
fréquemment à une étude d’un
jeune chercheur qui a voulu comprendre le
phénomène de la vague dans les
stades. Avec l’hypothèse de 100,000
personnes dans un immense stade, il a conclu qu’il
fallait trente-cinq personnes seulement pour
initier et activer la vague. Je trouve
intéressant de constater depuis le
début du IIIe millénaire
la réalisation de certains
visionnaires : André Malraux avait
affirmé que le XXIe
siècle serait mystique ou il ne serait pas.
Dans des termes similaires, l’éminent
théologien Karl Rahner a tenu des propos
semblables. Un grand nombre de traditions
religieuses reviennent à l’essentiel et
reformule la voie mystique par excellence,
celle-là même qui est faite
d’attention, de concentration,
d’écoute, de silence. Les méditantes
et les méditants de constituent pas une
majorité dans les sociétés et
les populations de l’ère postmoderne. Ils
correspondent peut-être à ce noyau
minimal qui peut faire lever une vague porteuse du
bien, du beau et du vrai?
Toutes les personnes de bonne
volonté - et particulièrement les
jeunes des générations montantes -
pourraient-elles s’inscrire
dans ce noyau minimal qui peut devenir levain dans
la pâte? Ne serait-ce pas la voie royale
pour rendre la possibilité que
l’humanité révèle le meilleur
d’elle-même dans l’espace cosmique de
l’infini et dans le temps présent de chacun
des instant qui composent les existences?
Que cette année soit
surprenante, enthousiaste, emballante,
féconde en rebondissements imprévus
mais constructeurs. Une nouvelle décennie
commence…
yvonrtheroux@hotmail.com
II- Quelques fruits, non exclusifs, de la
méditation.
1- Calme : La
personne active, et parfois même nerveuse,
ressent progressivement la détente
intérieure. Pourquoi s’agiter au niveau de
l’accessoire alors qu’il serait primordial
d’écouter son corps, son coeur et son esprit
dans un état de maîtrise de soi?
2- Discipline :
Un mot qui fut ballonné
jusqu’à récemment de
façon malveillante. La discipline n’entrave
en rien la liberté d’être. Au
contraire, elle lui sert un supplément
inestimable et contribue au calme et à
l’équilibre. Indispensable pour
méditer deux fois le jour, matin et soir.
3- Équilibre
: C’est la vertu du milieu qui libère des
excès dans un sens ou dans l’autre.
Siddhârta Gautama S. Bouddha, dont la vie a
oscillé entre la richesse princière et
l’extrême dépouillement, y compris dans
le jeûne, a découvert la joie profonde
de l’équilibre. Depuis cette
expérience on surnomme souvent le bouddhisme
« la Voie du milieu ». Un état de
bien-être entre la léthargie et
l’agitation.
4- Apaisement :
pour arriver à la concentration, il faut un
corps et un esprit apaisés. John Main osb.
parle de l’immobilité, intérieure et
extérieure, toutes deux prérequises au
développement de l’attention. Cette
dernière est indispensable pour faire
l’unité de soi, en soi.
5- Vigilance :
C’est une aptitude à la pleine conscience
d’être. La vigie est un contrôleur qui
observe avec tout son être dans des situations
ou des états extrêmes : brouillard,
visibilité nulle ou fortement amoindrie.
Au-delà du mental et de ses nombreuses
distractions, revenir au point de concentration.
6- Souplesse : La
rigidité n’a aucune parenté avec l’une
ou l’autre forme de méditation. S’il y a
toujours une technique de base à assimiler et
à intégrer dans l’apprentissage de la
méditation, ce dernier se réalise
davantage dans la souplesse et la vigilance.
Autrement, à trop insister sur la technique,
on en vient à oublier l’essentiel :
méditer. La méditation doit
épouser l’horaire de tous et chacun, et non
l’inverse. La méditation assise et la
méditation en marchant supposent une
adptatabilité circonstancielle
7- Bienveillance
: La méditation cultive le goût du bien
et du bon en pacifiant les relations humaines. Elle
suggère fortement l’éradication de la
violence sous toutes ses formes. C’est, en quelque
sorte, transcender l’animal que nous sommes pour
faire advenir l’humain en nous, pour nous et pour
tous les autres.
