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Actualités sur la vie intérieure
Il est possible de collaborer aux manchettes en nous faisant parvenir vos nouvelles, vos expériences... peu importe vos croyances.
Ouverte à tous et à toutes, la ressource
multimédia RAVI sur l’intériorité se situe dans
la voie spirituelle du christianisme. Elle n’a donc aucun lien
avec les mouvements ésotériques, les sectes, le Nouvel
Âge et tous les groupes dans cette mouvance.
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Archive des méditations |
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Méditer
au coeur de la
nature
éveillée,
c’est contempler
la
création
et participer au
concert
silencieux de la
vie
émergente.
Qui pourrait se
lasser de la
beauté? Des
premiers perce-neige
qui
récompensent
l’espérance
et l’attente des
jours printaniers?
Des cours d’eau qui
se déplient
au travers des
glaces qui sombrent?
Des arbres qui
secouent leur
sève
abondante? Des
oiseaux qui
fredonnent leur
retour du sud? Des
enfants qui troquent
leurs patins
à glace pour
la bicyclette? Des
marcheurs qui
envahissent les
sentiers
pédestres? La
beauté
inspire
naturellement
l’être humain.
Un lieu de
méditation,
sobre mais beau,
incite à
revenir à
cette prière
de contemplation.
Quand on le peut,
pourquoi ne pas
méditer
tôt le matin
devant un soleil
levant et au
crépuscule
devant un coucher de
soleil? Dans la
forêt, au pied
d’un géant
bien enraciné
qui palpite de vie?
Sur les rives d’une
nappe d’eau calme?
Au bord d’un
ruisseau ou d’une
rivière qui
murmure un silence
fuyant?
La beauté
intérieure,
chez les êtres
humains, est faite
de
l’émerveillement
qui se traduit par
la reconnaissance.
Elle est
tissée
à même
l’étoffe qui
offre le meilleur de
soi. Le goût
du beau, du bon, du
bien et du vrai
traduit la partie
lumineuse de tout
être. Il y a
une beauté
corporelle dans les
gestes d’effort,
d’élan, de
surpassement de soi.
C’est pourquoi il
faut aussi apprendre
à prier avec
le corps. À
méditer en
marchant, en
mangeant. Prier avec
le coeur où
l’expression de
notre
sensibilité
peut nous permettre
de jouir de la
présence
trinitaire au
carrefour de notre
vie courante. Prier,
méditer en
esprit dans la
douleur et la
souffrance, dans la
peine et la
déception,
dans la joie et
l’accomplissement,
dans les surprises
de la vie et dans
les moments
délectables.
Prier,
méditer de
toutes ses forces,
de toute son
âme dans
l’aspiration ultime
de la conversion
intérieure,
pour devenir un
meilleur être
humain, pour faire
un pas en avant vers
la sainteté
à laquelle
toutes et tous sont
conviés dans
leur nature
essentielle.
L’accès n’est
surtout pas
impossible. Cela ne
relève
nullement de
l’héroïsme!
S’aimer
soi-même,
n’est-ce pas se
trouver beau dans
son corps, son
coeur, son esprit et
son âme? Aimer
autrui revient
à
considérer ce
qu’il y a de plus
noble en l’autre :
dans les gestes
corporels de
création,
d’entraide, de
générosité,
de partage. Dans son
coeur qui bat au
diapason de la
complicité
amicale ou amoureuse
ou dans l’accueil
inconditionnel de
l’étranger.
Dans l’esprit de
l’échange
vrai au plan humain,
culturel, religieux.
Dans l’âme qui
illumine les
rapports familiaux,
sociaux, l’âme
qui
élève
le génie de
chaque groupe dans
sa contribution
à
l’humanité.
Aimer le «
Tout Autre »
c’est Le
reconnaître
Auteur de tout ce
qui est : dans la
majesté des
espaces infinis qui
ne cessent de
croître; dans
le mystère
silencieux des
Univers si bien
ordonnés;
dans les traces
actuelles de la
lumière
initiale du Big
Bang; dans cette
humanité qui
évolue en
spirale par
régressions,
phases-plateau et
progressions
successives.
