Oser renaître à
la vie
Quand viennent l’été et les
vacances,
qui de nous ne souhaite pas
se désintoxiquer de la ville? Oui, nous voulons de la verdure et
de l’air pur,
car nous désirons nous ressourcer dans la nature pour renouer
avec la paix et
la joie intérieures.
Plus que jamais, nous avons besoin du recul, de la
contemplation et du silence pour relire les
événements de nos vies. Adieu le stress,
adieu la déprime! Laissons nos soucis de côté pour
aller humer l’air pur de nos
montagnes, de nos lacs et de nos campagnes. Nous allons retrouver le
bien-être
et le véritable sens de notre existence dans la beauté,
la magnificence de la
création.
Cette saison de l’émerveillement est celle
d’une nouvelle
quête spirituelle, d’une nouvelle conquête
intérieure. Jeter un regard d’amour
sur toutes les beautés de la nature qui nous entoure, c’est se
donner un espace
de la liberté.
Mettons donc au menu cet été :
la liberté, la paix, la
joie, l’amour, la contemplation des étoiles, le respect de la
planète, la musique,
la lecture et, pour les croyants/es, la prière, la
méditation. Ne faut-il pas décrocher
du quotidien et de son « ratatinement mental »
pour reprendre son
souffle et se recentrer sur soi?
Dans notre jardin
intérieur, il est alors possible découvrir nos forces
et nos richesses.
Bien sûr, cela exige au préalable de se départir du
superflu. Comme le dit si
bien Pierre Rabhi : « Contrairement
à ce que dit la publicité, la joie intérieure ne
s’achète pas. Elle passe
nécessairement par le dépouillement »
Si vous vivez avec des jeunes, souvenez-vous que
l’urgence
est de les éveiller à la quête de sens et aux
interrogations qui la
fondent : l’amour, le sens de la vie, le mystère du mal, la
recherche du
bonheur, l’espérance, etc. Leur permettre d’entrer dans un tel
questionnement
est indispensable avant de leur parler d’une divinité. Bref,
aider chaque jeune
à découvrir son intériorité, c’est les
orienter vers le beau, le vrai et le
bon… soit vers l’essentiel.
Élargir son espace intérieur et
retrouver la source en soi, cette démarche
s’adresse à tous les êtres humains peu importe leur
nationalité, leur situation
économique, leur degré d’instruction et leur croyance ou
non croyance.
Quelqu’un se dit chrétien? Qu’il
écoute ceci : « Les
chrétiens dorment sur un
trésor ». Jean-Claude Guillebaud
Avec l’été et les vacances, nous
avons un temps pour
renaître à la vie, pourquoi ne pas en profiter?
La
saison du souffle de vie
À
notre réveil, chaque matin, quelle joie, pour ne pas dire quel
miracle, de
pouvoir crier : « Je suis toujours vivant,
vivante! » En nous,
il y a un principe de vie qu’on
désigne par le mot « âme ».
Celle-ci vient informer la matière, car elle donne le
souffle de vie à notre corps. Au
fil
des siècles, les
grands penseurs, croyants ou incroyants, l’ont
étudiée et approfondie.
Selon le
christianisme, l’âme humaine,
créée par la
volonté du Tout-Puissant, porte l’empreinte du divin. Le
prophète de Galilée a
bouleversé l’histoire de l’humanité quand il a
révélé que l’être humain, issu
du Vivant, est enfant de Dieu, enfant de Lumière. Conférant
une dimension exceptionnelle à la dignité humaine, il a affirmé sans
équivoque :
« Je suis
venu pour que vous
ayez la Vie et que vous l’ayez en abondance. » (Jn, 10,10)
Dans
leur recherche, les hommes, les femmes s’interrogent souvent à
savoir s’ils
sont un super animal ou un ange
déchu. À ce sujet, voici l’explication de trois
auteurs :
« L’âme
est ce qui met en
lien avec le monde spirituel, le monde des esprits, le
divin. L’âme
m’individualise dans mon être et dans mon agir. C’est ce qui me
rend unique au
monde. L’âme, c’est le souffle de vie. L’âme, c’est la soif
du beau, du grand,
du sublime, du parfait… L’âme, c’est le centre de ma vie
intérieure. L’âme,
c’est le centre d’où part ma croissance personnelle. » (MOMBOURQUETTE,
J., LADOUCEUR, M., et DESJARDINS-PROULX,
J., Je suis aimable, je suis capable,
Québec, éd. Novalis,
1996)
Toutefois,
devenir conscient de
l’importance de notre âme ne nous soustrait pas aux
difficultés et ne nous
immunise pas contre la souffrance. Comme pour tous les humains, notre
âme est
façonnée par les joies, les peines, les échecs et
les réussites de votre vie.
Le célèbre Thomas Moore affirmait avec justesse :
« Toutes
ces expériences permettent de se connaître, de s’accepter
davantage, de retrouver le coeur de sa personne, le noyau de son
être, ce
centre qui crée la paix, le calme, l’harmonie à
l’intérieur comme à l’extérieur
de soi. L’âme est fragile, l’âme est précieuse,
l’âme est unique, l’âme est au
centre de mon être. » (MOORE,
Thomas, The care of the soul, New York, Harper Pernennial, 1994)
Sur notre
planète, quand plus d’un milliard de croyants, de croyantes
célèbrent le
magnifique temps de Pâques, quand des incroyants, des incroyantes
fêtent
l’équinoxe du printemps, c’est vraiment la période de
l’année où la vie – après
un long hiver - se déploie, se
manifeste
dans toute la nature et au cœur de la
vie spirituelle. Alors, des questions surgissent : comment prendre
soin de
votre âme? En d’autres mots, comment apprécier la vie? Comment
laisser notre âme s’épanouir en nous?