8- Harmonie : Au
contraire de la discordance, de la dispersion et de
l’incohérence, la méditation
amène une relation harmonieuse de toutes les
composantes de la vie d’une personne. Au surplus, se
dégage une relation harmonique des diverses
relations amicales, amoureuses ou professionnelles.
9- Lucidité
:
Un
esprit
lucide
devient
plus
pénétrant
et
plus
perspicace.
Les
idées
sont
plus
claires
parce
que la conscience est plus vive. On devient
clairvoyant sur soi-même, sur son propre
comportement par une meilleure conscience de qui on
est et de ce qu’on veut devenir.
10- Joie : Bien au-delà
d’une simple émotion, la joie devient un
sentiment exaltant ressenti par toute la conscience
revivifiée. C’est un aboutissement suave de
la pratique méditative. Si « faire de
sa vie un chef d’oeuvre »(1) est le leitmotiv
de tous les sages, le chemin de la méditation
n’y est pas du tout étranger, et il est
beaucoup plus fréquenté en ce XXIe
siècle (2).
Cette liste
n’est pas du tout exhaustive, car
l’expérience des uns et des autres
pourraient, sans conteste, l’enrichir
qualitativement. Ces fruits de la méditation
apparaissent en leur temps, ce temps qui survient
suite à une longue maturation et une pratique
persévérante.
(1) Bédard, Jean
et Jean-François Malherbe,
Telle une « oeuvre d’art », la
vie, avec des textes de Christiane Besson,
Josée Fabien, Pierre Lussier, Jacques J.
Perron et Yvon R. Théroux, Sherbrooke,
Éditions GGC ltée, 2003. 157 p.
(2) Peck, Scott, Dr., Plus
loin sur le chemin le moins fréquenté,
Paris, Laffont, 1995. p. 238
Yvon R.
Théroux
yvonrtheroux@hotmail.com
Quelques fruits, non
exclusifs, de la méditation
Qu’elle soit
de source séculière, spirituelle ou
religieuse, la pratique méditative apporte des fruits
dits incontestables. Cela fait déjà quelques
décennies que des études scientifiques,
réalisées au niveau universitaire, tentent de
mesurer avec précision des impacts
neurophysiologiques et psychologiques sur les personnes qui
pratiquent assidûment la méditation. En cette
matière, les nouvelles technologies mesurant
l’activité cérébrale sont bienvenues.
Référons en tout premier lieu à www.chaouqi.net/index.php?2005/07/18/19-meditation-et-neurosciences
Par abel, lundi 18
juillet 2005 à 09:25 - méditation : #19 : rss
Le
Massachusetts Institute of Technology a tenu un symposium en
présence du Dalaï Lama et de neuroscientifiques
réputés pour discuter des bienfaits de la
méditation sur la santé.
Avec 2
500 ans de pratique méditative, les Bouddhistes
connaissent bien, quoique de façon empirique, les
effets positifs sur la santé. Depuis une dizaine
d’années, c'est au tour des neurologues de
s'intéresser de plus en plus à la biologie de
la méditation. Richard Davidson, du
département de psychologie de l’Université du
Wisconsin, est l’un des principaux organisateurs du
symposium qui s'est tenu samedi dernier au MIT. Dans son
laboratoire de neurosciences, il dirige des
expériences sur des moines tibétains et des
adeptes de la méditation.
Lors
des expériences, Richard Davidson demande aux
participants de s'installer en état de
méditation. Les cobayes sont ensuite soumis à
des stimuli perturbants – images agressives, bruits. Par
imagerie médicale, les scientifiques mesurent les
impacts de cette situation sur leur cerveau. Les adeptes de
la méditation surmontent plus facilement les
événements perturbateurs que les autres. La
méditation laisserait des résidus biologiques
au niveau du cortex préfrontal, dans la partie gauche
associée aux émotions positives, expliquent
les scientifiques au New York Times, dans son édition
du 14 septembre.