« À
voir ton ciel,
ouvrage de tes
doigts,
la lune et les
étoiles, que
tu
fixas,
qu’est donc le
mortel, que tu t’en
souviennes,
le fils d’Adam, que
tu le veuilles
visiter?
À peine le
fis-tu moindre qu’un
dieu;
tu le couronnes de
gloire et de
beauté,
pour qu’il domine
sur l’oeuvre de tes
mains;
tout fut mis par toi
sous ses pieds...
» (Psaume 8,
4-7)
L’attitude
méditative
est un « prier
sans cesse »
dans la
contemplation des
oeuvres de la
création
auxquelles
contribuent
continuellement les
humains depuis
l’émergence
du temps et de
l’espace, depuis
l’ascension de la
vie.
Yvon R.
Théroux
yvonrtheroux@hotmail.com
www.meditationchretienne.ca
La
méditation est
complètement
étrangère
à toute forme
de culpabilité!
Certaines
générations,
nommément au
Québec, ont pu
être
marquées par un
fort sentiment de
culpabilité qui
s’exprime encore dans
leur vie d’une
manière plus ou
moins intense. Se sentir
coupable de ne pas
être à la
hauteur des
idéaux
proposés et
présentés
comme incontournables,
entretenir l’impression
d’être trop
souvent fautif,
réagir devant une
accusation comme ayant
une part ou l’autre de
responsabilité.
La culpabilité
est l’expression d’un
doute sur
soi-même, d’une
perception pas
nécessairement
bien ajustée,
d’une impression qui
laisse un arrière
goût plutôt
amer. On peut
soi-même
déclencher le
mécanisme de la
culpabilité. Il
est positif quand c’est
une prise de conscience
réellement
assumée : oui,
j’ai mal agi, j’ai dit
une parole de trop, j’ai
porté un jugement
destructeur. Sans
diminuer l’estime de
soi, bien au contraire,
cette culpabilité
- un gendarme interne -
peut contribuer à
m’améliorer.
Ce qui est plus nocif
c’est la
culpabilité
corrosive. Plutôt
que d’admettre mes
torts, je les camoufle
sous des mensonges
stratégiques pour
sauver la face. Cela
n’empêche pas de
vivre une
culpabilité
morbide où j’ai
l’impression
peut-être de m’en
sortir indemne. Mais on
ne ment qu’à
soi-même,
finalement! Des
méditantes ou des
méditants peuvent
parfois se sentir
coupables ne pas en
avoir assez fait.
D’avoir omis une
période de
méditation en
tentant de s’auto
justifier par la suite.
La liberté
intérieure
acquise gré
à gré par
la pratique de la
méditation
affranchit de ces
humeurs de
culpabilité.
Quand j’ai des
distractions
malgré moi durant
une période de
méditation, la
manière la plus
efficace de s’en
affranchir c’est de
revenir en toute
simplicité
à la
répétition
de son mantra. Comme des
nuages qu’on laisse
passer sans combattre,
sans se débattre.
Qu’en est-il si j’ai
omis une période
de méditation? Je
reprends là
où j’étais
et je continue mon
pèlerinage
intérieur. Sur ce
chemin il y a tellement
d’obstacles,
d’embûches,
d’imprévus. S’il
faut, au surplus, se
sentir coupables des
manques, des
ratés... alors la
tentation d’abandonner
émerge.
On évoquera
certains arguments :
C’est trop exigeant, ce
n’est pas pour moi, je
ne suis pas un(e)
saint(e). Je fais bien
d’autres choses pour
nourrir ma vie
spirituelle. Dans le
fond, il y a
peut-être un trop
en quelque part! La
justification
amène son lot de
raisons, de mobiles, de
motifs pour esquiver
l’effort d’être
vrai(e) avec
soi-même.
