Ouverte à tous et à toutes, la ressource
multimédia RAVI sur l’intériorité se situe dans
la voie spirituelle du christianisme. Elle n’a donc aucun lien
avec les mouvements ésotériques, les sectes, le Nouvel
Âge et tous les groupes dans cette mouvance.
Archive des réflexions
Une urgence:
repenser l'éducation face
à la modernité
Quand nous
entrons dans une nouvelle
année scolaire, les
premiers signes de la symphonie
des couleurs de nos forêts
annoncent la venue de l'automne.
Parents, grands-parents,
professionnels de
l'éducation et même
journalistes ne peuvent
s'empêcher de
réfléchir sur
cette importante
réalité de
l'éducation.
Reconnaissons
qu'il est devenu habituel de
voir les directives du
ministère de
l'Éducation et de
nombreux projets
éducatifs placer le jeune
au coeur de l'intervention
pédagogique. Alors, une
question se pose : qui est-il ce
jeune en 2011?
Pour y
répondre, il faut le
situer dans le contexte social
d'aujourd'hui. Il y a quelques
décennies, le
Québec était
à 80 % une
société agricole.
À présent, il
constitue une
société
industrielle à 80 %. Et
la jeunesse dans tout ça,
quel lien a-t-elle avec la vie?
Cette évolution s'est
accomplie un peu partout dans le
monde. Écoutons le
philosophe Michel Serres :
«
Ce nouvel écolier,
cette jeune étudiante
n’ont jamais vu veau, vache,
cochon ni couvée. En
1900, la majorité des
humains, sur la
planète, s’occupaient
de labourage et de
pâturage ; en 2010, la
France, comme les pays
analogues au nôtre, ne
compte plus qu’un pour cent de
paysans. Sans doute faut-il
voir là une des plus
immenses ruptures de
l’histoire, depuis le
néolithique. »
SERRES Michel,
Petite Poucette,
discours en séance
solennelle sur le thème:
« Les nouveaux
défis de
l'éducation », le
1er mars 2011
Certes, les
élèves du
troisième
millénaire comprennent
mieux les enjeux de la
planète et de son
environnement. Cependant, qu'en
est-il de leur rapport avec les
êtres vivants? Leur
personnalité manifeste un
savoir-être, une
manière de faire les
choses et une qualité de
relations très
différentes des
générations
précédentes.
Pourtant, il
n'y a pas de coupure avec le
passé, mais plutôt
une crise de la transmission. Il
n'est pas toujours facile pour
les adultes de transmettre leurs
valeurs, leur expérience.
Comment persuader les jeunes
d'accueillir le riche
héritage du passé
et de s'en servir comme tremplin
pour le futur? Il y a
certainement là un
savoir-faire qu'ils
auront envie
d'expérimenter.
Pour le
savoir tout court, la
technique informatique leur
offre des outils de
communication avec d'incroyables
possibilités
d'information et
d'apprentissage. Qu'on songe
à l'internet, à la
télévision.
Ajoutons leurs contacts par
Facebook, Twitter et le
cellulaire. Ils doivent pouvoir
accéder aux personnes et
au savoir comme ils doivent
apprendre à passer du
virtuel au réel. On a
tôt fait de
reconnaître que ces jeunes
évoluent dans un espace
de vie à la fois
semblable et très
différent de celui de
leurs parents et de leurs
professeurs.
Abordons la
présence des
médias. Avez-vous
évalué l'influence
qu'ils ont sur les jeunes? Voici
ce qu'en pense notre philosophe
:
«
Ils sont formatés par
les médias,
diffusés par des
adultes qui ont
méticuleusement
détruit leur
faculté d’attention en
réduisant la
durée des images
à sept secondes et le
temps des réponses aux
questions à quinze
secondes, chiffres officiels,
dont le mot le plus
répété
est « mort » et
l’image la plus reprise celle
des cadavres. Dès
l’âge de douze ans, ces
adultes-là les
forcèrent à voir
plus de vingt mille meurtres.
Ils sont formatés par
la publicité... Les
médias se sont saisis
depuis longtemps de la
fonction d’enseignement. Les
enseignants sont devenus les
moins entendus de ces
instituteurs.
Critiqués,
méprisés,
vilipendés, puisque mal
payés. »
SERRES Michel,
Petite Poucette,
discours en séance
solennelle sur le thème:
« Les nouveaux
défis de
l'éducation », le
1er mars 2011
Sans être
aussi pessimiste, avouons qu'il
y a matière à
réfléchir. La
famille et l'école ne
sont pas les seuls à
vouloir former
intellectuellement le jeune.
Celui-ci a désormais une
espérance de vie de
quatre-vingts ans; il a souvent
vécu plusieurs
séparations de ses
parents; il a parfois huit
grands-parents. Son avenir,
comment va-t-il le bâtir,
l'assurer? Pourra-t-il s'y
préparer dans sa famille
et dans son milieu scolaire?
L'éducation devra
permettre ce lien, cette
jonction entre l'enseignement
des adultes et le désir
d'apprendre toujours
présents chez ces jeunes
du troisième
millénaire.
Évidemment, il ne faut
pas douter de l'amour des
parents et des professionnels de
l'éducation envers la
jeunesse. Aimer constitue la
clef d'un meilleur vivre
ensemble. En 2011,
l'élève doit
tisser, inventer de nouveaux
liens avec ses camarades de
classe de différentes
origines ethniques. Pendant ses
études, il fera des
voyages qui le mettront en
contact avec d'autres cultures.
Très tôt, il
s'ouvrira au monde. Au fil des
ans, il aura l'occasion de
côtoyer des gens de pays
pauvres et de partager avec eux
leurs conditions de vie
difficiles. En cela, le jeune
rejoindra l'expérience
des adultes qui veulent
l'éduquer.
Si pour
éduquer, il faut
connaître le coeur,
l'âme, l'esprit et le
milieu de vie des
élèves
d'aujourd'hui, il faut
également savoir
identifier les liens qui nous
unissent. Quand les ados se
révoltent contre les
injustices, savons-nous les
appuyer et partager leur
indignation? N'ont-ils pas
besoin de figures significatives
d'adultes qui les inspirent?
Certainement, car ils sont
à la merci de pressions
médiatiques de toutes
sortes. Écoutons un autre
grand penseur:
«
La culture actuelle de la
jeunesse se définit,
à la fois par la
manière dont elle est
visée par la
publicité et de
manière autonome, comme
expressiviste. Le style de
vêtement, le type de
musique expriment la
personnalité et les
affinités choisies,
dans un large espace de la
mode où son choix peut
être aligné avec
celui de milliers, voire de
millions, d'autres. »
TAYLOR Charles,
L'âge
séculier,
éd. Boréal,
Montréal 2011, page 811
La
génération qui les
a précédés
est-elle prête à
reconnaître ses erreurs?
Ce ne sont pas les jeunes qui
ont inventé
l'individualisme, le
matérialisme, le
relativisme, le
décrochage tous azimuts,
etc. Quel spectacle ont-ils des
politiciens, des journalistes,
des artistes, des sportifs, des
professionnels, des
économistes, des
syndicalistes? Toujours
édifiant?
Celles et ceux
qui côtoient les jeunes
savent qu'ils sont
débordants
d’énergie,
assoiffés de
spiritualité, en mal
d’être, mais aspirant au
bonheur. Oui, ils en ont assez
du superficiel et recherchent
l’essentiel. De plus, ils savent
faire des choix et s’engager.
Plongés dans une
société
matérialiste de
surconsommation, ils veulent
être respectés pour
ce qu’ils sont et mettre en
valeur leurs talents. S'ils
peuvent critiquer, ils savent
s'émerveiller.
Il y aurait
encore tant à dire...
S'arrêter, s'interroger
sur la jeunesse, n'est-ce pas un
devoir pour qui
s'intéresse à
l'avenir de notre
société?
Le partage, une responsabilité
ou une passion?
La répartition tragiquement
inégalitaire des richesses est
une véritable menace sur
l'humanité. Qui d'entre nous ne
voit pas que les riches ne cessent de
s'enrichir pendant que les
démunis deviennent de plus en
plus pauvres?
Pour aimer non seulement en parole mais
concrètement, il faut partager
avec sa soeur, son frère qui est
dans le besoin. Il y a 2000 ans, le
prophète Jésus de Nazareth
l'avait proclamé clairement : " Celui
qui a de quoi vivre en ce monde, s'il
voit sa soeur ou son frère dans
le besoin sans se laisser attendrir,
comment l'amour de Dieu peut-il
demeurer en lui?" Tous
les grands sages de l'histoire vont
à leur façon relayer ce
message du partage nécessaire
à la survie et à
l'épanouissement de toute
société.
"
Ilest capital de prendre conscience
que le vrai bonheur n'est pas une
affaire de possession: nous pouvons
être heureux avec peu de
choses."
Frédéric Lenoir
Faut-il rappeler ce qu'il est convenu
d'appeler la parabole du partage?
Réduisons la population de la
planète en un village de 100
personnes. Toutes proportions
gardées, ce village serait
composé de 57% d'asiatiques, 21$
d'européens, 14%
d'américains et de 8%
d'africains.
Il y aurait 50 femmes et 48 hommes; 30
blancs et 70 non blancs; 30
chrétiens et 70 non
chrétiens; 89
hétérosexuels et 11
homosexuels. On estime que 6 personnes
posséderaient 59% de la richesse
totale et toutes les six seraient
originaires des États-Unis; 80
vivraient dans des mauvaises maisons; 70
seraient analphabètes; 50
souffriraient de malnutrition; 1 serait
en train de mourir; 1 serait en train de
naître; 1 posséderait un
ordinateur; 1, oui 1 seulement,
posséderait un diplôme
universitaire.
Tout le monde est pour la vertu et
donc en faveur du partage. Comment se
fait-il que cette valeur soit si peu
mise en pratique en 2011. Comment en
arrive-t-on à tolérer de
si grands écarts entre les riches
et les pauvres? Qu'advient-il de la
dignité humaine?
Le partage, une obligation ou un
engagement? Une responsabilité ou
une passion?
Le partage s'avère essentiel et
prioritaire pour le bonheur de
l'humanité. N'oublions pas...
"
À force de sacrifier
l'essentiel pour l'urgent, on finit
par oublier l'urgence de l'essentiel.