Les
chercheurs ont décelé une intense
activité chez les personnes capables de
réguler leurs émotions par la
méditation. Des études montrent que cette
pratique favorise une meilleure activation du système
immunitaire, certains patients atteints de psoriasis
guérissent quatre fois plus vite s’ils
méditent. Le Dr Davidson a récemment
établi le lien qui existe entre l’activité
dans la partie gauche du cortex préfrontal et
l’augmentation du niveau d’anticorps (Proceedings of the
National Academy of Sciences).
La
recherche dans ce domaine est récente. Mais elle
commence à s’imposer grâce aux nouvelles
technologies qui permettent de mesurer les réactions
du cerveau avec plus de précision. Si l’on se fie aux
résultats aujourd’hui, méditer
serait un moyen efficace, et pas cher, de réduire
le niveau de stress, de combattre des maladies ou
d’être tout simplement plus heureux.
Je
donne encore deux sites web à consulter pour des
articles spécifiques : www.nouvellescles.com/article.php3?id_article=951
www.passeportsante.net/fr/Therapîes/Guide/Fiche.aspx?doc=meditation_th (1)
Je crois important d’examiner
en premier lieu les résultats sur le corps physique
des personnes qui méditent. D’autant plus qu’un grand
nombre d’entre elles s’adonne à la méditation
d’abord et avant tout – et souvent exclusivement - pour
l’amélioration de leur santé globale :
une meilleure forme physique, une mémoire vive mieux
entraînée, un système immunitaire plus
résistant et combatif etc. Des
résultats mesurables qui séduisent plusieurs
personnes qui pratiquent ou voudraient éventuellement
pratiquer une forme ou l’autre de méditation. Mais
des résultats mesurables, quantifiables, sont-ils les
seuls à pouvoir contribuer à la croissance
globale de l’être humain ? Nous en reparlons en
décembre.
(1)
Toutes les études ne vont pas
nécessairement en ce sens. Il faut garder son esprit
critique et apprendre à nuancer. Le site suivant, de
rigueur scientifique, mérite d’être lu mais
n’est pas non plus le dernier mot concernant toutes ces
recherches nouvelles et récentes :
www.jle.com/fr/revues/medecine/med/e-docs/00/04/35/CA/article.md?type=text.html
Yvon R.
Théroux
yvonrtheroux@hotmail.com
De façon officielle,
il y aura bien sûr la fête de l’Action de
grâces ce 12 octobre 2009. Il est utile de se rappeler
que c’est le mois de plusieurs récoltes au plan
agraire. Traditionnellement, dans les campagnes, des
familles font aussi boucherie d’animaux engraissés
depuis tôt au printemps pour assurer la nourriture
durant les longs mois d’hiver.
Il y a donc, au plan
séculier tout comme au plan religieux, des rites de
reconnaissance envers la Terre-Mère pour les
récoltes, envers la
Nature, si généreuse et féconde, envers
l’Auteur de toute vie qui a mis à la disposition des
humains toutes ces richesses potentielles liées aux
besoins alimentaires. Fruits du travail de femmes et
d’hommes, éleveurs, agriculteurs ou maraîchers.
Ici prend tout son sens cette prière écrite
par une personne anonyme (1):
Toute vie n’est qu’une.
Et tout ce qui vit est sacré.
Les plantes, les animaux et les humains,
tous doivent se nourrir pour vivre
et pour servir de nourriture aux autres.
Nous bénissons les vies sacrifiées
pour nous donner ce repas.
Mangeons ensemble consciemment,
résolus, par notre travail, à payer
la dette de notre existence.
C’est aussi le mois
où la Nature, artiste par excellence,
révèle la palette de ses coloris. Les
citadins, en nombre non négligeable, réalisent
un bref pèlerinage au coeur même des paysages
bucoliques pour s’enivrer la vue de ces images inouïes.