C’est à ce
moment précis
qu’un accompagnateur
spirituel ou qu’une
communauté peut
m’aider à
réaliser que je
ne suis pas seul(e)
à vivre parfois
des moments de
désarroi, de
désert spirituel,
de sécheresse,
loin de la Source
intarissable. Les
mystiques, les saintes
et les saints ne cachent
jamais ces temps
d’épreuve. Saint
Paul, ce grand
apôtre du Christ
ressuscité, ne
nous avoue-t-il pas
presque candidement :
«C’est pourquoi je
me complais dans les
faiblesses, dans les
outrages, dans les
détresses, dans
les persécutions
et les angoisses
endurées pour le
Christ; car, lorsque je
suis faible, c’est alors
que je suis fort »
: (II Corinthiens 12,
10).
Cessons
sincèrement de
jauger et de juger la
période de
méditation
vécue; de se
juger soi-même.
Prenons toutes ces
énergies pour
continuer la route dans
la joie, la
sérénité,
conscient(e) que tout
chemin n’est jamais
rectiligne, facile et
sans pièges. Et
bâtir une
communauté de
méditation est un
défi qui comprend
des enjeux où
toutes et tous doivent
puiser d’abord dans
l’assise spirituelle de
leur être. Au
strict plan humain, il
n’est pas facile de nos
jours de former un
couple stable. Une
équipe? Encore
plus difficile. Une
communauté? Un
défi majeur pour
adultes dans la foi.
Quand fleurissent
discrètement les
fruits de la
méditation...
tous comprennent que
c’est la
méditation qui
fait la
communauté. Et
tout devient possible
pour la grandeur humaine
et
l’élévation
spirituelle. Je vous
souhaite, lectrices et
lecteurs, de rencontrer
une communauté de
méditation avec
laquelle il fait bon
cheminer, grandir et
devenir soi-même
dans la
vérité qui
rend libre.
Yvon R. Théroux
yvonrtheroux@hotmail.com
www.meditationchretienne.ca
Je ne puis
m’habituer au
silence?
En méditation il
est question de silence
intérieur et
extérieur. Le
second prévaut
pour mieux
réaliser le
premier. Un jeune adulte
m’indiquait que chez lui
la radio ou le
téléviseur
demeurait toujours
ouvert (quand ce
n’était pas les
deux) du lever au
coucher, et ce, sept
jours sur sept. Il
m’expliquait que ses
parents se sentaient
alors moins
isolés et que ce
bruit de fond qu’ils
entendaient leur
apportait une certaine
distraction
nécessaire par
rapport aux tâches
domestiques à
accomplir. Comme une
présence en
sourdine. Parfois, lors
des bulletins de
nouvelles, ils
s’arrêtaient pour
écouter. Il se
demandait alors si sa
difficulté
à vivre une
expérience
silencieuse pouvait, du
moins en partie,
s’expliquer par cet
environnement dans
lequel il a grandi
durant toute son
enfance.
Évidemment, avec
un sourire, il ajouta
que son adolescence
avait connu bien
d’autres bruits de ses
groupes musicaux
préférés.
Insérer le
silence dans des moments
propices de sa vie est,
de prime abord,
inconfortable. On a
l’impression que ce
n’est pas naturel.
Tellement vrai qu’une
marche en forêt
s’accompagne souvent,
quand la pénombre
s’annonce, de turluttes,
de bruits pour
éloigner ce qu’on
imagine menaçant.
Le silence, trop lourd,
pourrait laisser filtrer
quelques sons
inquiétants,
quelques cris d’animaux
inconnus. Il nous faut
donc alors apprivoiser
le silence. Mais avouer
qu’on est
complètement
incapable de silence
tout en respectant les
personnes qui le
peuvent, c’est
créer un blocage
au niveau de son
cerveau. C’est un
conditionnement qui nous
ampute
d’expériences
possibles et
enrichissantes.
On connaît toutes
et tous des
récits de
personnes qui ont
dû subir une
amputation d’un membre
inférieur ou
supérieur et qui,
longtemps après
cette chirurgie majeure,
ont toujours
l’impression ou la
sensation que le membre,
pourtant absent,
connaît des
démangeaisons,
des irritations! Notre
cerveau est fort
complexe. On pense
nommément au
syndrome de douleur
régionale
complexe qui
relève, entre
autre, d’un blocage au
cerveau qu’il faut
tenter de
réhabiliter par
un traitement par
imagerie motrice(1).