" Edgar Morin
Oui, dans chacune de nos vie, il faut
revenir au sens du service et de la
collaboration pour un engagement concret
au service d'une société
plus juste.
En espérant que ces quelques
lignes vous incite à faire votre
propre réflexion sur le sens du
partage dans vos vies.
Il existe de nombreux organismes pour
regrouper les forces de ceux et celles
qui veulent s'engager
concrètement au service d'une
société plus juste. En
voici quelques-uns:
CCFD-Terre
Solidaire, première ONG
française de
développement.
Groupe
d'entraide internationale Spirale
Téléphone: 418.523.6006
Courriel: spirale@groupe-spirale.org
Commerce équitable:
commerce@groupe-spirale.org
Adresse postale
1000, 3e Avenue, CP 52083
Québec (QC) G1L 5A4
Notre bureau
798, 12e Rue, Québec
Merci de prendre rendez-vous avant de
vous rendre au bureau de Spirale.
Lien: www.groupe-spirale.org
Qui, un
jour, n'a pas rêvé d'être un
bâtisseur de paix? Qui n'a pas
désiré la paix mondiale?
Ces
questions exigent une réflexion au
préalable. Car, avant de songer à
pacifier le monde, il faut d'abord faire la paix
en soi. Plus qu'une sensation de
bien-être, ce doit être une harmonie
à établir dans tout notre
être.
Pour ce
faire, nous le savons, il est nécessaire
de se donner le temps d'effectuer un
véritable travail sur nous-mêmes.
Certes, il n'y a pas de recette magique. Jour
après jour, il y a un apprentissage
où nous tâchons de mieux nous
connaître, de faire la
vérité en nous et de trouver un
sens à notre vie. Bref, il faut miser sur
nos richesses intérieures pour parvenir
à être en paix avec
nous-mêmes.
Comme
l'affirmait le philosophe Spinoza: «La
paix n’est pas l’absence de la guerre, c’est
une vertu qui naît de la force de
l’âme.»
Si la paix
nait de l'intérieur, elle peut,
cependant, se propager, s'étendre
à notre entourage. Quand on est conscient
de nos forces et de nos limites, de nos
échecs et de nos réussites, de nos
joies et de nos peines, il nous est possible de
comprendre nos semblables. La compassion et
l'amour des autres présupposent l'amour
de soi. L'écoute des autres peut conduire
à la paix. Lâcher prise, se
pardonner et faire confiance à la Vie
permet de surmonter les difficultés dans
les relations humaines.
Comme il
avait raison celui qui affirmait:
"Tu
veux un monde meilleur, plus fraternel? Eh
bien, commence à le faire, fais-le en
toi et autour de toi, fais-le avec ceux qui le
veulent, fais-le en petit et il grandira." Lanza
del Vasto
Fini les
luttes de pouvoir, les dominations, les
esclavages, les guerres. Places aux valeurs de
paix que sont la confiance mutuelle, l'accueil,
la tolérance, le respect, le partage, le
pardon, la justice, la fraternité et la
liberté.
"Il
n'est de paix que celle du coeur, dans l'amour
et la compassion." Gilbert Cesbron
La paix
mondiale deviendra donc possible que si nous
nous engageons à vivre en paix avec
nous-mêmes et avec nos proches.
Aurons-nous le courage de changer notre regard
sur notre petite
personne et sur le monde? Saurons-nous
faire les prises de conscience qu'exige notre
propre transformation et celle de la
société?
"Avancez
vers l’avenir en tenant haute la flamme de la
paix! Le monde a besoin de sa
lumière."
Jean-Paul
II
Pour
terminer cette réflexion, voici un
programme de vie d'un apôtre de la paix:
«
Le fruit du silence est la prière. Le
fruit de la prière est la foi. Le
fruit de la foi est l'amour. Le
fruit de l'amour est le service. Le
fruit du service est la paix. »
Mère Teresa
L'année
2011, l'année de la non-violence...
Pourquoi pas?
Sous le signe du vivre ensemble.
En 2010, il ne faut pas se
surprendre que de nombreux projets
éducatifs privilégient certaines
valeurs à transmettre aux futures
générations.
Dans un monde en évolution, il
faut convenir d'une urgence et c'est celle du
VIVRE ENSEMBLE. À n'en pas douter, cet
idéal concerne autant les enfants et les
professeurs que les parents et les grands-parents.
Oui, l'être humain est UN ÊTRE DE
RELATION. Cela signifie des efforts de la part de
tous pour vivre dans l'harmonie et savoir
créer des liens.
Au fond, c'est l'amour du prochain que
prêchent depuis des millénaires les
grandes traditions spirituelles. Au Québec,
dans nos institutions scolaires
laïcisées, le "Aimez-vous les uns, les
autres" fait trop catholique et indispose les
laïcistes fondamentalistes. Ceux-ci croient
avoir inventé le "vivre ensemble" qui
pourtant, au fil des quatre siècles du
christianisme en terre québécoise,
fut toujours présent dans les familles et
les écoles de la société.
Bien sûr, la nature humaine
étant ce qu'elle est, il y a eu des
égarements, des dérapages dans la
convivialité chez nos ancêtres.
Croyez-vous qu'avec la laïcité, il n'y
en a pas présentement? Songez à la
violence dans les écoles: gangs, taxage,
intimidation, vandalisme, etc.? Amplifier
par les médias où elle est
omniprésente, cette violence parvient
malheureusement à un sommet qu'elle n'a
jamais atteint durant la période dite de
"la grande noirceur" (Duplessis).
Faut-il alors s'étonner de
constater qu'après plus de deux
siècles de laïcité, la France a
bien du mal à établir un authentique
vivre ensemble. Ce pays connaît de graves
violences dans les écoles, les
collèges et les lycées au point
d'exiger la présence des brigades
policières de sécurité dans
les institutions scolaires. Et que dire de la
violence dans les banlieues?
La France ne fait donc pas mieux que
les pays où il y a un enseignement
confessionnel comme l'Angleterre, la
Norvège, le Danemark, la Finlande,
l'Islande, l'Allemagne, l'Irlande, l'Australie,
l'Italie, la Grèce, le Portugal, l'Espagne,
le Brésil, le Pérou, Haïti,
Israël, la Russie, pour ne nommer que
ceux-là.
D'ailleurs, un journaliste et essayiste
français a déjà donné
l'heure juste à ce propos:
« Ainsi, le bavardage de
l’époque se résume-t-il parfois de
la sorte : s’il y a moins de croyances et moins de
valeurs, il y aura moins de violences; s’il y a
moins de convictions, il y aura moins
d’afflictions. Le relativisme, le
désenchantement et l’indifférence
seraient devenus le gage d’un monde
pacifié. Il nous faut comprendre l’incommensurable
sottise de ce lieu commun. »
GUILLEBAUD, Jean-Claude, Le principe
d’humanité, Paris, éd. du
Seuil, 2001, p.504
Que l'année scolaire 2010-2011
soit un temps précieux pour travailler
à un réel VIVRE ENSEMBLE!
Transmettre aux jeunes les grandes valeurs
pratiquées par nos ancêtres constitue
un impératif. En voici quelques-unes...
- apprendre le respect de soi, des
autres et de Dieu
- prendre le temps d'accueillir, de
s'ouvrir aux autres en sachant les écouter
et les accompagner
- être des artisans de paix et
promouvoir la non-violence
- exploiter ses talents, partager ses
joies, ses peines et grandir en humanité
- créer des liens d'amour et
d'amitié
- avoir de la compassion et ne pas
juger les autres
- développer la confiance en soi
et savoir s'engager, être responsable
- cultiver le sens de l'effort, de la
solidarité, de la justice et de
l'hospitalité.
Le dialogue seul ne suffit pas. Il faut
intégrer cette cohorte de valeurs qui font
partie de notre histoire, de notre identité
et de notre dignité humaine.
Pour espérer une plus grande
convivialité entre les personnes, le
pouvoir ne doit-il pas céder sa place au
service? Au lieu de dominer sur les autres, ne
faut-il pas pratiquer le partage et la justice
dans l'amour ?
De nos jours, le vivre ensemble ne se
réalise pas par magie. Les jeunes doivent
en faire l'apprentissage et les adultes doivent en
témoigner. Chacune et chacun ne peut-il pas
relever ce défi dans sa famille, dans son
école, dans sa paroisse et dans sa ville?
Mettre les jeunes au coeur de nos choix, de nos
décisions n'est-ce pas être soucieux
de l'avenir de notre société?
Spiritualité
et humour, deux ennemis irréductibles?
Faut-il être
sérieux ou austère, pour vivre une
démarche spirituelle profonde et authentique?
À observer certaines personnes, nous pouvons
être portés à le croire. Alors, une
question se pose: la spiritualité et le rire
peuvent-ils cohabiter?
Il faut d'abord reconnaître que l'humour
possède d'indéniables vertus. De nombreuses
recherches scientifiques ont démontré que
celui-ci réduit les sensations de douleur, la
dépression, la déprime, le stress et
l'anxiété. Certains médecins vont
jusqu'à reconnaître qu'il prévient les
maladies cardio-vasculaires et qu'il a une influence sur les
hormones.
Ajoutons à cela que le rire, dans les relations
humaines, favorise la convivialité, le partage et
peut libérer des tensions. De plus, il est contagieux
et communicatif. Bref, il possède des bienfaits sur
le plan physiologique, psychologique, relationnel et
spirituel. Devant ce constat, une conclusion s'impose: il
est urgent de mettre du rire dans nos vies.
Ce qui est moins connu, c'est la présence de
l'humour et du rire dans la spiritualité. Pourtant,
elle existe depuis les origines de l'homme. Il serait trop
long d'en faire toute l'histoire. Disons simplement que,
dans les anciennes civilisations, le rire avait sa
divinité, comme la déesse Hathor en
Égypte. Aussi, selon certains enseignements du
bouddhisme, l'humour est un tremplin vers l'éveil de
l'être intérieur.
Pour aller plus loin, une recherche sur Internet nous
démontre que, de tout temps, le rire a
été présent dans la
spiritualité. Qui ne connait pas ce proverbe: "Un
saint triste, c'est un triste saint."
