Méditer, c’est passer du printemps de la vie
à la vie du printemps!
Février :
un
mois
bref
dédié
à
l’amour
éternel
Parmi
les
expériences
humaines
universelles,
l’amour
remporte
la
palme
sans nul doute. En
parler
n’est jamais simple puisqu’il s’agit d’une expérience si intense
que les mots
ne peuvent en épuiser le sens et la profondeur. Et la
poésie est probablement de par sa nature litteraire, le meilleur
véhicule pour en
témoigner. La
Saint-Valentin (1) veut
donner une occasion de réfléchir, et de vivre,
au-delà de la tourmente
quotidienne, un moment d’amour ineffable. Journée-oasis dans la
vie de chacune
et de chacun. L’amour, une réalité trine
qui jalonne le cours de notre vie. La terminologie grecque emploie
trois
concepts différents pour tenter de le cerner : éros,
philia et agapè. Il
ne s’agit pas de degrés qualitatifs mais de qualifiants marquant
des étapes de
transformation de la personne dans le processus de maturation qui
devrait
aboutir naturellement à la sagesse.
Éros
(Chez les Grecs de l’Antiquité, le dieu de l’amour (2).)
Il
caractérise cette phase incarnée de l’amour où
deux êtres s’unissent, corps,
cœur, tête et âme. Il n’est point étranger à
l’expérience spirituelle et la
mystique l’évoque à travers des métaphores
évocatrices. Le moment extatique
n’est pas seulement charnel. Il est plus et transcende les personnes
qui le
vivent. C’est pourquoi des philosophies religieuses l’intègrent
pleinement à
l’expérience spirituelle universelle tout comme certaines
sagesses de
l’Extrême-Orient. Le taoïsme qui, entre autres choses,
enseigne des
« techniques sexuelles », le fait pour que le
corps « se
spiritualise ». Et la respiration
embryonnaire du yoga chinois incarne bien le mouvement cosmique
(Tao/Dao) avec
lequel tout adepte veut entrer en harmonie. La méditation
taoïste intègre donc "Éros".
Philia
"Aristote appelle philia l'affection
qui
fait
que
nous
aimons
un
être
pour ce qu'il est et non pour ce
qu'il peut nous apporter" Wikipédia, et il
correspond
à
l’expérience
d’amitié.
Expérience
relationnelle
et
communicationnelle
qui
défie
parfois le temps pour
certains individus. D’où les expressions « ami-e-s
d’enfance », « ami-e pour
toujours » et on se
fait un plaisir de retracer l’histoire d’un
événement-clé qui a vu naître une
telle amitié. Il est question de liens sacrés. C’est une
expression amoureuse modulée
par une fréquence différente de l’amour conjugal. On se
sent bien en la
présence d’un-e- ami-e. La confiance tisse leur relation. C’est
pourquoi Jésus
Ben Sira (IIe siècle av. J. C.), dans un extrait consacré
à l’amitié, signalera
la rareté des vrais amis et leur valeur inestimable :
"
Un
ami
fidèle
est
un
puissant
soutien : qui l’a
trouvé a trouvé un trésor. Un ami fidèle n’a pas de prix, on ne saurait en estimer la
valeur. Un ami fidèle est un
baume de vie… " (Ecclésiastique,
6,
14-16)
Agapè
retrouve
toute
la
force
de
l’amour
altruiste
et
réciproque.
C’est un amour
engagé,
concret, inconditionnel et sublimement partagé. C’est
à
ce
signe
vivant
qu’on
repérait dans
les temps apostoliques les disciples de la Voie (Actes des
Apôtres) nommés ultérieurement, chrétiennes
et chrétiens. Lorsque Luc
évoque la première communauté
chrétienne, il en parle en termes inspirants :
« Ils
se
montraient
assidus
à
l’enseignement
des
Apôtres,
fidèles
à la communion
fraternelle, à
la fraction du pain et
aux prières. Ils
mettaient
tout
en commun (…) Jour après jour, d’un
seul
cœur, ils rompaient le
pain dans leurs maisons,
prenant leur nourriture
avec
allégresse
et
simplicité
de
cœur. »
(Actes
2,
42-47)
Méditer
sur
l’amour
c’est peut-être aussi travailler sur
soi pour en extraire le meilleur. C’est aussi contempler le
bon, le
bien, le beau qui gisent en nous mais qui appellent, par amour,
à
s’extérioriser, à se manifester. Ce trésor enfoui
au tréfonds de notre être
n’existe que pour être partagé et faire le bonheur de
toutes et de tous. Les
contrefaçons de l’amour par trop nombreuses, sont à
discerner de l’essence même
de cette expérience lumineuse.
(1)
(2)
Voir
les
termes
"Saint
Valentin"
et "Éros" sur
Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Yvon
R.
Théroux
yvonrtheroux@hotmail.com
Janvier
2010 :
Déjà
une
décennie
du
IIIe
millénaire achevée…
Le
«bogue
de
l’an
2000
»,
c’est presque déjà
très loin! Une revue des actualités marquantes durant ces
dix dernières années laisse entrevoir les grandeurs et
les misères de l’humanité, ses aspirations et ses
déceptions, ses victoires et ses échecs. Et à
chaque nouvel an, on se targue de recommencer à neuf, de
repartir d’un bon pied et de faire les choses comme jamais auparavant.
L’intention est bonne, la volonté politique de changer en
profondeur est souvent absente. C’est tellement humain. C’est
à croire que la seule espèce pensante
désespère de s’améliorer, de se dépasser,
de s’autotranscender. Sa zone de confort est
tellement sécurisante! Pourquoi en sortir? Pourquoi changer quoi
que ce soit?
Alors
qu’on
tente
d’exploiter
l’intelligence
animale
sous divers angles, des
chimpanzés apprivoisent un clavier d’ordinateur, la corneille
apprend à parler etc., que fait-on de cette espèce
pensante, unique en son genre? Elle a le génie de faire
évoluer rapidement la technologie dans toutes les sphères
d’activités des humains, et plusieurs de ses exploits sont
nommés « miracles de la science ». C’est
tout à son honneur. Mais n’y aurait-il pas la possibilité
d’autres « miracles »?
La
pleine conscience, la réalisation intégrale de
qui je suis au tréfonds de mon être, l’éveil
au
Réel, ne sont-ils pas tout aussi importants que la
conquête de l’espace et la maîtrise des technologies de
l’infiniment petit (nanotechnologies)? Car si de plus amples efforts
étaient orientés dans cette direction, les
réalisations humaines dans tous les champs du savoir et de leurs
diverses applications n’en seraient-elles pas enrichies au maximum? Et,
me semble-t-il, l’environnement global en serait, certes, plus sain,
plus harmonieux, plus pacifique. Comme de l’ « uranium
enrichi »
à
des
fins
nobles,
légitimes et pour
desservir la cause infiniment précieuse de toute
l’humanité.
À
partir
de
cet
énoncé
plausible
et possible - et pas du
tout utopique - j’arrive à mieux saisir et comprendre la
pensée de mystiques qui affirment, du moins dans la tradition
chrétienne, que Dieu a voulu s’incarner (prendre chair au sein
de l’humanité) pour que l’humain se divinise. C’est un
appel tout à fait vraisemblable!