Apprivoiser le silence
est curatif. C’est un
besoin inhérent
à tout être
humain – et cela est
bien naturel. Les
citadins ne
rêvent-ils pas
d’échapper
à la cacophonie
bruyante de la
cité? Du moins
lors de leurs vacances.
Qui ne reste pas
silencieux, admiratif,
émerveillé
devant un lever ou un
coucher de soleil? On
peut comprendre
l’angoisse terrible qui
s’emparait de peuples
anciens devant son
éclipse!
Ne pensons pas
accéder au
silence intérieur
sans créer le
silence
extérieur. Le
premier est
déjà
présent en nous
naturellement. Il
demande à
être
stimulé,
éveillé.
Nous devons le
contacter. Simplement,
sans artifice inutile.
Le silence est la toile
de fond de la
création, de
l’univers
sidéral. Le bruit
n’est pas l’ennemi du
silence. Il est son
envers qui s’approprie
le plus d’espace
possible nous
convaincant que c’est
cette situation qui est
naturelle à tout
le monde. Et ce ne sont
plus maintenant les
moyens d’exalter le
bruit qui manquent.
L’espace silencieux
potentiel dans chacune
de nos vies se
rétrécit
de plus en plus!
L’équilibre entre
les deux devient, par
conséquent, plus
difficile. On peut donc
comprendre que devenir
une méditante ou
un méditant n’a
rien à voir avec
un acte spontané
de notre volonté.
C’est un long
apprentissage - parfois
de réhabilitation
-, un processus à
engager avec
l’accompagnement d’un
maître spirituel
ou d’une
communauté
d’appui. En
méditation nous
demeurons toutes et tous
des débutants.
Car, à chaque
fois, je recommence la
démarche en me
mettant en situation, en
répétant
le mantra etc. Et ce
n’est pas la condition
de vie
(célibataire,
religieux(se) ou moine
(moniale) qui rend la
tâche plus facile.
Le seul avantage de la
vie monastique c’est la
prédisposition au
silence
extérieur. Tout
le reste doit être
mis en branle.
Comprenons alors la
mission de John Main(2),
bénédictin,
de faire accéder
à la
méditation
chrétienne les
laïques qui en
furent trop longtemps
écartés
pour des raisons
historiques que nous
n’avons pas à
juger. Chaque
génération
écrit son «
bout d’histoire ».
(1) Blain, Marielle,
infirmière
clinicienne et
François Gobeil,
anesthésiologiste,
Service Consultatif de
Gestion de Douleur du
CSSS Pierre Boucher,
collaboration du DSIPP,
CSSS Pierre Boucher,
CSSS Rouyn Noranda,
Traitement par imagerie
motrice pour le Syndrome
de Douleur
Régionale
Complexe. Feuillet
explicatif
destiné à
l’usager grâce
à une
contribution de Pfizer
Canada Inc.
(2) Site web : www.meditationchretienne.ca
Yvon R.
Théroux
yvonrtheroux@hotmail.com
www.meditationchretienne.ca
Méditation
inspirée d’une
naissance bouleversante
Il y a toutes sortes de
naissances. Des glorieuses
dans des palais royaux,
celles-là même
qui assurent la succession
dans les monarchies. Des
naissances nobles dans des
dynasties familiales de haut
rang qui permettront aux
héritiers de faire
perdurer des traditions
politiques ou d’affaires ou
encore artistiques. Des
naissances bien ordinaires,
dans l’anonymat et la
simplicité, qui
feront vivre de nombreuses
familles au diapason de la
vie. D’autres plus
tragiques, non
désirées, qui
amènent leur lot de
souffrance. Certaines,
fruits de l’amour, d’autres
laissées au hasard
des passions humaines.
Certaines tendrement
voulues, d’autre
regrettées.
Toute entrée dans
l’univers mérite
d’être
soulignée,
fêtée,
applaudie. Le mystère
reste entier au
départ. Qu’apportera
cette nouvelle personne
à son entourage
immédiat, à sa
société
d’appartenance? Tous le
sauront en temps et lieu.