Aujourd'hui, il nous faut reconnaître que les sages
des grandes traditions spirituelles comme des nouvelles
spiritualités laïques ont un remarquable sens de
l'humour. Ils ont une vision positive de la vie
intérieure au quotidien et de l'avenir. On parle
alors de la sagesse du rire. Il y a eu des savants comme
Baudelaire, Bergson et Freud qui ont approfondi la
présence du rire chez les êtres humains. N'y
a-t-il pas un bonheur, un bien-être à respirer,
à réfléchir et à rire?
Quand on demande au Dalaï Lama quel est son
passe-temps préféré, il affirme que
c'est le rire. Celui-ci, en effet, accompagne la
tranquillité, la sérénité et la
paix intérieure. Ainsi, toute les personnes qui
s'engagent dans une voie spirituelle développent leur
sens de l'humour.
Pour les millions de chrétiens, de
chrétiennes, il se produit un phénomène
qui consiste dans la découverte d'un Jésus de
Nazareth souriant et rayonnant de joie. D'ailleurs n'a-t-il
pas affirmé:
"Je vous dis toutes ces choses pour que ma joie soit en
vous et que votre joie soit parfaite." (Jn. 15, 11)
Oui, il y a un mouvement, pour ne pas dire un engouement
pour ce Jésus doué de sagesse et d'humour. De
nombreux écrivains en témoignent dans leurs
essais, leurs romans. À ce propos, voici trois
suggestions de lectures pour vos vacances:
Didier Decoin: "Le Dieu qui riait", publié aux
éditions Stock en 1999 et
réédité dans la Collection Livre de
Poche en 2000. En vente sur le site: amazone.fr
Éric-Emmanuel Schmitt: "L'évangile selon
Pilate", paru chez Albin Michel, Paris 2000.
Claude Jasmin: "Le rire de Jésus", paru aux
éditions Marcel Broquet, Saint-Sauveur, 2009.
Cette vision du fondateur du christianisme comme un
être épanoui, radieux, agréable qui aime
la vie et manifeste sa joie semble répondre à
une soif spirituelle chez nos contemporains.
Pourrions-nous parsemer notre été de
sourires et de rires?
Pour une
véritable renaissance
Sommes-nous vraiment
dans un monde sans-cœur? Où est l’amour du
prochain, la fraternité, le partage et la
liberté que nos ancêtres nous ont
légués en héritage?
Quand
survient un grand événement comme les Jeux
Olympiques, on s’empresse de cacher les
itinérants et tous les misérables. On
voudrait les voir disparaître. Dans notre
société, les pauvres, les malades, les
handicapés, les vieillards dérangent. Bien
sûr, lors de tragiques cataclysmes comme en
Haïti et au Chili, il y a les gestes de
solidarité de toute la communauté
internationale envers les victimes. Ainsi, après
avoir vu ce qu’il y a de pire chez l’être humain,
apparaît alors ce qu’il y a de meilleur.
Entre
la compassion et la barbarie que choisir? Nous pouvons
nous demander si notre monde gouverné par
l’économie a rompu avec la compassion pourtant au
cœur de toutes les grandes traditions spirituelles.
Il
faut dire que chez les biens nantis, la grande
préoccupation est de s’assurer mur à
mur : assurances santé, assurances
automobile, assurances contre le vol et les incendies,
assurances voyage, bref, assurances contre toutes sortes
de peurs, de dangers anticipés. Nous avons
l’obsession du risque zéro nous imaginant
qu’ainsi nous n’aurons pas à dépendre de
la compassion des autres. Pourtant, la peur ne
demeure-t-elle pas présente dans nos vies?
Etty
Hillesum avait raison d’affirmer : « Cette peur de ne pas tout
avoir dans la vie, c’est elle qui nous fait tout
manquer. Elle nous empêche d’atteindre
l’essentiel. »
Il
est vrai que, bien protégés, nous sommes
indépendants, individualistes et nous nous
croyons en sécurité sur cette
planète qui devient de plus en plus une jungle.
Alors,
comment
retrouver
notre
humanité
qui
sombre
de
plus
en
plus
dans la barbarie quand la loi du plus fort menace
l’égalité entre tous?
Malgré
les
immenses
progrès
scientifiques,
nous
ne
pouvons
fermer
les
yeux
sur
les dérives concernant l’euthanasie,
l’eugénisme. Les changements sont-ils trop
rapides? Dans un contexte de mondialisation, il faut
avouer notre impuissance face à
l’évolution souvent débridée en
économie et en techno science.
Que
faire devant cette humanité qui se
déshumanise? Quelle place accordons-nous à
notre vie spirituelle? Quand notre époque
privilégie le rendement, l’efficacité et
la compétitivité, savons-nous prendre soin
de notre espace intérieur? N’oublions pas :
« Le
dernier enjeu : résister aux
idéologies grâce à
l’intériorité. Celle-ci est le dernier
bastion de la liberté profonde. »
Annie Leduc,
psychologue
Alors,
n’avons-nous pas à retrouver notre être
intérieur? Et l'avenir des jeunes?
«Vous
avez
des
écoles
de
vaste
érudition,
omettant
le
fait
que
la
sagesse
provient de
l’intérieur. » R.
Herman
Y
a-t-il longtemps que vous n’êtes pas allé
dans votre jardin intérieur? www.nidraj.ca
L’intériorité
est
un
lieu
d’intégration
de
notre
être
profond.
En
cultivant
notre
jardin intérieur, nous découvrons notre
valeur fondamentale.
« Ne
t’en vas pas dehors, retourne en toi-même, la
vérité habite en l’être
intérieur. »Saint Augustin
L’intériorité
nous
ouvre
à
la
fraternité,
à
la
compassion
et
à
l’espérance.
Faites
en l’expérience!
Au pays de
l’intériorité, il y a un fabuleux voyage
à faire.
Oser l’impossible paix...
Il y a 2000 ans, un appel retentissait dans le coeur de
l’humanité : « Paix sur la Terre! »
Aujourd’hui, nous espérons toujours réaliser ce
merveilleux souhait. Croyants ou incroyants, nous nous
interrogeons : "Cette paix, est-ce une utopie ou un
défi?" Pourtant, à l’aube du troisième
millénaire, des quatre coins de la planète, des
femmes, des hommes se mobilisent pour cette cause. Ils se
disent: "Si la paix pouvait revenir un jour, on aurait un plus
grand espoir de vivre dans l’amour ".
La paix dans le monde
Des gens de différentes nations se regroupent pour
réclamer l’abolition des armes nucléaires. Ils
interpellent leurs concitoyens, leurs concitoyennes : « La
paix dans le monde, vous y croyez? » Il faut, en
effet, la volonté du peuple et de ses leaders pour
concrétiser les bonnes intentions et espérer
progresser dans la voie de la paix. N’avons-nous pas tous
à lutter pour la paix, les droits de l’homme et la
liberté?
Que de mouvements pour la paix apparaissent pour promouvoir la
non-violence et les rassemblements lors de la «
Journée internationale de la Paix »! Il y a
même les Casques bleu de l’ONU qui assument les
opérations de la paix à Chypre, au Liberia, au
Kosovo, au Timor, en Afghanistan, en Macédoine,
etc. L’avenir et l’évolution de l’humanité
dépendent de la réalisation de cette paix
mondiale. Il est donc important de s’arrêter et d’y
réfléchir. La paix n’est-elle pas malheureusement
trop souvent bafouée?
La paix en soi
Avant de défendre la paix universelle, ne faut-il pas
examiner la place qu’on lui fait dans notre propre vie? Quelle
est notre attitude devant la violence dans nos familles, dans
nos écoles, dans notre société? À
force d’en voir dans les médias, sommes-nous devenus trop
tolérants ou trop insensibles?
Pourtant, nous le savons, la paix se trouve à
l’intérieur de nous. C’est là où le chemin
de la paix et de la joie se rencontre. Ne faut-il pas nous
accorder des temps de silence pour nous retrouver et nous
libérer de nos peurs, de nos anxiétés, de
nos culpabilités, et quoi encore? Faire le ménage,
quoi! Alors, il nous sera possible de retrouver notre estime de
soi, notre confiance, notre sérénité et
notre créativité.
Vivre en harmonie avec nos motivations profondes exige de nous
accepter tel que nous sommes, de croire en nous et de faire
sereinement face aux défis de la vie. Bien sûr, il
n’est pas toujours facile d’être en paix avec
soi-même et avec les autres. La réconciliation fait
souvent partie des exigences de cette grande valeur de la paix
de même que le respect mutuel et le dialogue.
La paix réside donc dans le coeur de l’être humain
et peut, s’il y a lieu, le guérir. En sa présence,
la haine cède sa place à l’amour, le mensonge
à la vérité. Pour cela, il s'agit
simplement d'être à l’écoute de soi.
À chacune et chacun de faire en sorte que l’année
2010 soit celle d’une véritable PAIX en nous et dans le
monde entier.
Vers une ère nouvelle…
Que
ce soit en France, en Belgique, en Suisse… que ce
soit aux États-Unis, au Canada ou au
Québec, il y a une métamorphose
concernant l’expression du sentiment religieux. Ce
phénomène est observé
à travers le monde tant par les croyants
que les incroyants.
Pour
comprendre ce changement, considérons deux
endroits où se vit la
laïcité : la France et le
Québec. Depuis quelques décennies,
nous assistons à la promotion d’une
approche antireligieuse. Est-ce dû à
la sécularisation de la
société? Pas uniquement. Il s’agit
plutôt d’une réaction à la
dominance de l’Église catholique qui a
géré avec autorité la vie de
la population. S’il y a eu des bienfaits
reliés à la
chrétienté, il y a eu de
déplorables dérapages.
Au
Québec, nombre de personnes et tout
spécialement les incroyants (athées,
agnostiques, laïcistes, etc.) ont
clamé leur insatisfaction et ont fait la
promotion de leur doctrine sur toutes les tribunes
avec un prosélytisme sans gêne. Ce
faisant, ils copiaient la France d’il y a deux
siècles en se réclamant
paradoxalement de la modernité.