On
pourrait
me
rétorquer
facilement
qu’une
telle idée est
irréaliste, et en fait, irréalisable. L’attraction de la
zone de confort est si séduisante, puissante, totale…En
revanche, je me réfère fréquemment à une
étude d’un jeune chercheur qui a voulu comprendre le
phénomène de la vague dans les stades. Avec
l’hypothèse de 100,000 personnes dans un immense stade, il a
conclu qu’il fallait trente-cinq personnes seulement pour initier et
activer la vague. Je trouve intéressant de constater depuis le
début du IIIe millénaire la réalisation
de certains visionnaires : André Malraux avait
affirmé que le XXIe siècle serait mystique ou
il ne serait pas. Dans des termes similaires, l’éminent
théologien Karl Rahner a tenu des propos semblables. Un grand
nombre de traditions religieuses reviennent à l’essentiel et
reformule la voie mystique par excellence, celle-là même
qui est faite d’attention, de concentration,
d’écoute, de silence. Les méditantes et les
méditants de constituent pas une majorité dans les
sociétés et les populations de l’ère postmoderne.
Ils correspondent peut-être à ce noyau minimal qui peut
faire lever une vague porteuse du bien, du beau et du vrai?
Toutes
les
personnes
de
bonne
volonté
- et particulièrement les
jeunes des générations montantes - pourraient-elles
s’inscrire dans ce noyau minimal qui peut devenir levain dans la
pâte? Ne serait-ce pas la voie royale pour rendre la
possibilité que l’humanité révèle le
meilleur d’elle-même dans l’espace cosmique de l’infini et dans
le temps présent de chacun des instant qui composent les
existences?
Que
cette
année
soit
surprenante,
enthousiaste,
emballante,
féconde en rebondissements imprévus mais constructeurs.
Une nouvelle décennie commence…
yvonrtheroux@hotmail.com
II-
Quelques fruits, non exclusifs, de la méditation.
1- Calme :
La personne active, et parfois même nerveuse, ressent
progressivement la
détente intérieure. Pourquoi s’agiter au niveau de
l’accessoire alors qu’il
serait primordial d’écouter son corps, son coeur et son esprit
dans un état de
maîtrise de soi?
2-
Discipline : Un mot qui fut ballonné
jusqu’à récemment de façon malveillante. La
discipline n’entrave en rien
la liberté d’être. Au contraire, elle lui sert un
supplément inestimable et
contribue au calme et à l’équilibre. Indispensable pour
méditer deux fois le
jour, matin et soir.
3-
Équilibre : C’est la vertu du milieu qui libère
des excès dans un sens
ou dans l’autre. Siddhârta Gautama S. Bouddha, dont la vie a
oscillé entre la
richesse princière et l’extrême dépouillement, y
compris dans le jeûne, a
découvert la joie profonde de l’équilibre. Depuis cette
expérience on surnomme
souvent le bouddhisme « la Voie du milieu ». Un état
de bien-être entre la
léthargie et l’agitation.
4-
Apaisement : pour arriver à la concentration, il faut un
corps et un
esprit apaisés. John Main osb. parle de l’immobilité,
intérieure et extérieure,
toutes deux prérequises au développement de l’attention.
Cette dernière est
indispensable pour faire l’unité de soi, en soi.
5-
Vigilance : C’est une aptitude à la pleine conscience
d’être. La vigie
est un contrôleur qui observe avec tout son être dans des
situations ou des
états extrêmes : brouillard, visibilité nulle ou
fortement amoindrie. Au-delà
du mental et de ses nombreuses distractions, revenir au point de
concentration.
6-
Souplesse : La rigidité n’a aucune parenté avec
l’une ou l’autre forme
de méditation. S’il y a toujours une technique de base à
assimiler et à
intégrer dans l’apprentissage de la méditation, ce
dernier se réalise davantage
dans la souplesse et la vigilance. Autrement, à trop insister
sur la technique,
on en vient à oublier l’essentiel : méditer. La
méditation doit épouser
l’horaire de tous et chacun, et non l’inverse. La méditation
assise et la
méditation en marchant supposent une adptatabilité
circonstancielle
7-
Bienveillance : La méditation cultive le goût du
bien et du bon en
pacifiant les relations humaines. Elle suggère fortement
l’éradication de la
violence sous toutes ses formes. C’est, en quelque sorte, transcender
l’animal
que nous sommes pour faire advenir l’humain en nous, pour nous et pour
tous les
autres.
8- Harmonie
: Au contraire de la discordance, de la dispersion et de
l’incohérence, la
méditation amène une relation harmonieuse de toutes les
composantes de la vie
d’une personne. Au surplus, se dégage une relation harmonique
des diverses
relations amicales, amoureuses ou professionnelles.
9- Lucidité
:
Un
esprit
lucide
devient
plus pénétrant et plus
perspicace. Les idées sont
plus claires parce que la conscience est plus vive. On devient
clairvoyant sur
soi-même, sur son propre comportement par une meilleure
conscience de qui on
est et de ce qu’on veut devenir.
10- Joie :
Bien au-delà d’une simple émotion, la joie devient un
sentiment exaltant
ressenti par toute la conscience revivifiée. C’est un
aboutissement suave de la
pratique méditative. Si « faire de sa vie un chef d’oeuvre
»(1) est le
leitmotiv de tous les sages, le chemin de la méditation n’y est
pas du tout
étranger, et il est beaucoup plus fréquenté en ce
XXIe siècle (2).
Cette
liste
n’est
pas du tout exhaustive, car
l’expérience des uns et des autres pourraient, sans conteste,
l’enrichir
qualitativement. Ces fruits de la méditation apparaissent en
leur temps, ce
temps qui survient suite à une longue maturation et une pratique
persévérante.
(1) Bédard,
Jean et Jean-François Malherbe, Telle
une
«
oeuvre
d’art
»,
la
vie,
avec des textes de Christiane
Besson, Josée
Fabien, Pierre Lussier, Jacques J. Perron et Yvon R. Théroux,
Sherbrooke,
Éditions GGC ltée, 2003. 157 p.
(2) Peck,
Scott, Dr., Plus loin sur le chemin le moins fréquenté,
Paris, Laffont, 1995.
p. 238
Yvon
R.
Théroux
yvonrtheroux@hotmail.com
Quelques
fruits,
non
exclusifs,
de
la
méditation
Qu’elle
soit
de
source
séculière,
spirituelle
ou
religieuse,
la
pratique
méditative apporte des
fruits dits incontestables. Cela fait déjà quelques
décennies que des études
scientifiques, réalisées au niveau universitaire, tentent
de mesurer avec
précision des impacts neurophysiologiques et psychologiques sur
les personnes
qui pratiquent assidûment la méditation. En cette
matière, les nouvelles
technologies mesurant l’activité cérébrale sont
bienvenues. Référons en tout
premier lieu à www.chaouqi.net/index.php?2005/07/18/19-meditation-et-neurosciences
Par abel, lundi
18 juillet 2005 à 09:25 - méditation :
#19 : rss
Le
Massachusetts Institute of Technology a tenu un symposium en
présence du Dalaï
Lama et de neuroscientifiques réputés pour discuter des
bienfaits de la
méditation sur la santé.
Avec 2
500 ans de pratique méditative, les Bouddhistes connaissent
bien, quoique de
façon empirique, les effets positifs sur la santé. Depuis
une dizaine d’années,
c'est au tour des neurologues de s'intéresser de plus en plus
à la biologie de
la méditation. Richard Davidson, du département de
psychologie de l’Université
du Wisconsin, est l’un des principaux organisateurs du symposium qui
s'est tenu
samedi dernier au MIT. Dans son laboratoire de neurosciences, il dirige
des
expériences sur des moines tibétains et des adeptes de la
méditation.
Lors
des expériences, Richard Davidson demande aux participants de
s'installer en
état de méditation. Les cobayes sont ensuite soumis
à des stimuli perturbants –
images agressives, bruits. Par imagerie médicale, les
scientifiques mesurent
les impacts de cette situation sur leur cerveau. Les adeptes de la
méditation
surmontent plus facilement les événements perturbateurs
que les autres. La
méditation laisserait des résidus biologiques au niveau
du cortex préfrontal,
dans la partie gauche associée aux émotions positives,
expliquent les
scientifiques au New York Times, dans son édition du 14
septembre.