Sachons, d’ores et
déjà, que la
plus petite contribution
positive et constructive
à l’humanité
est inestimable. La
naissance d’Ieshoua
(Jésus) de Nazareth
fournit un récit peu
ordinaire. Il connaît
une mère biologique
ou porteuse du divin et un
père adoptif. Le
christianisme et l’islam
insistent sur sa conception
virginale. Elle n’est point
inédite dans
l’histoire des naissances de
grands personnages de
l’humanité. Mais
dès les premiers
moments, la naissance
d’Ieshoua (Jésus)
fait problème.
Hérode le pourchasse
devant la menace d’une
concurrence inavouée.
C’est l’exil, et à la
mort de ce roi, un retour
dans un patelin d’où
il ne devait pas sortir de
grandes figures marquantes.
Enfance, adolescence,
début de l’âge
adulte se passent
discrètement sous la
gouverne de Marie et Joseph
dans ce petit village
plutôt
éloigné des
grands centres et de la
capitale Jérusalem.
Une famille ordinaire
où le père
adoptif fait fonction de
menuisier-charpentier. Une
famille soucieuse de vivre
sa foi juive selon les
coutumes et les rites de
l’époque. Respectant
les grandes fêtes du
calendrier qui les
convoquent parfois au Second
Temple à
Jérusalem (ville de
la paix). Et
Ieshoua/Jésus
grandit, apprend, comprend,
découvre le Dieu de
ses ancêtres. Il
développe une
sensibilité tant au
plan humain et spirituel. Il
a un préjugé
favorable envers les plus
démunis, les
laissés pour compte,
les oubliés tout en
saisissant la «
pauvreté » des
riches. Sa foi vécue,
tout au long de sa
croissance humaine, le fait
rechercher ce qu’il y a de
meilleur dans sa tradition
juive. Il veut toucher
l’essentiel et laisser
tomber l’accessoire, le
superficiel, le surplus qui
ne se situe pas au coeur de
la spiritualité -
noyau de toute tradition
religieuse -. De cette
spiritualité qui le
fera vivre
intensément. Au point
d’alimenter une relation
intime avec Abba
(littéralement papa),
le « Tout Autre
», Auteur de tout ce
qui est.
Une naissance de
prédilection pour
toutes les personnes de son
temps qui souffrent dans
leur corps, dans leur coeur,
dans leur esprit, dans leur
âme. Une naissance qui
n’a pas
généré
une commotion dans
l’Univers. Paradoxalement,
c’est sa mort qui va
engendrer cette
dernière, et des
ondes de choc frappent
encore
régulièrement
la conscience humaine.
Naissance guidée par
une étoile mais pas
sous une bonne
étoile, auraient pu
déjà dire les
astrologues de ce temps. Des
bergers et des mages en
témoignent,
semble-t-il. À sa
mort, des riches de pouvoir
et de gloire verront
à le faire taire de
façon
définitive tandis que
le pauvre peuple suivra les
événements,
manipulé qu’il est
par l’autorité
politique et religieuse. La force de sa
vie prend racine dans sa
naissance.
Ses parents auront tout fait
pour le préparer
à affronter la vie
dès les premiers
jours de son existence. Ils
lui auront donné le
meilleur d’eux-mêmes.
Ils l’accompagneront
à chaque étape
de sa vie, même
lorsqu’il revendiquera plus
d’autonomie
(l’épisode
d’Ieshoua/Jésus
demeuré au Temple
à Jérusalem).
Sa mère ne
l’abandonnera jamais, elle
qui a même dû
recevoir son corps à
la descente de la croix. Une
naissance prometteuse au
plan spirituel,
décevante au seul
plan humain. Échec
selon toute vraisemblance.
Mais Ieshoua a assumé
la seconde naissance :
celle-là même
où une personne
renaît à
elle-même pour devenir
complètement
elle-même, ce qui
n’est jamais sans souffrance
(Maurice Zundel). Et sa
troisième naissance,
celle-là spirituelle,
la résurrection :
fulgurante, renversante,
bouleversante, exaltante.