Pour les
chrétiens, les chrétiennes, le
Christ
ressuscité est la véritable source de Vie.
Sur ce,
bonne réflexion!
L'indispensable devoir de connaître
À l'heure où croyants et incroyants
délibèrent sur la place de la religion dans la
société, nous constatons la méconnaissance,
l'ignorance de plusieurs concernant l'héritage de la voie
spirituelle du christianisme. Nous n'avons qu'à lire les
articles de certains journalistes, qu'à écouter les
propos de certains politiciens ou animateurs à la radio et
à la télévision. Il ne faut pas se surprendre de
voir cet analphabétisme religieux générer une
foule d'âneries, de sottises.
Face à cette situation, n'y a-t-il pas
lieu de s'interroger? Comment se comprendre sans comprendre son milieu
et son histoire? Depuis
quand un peuple se construit et se modernise en rejetant ce qui
constitue son âme depuis sa fondation? Certes, de nos
jours, nous sommes inondés d'informations mais cela
n'équivaut pas pour autant à un véritable
enseignement.
Il est donc impératif de parfaire nos
connaissances. Tant pour les adultes que pour les jeunes, une
éducation spirituelle est essentielle à l'expression et
à l'épanouissement du sentiment religieux.
"Nul ne
peut nier l'importance du fait religieux dans notre
société, importance philosophique, culturelle et
politique. Pour déchiffrer certaines caractéristiques de
notre civilisation, il faut savoir y reconnaître la composante
religieuse."
(LEROUX, Georges, Éthique,
culture religieuse, dialogue, Montréal, éd. Fides,
2007, p.38)
Alors, il s'avère nécessaire de
nous soucier de toutes les dimensions de notre personnalité.
Aucun gouvernement, aucune idéologie, aucune Charte ne peut nous
en empêcher.
"L'approche
multidimentionnelle de l'être humain est source première
d'évolution. Exploiter une seule dimension au détriment
des autres, c'est créer le déséquilibre
intérieur; négliger une dimension, c'est
s'amputer d'une partie essentielle de soi-même et nier
l'importance de la globalité. L'être humain n'est pas que
raison. Il est aussi corps, émotions, images et âme.
Une démarche de travail sur soi ne peut être
complète, à mon avis, sans le développement de la
dimension spirituelle au sens d'ouverture au divin."
(PORTELANCE, Colette, Relation
d'aide et amour de soi, Montréal, éd. du Cram,
1998)
Ils sont légion les penseurs qui ont
reconnu l'importance de cette force inscrite dans l'âme de chaque
être humain. Par exemple, pour saisir l'évolution du
religieux et le relier à l'histoire des cultures, le philosophe Michel Serres écrit:
"Dieu est
notre pudeur et nous devons le protéger. (...) Ce qu'il y a
d'infini, c'est sa fragilité. Aussi, ne peut-il être
protégé que dans ce qu'il y a de plus caché en
nous. (...) La religion est à situer à des niveaux de
profondeur qui oblige à la distinguer nettement des
phénomènes superficiels immédiatement observables.
C'est la plaque la plus profonde dans l'histoire des cultures. Plaque
très immergée, très enfouie, souvent opaque et
noire, qui se meut avec une lenteur infinie."
(SERRES, Michel, La légende
des anges, Paris, éd. Flammarion, 1993)
Sommes-nous attentifs à cette plaque profonde de notre
personnalité, de notre histoire, de notre culture? Pour sa part,
le regretté sociologue Fernand
Dumont s'interrogeait sur le fait d'être
dépossédé de la religion, soit "du plus puissant levier de notre
conscience collective et d'un des principaux lieux de fusion des
individus en un tout organique. (...) La religion pénêtre
plus profondément dans les consciences que le langage."
(Entrevue télévisée avec la journaliste Denise
Bombardier)
D'ailleurs, le philosophe Georges Leroux rejoint ces propos
quand il affirme:
"Le savoir
moral et religieux est constitutif du langage même de
l'identité et de notre expérience la plus actuelle, il
est la condition fondamentale de notre compréhension de
nous-mêmes autant que la condition de notre accès à
l'autre."
(LEROUX, Georges, Éthique,
culture religieuse, dialogue,
Montréal, éd. Fides,
2007, P.76)
De son côté, le psychologue Karl
Gustave Jung observait avec justesse:
"Quand on a
perdu le sens et l'orientation que donnent les vérités
religieuses, il n'y a plus rien qui puisse sauver
l'homme (à plus forte raison l'enfant) de la médiocrité."
À notre époque, le religieux et
le spirituel doivent affronter le matérialisme et le nihilisme.
Dans cette foulée, plusieurs délaissent l'essentiel
pour le superficiel. Mais, le plus dommageable, c'est le relativisme
où toutes les philosophies, toutes les religions
s'équivalent. N'est-il pas urgent d'étudier la sagesse
des grandes voies spirituelles et d'en découvrir la
lumière?
Devant de jeunes universitaires aux
États-Unis, le penseur Jacques
Maritain confiait ceci:
"J'aime et
je respecte la jeunesse, mais je la considère avec un
étrange sentiment d'angoisse. Ils savent quantité de
choses concernant la matière, mais presque rien concernant
l'âme."