Les
chercheurs ont décelé une intense activité chez
les personnes capables de
réguler leurs émotions par la méditation. Des
études montrent que cette pratique
favorise une meilleure activation du système immunitaire,
certains patients
atteints de psoriasis guérissent quatre fois plus vite s’ils
méditent. Le Dr
Davidson a récemment établi le lien qui existe entre
l’activité dans la partie
gauche du cortex préfrontal et l’augmentation du niveau
d’anticorps
(Proceedings of the National Academy of Sciences).
La
recherche dans ce domaine est récente. Mais elle commence
à s’imposer grâce aux
nouvelles technologies qui permettent de mesurer les réactions
du cerveau avec
plus de précision. Si l’on se fie aux résultats
aujourd’hui, méditer serait un moyen efficace, et
pas
cher, de réduire le niveau de stress, de combattre des maladies
ou d’être tout
simplement plus heureux.
Je
donne encore deux sites web à consulter pour des articles
spécifiques : www.nouvellescles.com/article.php3?id_article=951
www.passeportsante.net/fr/Therapîes/Guide/Fiche.aspx?doc=meditation_th (1)
Je
crois important d’examiner en premier lieu les résultats sur le
corps physique
des personnes qui méditent. D’autant plus qu’un grand nombre
d’entre elles
s’adonne à la méditation d’abord et avant tout – et
souvent exclusivement -
pour l’amélioration de leur santé globale : une
meilleure forme physique,
une mémoire vive mieux entraînée, un système
immunitaire plus résistant et
combatif etc. Des résultats
mesurables
qui séduisent plusieurs personnes qui pratiquent ou voudraient
éventuellement
pratiquer une forme ou l’autre de méditation. Mais des
résultats mesurables,
quantifiables, sont-ils les seuls à pouvoir contribuer à
la croissance globale
de l’être humain ? Nous en reparlons en décembre.
(1)
Toutes
les
études
ne
vont
pas
nécessairement
en
ce sens. Il faut
garder son
esprit critique et apprendre à nuancer. Le site suivant, de
rigueur
scientifique, mérite d’être lu mais n’est pas non plus le
dernier mot
concernant toutes ces recherches nouvelles et récentes :
www.jle.com/fr/revues/medecine/med/e-docs/00/04/35/CA/article.md?type=text.html
Yvon
R. Théroux
yvonrtheroux@hotmail.com
De
façon officielle, il y aura bien sûr
la fête de l’Action de grâces ce 12 octobre 2009. Il est
utile de se rappeler
que c’est le mois de plusieurs récoltes au plan agraire.
Traditionnellement,
dans les campagnes, des familles font aussi boucherie d’animaux
engraissés
depuis tôt au printemps pour assurer la nourriture durant les
longs mois
d’hiver.
Il y
a donc, au plan séculier tout comme
au plan religieux, des rites de reconnaissance envers la
Terre-Mère pour les
récoltes, envers la Nature, si
généreuse
et féconde, envers l’Auteur de toute vie qui a mis à la
disposition des humains
toutes ces richesses potentielles liées aux besoins
alimentaires. Fruits du
travail de femmes et d’hommes, éleveurs, agriculteurs ou
maraîchers. Ici prend
tout son sens cette prière écrite par une personne
anonyme (1):
Toute
vie n’est qu’une.
Et
tout ce qui vit est sacré.
Les
plantes, les animaux et les humains,
tous
doivent se nourrir pour vivre
et
pour servir de nourriture aux autres.
Nous
bénissons les vies sacrifiées
pour
nous donner ce repas.
Mangeons
ensemble consciemment,
résolus,
par notre travail, à payer
la dette de notre existence.
C’est
aussi le mois où la Nature,
artiste par excellence, révèle la palette de ses coloris.
Les citadins, en
nombre non négligeable, réalisent un bref
pèlerinage au coeur même des paysages
bucoliques pour s’enivrer la vue de ces images inouïes. Des
pellicules de
photographies voudront immortaliser ces temps d’extase et
d’éternel étonnement
auxquels on voudra revenir occasionnellement pour réenchanter le
quotidien de
la vie durant des périodes plus mornes ou moroses. C’est donc
dire qu’il y a
bien manifestement au-dedans de tous les humains, un petit coin
lumineux d’une
attitude contemplative.
Dès
lors,
on
saisit
avec
une
meilleure
acuité
l’étoffe
même de certaines
spiritualités et traditions religieuses
essentiellement fondées sur la contemplation, la
méditation(2). Cela vaut aussi
pour des spiritualités séculières ou dites
laïques où le regard observateur et
silencieux a toute sa place, où l’attention recueillie est
à l’écoute de ce qui
se passe non seulement à l’extérieur mais aussi au-dedans
de l’humain.
La
capacité de s’émerveiller, trop
souvent limitée aux seuls enfants, n’est-elle pas un
ingrédient majeur dans la
constitution spirituelle de l’humain? S’émerveiller, oui,
s’étonner, contempler
: une musique de l’âme humaine qui se nourrit au beau, au bon et
au vrai (3).
On peut aussi s’étonner de qui l’on devient dans la lente
évolution de notre
personnalité quand on contacte l’essentiel.
Ce
mois d’abondance ne rappelle-t-il pas
à toutes les personnes méditantes, quelle que soit leur
appartenance laïque,
spirituelle ou religieuse, la reconnaissance obligée de tous les
fruits dérivés
de la pratique méditative? Encore une fois, et je le redis, ces
fruits ne sont
pas la résultante de demandes incitatives et
répétitives. La méditation fait le
même travail que le sculpteur en libérant tout ce qui
n’est pas nécessaire pour
que la forme conçue jaillisse progressivement, pour que
l’être que je suis
réellement arrive à se manifester en toute
simplicité, en toute vérité, sans
plus.
Généralement,
ce
sont
les
personnes
de
mon
entourage
immédiat
qui constatent des changements
opérés dans ma
personnalité. Changements non superficiels, ni temporaires. Ils
ne saisissent
pas toujours la source de cette métamorphose. Rien ne nous
interdit d’affecter
à la méditation persévérante ces
changements de divers ordres. Je vais en
parler dans la prochaine chronique du mois de novembre.
D’ici
là, soyons toutes et tous
reconnaissants de la vie reçue (un privilège en quelque
sorte), des talents qui
sont miens, des habiletés apprises, des connaissances et
expériences acquises.
Je suis beaucoup plus que ce je crois être. Je suis beaucoup plus
que ce que
toutes les personnes de mon entourage pensent que je suis, souvent
à partir de
conceptions superficielles et fragmentaires.
Action
de
grâces
Yvon
R. Théroux
(1)
Rajotte,
Patrick et Yvon R. Théroux, La spiritualité
amérindienne, collection «
Labyrinthes »,
Montréal, Éditions La Pensée inc.,
2004. p. 41
(2)
Le bouddhisme et la voie du yoga en
hindouisme en sont des exemples explicites.
