J’observe
parfois que des exercices de relaxation dans certaines écoles du
primaire ou du
secondaire sont confondus avec la méditation. On veut aider le
jeune à
apprendre à gérer son stress, à retrouver une zone
de confort intérieure faite
de tranquillité et de paix. Ces efforts sont dignes de mention
et on doit les
encourager. Mais, dans le contexte de la méditation, ils
correspondent
davantage à un stade préparatoire à celle-ci. Bien
sûr qu’il faut obtenir une
immobilité extérieure qui permettra d’accomplir
progressivement l’immobilité
intérieure. C’est pourquoi toutes les formes de
méditation font appel également
au corps, à l’esprit, voire même au cœur. La posture du
corps a son importance.
Le dos bien droit, perpendiculaire, les pieds bien ancrés au
sol, les mains
déposées sur les cuisses. Ensuite on ferme lentement les
yeux. Dans la
méditation chrétienne selon Dom John Main,
bénédictin, il est question de
s’affranchir de toutes les pensées, idées ou images pour
concentrer son esprit
– avec la plus grande attention
possible (relire la chronique L’attention comme boussole
indispensable dans ma vie ) sur le seul mot prière
ou mantra :
MARANATHA (mot araméen dans la
langue
maternelle de Jésus de Nazareth, que l’on trouve dans
Il
faut demeurer détendu mais vigilant.
Pendant les vingt minutes qui suivent un court extrait musical, me
préparant
ainsi à l’immobilité intérieure, écouter l’écho du mot
prière MARANATHA qui se
dit au plus profond de mon être dans un silence extrême. Ce
vingt minutes,
matin et soir, est un véritable cadeau que je me fais à
moi-même : je me
réserve un espace pour me recueillir
(faire l’unité de mon être), attentif
et silencieux, pour l’écouter
Lui se dire à moi tel qu’Il est.
C’est, en quelque sorte, provoquer en moi l’éveil à
l’essentiel. Pour y
arriver, il faut éviter des attentes particulières
(extraordinaires,
spectaculaires ou inédites). Ne pas évaluer son temps de
méditation, ni
soi-même par conséquent. Finalement,
persévérer à temps et à contretemps. Une
discipline simple mais combien exigeante. Comme l’alpiniste qui veut
arriver au
sommet malgré tous les obstacles rencontrés en cours
d’ascension.(1)
Yvon R. Théroux (yvonrtheroux@hotmail.com)
(1) Roger Frison-Roche, Premier de cordée, Grenoble, Arthaud, 1942. Un roman lu alors que j’avais 18 ans et qui a marqué ma vie. Un classique qui inspire toute personne à aspirer à plus que ce qu’elle croit être.
Premier
de cordée parle d’un jeune homme, Pierre Servettaz, qui vit
à Chamonix dans les
années 1930-1940. Le garçon aimerait exercer la
même profession que son
père : guide de montagne. Il est en formation
d'hôtelier et se prépare à
passer l’examen de guide. Quand un jour lors d’une escalade son
père est
foudroyé au sommet de la montagne, Pierre décide d'aller
récupérer le corps de
son père : accompagné de ses amis il se lance donc
dans une escalade
périlleuse. Pendant cette escalade il manque d’y laisser sa vie
en tombant d'une
falaise. Quelques mois plus tard, après s’être remis de sa
chute Pierre
découvre qu’il a le vertige. Il décide de surmonter cette
peur et de devenir
guide en l’honneur de son père. (Voir encyclopédie
Wikipédia en ligne).