Souvenons-nous du célèbre philosophe
Peter Sloterdijk qui écrivait : «
Se libérer de l’obsession antireligieuse
est un signe de santé mentale, même
si le laïcisme acharné est
compréhensible compte-tenu du fait que le
christianisme a été longtemps
instrumentalisé »
Heureusement,
au
début
du troisième millénaire, le vent
tourne. Ces gens pour qui la croyance de l’autre
est insupportable n’ont plus l’écoute d’une
population qui découvre de plus en plus et
de mieux en mieux son héritage. Celle-ci ne
croit plus que ses ancêtres étaient
tous des gens bornés et stupides. Elle ne
rejette plus en bloc leurs convictions. Dès
lors, il apparait de plus en plus que le
mépris n’a plus la cote. Ils sont de moins
en moins nombreux à vomir sur la religion
et à soutenir qu’elle est la plus
néfaste des séductions.
À
ce
sujet,
selon
l’auteur Jean-Claude Guillebaud, la France a
évolué car « les
communautés religieuses ne sont plus
perçues par l’État laïc
comme des puissances rivales. Elles se voient,
tout au contraire, convoquées par ce
dernier, consultées et
reconsultées de mille façons en
qualité de gardiennes du sens, de
l’éthique, des valeurs où de la
morale (…). Que l’on pense aux
précautions nouvelles que prend
désormais l’État pour capter le
soutien des
« confessions » et des
autorités religieuses qu’il combattait
hier avec la dernière
énergie. »
(GUILLEBAUD, Jean-Claude, La refondation du
monde, Paris, éd. du Seuil, 1999,
p.420)
Il
y
a là de quoi donner de l’urticaire aux
laïcistes du Québec. Pourtant, le
phénomène commence à se
manifester en Amérique. De plus en plus
d’adeptes de la laïcité
perçoivent ce qu’ils appellent les
mensonges du laïcisme et prennent leur
distance face à cette doctrine. Nous
assistons alors au déclin d’un discours
trompeur. Cette transformation s’inscrit dans une
métamorphose mondiale du
phénomène religieux.
Dans
son dernier ouvrage « Le
commencement d’un monde », notre
essayiste l’exprime bien : «Le
premier constat qui s’impose à nous est
assez clair : il touche à
l’intensification planétaire de ce qu’on
pourrait appeler la
« demande » religieuse. Ce
n’est pas une opinion, c’est un fait. Où
qu’on porte le regard, on aperçoit des
signes qui l’attestent. Il est
inconséquent de penser que cette
« demande » est produite
par je ne sais quelle
« manipulation » ou
orchestration cléricale, sauf à
prétendre que deux ou trois milliards
d’hommes et de femmes seraient soudainement
frappées
d’imbécilité. » (GUILLEBAUD, J-Claude, Le
commencement d’un monde, Paris, éd.
du Seuil, 2008, p. 207)
Celui-ci
ajoute
encore,
à
titre
d’exemple,
la
multiplication
de lieux de cultes à travers la
planète. En Syrie, 8000 mosquées et
dans la Russie où presque tous les
monastères avaient été
détruit, plus de 400 ont été
restaurés et sont fréquentés.
Il note qu’il en est ainsi en Anatolie et en
Chine. À la suite de Clifford Geertz, il
reconnait que la religion est un
« sujet d’avenir ». De
toute façon, sachant qu’il n’est pas seul
à observer ce bouleversement
planétaire ; il cite Michel Serres,
Gianni Vattimo et Julia Kristeva.
Au
Québec
comme
ailleurs,
si
nous
voulons
vivre
une authentique laïcité centrée
sur l’être humain et sa dignité,
n’est-il pas nécessaire de nous situer dans
le phénomène mondial du religieux et
d’en suivre l’évolution ? N’y a-t-il
pas là une passionnante aventure remplie
d’espoir pour chaque société ?
Au delà des querelles de pouvoir, de
l’esprit revanchard, s’ouvre un monde nouveau sous
le signe du respect, de la liberté et du
dialogue où chaque personne a sa place peu
importe ses allégeances philosophiques ou
religieuses.
À
la conquête d’un univers fascinant
Nous vivons à une époque
où s’effectuent d’importantes recherches scientifiques
dans tous les domaines : informatique, astronomie,
médecine, moyens de communication, etc. Nous pouvons nous
en réjouir et espérer qu’elles servent au
bien-être de la collectivité.
Il arrive cependant qu’un secteur soit
négligé, oublié. Par exemple, ne
sommes-nous pas à l’ère de la conquête
spatiale? Des milliers de savants travaillent à la Nasa
dont le budget en 2009 dépassera les 17 milliards. Des
pays s’unissent pour construire la station spatiale : les
Etats-Unis, le Canada, la Russie, le Japon et les onze membres
de l’agence européenne. Ainsi, temps, énergies,
argent, rien n’est négligé pour la réussite
de ce gigantesque projet.
Alors, qu’on investit autant pour la
découverte de l’UNIVERS SPATIAL, que faisons-nous pour
l’exploration de notre UNIVERS INTÉRIEUR?
Avons-nous la volonté de nous engager dans cette
passionnante aventure d’un travail sur soi et d’y mettre notre
temps, nos talents et nos forces?
Voyons cela d’un peu
plus près. Comment nous élancer vers notre espace
intérieur ?
Il faut d’abord apprivoiser le silence et ce
faisant quitter le monde du dehors pour notre univers intime.
Nous avons donc à nous détacher des choses
extérieures pour nous consacrer à celles du
dedans.
Il y a là une sagesse qui nous invite
à éviter la précipitation, à
rechercher le calme, à être à
l’écoute de notre vie intérieure, à
méditer, à faire la vérité en soi et
à accueillir notre propre mystère. Assez vite,
nous réaliserons que nous sommes très peu
avancés dans cette connaissance comme l’écrivait
le philosophe Martin Heidegger :
« Aucune
époque, il est vrai, n’a accumulé des
connaissances aussi nombreuses que la nôtre. Aucune
époque n’a réussi à rendre ce savoir
aussi aisément accessible… mais également,
aucune époque n’a moins su ce qu’est l’être
humain. »
Pourtant, il y a des merveilles en nous. Oui,
au centre de notre être, il y a un jardin secret
doté d’une source d’où peut jaillir l’amour, paix,
liberté, vérité, beauté,
bonté et lumière. C’est là où nous
puisons l’équilibre et l’unité, fondements d’une
réelle joie de vivre. Retrouvant la
sérénité, nous atteignons la quête
d’harmonie.
Toutes ces richesses au plus profond de nous
sont à cultiver par une pratique quotidienne car, comme l’exprimait Colette
Portelance : « Notre
expérience de chaque jour nous démontre
l’utilité, la nécessité de la vie
intérieure ».
Maintenant, que
faire pour avancer dans cette voie?
Simplement réfléchir à la question
suivante : quelle est la qualité de notre amour?
Ce faisant, nous aurons de plus en plus la conviction que
l’essentiel de la vie est à l’intérieur de nous et
nous est accessible. Sommes-nous prêt à y investir?
Bien sûr, nous avons tous des
périodes d’angoisse, de peine, de découragement.
Il nous arrive de devoir combattre un mal d’être, un mal
à l’âme. En puisant dans les ressources de notre
for intérieur, nous misons sur ce qu’il y a de meilleur
en nous et nous découvrons des forces
insoupçonnées. S’ouvre alors un chemin de
guérison où il est possible de nous
réconcilier avec nous-mêmes et avec la vie. Nous
pouvons rechercher la compassion, la vérité et
l’authenticité dans nos rapports avec nous-mêmes,
avec les autres et avec Dieu.
Maintenant
quel
est le but d’une telle démarche
d’intériorité?
Atteindre ce qu’il y de plus important, de plus essentiel :
le bonheur.
Et le vrai bonheur vient de l’intérieur. D’où la
nécessité de s’abreuver à la source tout au
fond de nous-mêmes.
Nous voulons être heureux?
Envolons-nous à la découverte de notre espace
intérieur. À chacune et chacun d’en faire
l’expérience !
Oser
renaître à la vie
Quand viennent
l’été et les vacances, qui de nous ne
souhaite pas se désintoxiquer de la ville? Oui,
nous voulons de la verdure et de l’air pur, car nous
désirons nous ressourcer dans la nature pour
renouer avec la paix et la joie intérieures.
Plus que jamais, nous avons
besoin du recul, de la contemplation et du silence pour
relire les événements de nos vies. Adieu
le stress, adieu la déprime! Laissons nos soucis
de côté pour aller humer l’air pur de nos
montagnes, de nos lacs et de nos campagnes. Nous allons
retrouver le bien-être et le véritable sens
de notre existence dans la beauté, la
magnificence de la création.
Cette saison de
l’émerveillement est celle d’une nouvelle
quête spirituelle, d’une nouvelle conquête
intérieure. Jeter un regard d’amour sur toutes
les beautés de la nature qui nous entoure, c’est
se donner un espace de la liberté.
Mettons donc au menu cet
été : la liberté, la paix, la
joie, l’amour, la contemplation des étoiles, le
respect de la planète, la musique, la lecture et,
pour les croyants/es, la prière, la
méditation. Ne faut-il pas décrocher du
quotidien et de son « ratatinement
mental » pour reprendre son souffle et se
recentrer sur soi?
Dans notre jardin
intérieur, il est alors possible
découvrir nos forces et nos richesses. Bien
sûr, cela exige au préalable de se
départir du superflu. Comme le dit si bien Pierre
Rabhi : « Contrairement
à ce que dit la publicité, la joie
intérieure ne s’achète pas. Elle passe
nécessairement par le
dépouillement »
Si vous vivez avec des
jeunes, souvenez-vous que l’urgence est de les
éveiller à la quête de sens et aux
interrogations qui la fondent : l’amour, le sens de
la vie, le mystère du mal, la recherche du
bonheur, l’espérance, etc. Leur permettre
d’entrer dans un tel questionnement est indispensable
avant de leur parler d’une divinité. Bref, aider
chaque jeune à découvrir son
intériorité, c’est les orienter vers le
beau, le vrai et le bon… soit vers l’essentiel.
Élargir son espace
intérieur et retrouver la source en soi, cette
démarche s’adresse à tous les êtres
humains peu importe leur nationalité, leur
situation économique, leur degré
d’instruction et leur croyance ou non croyance.