(3)
Voir la chronique du mois d’août
dernier: « La méditation : exercice de
persévérance. »
La
méditation :
un
acte
de
générosité
libre
La
générosité
est
une
vertu
ambivalente,
et
parfois
même
contradictoire. Envers
les autres, elle peut être philanthropique, c’est-à-dire
qu’elle donne mais se
soucie de bien identifier la personne bienfaitrice. C’est une
façon simple et
efficace de flatter l’ego en se délestant d’un trop, d’un
superflu. Pas
nécessaire d’être millionnaire pour s’identifier à
un geste qu’on veut
magnanime mais qui perd de son intérêt dès lors
qu’il se centre sur la personne
qui donne. En deuxième lieu, le geste généreux
peut être tout aussi efficace
mais discret. On ne sonne pas tambour et trompette mais la personne
attend tout
de même une certaine reconnaissance. Et sans celle-ci, son
attente profonde
n’est pas tout à fait comblée et satisfaite.. Il y a
finalement le don généreux
et anonyme. Soulager la misère, consoler ceux et celles qui sont
victimes de
cataclysmes naturels, aider les moins nantis dans le secret total et le
respect
de ces personnes devenues fragiles et vulnérables. Souvent
malgré elles et tous
les efforts accomplis pour se sortir d’une pénible situation que
toutes et tous
souhaitent temporaire. Mais qu’en est-il de la
générosité envers soi-même?
Parce
qu’il
doit
aussi
y
avoir
une
générosité
envers
soi-même. Seulement donner peut
à la longue assécher le dynamisme du don, la
vivacité du geste gratuit. Il faut
apprendre aussi à se donner généreusement des
espaces dans le temps pour
réfléchir, prier, concevoir des projets qui auront la
portée qualitative de ce
temps créateur, créatif. Car donner
peut être relativement facile. Se donner,
comme présence profondément humaine auprès
d’autres personnes, implique une
qualité d’être qui a été polie dans le geste
répétitif et purificateur de la
méditation silencieuse. C’est très exigeant. Donner des
biens matériels, c’est
bien. Donner de son temps, se donner comme présence, n’est-ce
pas mieux? À la
seule condition de s’effacer, d’éviter la tentation du culte de
la personne. Se
donner n’est pas rendre les autres dépendants de sa personne.
Tout au
contraire, c’est leur redonner une liberté de penser, d’agir, de
grandir dans
la dignité. Et la méditation devrait nous y amener
progressivement.
Méditer
peut
effectivement
contribuer
à
la
qualité
de
la
personne. La simplicité est
certes la première vertu que conquiert le sujet méditant.
Car, en méditation
nous sommes toujours, toutes et tous,
des débutants. Il n’y a pas une hiérarchie de type
vertical. Pensons au
cercle où tous les points sont égaux car
équidistants du centre. C’est là le
schéma authentique de toute vraie communauté de
méditation. La générosité
donnée au temps de méditation décuple les fruits
qui en dérivent.
Car
plus
on
est
engagé
au
cœur
de
ce monde, plus il faut s’accorder
du temps de
réflexion, de silence. Il y a comme une loi de la
proportionnalité
complémentaire. Ce mois de septembre est effervescent. Il sonne
le départ d’à
peu près tous les projets qui sillonneront l’année active
en cours. Alors,
soyons généreux envers nous-mêmes.
Prenons,
matin
et
soir,
un
espace
de
vingt
minutes dans le silence
méditatif où il faut
dûment s’affranchir des occupations et des préoccupations
qui ont meublé
intensivement notre journée. Hier n’est plus, demain est
mystère et surprise.
Mais l’instant présent vaut son pesant d’or. Et la
méditation nous ramène au
présent senti et ressenti de façon continue.
yvonrtheroux@hotmail.com
Le
mois d’août est un seuil. Il annonce que des activités
diverses vont bientôt
reprendre leur cours normal. Mais quelles activités? Il y a
celles qui ont été
seulement suspendues durant la période estivale. Il y en a aussi des nouvelles qui vont venir garnir
notre agenda généralement déjà bien fourbi.
La vie extérieure sera envahissante
et va accaparer la majeure partie de toutes nos énergies et de
tout notre
temps. Il se peut même que nous ressentions un peu de nostalgie
de ces périodes
où nous étions contemplatifs, gratuitement, devant les
sculptures de la nature
ici ou là. Ce temps libre qui nous permettait d’entrer un peu en
soi et qui
nous a tant fait de bien. On a la vive impression, si ce n’est la
certitude, qu’on
a touché l’essentiel. On se surprend d’avoir pu apprécier
le beau.
Le
beau, non seulement dans les
paysages, sous la pluie comme sous le soleil, mais dans les personnes
rencontrées. C’est étonnant de constater comment la
communication s’établit
facilement entre des vacanciers. Le sourire est plus facilement au
rendez-vous.
C’est bien le résultat de cet état marqué par
l’absence de stresse, de vitesse,
de contraintes de toutes sortes. Seul, en couple ou en famille, tout
est plus naturellement
harmonieux, paisible et pacifié. Est-il possible de retrouver
cet état d’être
dans le trafic intense de nos vies individuelles et collectives puisque
bientôt
va sonner la fin de la récréation? Bien sûr, et
à la seule condition
d’apprécier le bon et le vrai.
Le
bon, car si des instants
irremplaçables m’ont promu au meilleur de moi-même,
comment ne plus les désirer
à nouveau? Pourquoi ne plus les revivre sous d’autres formes
adaptées à ce
rythme de la vie courante, inéluctable et incontournable?
Pourquoi ne pas me
faire le cadeau, deux fois le jour, d’un vingt minutes de répit,
matin et soir,
en pratiquant la prière contemplative ou méditation? Cela
exige de me
discipliner, mais pour un mieux-être tout entier, corps, cœur,
tête, âme, cela
n’en vaut-il pas la peine? La désespérance ne fait pas
partie de la pratique
méditative, qu’elle soit juive, chrétienne, soufie,
hindoue, bouddhiste,
séculière! Bien au contraire, elle entraîne
à la persévérance qui peut finir
par colorer tous les aspects de ma vie. Cette
persévérance m’amène
graduellement à la vérité de ce que
je
suis réellement.
Le
vrai qui me sort de ma zone de
confort, habituelle et ritualiste. Le vrai
qui me façonne tranquillement, mais avec quelle assurance. Il me
sculpte tel
que je dois être, conformément à ma vraie nature:
au-delà donc des images, des
façades, des maquillages, physiques et psychologiques. Ce vrai qui constitue un résultat
indéniable et manifeste des changements -
presqu’imperceptibles - qui
s’opèrent graduellement à l’intérieur de
moi…à force de persévérer à temps et
à
contretemps.
Tous
les prétextes se présenteront chaque jour et chaque fois
pour m’empêcher de
devenir moi-même dans ce qu’il y a de meilleur, de beau,
de
bon et de vrai au tréfonds
de mon être. Je dois
donc résolument consentir en toute liberté
à cet exercice de
persévérance, facile, oui, mais combien exigeant. Et si
tu peux t’unir à une
communauté de méditation hebdomadairement, cela va
très certainement te
stimuler, t’encourager. La méditation fait la communauté,
dans le silence, la
convivialité, dans une solidarité cordiale.
Le
mois de mai, mois de la
surabondance, Le 2 mai 2009, anniversaire de Gautama
Bouddha célébré
dans l'Asie de
l'Est le 8e jour du 4e mois du calendrier
lunaire chinois. C'est un jour de
fête officiel à Hong Kong, à Macao et en Corée
du
Sud. Fête de la
lumière, de celui qui a connu l’Éveil
lors d’une méditation intense sous un figuier et qui inspire
encore de nos jours des millions de personnes sur tous les continents.
Le 29
mai, dans la Foi baha’ie, on commémore la mort en 1892 et l’Ascension de
Baha'u'llah. C’est encore une occasion de souligner la rencontre de ce
personnage clé de l’Iran religieux avec la Lumière. Trame humaine à l’enseigne
d’expériences
religieuses diverses fondées sur la méditation, la
prière et le dialogue avec
le « Tout Autre ». Puisse ce mois de mai,
à travers ses lumières et les
reflets multicolores de la floraison, de l’émergence de la vie
en abondance, et
sous diverses formes, nous préparer à la saison estivale
de repos, de
« recueillement »(1), de
régénération. Sachons garder
notre sens de l’émerveillement devant la profusion des signes
d’abondance,
donnés en toute gratuité, en tout amour, sans retour
attendu. Bon été, et de
belles découvertes en toi et autour de toi. (1)
"recueillement":
faire
l'unité
en
soi,
se
"ramasser",
s'"unifier",
bref trouver sa véritable identité au coeur
de son existence, de sa vie profonde et intérieure. Yvon
R.