Une naissance qui devient Source
intarissable d’amour, de
tendresse et de
miséricorde. Image
incarnée du
Père (Abba).
Yvon R. Théroux
yvonrtheroux@hotmail.com
Pourquoi
prier, méditer,
quand tout semble perdu?
(3 de 3)
Combien de fois Jésus
s’est-il retiré au
désert ou dans un
jardin (Gethsémani,
des Oliviers) pour y prier
en toute
intimité son
Père? Quand Il fut
abandonné de tous ses
apôtres et disciples,
renié et trahi, il a
continué à
s’adresser à son
Père. Même que,
dans un moment très
humain de détresse
psychologique, il Lui
demandera directement
pourquoi l’a-t-il
abandonné? Sur la
croix, Il implorera le
pardon pour celles et ceux
qui ne savent pas ce qu’ils
font. Prière
d’abandon. Quand tout semble
perdu, même
Jésus prie sans
cesse! Et toujours en
fonction de la
volonté de son
Père qui, seul, sonde
le coeur et les reins.
De la
méditation dans le
sillon de John Main,
bénédictin
C’est une longue tradition
persistante dans le temps.
Inspirée des
Mères et des
Pères du
désert qui voulaient
revenir aux sources du
christianisme et vivre
intégralement
l’esprit des
évangiles, la
prière contemplative
(ou méditation)
faisait l’économie de
la parole. Le moine Jean
Cassien parlait d’un court
verset des Écritures,
idéalement d’un mot.
Avant le grand schisme
d’Orient il n’y avait pas
les distinctions culturelles
et linguistiques qu’on
connaîtra par la
suite, c’est-à-dire
aux lendemains de 1054 (XIe
siècle). Le mot
« mantra » qui
n’est aucunement une
propriété
exclusive de l’hindouisme,
du bouddhisme ou de
traditions philosophiques ou
religieuses orientales ou de
l’Extrême-Orient,
signifie, en
définitive, un
mot-prière, un mot
sacré, une clé
d’entrée, un moyen et
non une fin en soi. John
Main,
bénédictin, a
donc restauré la
méditation pour la
rendre accessible à
toutes et à tous.
Il retiendra le
mot-prière maranatha qu’on
retrouve dans une Lettre de
Paul aux Corinthiens et qui
constitue le dernier mot du
Livre de l’Apocalypse. Ce
cri du coeur et de l’esprit,
maranatha,
dans la langue maternelle de
Jésus,
l’araméen
galiléen, exprime un
appel cordial : Viens
Seigneur! Saint-Jacques
lui-même dira sans
ambages « Approchez
vous de Dieu et Il
s’approchera de vous
». La
répétition
continue de ce mantra
pendant les vingt minutes,
matin et soir, de la
période de
méditation, marque
une empreinte
indélébile sur
le coeur, lieu symbolique de
la présence du
« Tout Autre »
au tréfonds de mon
être.
Dans les moments de joie et
de plénitude,
méditons. Dans les
moments de turbulence et de
souffrance, méditons
encore et toujours. Car
quand tout semble
perdu, la prière
contemplative devient un
tremplin dans ma vie.
Puis-je encore m’en passer?
Je terminerai par un extrait
de la préface de
Benoît Garceau, omi.
dans l’ouvrage
cité à la note
(1) :
« Ce qu’il
y a de meilleur en chaque
tradition religieuse,
c’est sa dimension
mystique. Amputée
de cette dimension, toute
religion devient une
monstruosité, un
principe de conflits et de
violence. Or, pour
connaître la
dimension mystique d’une
religion, pour comprendre
comment se vit chez elle
l’expérience de
l’Absolu, comment se
traduit sa manière
propre de concevoir le
retour de l’être
humain à la Source
de tout être, il
importe de regarder le
rôle qu’elle accorde
à la
méditation ».
__________________________________________________________________
(1)THÉROUX, Yvon R.,
(dir.), En quête de
l’Absolu. La
méditation selon
cinq traditions
religieuses,
Montréal, Éd.
Paulines, 2009. 124 p.