De même, le philosophe Charles Taylor affirmait en
traitant des conflits de la modernité:
"C'est
pourquoi l'adoption d'un point de vue séculier restreint, sans
la moindre dimension religieuse ni espoir radical dans l'histoire,
n'est pas une manière d'éviter le dilemme, bien qu'il
puisse constituer une bonne manière de vivre. Elle ne
l'évite pas parce qu'elle entraîne aussi une mutilation.
Elle implique qu'on étouffe en soi toutes réponses
à quelques-unes des aspirations spirituelles les plus profondes
et les plus puissantes que l'humanité ait conçues. Cela
aussi est un prix élevé à payer."
(TAYLOR, Charles, Les sources du moi,
Montréal, éd. Boréal, 1998, p. 648-649)
Il y a aussi le journaliste, écrivain
et essayiste, Jean-Claude Guillebaud
qui a livré sa
pensée sur la nécessité des croyances:
"Nul homme
ne peut vivre sans croyance. Aucune société humaine ne
peut survivre sans une conviction minimale qui la maintienne debout."
(GUILLEBAUD, Jean-Claude, La force
de conviction, Paris, éd. Seuil, 2005)
Il faudrait encore ajouter des noms comme
Etty Hillesum, Édith Stein, Zhao Fusan, Claude Tresmontant,
Thomas de Koninck, René Girard, Theillard de Chardin, Jacques
Grand'Maison, André Comte-Sponville, Edgard Morin, Simone Weil,
et combien d'autres.
Nous avons donc toutes les raisons du monde
d'approfondir nos connaissances du catholicisme, du christianisme et
des différentes religions car, à l'évidence, elles
sont indispensables à la compréhension de
nous-mêmes et du monde actuel.
Transmettre pour construire
l’avenir
Parmi les
défis auxquels la
société nous confronte, il y a la panne pour ne pas dire
la crise de
transmission. En d’autres mots, est-il encore possible de partager
notre savoir
et nos valeurs entre générations ? Quel parent, quel
professeur/e ne s’est
pas heurté à cette difficulté? Pourquoi, trop
souvent, le message ne passe
pas ? Que faire ? Voici quelques pistes de réflexion…
Dans
un premier temps, ne faut-il pas reconnaître la
complexité de
notre monde où tout est morcelé, sectorisé,
spécialisé ? Qu’on songe aux
différents médias…
«Les
informations dispersées sont comme une pluie, un nuage, s’il
n’y a pas de connaissance capable de les organiser et de leur donner
sens. » Edgard Morin
(COLLECTIF, Transmettre, Semaine sociale de France,
Paris, éd. Bayard, 2006,
p.81)
Il y a
donc lieu de bien
connaître notre milieu et de décloisonner les
différents secteurs pour
retrouver, par une vue d’ensemble, l’être humain
d’aujourd’hui et son sens nouveau.
Dans
second temps, une attitude à corriger, celle de croire qu’il
y a
seulement la vérité présente qui compte. On peut
alors ignorer le passé et le
futur. Pourtant… « L’origine n’est
pas derrière nous mais devant nous » Heidegger
Peu
importe notre âge, peu
importe les modes, il faut accueillir les richesses du passé si
nous voulons
bâtir l’avenir. L’évolution est en effet compromise quand
il y a rupture de la transmission. Certes,
tous demeurent libres de se croire le nombril du monde et de
prétendre qu’avant
eux, il n’y a rien eu de valable. Il reste qu’un héritage se
mérite par
l’humilité et l’ouverture d’esprit. On parle alors d’une
conquête qui exige le
sens de l’effort et la sagesse de la continuité.
Dans
un troisième temps, nous pouvons nous demander :
qu’avons-nous
à transmettre ? Des connaissances ? Des
expériences ? Admettons
que nous pouvons communiquer davantage par notre manière
d’être que par nos
discours. Par exemple… « L’école
peut-elle transmettre des savoirs sans transmettre des
valeurs ? » Alexandra
Yannicopoulos
À
une époque où ce sont
l’efficacité et l’utilité qui comptent, il y a danger
d’oublier le sens. Ainsi,
la valeur de la justice peut être désirée parce
qu’elle permet à la société de
vivre dans l’ordre, le droit et non parce que la dignité humaine
l’exige. Pourtant, qu’est-ce qui compte le
plus dans la
transmission si ce n’est d’être soi-même… un être
humain authentique ?
Paul VI avait raison d’affirmer : « Une
société écoute davantage les témoins que
les maîtres. »
Dans
un quatrième temps, il faut prendre en considération
les grands
obstacles à la transmission que sont l’individualisme, le
relativisme, le
nihilisme et le matérialisme envahissant. Quand tout se vaut,
quand tout tourne
autour d’un gros « ego », comment transmettre
l’essentiel de notre
héritage, de nos connaissances et de nos valeurs ?
Devant
cette situation, l’ouverture
à l’autre autant que la liberté est indispensable pour
accueillir la présence et la parole
de l’autre. Sans un tel échange entre les humains, il y a
non seulement une crise de transmission mais il y a également
une crise de
l’espérance.
Ici, la croyance peut
se révéler
d’un secours décisif car…
«
La croyance n’est pas un élément ajouté à
l’humanisation mais
le fondement de celle-ci. »
(GUILLEBAUD, Jean-Claude, La force de conviction,
Paris, éd. Le
Seuil, 2005)
Les
lumières de la foi dans la
vie, en Dieu et dans l’avenir peuvent nous permettre d’espérer
que notre
héritage ne demeurera pas sans héritiers.