Théroux yvonrtheroux@hotmail.com
de la lumière et des couleurs.
clament des
méditantes et des méditants.
Si je paraphrase le 13e
apôtre, Paul de Tarse1, qui n’a pas connu Jésus
de son vivant, il
provoque en laissant savoir que si la résurrection ne fut pas
l’ÉVÉNEMENT dans
la vie de Jésus…alors toute foi est vaine.
« Christ
est mort pour nos péchés, selon les Écritures.
Il
a été enseveli, il est ressuscité le
troisième jour selon
Il est apparu à Céphas (Pierre), puis aux
Ensuite,
il est apparu à plus de cinq cents frères
la plupart sont encore vivants et quelques-uns
Ensuite il est apparu à Jacques puis à tous
En tout dernier lieu, il m’est apparu, à moi
Car
je suis le plus petit des apôtres, moi qui ne suis pas
d’être appelé apôtre parce que j’ai
persécuté l’Église
de Dieu.
Mais ce que je suis, je le dois à la grâce
et sa grâce à mon égard n’a pas été
vaine. »
Première
Lettre de Paul aux Corinthiens,
Saint
Isaac le Syrien, dans Sentences.3
Une bonne connaissance à moi se fit
annoncer
récemment qu’il lui restait peu de temps à vivre.
Âgé de 72 ans, elle exprima
sa joie d’avoir vécu si longtemps et généralement
en excellente santé. Son sens
de l’humour s’est éteint seulement avec son dernier souffle.
Vivre en
ressuscitée-e-s c’est vivre en amants de la nature, de la vie
reçue.
C’est
se positionner comme co-créateurs, vouloir continuer et parfaire
la création de
cet Univers, l’écrin de mon lieu de naissance. M’épanouir
au maximum et
m’impliquer dans des causes qui relèvent de la justice, de
l’équité et de
l’amour de soi et des autres.
Et quotidiennement contacter, dans la méditation,
le « Tout Autre » qui habite au plus intime de
moi-même4.
Faire reculer ce qui sépare, divise, pour faire advenir ce qui
unit et unifie.
La Pâque juive (Pessa’h, 9 et 10 avril 2009) rappelle le passage
de l’état
d’esclaves (pendant quatre siècles en Égypte) à
l’état d’êtres humains libres.
La Pâques chrétienne (Dimanche, 12 avril 2009) signale
à sa manière le passage
d’un état de dépendance aux illusions de ce monde
à un état d’affranchissement,
de libération pour vivre en plénitude
une communion avec le Beau, le Vrai, le Bien.
1 DECAUX, Alain (de l’Académie
française), L’avorton de Dieu. Une vie de saint Paul.
Paris,
Perrin-DDB,
331
p.
(Ouvrage
très
recommandé
en
cette année consacrée à
saint Paul – YRT).
Citation à la toute fin du texte et
référence à la note no4.
yvonrtheroux@hotmail.com
Méditer, c’est
passer du
printemps de la vie
à la vie du
printemps!
Un recommencement notable et
important. C’est se situer à la Source même qui peut tarir
toute soif. Une eau
pure et vive qui n’étanche pas qu’une soif passagère mais
nourrit tout l’être
et le revitalise entièrement (La Samaritaine des
Évangiles : Jn 4, 5-42).
La lumière se fait plus proche et chaleureuse et devient
indispensable pour la
croissance de tout le vivant. Chaleur du cœur qui revigore et redonne
des
ailes aux humains: courage, détermination, volonté
de grandir sont au
rendez-vous (Guérison de l’aveugle-né en
l’Évangile de Jean : Jn 9, 1-41).
Les parfums printaniers taquinent les narines. Tout se renouvelle. Le
grand
ménage du printemps effacera les dernières traces de
l’hiver. Les torrents
s’écoulent dans un grondement de ténor, les ruisseaux et
les rivières courent
comme de folles gazelles. C’est partout les manifestations de la vie
qui
pousse. Les méditantes et méditants ne sont pas des
personnes exceptionnelles,
des athlètes de la prière. Elles ont tout simplement
résolu de faire de manière
extraordinaire les choses les plus ordinaires. Centrées sur
l’essentiel, sur le
moment présent qu’elles vivent intensément. Comme
ces enfants auxquels
Jésus de Nazareth réfèrent si souvent pour
expliquer qui peut participer au
Royaume (Mc 10, 13-16; Lc 18, 15-17).
Ces personnes qui leur ressemblent
sont celles qui ont gardé leur sens de l’émerveillement,
leur capacité de
reconnaissance devant la vie donnée.
Humant le moment présent en le dégustant sans devoir se
préoccuper d’hier qui
n’est plus et de demain qui n’est pas encore. Leur vie est un continuel
printemps : un hymne à l’amour de la vie.
Profondément ancrées dans
l’instant présent, elles ne déchantent pas au premier
obstacle, au premier
échec, à la première épreuve. Elles
rebondissent et trouvent les solutions
appropriées. Habituées à garder le silence, la
réflexion devient plus aisée et
plus aidante. Elles ont tout simplement quelques atouts de plus que
d’autres
personnes, fruits de la méditation biquotidienne. Le printemps
est synonyme de
bouillonnement, d’éclosion, de croissance, de poussée
vers l’avant. Des
personnes méditantes sont apparemment et paradoxalement
engagées dans la vie
courante de toutes leurs forces : pensons à Mahatma Gandhi,
à Teresa de Calcutta,
Jean Vanier. Que faut-il alors comprendre?
C’est que plus nous avons une vie
engagée, plus nous assumons d’importantes
responsabilités, plus des moments
d’arrêt s’imposent au quotidien. La qualité des projets,
de leur résultat, se
mesure souvent à l’aulne des temps de silence qui les
renforcent, les précisent, les élèvent. Un peu
comme ces silences
incontournables en musique pour tout compositeur. Si la vie du
printemps est
exaltante, la vie des méditantes et des méditants est
inspirante. On apprécie
toujours des gens tranquilles, calmes et sereins. Dans les moments
pénibles
d’une vie, on fait appel à leurs services On les sait capables,
on les sent
prêts à intervenir judicieusement et adéquatement.
Ils ne sont pas supérieurs.
Bien au contraire. Mais du printemps de leur vie qu’ils ont
décidé, ils vivent
maintenant un printemps perpétuel qui est une symphonie
gracieuse, harmonique,
stimulante, créatrice, lumineuse. Ils gèrent les
difficultés sans se
décourager.
Décide par toi-même et pour
toi-même
de renaître, c’est-à-dire de
connaître un nouveau printemps dans ta vie. Tu seras
époustouflé(e) du
résultat. Un grand spirituel contemporain, Maurice Zundel,
affirme dans ses
écrits que ce n’est pas la première naissance qui est la
plus difficile, celle
que nos parents nous ont donnée, préfabriquée.
C’est la seconde, la plus
déterminante, car je dois personnellement
m’arracher à la première pour devenir
moi-même en plénitude. Renaître à
moi-même, me découvrir dans la vérité de qui
je suis pour me lever et aller vers…
(L’enfant prodigue du texte de l’évangéliste Luc re-naît : Lc 15,11-32). On comprend ici le
malheur de celles
et ceux qui s’apitoient sur leur passé, rendant responsables
tantôt leurs
parents, tantôt certains membres de la famille ou de leur
entourage immédiat.