Quelqu’un se dit
chrétien? Qu’il écoute ceci : « Les chrétiens dorment sur
un trésor ». Jean-Claude
Guillebaud
Avec l’été et
les vacances, nous avons un temps pour renaître
à la vie, pourquoi ne pas en profiter?
La saison du
souffle de vie
À
notre réveil, chaque matin, quelle joie, pour ne pas
dire quel miracle, de pouvoir crier : « Je
suis toujours vivant, vivante! » En nous, il y a
un principe de vie qu’on désigne par
le mot « âme ».
Celle-ci
vient
informer
la
matière,
car
elle donne le souffle de vie à notre
corps. Au fil des
siècles,les grands
penseurs, croyants ou incroyants, l’ont
étudiée et approfondie.
Selon le christianisme,
l’âme humaine,
créée par la volonté du Tout-Puissant,
porte l’empreinte du divin. Le prophète de
Galilée a bouleversé l’histoire de
l’humanité quand il a révélé que
l’être humain, issu du Vivant, est enfant de Dieu,
enfant de Lumière. Conférant
une dimension exceptionnelle à la dignité
humaine,il
a affirmé sans équivoque :
« Je
suis venu pour que vous ayez la Vie et que vous l’ayez en
abondance. » (Jn, 10,10)
Dans leur recherche, les
hommes, les femmes s’interrogent souvent à savoir
s’ils sont un super animal ou un ange
déchu. À ce sujet, voici l’explication de
trois auteurs :
« L’âme
est
ce
qui
met
en
lien
avec
le
monde spirituel, le monde des esprits, le
divin. L’âme m’individualise dans mon
être et dans mon agir. C’est ce qui me rend unique
au monde. L’âme, c’est le souffle de vie.
L’âme, c’est la soif du beau, du grand, du sublime,
du parfait… L’âme, c’est le centre de ma vie
intérieure. L’âme, c’est le centre
d’où part ma croissance personnelle. »(MOMBOURQUETTE, J.,LADOUCEUR, M., et
DESJARDINS-PROULX, J., Je suis aimable, je suis
capable, Québec, éd.
Novalis, 1996)
Toutefois,
devenir
conscient
de
l’importance
de
notre
âme
ne
nous soustrait pas aux difficultés et ne nous immunise
pas contre la souffrance. Comme pour tous les humains, notre
âme est façonnée par les joies, les
peines, les échecs et les réussites de votre
vie. Le célèbre Thomas Moore affirmait avec
justesse :
« Toutes ces expériences
permettent de se connaître, de s’accepter davantage,
de retrouver le coeur de sa personne, le noyau de son
être, ce centre qui crée la paix, le calme,
l’harmonie à l’intérieur comme à
l’extérieur de soi. L’âme est fragile,
l’âme est précieuse, l’âme est unique,
l’âme est au centre de mon être. » (MOORE, Thomas, The care of the soul,
New York, Harper
Pernennial, 1994)
Sur notre
planète, quand plus d’un milliard de croyants, de
croyantes célèbrent le magnifique temps de
Pâques, quand des incroyants, des incroyantes
fêtent l’équinoxe du printemps, c’est vraiment
la période de l’année où la vie –
après un long hiver -se
déploie, se manifeste dans toute la nature et au cœur
dela
vie spirituelle. Alors, des questions surgissent :
comment prendre soin de votre âme? En d’autres mots,
comment apprécier la vie? Comment laisser notre âme
s’épanouir en nous?
Pour les
chrétiens, leschrétiennes,
le Christ ressuscité est la véritable source
de Vie.
Sur ce, bonne
réflexion!
L'indispensable devoir de
connaître
À l'heure où croyants et incroyants
délibèrent sur la place de la religion
dans la société, nous constatons la
méconnaissance, l'ignorance de plusieurs
concernant l'héritage de la voie spirituelle du
christianisme. Nous n'avons qu'à lire les
articles de certains journalistes, qu'à
écouter les propos de certains politiciens ou
animateurs à la radio et à la
télévision. Il ne faut pas se surprendre
de voir cet analphabétisme religieux
générer une foule d'âneries, de
sottises.
Face à cette situation, n'y
a-t-il pas lieu de s'interroger? Comment se comprendre
sans comprendre son milieu et son histoire? Depuis quand un
peuple se construit et se modernise en rejetant ce qui
constitue son âme depuis sa fondation?
Certes, de nos jours, nous sommes inondés
d'informations mais cela n'équivaut pas pour
autant à un véritable enseignement.
Il est donc impératif de parfaire
nos connaissances. Tant pour les adultes que pour les
jeunes, une éducation spirituelle est essentielle
à l'expression et à
l'épanouissement du sentiment religieux.
"Nul ne peut
nier l'importance du fait religieux dans notre
société, importance philosophique,
culturelle et politique. Pour déchiffrer
certaines caractéristiques de notre
civilisation, il faut savoir y reconnaître la
composante religieuse."
(LEROUX, Georges, Éthique,
culture
religieuse, dialogue, Montréal,
éd. Fides, 2007, p.38)
Alors, il s'avère
nécessaire de nous soucier de toutes les
dimensions de notre personnalité. Aucun
gouvernement, aucune idéologie, aucune Charte ne
peut nous en empêcher.
"L'approche
multidimentionnelle de l'être humain est source
première d'évolution. Exploiter une
seule dimension au détriment des autres, c'est
créer le déséquilibre
intérieur; négliger une dimension,
c'est s'amputer d'une partie essentielle de
soi-même et nier l'importance de la
globalité. L'être humain n'est pas que
raison. Il est aussi corps, émotions, images et
âme. Une démarche de travail sur soi ne
peut être complète, à mon avis,
sans le développement de la dimension
spirituelle au sens d'ouverture au divin."
(PORTELANCE, Colette, Relation
d'aide
et amour de soi, Montréal, éd. du
Cram, 1998)
Ils sont légion les penseurs qui
ont reconnu l'importance de cette force inscrite dans
l'âme de chaque être humain. Par exemple,
pour saisir l'évolution du religieux et le relier
à l'histoire des cultures, le philosophe Michel Serres
écrit:
"Dieu est
notre pudeur et nous devons le protéger. (...)
Ce qu'il y a d'infini, c'est sa fragilité.
Aussi, ne peut-il être protégé que
dans ce qu'il y a de plus caché en nous. (...)
La religion est à situer à des niveaux
de profondeur qui oblige à la distinguer
nettement des phénomènes superficiels
immédiatement observables. C'est la plaque la
plus profonde dans l'histoire des cultures. Plaque
très immergée, très enfouie,
souvent opaque et noire, qui se meut avec une lenteur
infinie."
(SERRES, Michel, La
légende des anges, Paris, éd.
Flammarion, 1993)
Sommes-nous attentifs à cette plaque profonde de
notre personnalité, de notre histoire, de notre
culture? Pour sa part, le regretté sociologue Fernand Dumont
s'interrogeait sur le fait d'être
dépossédé de la religion, soit "du plus puissant levier
de notre conscience collective et d'un des principaux
lieux de fusion des individus en un tout organique.
(...) La religion pénêtre plus
profondément dans les consciences que le
langage."
(Entrevue télévisée avec la
journaliste Denise Bombardier)
D'ailleurs, le philosophe Georges Leroux
rejoint ces propos quand il affirme:
"Le savoir
moral et religieux est constitutif du langage
même de l'identité et de notre
expérience la plus actuelle, il est la
condition fondamentale de notre compréhension
de nous-mêmes autant que la condition de notre
accès à l'autre."
(LEROUX, Georges, Éthique,
culture
religieuse,dialogue,
Montréal, éd. Fides, 2007, P.76)
De son côté, le psychologue
Karl Gustave Jung
observait avec justesse:
"Quand on a
perdu le sens et l'orientation que donnent les
vérités religieuses, il n'y a plus rien
qui puisse sauver l'homme (à plus
forte raison l'enfant) de la médiocrité."
À notre époque, le
religieux et le spirituel doivent affronter le
matérialisme et le nihilisme. Dans cette
foulée, plusieurs délaissent l'essentiel
pour le superficiel. Mais, le plus dommageable, c'est le
relativisme où toutes les philosophies, toutes
les religions s'équivalent. N'est-il pas urgent
d'étudier la sagesse des grandes voies
spirituelles et d'en découvrir la lumière?
Devant de jeunes universitaires aux
États-Unis, le penseur Jacques Maritain confiait ceci:
"J'aime et je
respecte la jeunesse, mais je la considère avec
un étrange sentiment d'angoisse. Ils savent
quantité de choses concernant la
matière, mais presque rien concernant
l'âme."
De même, le philosophe Charles Taylor affirmait
en traitant des conflits de la modernité:
"C'est
pourquoi l'adoption d'un point de vue séculier
restreint, sans la moindre dimension religieuse ni
espoir radical dans l'histoire, n'est pas une
manière d'éviter le dilemme, bien qu'il
puisse constituer une bonne manière de vivre.
Elle ne l'évite pas parce qu'elle
entraîne aussi une mutilation. Elle implique
qu'on étouffe en soi toutes réponses
à quelques-unes des aspirations spirituelles
les plus profondes et les plus puissantes que
l'humanité ait conçues. Cela aussi est
un prix élevé à payer."
(TAYLOR, Charles, Les
sources du moi, Montréal, éd.
Boréal, 1998, p. 648-649)
Il y a aussi le journaliste,
écrivain et essayiste, Jean-Claude Guillebaud qui a
livré sa pensée sur la
nécessité des croyances:
"Nul homme ne
peut vivre sans croyance. Aucune société
humaine ne peut survivre sans une conviction minimale
qui la maintienne debout."
(GUILLEBAUD, Jean-Claude, La force de conviction, Paris,
éd. Seuil, 2005)
Il faudrait encore ajouter des noms
comme Etty Hillesum, Édith Stein, Zhao Fusan,
Claude Tresmontant, Thomas de Koninck, René
Girard, Theillard de Chardin, Jacques Grand'Maison,
André Comte-Sponville, Edgard Morin, Simone Weil,
et combien d'autres.
Nous avons donc toutes les raisons du
monde d'approfondir nos connaissances du catholicisme,
du christianisme et des différentes religions
car, à l'évidence, elles sont
indispensables à la compréhension de
nous-mêmes et du monde actuel.