Voilà
donc brièvement esquissés, quelques
d’idées sur ce défi de transmettre aux futures
générations ce que nous avons de
meilleur. Et si tout dépendait de la qualité de nos
relations humaines ?
Bonne
réflexion !
Le bonheur, vous y croyez?
Qu'on soit athée ou croyant, qu'on soit chrétien ou
bouddhiste, nous sommes tous des êtres habités par des
questions existentielles. La quête du bonheur en est une. En
effet, tout ce qu'on fait dans la vie tend vers un but. De plus, nous
sommes toujours des êtres en devenir. Alors, où
trouvons-nous le bonheur?
Est-ce dans la quantité d'objets: ordinateurs, automobiles,
maisons, argent?
Est-ce dans la sécurité, l'érotisme, les voyages,
la popularité?
Est-ce dans les besoins primaires: se nourrir, se
vêtir, se protéger, se reproduire?
Plusieurs chercheront le bonheur à l'intérieur
d'eux-mêmes:
- dans le fait de
donner un sens
à leur vie
- dans la
satisfaction de leur
besoin d'être aimé, compris, apprécié
- dans le
contentement de leur
désir et la réalisation de leurs rêves
- dans leur vie en
couple, en
famille, en société.
À quatre-vingt quinze ans, soeur Emmanuel,
dévouée aux enfants pauvres du Caire, affirme:
"La clef du bonheur,
c'est la relation".
Devant toutes ces pistes de recherche, le moins que l'on puisse
dire, c'est que le bonheur n'arrive pas par magie. Obsédé
par sa poursuite, l'individu d'aujourd'hui explore l'univers de la
consommation, du matérialisme, de la production, du plaisir
immédiat, etc. Résultat? Il vit dans un état de
perpétuelle insatisfaction. François Closet
reconnaîtra cette difficulté:
" Nous sommes confrontés
à un problème de civilisation,
un problème que la
technologie,
si
perfectionnée soit-elle, ne peut résoudre."
Pourquoi ce désarroi? Il vient du fait que l'être
humain est un être fini, limité et mortel qui aspire
à l'infini, à l'immortalité. Seul un bonheur
éternel saura le combler.
"Le bonheur
éternel,
c'est le désir sans manque et la
plénitude sans satiété."
Bernard de Clairvaux
Sur terre, croyants et incroyants tenteront d'atteindre le bonheur
dans le vécu des grandes valeurs:
" Un bonheur
authentique ne peut naître que de la justice, de la
solidarité et de l'accomplissement de soi,
non
de l'injustice, de l'agressivité et de la domination".
François de Closet
Certes, ceux et celles qui ont la foi sauront vivre, durant leur vie
terrestre, un état de sérénité, d'harmonie
et de paix. Mais cette félicité demeure toujours
relative, éphémère car le bonheur en
plénitude ne peut être atteint qu'en Dieu, l'être
absolu. Ils ont alors pour mission de réenchanter le monde
sachant que les petites joies quotidiennes sont autant de pas vers le
bonheur parfait, le ravissement suprême. Encore faut-il y croire?
Réfléchir au bonheur, c'est déjà lui
ouvrir la porte et l'accueillir.
Bonne réflexion!
Toutes les religions se valent-elles ?
Si cette question se pose depuis longtemps, force nous est
d'admettre qu'elle apparaît aujourd'hui dans un contexte
différent.
Tous les jours, nous sommes confrontés à une multitude de
croyances.
Comment oser dire que sa religion est la meilleure ? Par contre, si
toutes les religions se valent, n'avons-nous pas raison de nous
bricoler notre propre " petite religion " bien à nous, pas trop
dérangeante ?
Avant d'aller plus loin, ne serait-il pas pertinent de nous demander
si nous formulons la même question à propos d'autres
réalités de la vie
? Est-ce que toutes les idéologies se valent ? Est-ce que toutes
les
politiques ont la même valeur ? Est-ce que toutes les
pédagogies sont
du pareil au même ? Est-ce que toutes les médecines se
valent ? La
réponse est assurément NON.
Il en est ainsi pour les religions. NON, elles ne se valent pas
toutes. Il y en a qui ont une plus grande valeur intrinsèque que
d'autres. Une idée ne peut être à la fois VRAIE
et FAUSSE. À ce sujet, le psychiatre Yves Prigent a raison
d'affirmer :
" Si je m'immerge totalement dans la société de
l'hypersens où
tout est programmé par le souci de rentabiliser son temps, ses
relations, etc., ou encore dans cette société du non-sens
où tout se
vaut, tout est pareil, rien n'a d'importance, je peux perdre tout
contact avec l'espace du dedans. "
Le problème de nos jours, c'est l'analphabétisme
religieux. On
ignore souvent les fondements de sa propre foi et on ne possède
que des
informations superficielles concernant les autres religions. Alors,
quand on affirme que toutes les religions se valent et qu'on n'en
connaît véritablement aucune, même pas la sienne, on
peut se demander
ce que vaut ce jugement.
Pourtant, plus une croyance nous incite à chercher la
vérité, plus
elle est supérieure à d'autres. Cette recherche
exigeante, nous
l'écartons souvent car nous avons été
élevés dans une religion sans
trop nous soucier de l'approfondir et de la confronter à
d'autres.
Alors, devant la diversité des traditions spirituelles,
(catholicisme,
christianisme, islamisme, bouddhisme), nous n'hésitons pas
à nous
réfugier dans un relativisme facile. Par exemple, si ma religion
est
bénéfique pour moi, c'est elle la bonne. Si l'autre croit
que c'est sa
religion qui est la meilleure, c'est donc elle la vraie. À
l'évidence,
il y a là une fausseté.