Des pellicules de photographies voudront immortaliser ces
temps d’extase et d’éternel étonnement
auxquels on voudra revenir occasionnellement pour
réenchanter le quotidien de la vie durant des
périodes plus mornes ou moroses. C’est donc dire
qu’il y a bien manifestement au-dedans de tous les humains,
un petit coin lumineux d’une attitude contemplative.
Dès lors, on saisit
avec une meilleure acuité l’étoffe même
de certaines spiritualités et traditions religieuses
essentiellement fondées sur la contemplation, la
méditation(2). Cela vaut aussi pour des
spiritualités séculières ou dites
laïques où le regard observateur et silencieux a
toute sa place, où l’attention recueillie est
à l’écoute de ce qui se passe non seulement
à l’extérieur mais aussi au-dedans de
l’humain.
La capacité de
s’émerveiller, trop souvent limitée aux seuls
enfants, n’est-elle pas un ingrédient majeur dans la
constitution spirituelle de l’humain? S’émerveiller,
oui, s’étonner, contempler : une musique de
l’âme humaine qui se nourrit au beau, au bon et au
vrai (3). On peut aussi s’étonner de qui l’on devient
dans la lente évolution de notre personnalité
quand on contacte l’essentiel.
Ce mois d’abondance ne
rappelle-t-il pas à toutes les personnes
méditantes, quelle que soit leur appartenance
laïque, spirituelle ou religieuse, la reconnaissance
obligée de tous les fruits dérivés de
la pratique méditative? Encore une fois, et je le
redis, ces fruits ne sont pas la résultante de
demandes incitatives et répétitives. La
méditation fait le même travail que le
sculpteur en libérant tout ce qui n’est pas
nécessaire pour que la forme conçue jaillisse
progressivement, pour que l’être que je suis
réellement arrive à se manifester en toute
simplicité, en toute vérité, sans plus.
Généralement,
ce sont les personnes de mon entourage immédiat qui
constatent des changements opérés dans ma
personnalité. Changements non superficiels, ni
temporaires. Ils ne saisissent pas toujours la source de
cette métamorphose. Rien ne nous interdit d’affecter
à la méditation persévérante ces
changements de divers ordres. Je vais en parler dans la
prochaine chronique du mois de novembre.
D’ici là, soyons
toutes et tous reconnaissants de la vie reçue (un
privilège en quelque sorte), des talents qui sont
miens, des habiletés apprises, des connaissances et
expériences acquises. Je suis beaucoup plus que ce je
crois être. Je suis beaucoup plus que ce que toutes
les personnes de mon entourage pensent que je suis, souvent
à partir de conceptions superficielles et
fragmentaires.
Action de grâces
Yvon R. Théroux
(1) Rajotte, Patrick et Yvon
R. Théroux, La spiritualité
amérindienne, collection « Labyrinthes »,
Montréal, Éditions La Pensée inc., 2004. p. 41
(2) Le bouddhisme et la voie
du yoga en hindouisme en sont des exemples explicites.
(3) Voir la chronique du
mois d’août dernier: « La méditation :
exercice de persévérance. »
La
méditation : un acte de
générosité libre
La
générosité est une vertu
ambivalente, et parfois même contradictoire.
Envers les autres, elle peut être
philanthropique, c’est-à-dire qu’elle donne
mais se soucie de bien identifier la personne
bienfaitrice. C’est une façon simple et
efficace de flatter l’ego en se délestant
d’un trop, d’un superflu. Pas nécessaire
d’être millionnaire pour s’identifier à
un geste qu’on veut magnanime mais qui perd de son
intérêt dès lors qu’il se centre
sur la personne qui donne. En deuxième lieu,
le geste généreux peut être tout
aussi efficace mais discret. On ne sonne pas tambour
et trompette mais la personne attend tout de
même une certaine reconnaissance. Et sans
celle-ci, son attente profonde n’est pas tout
à fait comblée et satisfaite.. Il y a
finalement le don généreux et anonyme.