Transmettre pour construire
l’avenir
Parmi
les défis auxquels la société nous
confronte, il y a la panne pour ne pas dire la crise de
transmission. En d’autres mots, est-il encore possible
de partager notre savoir et nos valeurs entre
générations ? Quel parent, quel
professeur/e ne s’est pas heurté à cette
difficulté? Pourquoi, trop souvent, le message ne
passe pas ? Que faire ? Voici quelques pistes
de réflexion…
Dans un premier temps, ne faut-il pas
reconnaître la complexité de notre monde
où tout est morcelé, sectorisé,
spécialisé ? Qu’on songe aux
différents médias…
«Les informations dispersées
sont comme une pluie, un nuage, s’il n’y a pas de
connaissance capable de les organiser et de leur
donner sens. » Edgard Morin
(COLLECTIF, Transmettre, Semaine
sociale de France, Paris, éd. Bayard, 2006, p.81)
Il y
a donc lieu de bien connaître notre milieu et de
décloisonner les différents secteurs pour
retrouver, par une vue d’ensemble, l’être humain
d’aujourd’hui et son sens nouveau.
Dans second temps, une attitude à
corriger, celle de croire qu’il y a seulement la
vérité présente qui compte. On peut
alors ignorer le passé et le futur. Pourtant… « L’origine n’est pas
derrière nous mais devant nous »
Heidegger
Peu
importe notre âge, peu importe les modes, il faut
accueillir les richesses du passé si nous voulons
bâtir l’avenir. L’évolution est en effet
compromise quand il y a rupture de la
transmission. Certes, tous demeurent
libres de se croire le nombril du monde et de
prétendre qu’avant eux, il n’y a rien eu de
valable. Il reste qu’un héritage se mérite
par l’humilité et l’ouverture d’esprit. On parle
alors d’une conquête qui exige le sens de l’effort
et la sagesse de la continuité.
Dans un troisième temps, nous
pouvons nous demander : qu’avons-nous à
transmettre ? Des connaissances ? Des
expériences ? Admettons que nous pouvons
communiquer davantage par notre manière
d’être que par nos discours. Par exemple… « L’école
peut-elle transmettre des savoirs sans transmettre des
valeurs ? » Alexandra
Yannicopoulos
À
une
époque où ce sont l’efficacité et
l’utilité qui comptent, il y a danger d’oublier
le sens. Ainsi, la valeur de la justice peut être
désirée parce qu’elle permet à la
société de vivre dans l’ordre, le droit et
non parce que la dignité humaine l’exige.
Pourtant,qu’est-ce qui
compte le plus dans la transmission si ce n’est
d’être soi-même… un être humain
authentique ? Paul VI avait raison
d’affirmer : « Une
société écoute davantage les
témoins que les maîtres. »
Dans un quatrième temps, il faut
prendre en considération les grands obstacles
à la transmission que sont l’individualisme, le
relativisme, le nihilisme et le matérialisme
envahissant. Quand tout se vaut, quand tout tourne
autour d’un gros « ego », comment
transmettre l’essentiel de notre héritage, de nos
connaissances et de nos valeurs ?
Devant
cette
situation, l’ouverture à l’autre autant que la
liberté est indispensable pour accueillir la présence et la
parole de l’autre. Sans un tel échange
entre les humains, il y a non seulement une crise de
transmission mais il y a également une crise de
l’espérance.
Ici,
la croyance peut se révéler d’un secours
décisif car…
« La croyance n’est pas un
élément ajouté à
l’humanisation mais le fondement de
celle-ci. »
(GUILLEBAUD, Jean-Claude, La force de
conviction, Paris, éd. Le Seuil, 2005)
Les
lumières de la foi dans la vie, en Dieu et dans
l’avenir peuvent nous permettre d’espérer que
notre héritage ne demeurera pas sans
héritiers.
Voilà
donc
brièvement esquissés, quelques
d’idées sur ce défi de transmettre aux
futures générations ce que nous avons de
meilleur. Et si tout dépendait de la
qualité de nos relations humaines ?
Bonne
réflexion !
Le bonheur, vous y croyez?
Qu'on
soit athée ou croyant, qu'on soit chrétien
ou bouddhiste, nous sommes tous des êtres
habités par des questions existentielles. La
quête du bonheur en est une. En effet, tout ce qu'on
fait dans la vie tend vers un but. De plus, nous sommes
toujours des êtres en devenir. Alors, où
trouvons-nous le bonheur?
Est-ce
dans la quantité d'objets: ordinateurs,
automobiles, maisons, argent?
Est-ce dans la sécurité, l'érotisme,
les voyages, la popularité?
Est-ce dans les besoins primaires: se nourrir, se
vêtir, se protéger, se reproduire?
Plusieurs
chercheront le bonheur à l'intérieur
d'eux-mêmes:
- dans le fait de donner
un sens à leur vie
- dans
la satisfaction de leur besoin d'être aimé,
compris, apprécié
- dans
le contentement de leur désir et la
réalisation de leurs rêves
- dans
leur vie en couple, en famille, en société.
À
quatre-vingt quinze ans, soeur Emmanuel,
dévouée aux enfants pauvres du Caire,
affirme:
"La clef du bonheur, c'est
la relation".
Devant
toutes ces pistes de recherche, le moins que l'on puisse
dire, c'est que le bonheur n'arrive pas par magie.
Obsédé par sa poursuite, l'individu
d'aujourd'hui explore l'univers de la consommation, du
matérialisme, de la production, du plaisir
immédiat, etc. Résultat? Il vit dans un
état de perpétuelle insatisfaction.
François Closet reconnaîtra cette
difficulté:
" Nous sommes
confrontés à un problème de
civilisation,
un problème que la technologie,
si
perfectionnée soit-elle, ne peut
résoudre."
Pourquoi
ce désarroi? Il vient du fait que l'être
humain est un être fini, limité et mortel qui
aspire à l'infini, à l'immortalité.
Seul un bonheur éternel saura le combler.
"Le bonheur éternel,
c'est le désir sans manque et la plénitude
sans satiété."
Bernard de Clairvaux
Sur
terre, croyants et incroyants tenteront d'atteindre le
bonheur dans le vécu des grandes valeurs:
" Un bonheur authentique ne
peut naître que de la justice, de la
solidarité et de l'accomplissement de soi,
non de l'injustice, de l'agressivité et de
la domination".
François de Closet
Certes,
ceux et celles qui ont la foi sauront vivre, durant leur
vie terrestre, un état de
sérénité, d'harmonie et de paix. Mais
cette félicité demeure toujours relative,
éphémère car le bonheur en
plénitude ne peut être atteint qu'en Dieu,
l'être absolu. Ils ont alors pour mission de
réenchanter le monde sachant que les petites joies
quotidiennes sont autant de pas vers le bonheur parfait,
le ravissement suprême. Encore faut-il y croire?
Réfléchir
au bonheur, c'est déjà lui ouvrir la porte
et l'accueillir.
Bonne
réflexion!
Toutes les religions se valent-elles ?
Si cette question se pose depuis longtemps, force nous est
d'admettre qu'elle apparaît aujourd'hui dans un contexte
différent. Tous les jours, nous sommes confrontés
à une multitude de croyances. Comment oser dire que sa
religion est la meilleure ? Par contre, si toutes les religions se
valent, n'avons-nous pas raison de nous bricoler notre propre "
petite religion " bien à nous, pas trop dérangeante
?
Avant d'aller plus loin, ne serait-il pas pertinent de nous
demander si nous formulons la même question à propos
d'autres réalités de la vie ? Est-ce que toutes les
idéologies se valent ? Est-ce que toutes les politiques ont
la même valeur ? Est-ce que toutes les pédagogies
sont du pareil au même ? Est-ce que toutes les
médecines se valent ? La réponse est
assurément NON.
Il en est ainsi pour les religions. NON, elles ne se valent pas
toutes. Il y en a qui ont une plus grande valeur
intrinsèque que d'autres. Une idée ne peut
être à la fois VRAIE et FAUSSE. À ce
sujet, le psychiatre Yves Prigent a raison d'affirmer :
" Si je m'immerge totalement dans la société de
l'hypersens où tout est programmé par le souci de
rentabiliser son temps, ses relations, etc., ou encore dans
cette société du non-sens où tout se vaut,
tout est pareil, rien n'a d'importance, je peux perdre tout
contact avec l'espace du dedans. "
Le problème de nos jours, c'est l'analphabétisme
religieux. On ignore souvent les fondements de sa propre foi et on
ne possède que des informations superficielles concernant
les autres religions. Alors, quand on affirme que toutes les
religions se valent et qu'on n'en connaît
véritablement aucune, même pas la sienne, on peut se
demander ce que vaut ce jugement.
Pourtant, plus une croyance nous incite à chercher la
vérité, plus elle est supérieure à
d'autres. Cette recherche exigeante, nous l'écartons
souvent car nous avons été élevés dans
une religion sans trop nous soucier de l'approfondir et de la
confronter à d'autres. Alors, devant la diversité
des traditions spirituelles, (catholicisme, christianisme,
islamisme, bouddhisme), nous n'hésitons pas à nous
réfugier dans un relativisme facile. Par exemple, si ma
religion est bénéfique pour moi, c'est elle la
bonne. Si l'autre croit que c'est sa religion qui est la
meilleure, c'est donc elle la vraie. À l'évidence,
il y a là une fausseté.
S'il faut reconnaître le pluralisme religieux, s'il faut
apprécier la quête de la vérité dans
toutes les religions, il ne faut pas céder à ce
relativisme où toutes les religions se valent et où
les vérités de chacune et chacun sont vraies. Seul
l'approfondissement de notre foi peut nous éviter de verser
dans ce mirage. Les grandes valeurs d'amour, de foi, de respect,
de tolérance et de paix que partagent de nombreuses
religions peuvent contribuer à l'harmonie entre elles mais
n'autorisent pas à conclure qu'elles se valent toutes.
Si la religion est naturelle à l'être humain
(l'athéisme étant un produit de notre
époque), toute religion n'est pas aussi valable que
l'autre. Face aux violences aveugles, aux catastrophes naturelles,
au nihilisme et au pessimisme qui caractérisent notre
époque, la religion authentiquement vécue tient
très haut le flambeau de l'amour, de la liberté et
de la vérité dans les esprits et dans les coeurs.Il
n'est pas vrai que l'on doive tout tolérer. N'y a-t-il
pas une place pour le discernement ?