S'il faut reconnaître le pluralisme religieux, s'il faut
apprécier
la quête de la vérité dans toutes les religions, il
ne faut pas céder à
ce relativisme où toutes les religions se valent et où
les vérités de
chacune et chacun sont vraies. Seul l'approfondissement de notre foi
peut nous éviter de verser dans ce mirage. Les grandes valeurs
d'amour,
de foi, de respect, de tolérance et de paix que partagent de
nombreuses
religions peuvent contribuer à l'harmonie entre elles mais
n'autorisent
pas à conclure qu'elles se valent toutes.
Si la religion est naturelle à l'être humain
(l'athéisme étant un
produit de notre époque), toute religion n'est pas aussi valable
que
l'autre. Face aux violences aveugles, aux catastrophes naturelles, au
nihilisme et au pessimisme qui caractérisent notre
époque, la religion
authentiquement vécue tient très haut le flambeau de
l'amour, de la
liberté et de la vérité dans les esprits et dans
les coeurs.Il n'est
pas vrai que l'on doive tout tolérer. N'y a-t-il pas une
place pour le discernement ?
Une approche constructive pour développer
l'estime de soi.
Tant en Europe qu'en Amérique, des milliers d'ouvrages sur
l'estime
de soi ont été publiés traitant principalement de
son aspect soit
philosophique, soit psychologique ou soit pédagogique. Il y a
pourtant
un autre chemin... celui de la découverte de son " univers
intérieur ".
Le célèbre neuropsychiatre Yves Prigent avait raison
d'affirmer :
" Sans intériorité, l'âme s'essouffle,
s'étouffe. La vie
intérieure n'est pas un luxe, mais au contraire la base du
développement de la personne. "
Si vous explorez votre " jardin intérieur ", vous
découvrirez votre
valeur fondamentale. Dès lors, l'idée que vous vous
faites de
vous-mêmes deviendra de plus en plus positive, constructive et
vous
fera aborder la vie avec enthousiasme.
Dans votre quête d'identité, vous atteindrez une
perception
de vous-mêmes plus juste et plus réaliste. Il en
résultera une plus
grande confiance en vous et, partant, un sentiment de
sécurité. Une
meilleure connaissance de vous-mêmes, vous révélera
que vous êtes
unique et alors vous saurez vous aimer. Faire ainsi la lumière
en soi,
c'est éviter d'être défini par les autres.
Dans votre quête de sens, vous apprendrez à vous
comprendre
et à comprendre le monde. Conscients que votre vie a un sens,
vous
serez motivés à socialiser, à aimer et respecter
les autres... d'où une
qualité de vie supérieure. Tout en vous donnant le droit
à l'erreur,
vous vous sentirez importants, compétents et rassurés
face à l'avenir.
Vous ne craindrez plus d'exprimer vos besoins, vos émotions et
vos
idées. Responsables, vous saurez vous engager dans des relations
et
dans des projets de vie.
Dans votre quête de transcendance, vous
n'hésiterez pas à
vous confronter aux grandes questions existentielles : les origines de
la vie, l'existence d'un Créateur, le problème du mal (la
souffrance),
le pourquoi de la mort, l'au-delà de la vie, etc. Alors, vous
apprivoiserez vos doutes et vous éprouverez la maîtrise de
vos facultés
intellectuelles et spirituelles. Cette recherche vous permettra de
devenir plus conscients de la dignité de l'être humain,
et, du même
coup, de votre propre grandeur. Ainsi, votre estime de soi
solidifiée
ne pourra qu'accroître votre épanouissement personnel.
Dans votre quête de Dieu, vous serez invitez, selon
les
grandes traditions spirituelles, à vous enraciner dans l'amour.
Pour le
christianisme, vous n'aurez qu'à ouvrir l'Évangile et
vous serez
éblouis par un message d'amour inédit. Vous
découvrirez cette
extraordinaire dignité d'enfant de Dieu, d'enfant de
lumière. Dès lors,
" vous accepter tel que vous êtes " sera enthousiasmant et fera
taire
la critique intérieure, le défaitisme. L'amour de
soi, des autres et de Dieu est à la source de l'estime de soi.
Un sentiment d'accomplissement repose sur cet amour.
Il y aurait encore beaucoup à dire sur l'estime de soi qui
peut se
construire dans votre " jardin secret ". Ce texte n'est
évidemment pas
exhaustif. Si seulement, il pouvait vous inciter à emprunter
cette voie
éprouvée... Qui ne souhaite pas vivre avec le sentiment
d'être reconnu,
apprécié, estimé et aimé ? Sans l'estime de
soi, est-il possible de
nourrir ses rêves, ses désirs, ses espoirs ? Dans un
parcours
d'intériorité, l'estime de soi ne fonde pas sur
l'avoir, le paraître, le faire mais sur l'ÊTRE. Il ne
s'enseigne pas, il se vit.
La guérison
intérieure
Qui n'a pas une blessure de l'âme à guérir ?
Qui ne désire pas la délivrance de ses souffrances ?
Seule la descente en soi permet de résoudre nos
contradictions et
d'apaiser nos tensions intérieures. En s'arrêtant et en
entrant en
soi-même, nous pouvons réfléchir, relire les
événements récents de
notre vie et revisiter notre histoire.