Ce sont des victimes perdantes. Nous sommes nés pour devenir des
vainqueurs,
des re-né(e)s gagnant(e)s. Relis le passage du dialogue entre
Jésus et Nicodème
(Jn 3, 1-21).
Fais-toi ce cadeau inestimable. Il
n’y a pas d’âge pour RE-NAÎTRE.
yvonrtheroux@hotmail.com
La
vie spirituelle
doit aussi franchir des étapes de croissance
Paul Evdokimov1,
se référant à la psychologie des religions, cerne
clairement trois étapes
franchies successivement par toute personne qui fait l’expérience
spirituelle. La première, pré requise aux deux
autres,
est « l’unité préliminaire de l’être
humain, fragile et instable2. »
J’ai déjà fait allusion qu’au cœur de la
méditation, se recueillir voulait
d’ores et déjà signifier faire l’unité
intérieure, se ramasser, s’unifier du dedans.
Une fois cette première étape réalisée, il
devient plus évident que la
préparation au combat est ajustée.
Car la deuxième étape se
présente sous « le conflit aigu entre le
spirituel et l’empirique3 » c’est-à-dire cette
nécessité déconcertante de
l’esprit scientifique d’exiger des preuves indubitables pour tout, et
ce par
quoi seulement tout vaut…autrement on se confine dans la supercherie.
Heureusement les sciences mesurent depuis récemment le non
absolu de leur
dogme. Et comme toute croissance, il y a celle, déterminante et
incontournable, de
l’intégration.
L’intégration
finale : c’est là que je fais mienne une certaine vision de
l’Univers, de
l’Humanité. J’y choisis des valeurs à partager, des
combats à mener, des débats
à tenir dans le respect et l’authenticité de tous. Je
suis vrai avec moi-même
et avec les autres. J’ai l’envie très grande de crier :
« I feel
great ». Mais qu’est-ce qui a déclenché tout
ce processus?
Un événement marquant
dans ma vie qui se nomme « conversion ».
Laquelle
est
le
produit
d’une
rencontre,
d’une
lecture, d’un
échange…dont le
contenu, quel qu’il soit, m’a orienté vers une vie nouvelle.
Bien sûr qu’elle a
exigé des retournements décisifs, mais elle a aussi
transformé tout mon être en
le dynamisant dans la joie et la lumière. Et je m’accepterai
désormais tel que
je suis – ce qui, au passage, est tout un défi-. Car dans la vie
spirituelle,
l’acte le plus exigeant ne saurait être autre que l’acceptation
de soi-même.
qui ressuscite
des
morts. » Saint Isaac le Syrien,
dans Sentences.4
1 Paul
EVDOKIMOV, Les âges de la vie spirituelle. Des
Pères du désert à nos jours,
Paris, DDB, 1964.
2,3 Idem, p.66.
À lire, les pages 59 à 69.
4
Idem,
p.68.
yvonrtheroux@hotmail.com
Rompre avec ce que je fus
et
ce qui a été est le propre de la vie spirituelle
Les Mères et les Pères
du désert reconnaissent en effet trois volontés qui se
confrontent dans la
dynamique de la vie spirituelle : la 1ère est
celle de Dieu qui
appelle l’humain, l’invite à le
rencontrer librement pour lui faire connaître le bonheur
d’être. La 2e
volonté est celle de l’humain, un être fragile et
instable, parfois si
indifférent à ce qui le dépasse qu’il devient
prisonnier de lui-même,
prisonnier de l’illusion de s’autosuffire en tout et partout. La 3e
est une expression du Malin (si symbole, symbolique en grec signifie
unir,
unifier, rassembler, son contraire, le diabolique, exprime
radicalement
la séparation, la désunion, la division). Imposition
fortuite d’une présence
qui soumet l’humain, le rend esclave et peut même
l’entraîner à sa perdition.
Qu’y a-t-il à dire de ces trois volontés?
Concernant le sujet
divin de la vie spirituelle, il y a très peu à
dire : « …il convient
plutôt de se taire et de le
vénérer par le silence. » (Mt
16,37; Éph
2,8; Jn 14,23). L’élément démoniaque constitue l’obstacle (1 Pi 5,8; Éph 6, 11. L’humain aura donc
à se battre, à
demeurer vigilant. L’enfant prodigue (Lc 15, 17-20) comprendra, dans
l’ultime
effort d’éviter la dérive : « Rentrant
alors en lui-même, il se
dit :…j’irai vers mon père…il se leva donc et alla vers
son père ».
Un acte salvateur qui place l’agir
humain dans l’agir divin. Il y a naissance d’un jeune homme nouveau.
Il
n’est
plus
seul,
isolé
et
prisonnier
de
lui-même.
Revirement entier,
changement profond, tourner le dos à ce que je fus et à
tout ce qui a été la
trame de ma vie, voilà la rupture définitive
imposée par une vie spirituelle
bien incarnée dans l’ici et maintenant mais qui épouse
l’Esprit du divin et
abandonne l’esprit du monde et toutes ses convoitises. L’humain
se
divinise
tout
comme
le
divin
est
devenu humain
(Incarnation). Cette nouvelle vie n’est
en rien une même vie à laquelle on ajouterait quelques
pratiques
religieuses, quelques lectures et attitudes pieuses. Un combat contre
soi-même.
Se faire violence pour faire émerger le meilleur de
soi-même. Passer de la mort
à la vie en plénitude. Ressusciter
dès
maintenant, ici dans le cours de ma vie. Cela me rend meilleur pour
moi-même et pour les autres.
C’est un combat continu,
soutenu, de tous les instants de la vie spirituelle (lire Lc 9,62).
Rares sont
les chrétiennes et les chrétiens authentiques qui
assument les exigences
évangéliques, car pour cela il faut avoir
décidé à temps et à contretemps de se
lever et de marcher vers…
Que cette année 2009
devienne une étape décisive de ce que je veux être
et devenir…en acceptant le
défi de rompre avec ce que je fus jusqu’ici et avec tout ce qui
a meublé ma vie
sans jamais rassasier réellement ma soif de bonheur et de joie
exaltante.
Du 22 au
29 décembre,
dans le monde juif, c’est Hanoukkah : fête de lumière
et souvenir de la
dédicace du Temple profané en 164 avant notre ère.
Une grande souffrance qui a
vaincu l’ennemi dans le temps. Désespérer? C’est un mot
que ce peuple ignore.
Les pires ténèbres se dissipent quand on alimente une lumière intérieure faite d’espoir et de
détermination, de courage
et de foi inébranlable. Le silence
des années, voire même des siècles, dégage
une puissance de transformation qui
reconfigure l’histoire de l’humanité.
Ainsi en
est-il de la grande
fête de la naissance de Jésus commémorée
dès le 24 décembre au soir. Une
arrivée bien discrète dans cet univers. Curieusement,
c’est la lumière d’une étoile silencieuse
qui va
orienter les premiers témoins. Le silence
des Mages viendra à bout de la puissance d’Hérode.
Toute la longue
préparation de Jésus à une vie publique
tumultueuse se fera dans le silence du petit village
de Nazareth.
Lieu si peu séduisant qui ne devait jamais faire surgir de
personnalités
célèbres!. Le silence fut la
meilleure arme de ce prophète juif reconnu comme messie par
plusieurs, et ses
paroles et gestes avaient le don d’illuminer
les cœurs et les esprits de gens de son temps…et cela demeure vrai
encore de
nos jours.
