Le groupe R.A.V.I. est heureux de vous présenter cette chronique sur la méditation de monsieur Yvon R. Théroux.

Ne pas confondre relaxation et méditation

Étonnant, dirons plusieurs, de voir surgir un peu partout un tel engouement pour la méditation à notre époque. On constate qu’à chaque période, variable dans le temps, marquée par une profonde mutation culturelle et des chambardements économiques et politiques majeurs, correspond l’émergence de courants alternatifs qui viennent, en contrepoids, assurer un équilibre salutaire. Parfois, on a l’impression que les dimensions du sacré, du spirituel et du religieux s’estompent au point de laisser croire à leur disparition quasi totale et définitive. Dans toutes les cultures et civilisations du passé on peut observer des cycles récurrents. Il y a effectivement des mouvances et des déplacements de ces dimensions. Des disparitions, assurément, mais de nouveaux surgeons apparaissent sous de nouvelles formes. De toute manière, chaque génération doit adopter pour ses besoins spirituels manifestes, des récits, des rites et des règles qui répondent à ses aspirations authentiques tout en les adaptant à la culture propre de son temps.

J’observe parfois que des exercices de relaxation dans certaines écoles du primaire ou du secondaire sont confondus avec la méditation. On veut aider le jeune à apprendre à gérer son stress, à retrouver une zone de confort intérieure faite de tranquillité et de paix. Ces efforts sont dignes de mention et on doit les encourager. Mais, dans le contexte de la méditation, ils correspondent davantage à un stade préparatoire à celle-ci. Bien sûr qu’il faut obtenir une immobilité extérieure qui permettra d’accomplir progressivement l’immobilité intérieure. C’est pourquoi toutes les formes de méditation font appel également au corps, à l’esprit, voire même au cœur. La posture du corps a son importance. Le dos bien droit, perpendiculaire, les pieds bien ancrés au sol, les mains déposées sur les cuisses. Ensuite on ferme lentement les yeux. Dans la méditation chrétienne selon Dom John Main, bénédictin, il est question de s’affranchir de toutes les pensées, idées ou images pour concentrer son esprit – avec la plus grande attention possible (relire la chronique L’attention comme boussole indispensable dans ma vie ) sur le seul mot prière ou mantra : MARANATHA  (mot araméen dans la langue maternelle de Jésus de Nazareth, que l’on trouve dans la Lettre de Paul aux Corinthiens, 16, 22 et dans Apocalypse 22,20 et qui se veut un cri du cœur, un  appel de tout notre être : Viens Seigneur !).                          

Il faut demeurer détendu mais vigilant. Pendant les vingt minutes qui suivent un court extrait musical, me préparant ainsi à l’immobilité intérieure,  écouter l’écho du mot prière MARANATHA qui se dit au plus profond de mon être dans un silence extrême. Ce vingt minutes, matin et soir, est un véritable cadeau que je me fais à moi-même : je me réserve un espace pour me recueillir (faire l’unité de mon être), attentif et silencieux, pour l’écouter Lui se dire à moi tel qu’Il est. C’est, en quelque sorte, provoquer en moi l’éveil à l’essentiel. Pour y arriver, il faut éviter des attentes particulières (extraordinaires, spectaculaires ou inédites). Ne pas évaluer son temps de méditation, ni soi-même par conséquent. Finalement, persévérer à temps et à contretemps. Une discipline simple mais combien exigeante. Comme l’alpiniste qui veut arriver au sommet malgré tous les obstacles rencontrés en cours d’ascension.(1)

Yvon R. Théroux  (yvonrtheroux@hotmail.com)

                                                                                                         

(1)   Roger Frison-Roche, Premier de cordée, Grenoble, Arthaud,  1942. Un roman lu alors que j’avais 18 ans et qui a marqué ma vie. Un classique qui inspire toute personne à aspirer à plus que ce qu’elle croit être.

L'histoire

Premier de cordée parle d’un jeune homme, Pierre Servettaz, qui vit à Chamonix dans les années 1930-1940. Le garçon aimerait exercer la même profession que son père : guide de montagne. Il est en formation d'hôtelier et se prépare à passer l’examen de guide. Quand un jour lors d’une escalade son père est foudroyé au sommet de la montagne, Pierre décide d'aller récupérer le corps de son père : accompagné de ses amis il se lance donc dans une escalade périlleuse. Pendant cette escalade il manque d’y laisser sa vie en tombant d'une falaise. Quelques mois plus tard, après s’être remis de sa chute Pierre découvre qu’il a le vertige. Il décide de surmonter cette peur et de devenir guide en l’honneur de son père. (Voir encyclopédie Wikipédia en ligne).