Peu à peu, nous prenons conscience de ce que nous sommes, de
ce que
nous vivons ainsi que de nos valeurs et de nos forces. N'est-il pas
important d'identifier la valeur fondamentale qui nous habite ?
Ce faisant, au fil des jours, nous apprenons à mieux nous
connaître.
Nous débusquons nos stress, nos peurs qui nous paralysent et
nous
pouvons mesurer nos talents, nos capacités. C'est un travail de
longue
haleine mais combien salutaire, combien bénéfique. De
l'aliénation de
nos angoisses, de nos préjugés, de nos idées
noires, nous accédons à la
liberté, à l'apaisement.
Cette métanoïa, cette conversion est la clé de
notre guérison. Au
manque d'estime de soi, succédera, progressivement, la confiance
en
soi, dans les autres et, pour ceux et celles qui ont le
privilège de
croire, en Dieu.
Il y aura certaines étapes à franchir comme, par
exemple, celle du
PARDON. En effet, la prise de conscience et la reconnaissance de nos
blessures (rejet, mauvaises expériences, erreurs regrettables,
culpabilité, pulsion de mort, etc.) exigent que nous puissions
nous
pardonner à nous-mêmes. C'est souvent le plus difficile.
Pourtant, seul
ce pardon procure une nouvelle naissance, une libération, une
guérison.
On comprend alors pourquoi les gens qui ont la foi puisent dans la
miséricorde de leur Dieu.
Autre étape importante de la guérison, c'est l'AMOUR.
Oui, guérir
signifie en arriver à s'aimer et à aimer les autres. La
route est
parfois longue pour retrouver cet amour source de bonheur, mais le jeu
n'en vaut-il pas la chandelle ? Cet effort nous conduira à
l'ouverture
aux autres, au don de soi, au partage, à la solidarité.
Nous ne sommes
pas seuls.
Enfin, le chemin de la guérison est celui de
l'ESPÉRANCE, celui de
la lumière. Traverser des crises, surmonter des obstacles qui
ont
marqué notre vie, cela ne se fait pas par magie. Il faut de la
ténacité, de la persévérance dans notre
travail sur soi. Il n'est donc
pas surprenant de constater que toutes les grandes traditions
spirituelles invitent à la PRIÈRE depuis des
millénaires. " Le Seigneur
est proche du coeur brisé. " (Ps.34)
Tout cela pour dire que la guérison du coeur est à la
portée de
tous. Certes, il faut de la volonté, de la compassion envers
nous-mêmes, envers les autres et de l'humilité pour
accepter d'être
aidé si nécessaire. Pourquoi remettre cela à
demain ?
À l'ère du vide, les
valeurs !
Pourquoi
s'intéresser aux valeurs ?
On peut y
répondre par deux autres questions.
- Peut-on donner un
sens à notre vie sans s'y référer ?
- Existe-t-il une éducation possible sans elles ?
À une époque
où l'on s'ingénie à tout démystifier,
à tout désacraliser, à tout laïciser, les
jeunes héritent d'une société à
l'ère du vide. Il n'est pas étonnant de voir un jeune
intitulé son premier livre : " Nous sommes les enfants de
personne. " (Jacques Guillebon, éd. Presse de la Renaissance.
Paris 2005)
Il n'y a pas une crise des valeurs mais plutôt une absence. Il
est donc important, pour ne pas dire urgent, de s'interroger : quelles
valeurs nous font vivre ? Pour les clarifier, certains les
désignent comme humaines, morales (éthiques) ou
spirituelles. D'autres préciseront en les qualifiant
d'affectives, d'esthétiques, de sociales, etc. Que ce soit
l'amour, la justice, le respect, la liberté… que ce soit la
paix, la fraternité, l'argent… nos valeurs imprègnent
tout ce que nous faisons. Elles nous protègent d'un "
je-m'en-foutiste ", d'un relativisme qui nous rend vulnérables
aux manipulations de tout genre : modes, idéologies,
médias, etc.
Au lieu de déplorer que les jeunes manquent de points de
repère, qu'ils ne distinguent plus le bien du mal, qu'ils n'ont
plus de principes, il faudrait leur offrir d'identifier et surtout
d'INTÉRIORISER les valeurs fondamentales comme la famille,
l'amour (amitié), le travail, la foi et la dignité
humaine. Cet exercice exige l'éveil de leur conscience et de
leur esprit critique tout en faisant appel à leur sens des
responsabilités et à leur engagement. Ils saisiront
comment les valeurs sont déterminantes dans les choix qu'ils ont
à faire. Au sortir d'un vide intérieur, de solides
valeurs ne peuvent-elles pas servir de tremplin pour aller de l'avant ?
Toute société n'a-t-elle pas besoin d'un minimum de
valeurs partagées pour la cohésion sociale?
Les grandes traditions spirituelles (christianisme, judaïsme,
bouddhisme, islamisme, etc.) avaient compris cela et, aujourd'hui, font
encore la promotion des valeurs universelles. L'exemple le plus
concret, ce sont les valeurs évangéliques vécues
et transmis par celui qui a bouleversé l'histoire de
l'humanité, Jésus de Nazareth.
En 2005, parents, professeurs, animateurs, animatrices désirent
toujours transmettre à notre jeunesse, un héritage de
valeurs éprouvées. Celles-ci ne sont-elles pas autant
d'étoiles à découvrir dans le ciel de leur "
jardin intérieur " ?
APPRENDS-MOI LE SILENCE
En Orient comme en Occident, les maîtres
en spiritualité reconnaissent la nécessité du
silence pour la méditation, la prière et pour toute
démarche d'intériorité. Faut-il rappeler la phrase
célèbre de Maître Eckart : " Il n'y a rien de
plus semblable à Dieu que le silence."