Si le 29
décembre est le
nouvel An musulman 1430, le 1er Muharram, c’est dire la joie
du
recommencement et l’espérance de vivre plus lumineusement
l’année qui émerge du silence des
âges. Le même jour, en Iran, on commémore la mort de
Zarathoustra (Zartusht-no
Diso), ce grand réformateur de l’ancienne religion perse, le
mazdéisme. Grande
religion qui fit la lumière – avant même les grands
traditions monothéistes –
sur des concepts comme la
résurrection, une
vie au-delà la mort, les anges comme messagers. Et je ne peux
passer sous
silence la fête mahayana de l’éveil de Gautama devenu
Bouddha (Éveillé) sous l’arbre
de l’illumination, le 8
décembre. Ce même jour les catholiques
soulignent la fête de Marie, manifestation de la
résistance puissante au Malin
(Immaculée Conception) dans le silence
de son cœur.
Un mois
de lumière et
d’expressions multiples de la puissance qui connaît ses grandeurs
et ses
misères chez l‘humain. Puissance de l’auteur de toute
création qui a besoin des
humains pour se manifester à la face de
« Le
silence se meurt; le bruit prend partout
le
pouvoir; c’est la seule calamité écologique
dont
personne
ne
parle,
et
c’est
pourtant
l’une
des
plus
désastreuses. »
Alain Finkielkraut
Il est vrai que le
silence est éminemment menaçant pour toute personne
humaine.
Il contraint à la réflexion,
à
l’introspection, il conduit à la dimension intérieure de
l’être humain qui
soulève un questionnement ininterrompu sur l’essentiel. Ce n’est
pas du tout
reposant. C’est un travail qui draine beaucoup d’énergie. Il
comprend, au
surplus, quelques risques bien identifiables.
Le
premier risque c’est un changement d’orientation de la part de la
personne.
Ayant remis en question ses valeurs, sa façon d’exister
pour mieux vivre
et vivre pleinement, elle se tourne résolument vers un
présent totalement
assumé et un avenir bâti avec de nouveaux
matériaux. Un regard neuf et
renouvelé. Il est d’ailleurs intéressant de comprendre
pourquoi des personnes
ayant fait une expérience de mort imminente (EMI) change
radicalement le cours
de leur vie et que plus rien n’apparaît comme auparavant. Une
analogie fort
révélatrice : certaines personnes plongées
dans un silence profond et qui reviennent à la
pleine conscience ont
« appris » des
réalités
éminemment importantes. Elles les intègrent volontiers
à leur vie qui continue
mais qui se métamorphose de manière incomparable et
incommensurable.
Un
deuxième risque, c’est de devenir quelque peu
« étranger » aux yeux
de beaucoup de personnes de l’entourage immédiat. Le changement
subit
désoriente. On était tellement habitué à
voir cette personne de telle ou
telle façon. Passer d’une perception superficielle à une
relation qui oblige à
voir autrement, c’est devoir reconnaître des dynamismes de la vie
intérieure
qu’ignorent trop de personnes. C’est en
effet plus facile, plus aisé, plus
« cool » d’être comme tout le
monde et d’être – comme on le répète souvent – de
son temps. Durant cette
mutation sévère que nous traversons comme
société et comme civilisation, je ne
m’étonne plus de cette soif de silence
de tant de personnes de tous les âges.
Elles vont à contre-courant…et cela est fort
révélateur.
La recherche
scientifique contemporaine s’intéresse à cette question
justement. Un film de
l’O.N.F. du Canada reprend à son compte divers résultats
des neurosciences
analysant les effets physiologiques de la pratique
méditative : Le cerveau mystique(1).
Les
recherches
états-uniennes
sont
antérieures
,
mais
toutes
confirment
certains
résultats similaires. Et cela s’applique quelle que soit
l’approche méditative
de l’une ou l’autre des traditions religieuses concernées, y
compris aussi les
approches séculières de la méditation. D’ailleurs,
un certain nombre de
méditantes et méditants s’applique à cette
discipline pour des retombées
personnelles, étrangères aux fruits escomptés dans
un contexte spirituel ou
religieux.
Si
la méditation devient un outil efficace pour
gérer le stress,
renforcer la mémoire, retrouver une meilleure concentration, on
peut comprendre
l’intérêt grandissant de nombreuses personnes, surtout si
des confirmations
scientifiques abondent en ce sens. Il faut cependant être prudent
devant
certaines écoles de méditation qui semblent promettre mer
et monde à des
clients soucieux de résultats rapides, efficaces et efficients
moyennant des
sommes d’argent non négligeables.
La
méditation authentique,
séculière, spirituelle
ou en contexte religieux
s’accommode mal du prêt à mesurer sur demande. Elle fait
partie d’un
apprentissage exigeant. Tout aussi exigeant que le jeune athlète
qui se voit
honoré(e) par un trophée ou une médaille suite
à des années d’entraînement
physique, de régime alimentaire strict et d’horaire
équilibré entre la vie
d’étude, la vie sociale, la vie amoureuse et la pratique d’un
sport choisi. La méditation
n’a pas de lien avec la
pensée magique. Simple, bien sûr,
mais elle demeure une
discipline exigeante. Toute personne qui médite demeure
perpétuellement une
débutante. Car on reprend à chaque fois l’effort soutenu
et continu d’un même
cheminement répétitif et renouvelé.
On ne médite pas en vue de se
mettre en vedette. Résolument non !
Pour se convertir à l’essentiel ? Assurément.
Ce qui veut dès lors
signifier un changement intérieur profond. Le diamantaire qui a
entre les mains
une pierre précieuse à l’état brut va la ciseler,
la travailler facette après
facette, la polir jusqu’à ce qu’en jaillisse toute la valeur
intrinsèque. Elle
a un grand prix.
Oui, la méditation apporte des
fruits. Ce qui
reste étrange,
c’est que souvent ce sont des personnes de l’entourage, parents et
ami(e)s
d’une personne méditante qui découvrent ces fruits. Elles
vont exprimer des
changements subtils mais vrais opérés chez cette personne
sans connaître la
source de ces résultats qui ne mentent point.
On dira d’elle
qu’elle est plus
calme, plus pondérée, plus sereine. Qu’elle juge moins
les
autres
qu’auparavant. Elle est plus réfléchie. Elle
intègre mieux son travail
professionnel à ses responsabilités familiales. Elle est
moins superficielle et
moins attachée aux apparences. Elles reprennent les fruits
décrits par Saint
Paul – nous y reviendrons le mois prochain – mais sans le savoir. Car
une
personne humaine debout et qui rayonne de joie constitue un
préalable avant
même de s’identifier comme juive, chrétienne, musulmane,
hindoue, bouddhiste
etc.
Peut-on faire la lumière sur les
états de grâce vécus par les mystiques et les
personnes en état de méditation?
Dans Le cerveau mystique, la documentariste Isabelle
Raynauld
fournit l’occasion d’accéder au coeur du chapitre le plus
récent de la
recherche scientifique portant sur ce phénomène.
Des carmélites et des moines bouddhistes ont accepté de
se prêter à
l’expérience. « Je suis convaincu que la nature bouddhique
se trouve quelque
part dans le cerveau », déclare le Dalaï-lama, chef
spirituel des bouddhistes
tibétains. Le film nous présente, notamment, les travaux
exploratoires d’une
équipe de l’Université de Montréal.
L’extase mystique serait une expérience profondément
transformatrice. Elle
pourrait contribuer au mieux-être psychique et physique des
êtres humains et
permettre de soigner la dépression ou d’accélérer
la guérison des patients qui
allient la méditation aux traitements médicaux classiques.
Professeure de cinéma, Isabelle Raynauld est une documentariste
chevronnée et
une scénariste reconnue.