Soulager la misère, consoler ceux et celles
qui sont victimes de cataclysmes naturels, aider les
moins nantis dans le secret total et le respect de
ces personnes devenues fragiles et
vulnérables. Souvent malgré elles et
tous les efforts accomplis pour se sortir d’une
pénible situation que toutes et tous
souhaitent temporaire. Mais qu’en est-il de la
générosité envers
soi-même?
Parce qu’il doit
aussi y avoir une générosité
envers soi-même. Seulement donner peut
à la longue assécher le dynamisme du
don, la vivacité du geste gratuit. Il faut
apprendre aussi à se donner
généreusement des espaces dans le
temps pour réfléchir, prier, concevoir
des projets qui auront la portée qualitative
de ce temps créateur, créatif. Car donner peut être relativement
facile. Se donner, comme
présence profondément humaine
auprès d’autres personnes, implique une
qualité d’être qui a été
polie dans le geste répétitif et
purificateur de la méditation silencieuse.
C’est très exigeant. Donner des biens
matériels, c’est bien. Donner de son temps,
se donner comme présence, n’est-ce pas mieux?
À la seule condition de s’effacer,
d’éviter la tentation du culte de la
personne. Se donner n’est pas rendre les autres
dépendants de sa personne. Tout au contraire,
c’est leur redonner une liberté de penser,
d’agir, de grandir dans la dignité. Et la
méditation devrait nous y amener
progressivement.
Méditer peut
effectivement contribuer à la qualité
de la personne. La simplicité est certes la
première vertu que conquiert le sujet
méditant. Car, en méditation nous
sommes toujours, toutes et tous,
des débutants. Il n’y a pas une
hiérarchie de type vertical. Pensons au
cercle où tous les points sont égaux
car équidistants du centre. C’est là
le schéma authentique de toute vraie
communauté de méditation. La
générosité donnée au
temps de méditation décuple les fruits
qui en dérivent.
Car plus on est
engagé au cœur de ce monde, plus il faut
s’accorder du temps de réflexion, de silence.
Il y a comme une loi de la proportionnalité
complémentaire. Ce mois de septembre est
effervescent. Il sonne le départ d’à
peu près tous les projets qui sillonneront
l’année active en cours. Alors, soyons
généreux envers nous-mêmes.
Prenons, matin et
soir, un espace de vingt minutes dans le silence
méditatif où il faut dûment
s’affranchir des occupations et des
préoccupations qui ont meublé
intensivement notre journée. Hier n’est plus,
demain est mystère et surprise. Mais
l’instant présent vaut son pesant d’or. Et la
méditation nous ramène au
présent senti et ressenti de façon
continue.
yvonrtheroux@hotmail.com
Le mois d’août est un
seuil. Il annonce que des activités diverses vont
bientôt reprendre leur cours normal. Mais quelles
activités? Il y a celles qui ont été
seulement suspendues durant la période estivale. Il
y en a aussi des nouvelles
qui vont venir garnir notre agenda
généralement déjà bien fourbi.
La vie extérieure sera envahissante et va accaparer
la majeure partie de toutes nos énergies et de tout
notre temps. Il se peut même que nous ressentions un
peu de nostalgie de ces périodes où nous
étions contemplatifs, gratuitement, devant les
sculptures de la nature ici ou là. Ce temps libre
qui nous permettait d’entrer un peu en soi et qui nous a
tant fait de bien. On a la vive impression, si ce n’est la
certitude, qu’on a touché l’essentiel. On se
surprend d’avoir pu apprécier le beau.
Le beau, non
seulement dans les paysages, sous la pluie comme sous le
soleil, mais dans les personnes rencontrées. C’est
étonnant de constater comment la communication
s’établit facilement entre des vacanciers. Le
sourire est plus facilement au rendez-vous. C’est bien le
résultat de cet état marqué par
l’absence de stresse, de vitesse, de contraintes de toutes
sortes. Seul, en couple ou en famille, tout est plus
naturellement harmonieux, paisible et pacifié.