Une approche constructive pour
développer l'estime de soi.
Tant en Europe qu'en Amérique, des milliers d'ouvrages sur
l'estime de soi ont été publiés traitant
principalement de son aspect soit philosophique, soit
psychologique ou soit pédagogique. Il y a pourtant un autre
chemin... celui de la découverte de son " univers
intérieur ". Le célèbre neuropsychiatre Yves
Prigent avait raison d'affirmer :
" Sans intériorité, l'âme s'essouffle,
s'étouffe. La vie intérieure n'est pas un luxe,
mais au contraire la base du développement de la
personne. "
Si vous explorez votre " jardin intérieur ", vous
découvrirez votre valeur fondamentale. Dès lors,
l'idée que vous vous faites de vous-mêmes deviendra
de plus en plus positive, constructive et vous fera aborder la vie
avec enthousiasme.
Dans votre quête d'identité, vous atteindrez
une perception de vous-mêmes plus juste et plus
réaliste. Il en résultera une plus grande confiance
en vous et, partant, un sentiment de sécurité. Une
meilleure connaissance de vous-mêmes, vous
révélera que vous êtes unique et alors vous
saurez vous aimer. Faire ainsi la lumière en soi, c'est
éviter d'être défini par les autres.
Dans votre quête de sens, vous apprendrez à
vous comprendre et à comprendre le monde. Conscients que
votre vie a un sens, vous serez motivés à
socialiser, à aimer et respecter les autres... d'où
une qualité de vie supérieure. Tout en vous donnant
le droit à l'erreur, vous vous sentirez importants,
compétents et rassurés face à l'avenir. Vous
ne craindrez plus d'exprimer vos besoins, vos émotions et
vos idées. Responsables, vous saurez vous engager dans des
relations et dans des projets de vie.
Dans votre quête de transcendance, vous
n'hésiterez pas à vous confronter aux grandes
questions existentielles : les origines de la vie, l'existence
d'un Créateur, le problème du mal (la souffrance),
le pourquoi de la mort, l'au-delà de la vie, etc. Alors,
vous apprivoiserez vos doutes et vous éprouverez la
maîtrise de vos facultés intellectuelles et
spirituelles. Cette recherche vous permettra de devenir plus
conscients de la dignité de l'être humain, et, du
même coup, de votre propre grandeur. Ainsi, votre estime de
soi solidifiée ne pourra qu'accroître votre
épanouissement personnel.
Dans votre quête de Dieu, vous serez invitez,
selon les grandes traditions spirituelles, à vous enraciner
dans l'amour. Pour le christianisme, vous n'aurez qu'à
ouvrir l'Évangile et vous serez éblouis par un
message d'amour inédit. Vous découvrirez cette
extraordinaire dignité d'enfant de Dieu, d'enfant de
lumière. Dès lors, " vous accepter tel que vous
êtes " sera enthousiasmant et fera taire la critique
intérieure, le défaitisme. L'amour de soi, des
autres et de Dieu est à la source de l'estime de soi.
Un sentiment d'accomplissement repose sur cet amour.
Il y aurait encore beaucoup à dire sur l'estime de soi qui
peut se construire dans votre " jardin secret ". Ce texte n'est
évidemment pas exhaustif. Si seulement, il pouvait vous
inciter à emprunter cette voie éprouvée...
Qui ne souhaite pas vivre avec le sentiment d'être reconnu,
apprécié, estimé et aimé ? Sans
l'estime de soi, est-il possible de nourrir ses rêves, ses
désirs, ses espoirs ? Dans un parcours
d'intériorité, l'estime de soi ne fonde pas sur
l'avoir, le paraître, le faire mais sur l'ÊTRE.
Il ne s'enseigne pas, il se vit.
La guérison
intérieure
Qui n'a pas une blessure de l'âme à guérir ?
Qui ne désire pas la délivrance de ses souffrances
?
Seule la descente en soi permet de résoudre nos
contradictions et d'apaiser nos tensions intérieures. En
s'arrêtant et en entrant en soi-même, nous pouvons
réfléchir, relire les événements
récents de notre vie et revisiter notre histoire.
Peu à peu, nous prenons conscience de ce que nous sommes,
de ce que nous vivons ainsi que de nos valeurs et de nos forces.
N'est-il pas important d'identifier la valeur fondamentale qui
nous habite ?
Ce faisant, au fil des jours, nous apprenons à mieux nous
connaître. Nous débusquons nos stress, nos peurs qui
nous paralysent et nous pouvons mesurer nos talents, nos
capacités. C'est un travail de longue haleine mais combien
salutaire, combien bénéfique. De l'aliénation
de nos angoisses, de nos préjugés, de nos
idées noires, nous accédons à la
liberté, à l'apaisement.
Cette métanoïa, cette conversion est la clé de
notre guérison. Au manque d'estime de soi,
succédera, progressivement, la confiance en soi, dans les
autres et, pour ceux et celles qui ont le privilège de
croire, en Dieu.
Il y aura certaines étapes à franchir comme, par
exemple, celle du PARDON. En effet, la prise de conscience et la
reconnaissance de nos blessures (rejet, mauvaises
expériences, erreurs regrettables, culpabilité,
pulsion de mort, etc.) exigent que nous puissions nous pardonner
à nous-mêmes. C'est souvent le plus difficile.
Pourtant, seul ce pardon procure une nouvelle naissance, une
libération, une guérison. On comprend alors pourquoi
les gens qui ont la foi puisent dans la miséricorde de leur
Dieu.
Autre étape importante de la guérison, c'est
l'AMOUR. Oui, guérir signifie en arriver à s'aimer
et à aimer les autres. La route est parfois longue pour
retrouver cet amour source de bonheur, mais le jeu n'en vaut-il
pas la chandelle ? Cet effort nous conduira à l'ouverture
aux autres, au don de soi, au partage, à la
solidarité. Nous ne sommes pas seuls.
Enfin, le chemin de la guérison est celui de
l'ESPÉRANCE, celui de la lumière. Traverser des
crises, surmonter des obstacles qui ont marqué notre vie,
cela ne se fait pas par magie. Il faut de la
ténacité, de la persévérance dans
notre travail sur soi. Il n'est donc pas surprenant de constater
que toutes les grandes traditions spirituelles invitent à
la PRIÈRE depuis des millénaires. " Le Seigneur est
proche du coeur brisé. " (Ps.34)
Tout cela pour dire que la guérison du coeur est à
la portée de tous. Certes, il faut de la volonté, de
la compassion envers nous-mêmes, envers les autres et de
l'humilité pour accepter d'être aidé si
nécessaire. Pourquoi remettre cela à demain ?
À l'ère du vide, les
valeurs !
Pourquoi
s'intéresser aux valeurs ?
On peut y
répondre par deux autres questions.
- Peut-on donner
un sens à notre vie sans s'y référer ?
- Existe-t-il une éducation possible sans elles ?
À une
époque où l'on s'ingénie à tout
démystifier, à tout désacraliser,
à tout laïciser, les jeunes héritent d'une
société à l'ère du vide. Il n'est
pas étonnant de voir un jeune intitulé son
premier livre : " Nous sommes les enfants de personne. "
(Jacques Guillebon, éd. Presse de la Renaissance. Paris
2005)
Il n'y a pas une crise des valeurs mais plutôt une
absence. Il est donc important, pour ne pas dire urgent, de
s'interroger : quelles valeurs nous font vivre ? Pour les
clarifier, certains les désignent comme humaines,
morales (éthiques) ou spirituelles. D'autres
préciseront en les qualifiant d'affectives,
d'esthétiques, de sociales, etc. Que ce soit l'amour,
la justice, le respect, la liberté… que ce soit la
paix, la fraternité, l'argent… nos valeurs
imprègnent tout ce que nous faisons. Elles nous
protègent d'un " je-m'en-foutiste ", d'un relativisme
qui nous rend vulnérables aux manipulations de tout
genre : modes, idéologies, médias, etc.
Au lieu de déplorer que les jeunes manquent de points
de repère, qu'ils ne distinguent plus le bien du mal,
qu'ils n'ont plus de principes, il faudrait leur offrir
d'identifier et surtout d'INTÉRIORISER les valeurs
fondamentales comme la famille, l'amour (amitié), le
travail, la foi et la dignité humaine. Cet exercice
exige l'éveil de leur conscience et de leur esprit
critique tout en faisant appel à leur sens des
responsabilités et à leur engagement. Ils
saisiront comment les valeurs sont déterminantes dans
les choix qu'ils ont à faire. Au sortir d'un vide
intérieur, de solides valeurs ne peuvent-elles pas
servir de tremplin pour aller de l'avant ? Toute
société n'a-t-elle pas besoin d'un minimum de
valeurs partagées pour la cohésion sociale?
Les grandes traditions spirituelles (christianisme,
judaïsme, bouddhisme, islamisme, etc.) avaient compris
cela et, aujourd'hui, font encore la promotion des valeurs
universelles. L'exemple le plus concret, ce sont les valeurs
évangéliques vécues et transmis par celui
qui a bouleversé l'histoire de l'humanité,
Jésus de Nazareth.
En 2005, parents, professeurs, animateurs, animatrices
désirent toujours transmettre à notre jeunesse,
un héritage de valeurs éprouvées.
Celles-ci ne sont-elles pas autant d'étoiles à
découvrir dans le ciel de leur " jardin
intérieur " ?
APPRENDS-MOI LE SILENCE
En Orient comme en Occident, les
maîtres en spiritualité reconnaissent la
nécessité du silence pour la méditation, la
prière et pour toute démarche
d'intériorité. Faut-il rappeler la phrase
célèbre de Maître Eckart : " Il n'y a
rien de plus semblable à Dieu que le silence."
Dans notre monde actuel inondé de
paroles et de bruit où l'anonymat et l'individualisme
priment, il est donc nécessaire d'ouvrir des espaces
d'invitation au silence, des temps et des lieux d'écoute
où les jeunes peuvent prendre du recul pour mieux
s'ouvrir aux autres et se poser seuls face à
eux-mêmes. C'est là un moyen de savoir qui ils sont
vraiment et de se construire.