Dans notre monde actuel inondé de
paroles et de bruit où l'anonymat et l'individualisme priment,
il est donc nécessaire d'ouvrir des espaces d'invitation au
silence, des temps et des lieux d'écoute où les jeunes
peuvent prendre du recul pour mieux s'ouvrir aux autres et se poser
seuls face à eux-mêmes. C'est là un moyen de savoir
qui ils sont vraiment et de se construire.
Certes, les jeunes désirent vivre des
expériences profondes. Mais il leur arrive de passer leur temps
à les chercher dans la mauvaise direction, c'est-à-dire,
à l'extérieur d'eux-mêmes. La culture du zapping et
celle du plaisir immédiat font qu'ils craignent et fuient le
silence. Regardons le mal qu'ils ont à se mettre en silence,
à y durer, à le supporter, même pour le travail
scolaire.
Or, seul le silence leur permettra
d'accéder à cet état de paix où l'essentiel
s'accomplit au-dedans d'eux.
Pourtant, c'est possible de les initier au
silence. Voici…
- Beaucoup de jeunes aiment se
retirer dans l'intimité de leur chambre.
- Certains apprécient faire silence lors d'une marche dans la
nature : en forêt, au bord de la mer, en montagne.
- D'autres sont intéressés à visiter ou à
séjourner dans un monastère et à y rencontrer des
moniales, des moines dont la vie les intrigue.
Jeunes et moins jeunes, payons nous le luxe de
ces temps de pause, de silence et nous pourrons dire avec le
Prophète :
" Je ne suis qu'un chercheur de silence, et
quel trésor ai-je trouvé en mes silences que je ne puisse
dispenser avec confiance. " ? Khalil Gibran.
Éduquer à
l’intériorité, quel défi!
Dans ce monde de vitesse et d’agitation,
quel jeune n’aspira pas de temps à autre à
s’arrêter, à se ressourcer, à faire une pause,
quoi! Autant les parents que les professionnels de l’éducation
reconnaissent ce besoin criant d’intériorité chez ces
jeunes qui vivent souvent à l’extérieur d’eux-mêmes
dans une spirale d’activités qui les empêchent de
construire leur personnalité profonde. Celle-ci risque ainsi de
s’étioler, de s’atrophier dans le superficiel.
Qu’apporte alors l’intériorité?
Un éveil de la conscience où les jeunes appren-
nent à relire les événements de leur vie et
à les relier entre eux découvrant du même coup le
monde intérieur qui les habite : pensées,
sentiments, émotions, découverte de soi et des autres,
spiritualité, etc.
Pour répondre à ce besoin, diverses possibilités
s’offrent aux pédagogue:
-inviter les jeunes
à apprivoiser le silence, à faire le vide, à
marcher dans la nature
-leur permettre de se réfugier dans la solitude (ex :
visite d’un monastère) et de se retirer de leur milieu pour un
certain temps
-leur donner des outils afin qu’ils puissent créer leur
« jardin intérieur » en étant
proactifs dans leur quête d’identité, leur quête de
sens, leur quête de transcendance et leur quête de Dieu.
(ex : le site:
www.nidraj.ca ou le cédérom…i.e.
l’intériorité dans le cyberespace.)
-leur offrir l’occasion de faire leur « journal
personnel » au fil des jours en explorant leur univers
intérieur avec un guide. (ex : le roman
pédagogique : « Le Jardin de
Catherine ».)
-si possible être à leur disposition par un service
d’écoute et de relation d’aide. (ex : le
cyberaccompagnement « EN PARLER » de Nidraj).
Voici donc quelques propositions pour parvenir
à mettre en œuvre d’une façon concrète la
découverte de l’intériorité. Tout cela pour
permettre aux jeunes de faire une relecture des
événements de leur vie et ainsi favoriser la construction
de leur être intérieur, de leur « jardin
secret »… « Un jardin secret où l’on
peut se retirer au moment des coups durs, des épreuves, des
mauvaises passes. (…) Un jardin secret pour se ressourcer, se
ré-inspirer, rebondir en confiance, repartir à neuf, pour
réenchanter sa vie, retrouver la joie et le goût de vivre,
d’aimer, de lutter et d’espérer. » p.17 ( Jacques
Gand’Maison, « Du jardin secret aux appels de la
vie », éd. Fides, Montréal 2004)
Aider les jeunes à découvrir leur espace intérieur
n’est certes pas facile, mais quel beau défi!
Une
audace surprenante.
Ces lignes s’adressent à ceux et
celles qui se croient « des gens bien ». Autant
dire, à chacun de nous. Qui n’estime pas être
compétent et avoir du talent? Illusion ou réalité,
toujours est-il que nous avons la conviction d’être de bonnes
personnes devant les autres… et même devant Dieu. Après
tout, on ne fait de tord à autrui et on s’occupe de ses propres
affaires.
Pourtant, tous les jours nous expérimentons notre
fragilité. Tous les jours – si nous sommes croyants – nous
expérimentons la miséricorde de Dieu. Alors, dans notre
démarche intérieure, une question s’impose à
nous : avons-nous le courage de l’humilité? N’en faut-il
pas plus que jamais dans une société où tout est
fondé sur l’ambition, l’orgueil, le pouvoir et une soi-disant
efficacité?