Production Colette
Loumède. Maison
de
production Office
national du film du Canada
2006, 52
min 15 s (extrait du site
suivant :
http://www.onf.ca/collection/films)
J’observe
parfois que des exercices de relaxation dans certaines écoles du
primaire ou du
secondaire sont confondus avec la méditation. On veut aider le
jeune à
apprendre à gérer son stress, à retrouver une zone
de confort intérieure faite
de tranquillité et de paix. Ces efforts sont dignes de mention
et on doit les
encourager. Mais, dans le contexte de la méditation, ils
correspondent
davantage à un stade préparatoire à celle-ci. Bien
sûr qu’il faut obtenir une
immobilité extérieure qui permettra d’accomplir
progressivement l’immobilité
intérieure. C’est pourquoi toutes les formes de
méditation font appel également
au corps, à l’esprit, voire même au cœur. La posture du
corps a son importance.
Le dos bien droit, perpendiculaire, les pieds bien ancrés au
sol, les mains
déposées sur les cuisses. Ensuite on ferme lentement les
yeux. Dans la
méditation chrétienne selon Dom John Main,
bénédictin, il est question de
s’affranchir de toutes les pensées, idées ou images pour
concentrer son esprit
– avec la plus grande attention
possible (relire la chronique L’attention comme boussole
indispensable dans ma vie ) sur le seul mot prière
ou mantra :
MARANATHA (mot araméen dans la
langue
maternelle de Jésus de Nazareth, que l’on trouve dans
Il
faut demeurer détendu mais vigilant.
Pendant les vingt minutes qui suivent un court extrait musical, me
préparant
ainsi à l’immobilité intérieure, écouter l’écho du mot
prière MARANATHA qui se
dit au plus profond de mon être dans un silence extrême. Ce
vingt minutes,
matin et soir, est un véritable cadeau que je me fais à
moi-même : je me
réserve un espace pour me recueillir
(faire l’unité de mon être), attentif
et silencieux, pour l’écouter
Lui se dire à moi tel qu’Il est.
C’est, en quelque sorte, provoquer en moi l’éveil à
l’essentiel. Pour y
arriver, il faut éviter des attentes particulières
(extraordinaires,
spectaculaires ou inédites). Ne pas évaluer son temps de
méditation, ni
soi-même par conséquent. Finalement,
persévérer à temps et à contretemps. Une
discipline simple mais combien exigeante. Comme l’alpiniste qui veut
arriver au
sommet malgré tous les obstacles rencontrés en cours
d’ascension.(1)
Yvon R. Théroux (yvonrtheroux@hotmail.com)
(1) Roger Frison-Roche, Premier de cordée, Grenoble, Arthaud, 1942. Un roman lu alors que j’avais 18 ans et qui a marqué ma vie. Un classique qui inspire toute personne à aspirer à plus que ce qu’elle croit être.
Premier
de cordée parle d’un jeune homme, Pierre Servettaz, qui vit
à Chamonix dans les
années 1930-1940. Le garçon aimerait exercer la
même profession que son
père : guide de montagne. Il est en formation
d'hôtelier et se prépare à
passer l’examen de guide. Quand un jour lors d’une escalade son
père est
foudroyé au sommet de la montagne, Pierre décide d'aller
récupérer le corps de
son père : accompagné de ses amis il se lance donc
dans une escalade
périlleuse. Pendant cette escalade il manque d’y laisser sa vie
en tombant d'une
falaise. Quelques mois plus tard, après s’être remis de sa
chute Pierre
découvre qu’il a le vertige. Il décide de surmonter cette
peur et de devenir
guide en l’honneur de son père. (Voir encyclopédie
Wikipédia en ligne).
Éthique et culture religieuse : quand il est question de prière et de méditation
Il y a bien sûr la
prière orale, récitée ou psalmodiée,
parfois même chantée. Elle est souvent
contenue dans diverses formules, tirées des Livres sacrés
ou produites par des
auteures réputées ou des auteurs reconnus. Elle est
facilement accessible à
toutes et tous. Les enfants, dans toutes les traditions religieuses,
les
apprennent de bon cœur dans le circuit familial ou celui de la
formation
religieuse dans leur communauté d’appartenance.
Intégrées à leur vie, ces
prières apprises reviendront selon un rythme que va scander la foi
vécue.
Puis la prière
liturgique qui préside les grands rites, les fêtes
à caractère religieux, les
rassemblements de croyantes et de croyants. Elle est essentiellement
communautaire, empreinte de symboles, de paroles solennelles et
dirigée par une
femme ou un homme selon la tradition religieuse ou un de ses courants
internes.
Plus généralement, on identifie la prière
liturgique aux grands rites de
passage (naissance, maturité sociale ou/et religieuse, mariage
et mort).ou lors
de grandes fêtes marquantes d’une tradition religieuse
spécifique (Fête du
Nouvel An, fête de
Enfin, la prière contemplative
ou méditation. Dans
certaines traditions, la méditation est le fondement même
de son existence
(bouddhisme, soufisme) ou une voie privilégiée parmi
d’autres ( hindouisme/yoga).
Dans certaines autres, elle fut en un temps, fort présente et
accessible à
toutes et tous.. Puis elle disparut pour se cantonner auprès de
groupes précis
(moniales chrétiennes et moines chrétiens). Au tournant
du XXIe siècle, des
traditions retournent aux racines
de leur histoire et redécouvrent cette forme de prière
contemplative ( judaïsme
et christianisme : Méditation
juive. Guide pratique1 ;
Tsimtsoum.
Introduction
à
la
méditation
hébraïque2.
Méditation
chrétienne
dans
le
sillon
de
John
Main,
moine
bénédictin (consultez les sites
web www.meditationchretienne.ca, www.
meditationchretienne.org et www.wccm.org), la méditation
hésychaste des Églises
orthodoxes (consultez le site web suivant : www.centre-emmaus.qc.ca).
Voici un troisième et dernier exemple, le Centering Prayer
avec le moine
cistercien Thomas Keating (www.centeringprayer.com);
une communauté francophone de ce
type de méditation existe à Sherbrooke avec l’abbé
Bernard Dionne.
Des
personnes
voulant retourner à leur tradition religieuse originelle –
après une absence
plus ou moins prolongée - y reviennent par la porte
discrète et silencieuse de
la méditation. Les communautés de méditation
se caractérisent par leur accueil chaleureux, celui du
regard attentif
plus que de la parole3. Ce ne sont pas prioritairement des
groupes
sociaux. Ces personnes forment une communauté soucieuse
d’accompagner chacune
et chacun dans l’effort d’unité intérieure
(recueillement), d’attention
intériorisée, de silence et d’écoute du
« Tout Autre » qui habite le
tréfonds de chaque être. Souhaitons des collaborations
assidues entre les
enseignantes et enseignants de ce nouveau programme et leurs
collègues,
animatrices ou animateurs à la vie spirituelle et à
l’engagement communautaire.
Ce n’est pas un programme pour la performance d’érudition, mais
surtout pour
une compréhension cordiale et expérientielle du
phénomène religieux, de la
contribution des traditions religieuses à l’éthique, et
la formation au dialogue
interculturel et interreligieux. Quant
aux communautés confessionnelles qui président à
la formation religieuse de
leurs fidèles, petits et grands, elles auraient avantage
à maîtriser ce
programme, ne fut-ce que pour s’ouvrir à la
fécondité du dialogue dans le
respect intégral des autres et pratiquer la
« Règle d’or » que l’on
retrouve manifestement exprimée dans tous les écrits de
traditions
philosophiques et religieuses : « Fais à autrui
ce que tu voudrais
qu’il te soit fait ».
Yvon R. Théroux
- Le silence,
l’ingrédient d’un
mode
d’être tout à fait étrange!
Yvon R. Théroux
Yvon R. Théroux
Yvon R.Théroux