Est-il possible de retrouver cet état d’être
dans le trafic intense de nos vies individuelles et
collectives puisque bientôt va sonner la fin de la
récréation? Bien sûr, et à la
seule condition d’apprécier le bon
et le vrai.
Le bon, car
si des instants irremplaçables m’ont promu au
meilleur de moi-même, comment ne plus les
désirer à nouveau? Pourquoi ne plus les
revivre sous d’autres formes adaptées à ce
rythme de la vie courante, inéluctable et
incontournable? Pourquoi ne pas me faire le cadeau, deux
fois le jour, d’un vingt minutes de répit, matin et
soir, en pratiquant la prière contemplative ou
méditation? Cela exige de me discipliner, mais pour
un mieux-être tout entier, corps, cœur, tête,
âme, cela n’en vaut-il pas la peine? La
désespérance ne fait pas partie de la
pratique méditative, qu’elle soit juive,
chrétienne, soufie, hindoue, bouddhiste,
séculière! Bien au contraire, elle
entraîne à la persévérance qui
peut finir par colorer tous les aspects de ma vie. Cette
persévérance m’amène graduellement
à la vérité de ce que je
suis réellement.
Le vrai qui
me sort de ma zone de confort, habituelle et ritualiste.
Le vrai qui me façonne
tranquillement, mais avec quelle assurance. Il me sculpte
tel que je dois être, conformément à
ma vraie nature: au-delà donc des images, des
façades, des maquillages, physiques et
psychologiques. Ce vrai qui constitue un
résultat indéniable
et manifeste des changements - presqu’imperceptibles - qui
s’opèrent graduellement à l’intérieur
de moi…à force de persévérer à
temps et à contretemps.
Tous les prétextes se
présenteront chaque jour et chaque fois pour
m’empêcher de devenir moi-même dans ce qu’il y
a de meilleur, de beau, de bon
et de vrai au tréfonds de mon
être. Je dois donc résolument consentir en
toute liberté à cet exercice de
persévérance, facile, oui, mais combien
exigeant. Et si tu peux t’unir à une
communauté de méditation hebdomadairement,
cela va très certainement te stimuler,
t’encourager. La méditation fait la
communauté, dans le silence, la
convivialité, dans une solidarité cordiale.
Le
mois
de mai, mois de la
surabondance,
de la lumière et des couleurs.
Le 2 mai 2009, anniversaire de Gautama Bouddha célébré dans l'Asie de l'Est le 8e jour du 4e mois du calendrier lunaire chinois. C'est un jour de fête officiel à Hong Kong, à Macao et en Corée du Sud. Fête de la lumière, de celui qui a connu l’Éveil lors d’une méditation intense sous un figuier et qui inspire encore de nos jours des millions de personnes sur tous les continents. Le 29 mai, dans la Foi baha’ie, on commémore la mort
en 1892 et l’Ascension de Baha'u'llah. C’est encore
une occasion de souligner la rencontre de ce
personnage clé de l’Iran religieux avec la
Lumière. Trame
humaine à l’enseigne d’expériences
religieuses diverses fondées sur la
méditation, la prière et le dialogue
avec le « Tout Autre ».
Puisse ce mois de mai, à travers ses
lumières et les reflets multicolores de la
floraison, de l’émergence de la vie en
abondance, et sous diverses formes, nous
préparer à la saison estivale de
repos, de « recueillement »(1),
de régénération. Sachons
garder notre sens de l’émerveillement
devant la profusion des signes d’abondance,
donnés en toute gratuité, en tout
amour, sans retour attendu. Bon été,
et de belles découvertes en toi et autour
de toi.
(1) "recueillement": faire l'unité en soi, se "ramasser", s'"unifier", bref trouver sa véritable identité au coeur de son existence, de sa vie profonde et intérieure.