Qui parmi nous n’a pas besoin d’être reconnu et
apprécié dans son milieu et, parfois, même au prix
d’écraser son prochain? Tout le langage social en est un de
promotion, de compétition, d’efficacité et de la loi du
plus fort. Comment concilier cela avec l’humilité?
Il serait mal venu de faire ici l’éloge du misérabilisme,
de la petitesse, de la résignation, de la pauvreté et de
l’infantilisme. Sans verser dans un défaitisme, on peut
s’interroger…Et si l’humilité s’avérait nécessaire
pour un véritable travail sur soi? Et si les textes
sacrés comme l’évangile avaient une certaine sagesse?
Dans notre vie intérieure, l’humilité engendre la
vérité sur notre valeur comme être humain porteur
du divin. Elle est alors une manière d’aimer avec dignité
dans notre famille, notre travail et nos relations. Cette
humilité est donc incontournable car elle met le cœur en accueil
des autres où que nous soyons : dans le métro, dans
le centre commercial, sur la rue ou au fond d’une église. Elle
permet de faire la lumière en nous et de déceler, de
dénoncer les injustices, les inégalités. Elle nous
rend solidaires de nos frères te sœurs victimes de la
manipulation des médias et de l’exploitation sous toutes ses
formes. Bref, cette petite vertu de l’humilité exige beaucoup
d’audace.
Alors, à chacune et chacun de se demander : ai-je le
courage de cette humilité?
Approfondir sa
vie intérieure
Combien de milliards dépense-t-on pour explorer l'espace?
Combien de savants mobilise-t-on? Et si l'avenir de l'humanité
se
fondait sur l'exploration de notre univers intérieur? Combien
d'efforts
et de temps serions-nous prêts à y consacrer? Quelqu'un a
déjà dit :
" La vie ne peut se renouveler qu'en se reliant au plus profond
de nous et en aidant les autres à se relier au plus profond
d'eux-mêmes. " (Rolande Biès)
C'est précisément ce à quoi nous convie une
démarche d'intériorité. Est-ce si difficile?
Si les jeunes sont une richesse pour l'avenir, ils sont
vulnérables.
Comment contrer cette fragilité si ce n'est en les aidant
à se
construire intérieurement. L'amour, les valeurs, le sens de la
vie, la
connaissance de soi, la dignité de la personne, l'estime de soi,
l'altruisme, le courage, la foi en Dieu, l'affrontement de la
souffrance, le respect, le sens de l'effort, le bonheur… voilà
autant
de piliers sur lesquels édifier leur vie.
Pour cela, une attitude positive est nécessaire. Finies les
fuites
dans le tourbillon des activités extérieures, dans le
superficiel et
dans le matérialisme. Grandir intérieurement exige de
faire la vérité
en soi, de percevoir le véritable sens des
réalités et de s'engager
dans la voie de la confiance en soi, de l'équilibre et de
l'harmonie.
C'est aussi trouver sa place dans le monde en s'occupant de l'essentiel
et en se délestant de ce qui encombre notre existence. Il
importe
alors, à chacune et chacun dans sa vie personnelle et sociale,
de bien
identifier ses désirs et ses besoins.
Pour aller plus loin, il reste à choisir ses nourritures
spirituelles avec autant de soin que nous mettons à surveiller
notre
alimentation au plan physique. Par exemple, quelles sont les
pensées,
les lectures qui nourrissent nos désirs, nos motivations, nos
prières,
nos projets? Pour le croyant, il y a les textes sacrés; pour
l'agnostique, l'athée, il y a la conscience.
Dans notre société éclatée où les
valeurs sont confuses, n'est-il
pas urgent d'approfondir sa vie intérieure pour espérer
se construire
une vision de l'existence cohérente porteuse de
fécondité, d'évolution
et d'espoir?
Un cri du cœur… un cri vers
le ciel.
Dans un climat de guerre,
d’épidémie, de catastrophes naturelles, la
spiritualité ne saurait nous tenir à l’écart du
monde.
Ainsi, devant l’ampleur du
désastre du tsunami en Asie, il y a eu cet impératif
besoin de crier vers le ciel de toute son âme….
c’est-à-dire, de se recueillir et de prier. Qu’elles soient
chrétiennes, bouddhistes, musulmanes et même incroyantes,
des milliards de personnes sur tous les continents ont imploré
le ciel… et leur Dieu.
Devant ce phénomène
qui se vérifie chez tous les peuples de la planète depuis
des millénaires, on peut s’interroger : pourquoi au cœur de
nos désirs, de nos inquiétudes et de nos attentes qui
tissent la trame de notre vie quotidienne, surgit la prière?
-
Peut-être parce que ces moments d’intériorité
redonnent sens à nos vies?
Peut-être qu’ils nous permettent d’être et non
seulement d’exister?
Peut-être que ces instants de prières sont un
moyen d’exprimer notre solidarité?
Chose certaine, dans un monde
éclaté, plus que jamais nous avons besoin de recul, de
silence et d’un lien avec UN PLUS GRAND QUE SOI pour être porteur
de confiance, de paix et de fraternité.
Même si l’agnostique et
l’athée peuvent indéniablement faire une démarche
d’intériorité, les croyants ont, par la prière,
une force qui soulève le monde. Depuis la nuit des temps et dans
toutes les civilisations, les femmes, les hommes et les enfants ont
puisé à cette source pour retrouver l’estime de soi, pour
vivre en harmonie avec la nature, pour développer une conscience
sociale, pour émerger du superficiel et accéder à
l’essentiel… bref, pour vivre une vraie liberté.
Pourquoi s’en priver?