Certes, les jeunes désirent vivre des
expériences profondes. Mais il leur arrive de passer leur
temps à les chercher dans la mauvaise direction,
c'est-à-dire, à l'extérieur
d'eux-mêmes. La culture du zapping et celle du plaisir
immédiat font qu'ils craignent et fuient le silence.
Regardons le mal qu'ils ont à se mettre en silence,
à y durer, à le supporter, même pour le
travail scolaire.
Or, seul le silence leur permettra
d'accéder à cet état de paix où
l'essentiel s'accomplit au-dedans d'eux.
Pourtant, c'est possible de les initier au
silence. Voici…
- Beaucoup de jeunes aiment se
retirer dans l'intimité de leur chambre.
- Certains apprécient faire silence lors d'une marche
dans la nature : en forêt, au bord de la mer, en
montagne.
- D'autres sont intéressés à visiter ou
à séjourner dans un monastère et à
y rencontrer des moniales, des moines dont la vie les
intrigue.
Jeunes et moins jeunes, payons nous le luxe
de ces temps de pause, de silence et nous pourrons dire avec le
Prophète :
" Je ne suis qu'un chercheur de silence,
et quel trésor ai-je trouvé en mes silences que
je ne puisse dispenser avec confiance. " ?Khalil
Gibran.
Éduquer à
l’intériorité, quel défi!
Dans ce monde de vitesse et
d’agitation, quel jeune n’aspira pas de temps à autre
à s’arrêter, à se ressourcer, à faire
une pause, quoi! Autant les parents que les professionnels de
l’éducation reconnaissent ce besoin criant
d’intériorité chez ces jeunes qui vivent souvent
à l’extérieur d’eux-mêmes dans une spirale
d’activités qui les empêchent de construire leur
personnalité profonde. Celle-ci risque ainsi de
s’étioler, de s’atrophier dans le superficiel.
Qu’apporte alors
l’intériorité? Un éveil de la conscience
où les jeunes appren-
nent à relire les événements de leur vie et
à les relier entre eux découvrant du même
coup le monde intérieur qui les habite :
pensées, sentiments, émotions, découverte
de soi et des autres, spiritualité, etc.
Pour répondre à ce besoin, diverses
possibilités s’offrent aux pédagogue:
-inviter les jeunes
à apprivoiser le silence, à faire le vide,
à marcher dans la nature
-leur permettre de se réfugier dans la solitude
(ex : visite d’un monastère) et de se retirer
de leur milieu pour un certain temps
-leur donner des outils afin qu’ils puissent créer
leur « jardin intérieur » en
étant proactifs dans leur quête
d’identité, leur quête de sens, leur
quête de transcendance et leur quête de Dieu.
(ex : le site:
www.nidraj.ca ou le cédérom…i.e.
l’intériorité dans le cyberespace.)
-leur offrir l’occasion de faire leur « journal
personnel » au fil des jours en explorant leur
univers intérieur avec un guide. (ex : le
roman pédagogique : « Le
Jardin de Catherine ».)
-si possible être à leur disposition par un
service d’écoute et de relation d’aide. (ex :
le cyberaccompagnement « EN PARLER »
de Nidraj).
Voici donc quelques propositions pour
parvenir à mettre en œuvre d’une façon
concrète la découverte de
l’intériorité. Tout cela pour permettre aux jeunes
de faire une relecture des événements de leur vie
et ainsi favoriser la construction de leur être
intérieur, de leur « jardin
secret »… « Un jardin secret où
l’on peut se retirer au moment des coups durs, des
épreuves, des mauvaises passes. (…) Un jardin secret
pour se ressourcer, se ré-inspirer, rebondir en
confiance, repartir à neuf, pour réenchanter sa
vie, retrouver la joie et le goût de vivre, d’aimer, de
lutter et d’espérer. » p.17 ( Jacques
Gand’Maison, « Du jardin secret aux appels de la
vie », éd. Fides, Montréal 2004)
Aider les jeunes à découvrir leur espace
intérieur n’est certes pas facile, mais quel beau
défi!
Une
audace surprenante.
Ces lignes s’adressent à ceux et
celles qui se croient « des gens bien ».
Autant dire, à chacun de nous. Qui n’estime pas
être compétent et avoir du talent? Illusion ou
réalité, toujours est-il que nous avons la
conviction d’être de bonnes personnes devant les autres…
et même devant Dieu. Après tout, on ne fait de tord
à autrui et on s’occupe de ses propres affaires.
Pourtant, tous les jours nous expérimentons notre
fragilité. Tous les jours – si nous sommes croyants –
nous expérimentons la miséricorde de Dieu. Alors,
dans notre démarche intérieure, une question
s’impose à nous : avons-nous le courage de
l’humilité? N’en faut-il pas plus que jamais dans une
société où tout est fondé sur
l’ambition, l’orgueil, le pouvoir et une soi-disant
efficacité?
Qui parmi nous n’a pas besoin d’être reconnu et
apprécié dans son milieu et, parfois, même
au prix d’écraser son prochain? Tout le langage social en
est un de promotion, de compétition, d’efficacité
et de la loi du plus fort. Comment concilier cela avec
l’humilité?
Il serait mal venu de faire ici l’éloge du
misérabilisme, de la petitesse, de la résignation,
de la pauvreté et de l’infantilisme. Sans verser dans un
défaitisme, on peut s’interroger…Et si l’humilité
s’avérait nécessaire pour un véritable
travail sur soi? Et si les textes sacrés comme
l’évangile avaient une certaine sagesse?
Dans notre vie intérieure, l’humilité engendre la
vérité sur notre valeur comme être humain
porteur du divin. Elle est alors une manière d’aimer avec
dignité dans notre famille, notre travail et nos
relations. Cette humilité est donc incontournable car
elle met le cœur en accueil des autres où que nous
soyons : dans le métro, dans le centre commercial,
sur la rue ou au fond d’une église. Elle permet de faire
la lumière en nous et de déceler, de
dénoncer les injustices, les inégalités.
Elle nous rend solidaires de nos frères te sœurs victimes
de la manipulation des médias et de l’exploitation sous
toutes ses formes. Bref, cette petite vertu de l’humilité
exige beaucoup d’audace.
Alors, à chacune et chacun de se demander : ai-je le
courage de cette humilité?
Approfondir
sa vie intérieure
Combien de milliards dépense-t-on pour explorer l'espace?
Combien de savants mobilise-t-on? Et si l'avenir de
l'humanité se fondait sur l'exploration de notre univers
intérieur? Combien d'efforts et de temps serions-nous
prêts à y consacrer? Quelqu'un a déjà
dit :
" La vie ne peut se renouveler qu'en se reliant au plus
profond de nous et en aidant les autres à se relier au
plus profond d'eux-mêmes. " (Rolande Biès)
C'est précisément ce à quoi nous convie une
démarche d'intériorité. Est-ce si difficile?
Si les jeunes sont une richesse pour l'avenir, ils sont
vulnérables. Comment contrer cette fragilité si ce
n'est en les aidant à se construire intérieurement.
L'amour, les valeurs, le sens de la vie, la connaissance de soi,
la dignité de la personne, l'estime de soi, l'altruisme, le
courage, la foi en Dieu, l'affrontement de la souffrance, le
respect, le sens de l'effort, le bonheur… voilà autant de
piliers sur lesquels édifier leur vie.
Pour cela, une attitude positive est nécessaire. Finies
les fuites dans le tourbillon des activités
extérieures, dans le superficiel et dans le
matérialisme. Grandir intérieurement exige de faire
la vérité en soi, de percevoir le véritable
sens des réalités et de s'engager dans la voie de la
confiance en soi, de l'équilibre et de l'harmonie. C'est
aussi trouver sa place dans le monde en s'occupant de l'essentiel
et en se délestant de ce qui encombre notre existence. Il
importe alors, à chacune et chacun dans sa vie personnelle
et sociale, de bien identifier ses désirs et ses besoins.
Pour aller plus loin, il reste à choisir ses nourritures
spirituelles avec autant de soin que nous mettons à
surveiller notre alimentation au plan physique. Par exemple,
quelles sont les pensées, les lectures qui nourrissent nos
désirs, nos motivations, nos prières, nos projets?
Pour le croyant, il y a les textes sacrés; pour
l'agnostique, l'athée, il y a la conscience.
Dans notre société éclatée où
les valeurs sont confuses, n'est-il pas urgent d'approfondir sa
vie intérieure pour espérer se construire une vision
de l'existence cohérente porteuse de
fécondité, d'évolution et d'espoir?
Un cri du cœur… un cri
vers le ciel.
Dans un climat de
guerre, d’épidémie, de catastrophes
naturelles, la spiritualité ne saurait nous tenir
à l’écart du monde.
Ainsi, devant l’ampleur du
désastre du tsunami en Asie, il y a eu cet
impératif besoin de crier vers le ciel de toute son
âme…. c’est-à-dire, de se recueillir et de prier.
Qu’elles soient chrétiennes, bouddhistes, musulmanes et
même incroyantes, des milliards de personnes sur tous
les continents ont imploré le ciel… et leur Dieu.
Devant ce
phénomène qui se vérifie chez tous les
peuples de la planète depuis des millénaires, on
peut s’interroger : pourquoi au cœur de nos
désirs, de nos inquiétudes et de nos attentes
qui tissent la trame de notre vie quotidienne, surgit la
prière?
Peut-être parce que ces moments d’intériorité redonnent sens à nos vies? Peut-être qu’ils nous permettent d’être et non seulement d’exister? Peut-être que ces instants de prières sont un moyen d’exprimer notre solidarité?
Chose certaine, dans un monde
éclaté, plus que jamais nous avons besoin de
recul, de silence et d’un lien avec UN PLUS GRAND QUE SOI pour
être porteur de confiance, de paix et de
fraternité.
Même si l’agnostique et
l’athée peuvent indéniablement faire une
démarche d’intériorité, les croyants ont,
par la prière, une force qui soulève le monde.
Depuis la nuit des temps et dans toutes les civilisations, les
femmes, les hommes et les enfants ont puisé à
cette source pour retrouver l’estime de soi, pour vivre en
harmonie avec la nature, pour développer une conscience
sociale, pour émerger du superficiel et accéder
à l’essentiel… bref, pour vivre une vraie
liberté.