Yvon R. Théroux
yvonrtheroux@hotmail.com
Pourquoi prier,
méditer, quand
tout semble perdu? (2 de
3)
Les
ingrédients communs
à toutes les formes
de la prière
contemplative
Que la méditation
soit séculière
(ou laïque),
c’est-à-dire sans
référence
à un Absolu d’ordre
divin, ou relevant de l’une
ou l’autre des grandes
traditions religieuses (1)
on y retrouve un commun
dénominateur
constitué de quatre
ingrédients : Le
recueillement, l’attention,
le silence et
l’écoute. Je ne
saurais trop insister sur le
recueillement qui n’a rien
à voir avec une
attitude dévote.
L’étymologie du mot
suggère plutôt
l’effort d’unité de
soi, en soi. S’unifier alors
que l’on est facilement
dispersé,
morcelé,
éparpillé,
distrait,
décentré. Se
ramasser en quelque sorte
pour ouvrir notre conscience
en toute sa
plénitude. Ouverture
active au moment
présent en esquivant
consciemment le passé
qui n’est plus et l’avenir
qui n’est pas encore
là. Ce recueillement
est facilité par la
généreuse
contribution de l’attention.
Être attentif, c’est
en soi tout un programme.
Lequel exige patience et
vigilance,
persévérance
et une certaine dose de
courage. Retenons que la
désespérance
ne sied pas au
christianisme! Combien
sommes-nous, de nos jours,
à souffrir d’un
certain «
déficit d’attention
»? L’ingrédient
qui nourrit le mieux
l’attention est le silence.
Le silence, musique de
l’âme. Ce silence qui
nous façonne. Ce
silence qui demeure la toile
de l’émergence de la
création. Le soleil
ne se lève-t-il pas,
ne se couche-t-il pas en
silence? Les belles fleurs
de mon hibiscus qui se
présentent à
l’aube ont advenu en
silence. Les musiciennes et
les musiciens, ici
présents, savent
combien le silence est
précieux dans la
composition musicale. Sa
présence est
indiscutable! Le silence
pour favoriser au maximum
l’écoute.
L’écoute toute
silencieuse de Celui qui
m’habite. Entendre n’est pas
écouter. Car
écouter fait appel
à tout mon être
: corps, coeur, tête,
âme. L’écouter
Lui se dire à moi tel
qu’Il est et non plus comme
je le perçois ou
comme je le conçois!
Quand tout
semble perdu...
Certaines lectures
d’ouvrages de deux
oncologues
réputés,
Norman Cousin et Henri
Joyeux, ont
démontré lors
d’études cliniques
échelonnées
sur au moins quinze ans, que
les personnes d’une
même cohorte
d’âge, atteintes du
même type de cancer,
pouvaient survivre en
moyenne de sept à dix
ans de plus si elles avaient
un état d’esprit
positif et constructif. Si
elles nourrissaient encore
des projets, voyageaient,
bref, si elles vivaient
intensément le moment
présent nonobstant
cette limite. Des
transformations
s’opèrent alors
à l’avantage de la
personne. Leur influence est
débordante
d’énergie. Il y a un
lâcher prise souverain
et exaltant. Pour celles et
ceux qui vivent la foi, il y
a une reformulation radicale
et authentique de cette
dimension constitutive de
leur existence. S’abandonner
à plus grand que soi.
On retrouve un passage de
Matthieu fort
évocateur à
cet égard.
Matthieu,
immédiatement
après la
présentation du
« Notre Père...
» consacre plusieurs
versets à la
prière d’abandon
à la Providence (Mat
6, 25-34). Il questionne nos
craintes et nos angoisses.
Pourquoi avoir peur et
s’inquiéter pour
notre vie et de ce que nous
mangerons? Pour notre corps
et ce qui le revêtira?
Les oiseaux ne sèment
ni ne moissonnent et
pourtant ils mangent tous
les jours. Les lis des
champs ne peignent ni ne
filent, or même le roi
Salomon, dans ses plus beaux
atours, n’a jamais eu un
vêtement plus beau que
les lis des champs! La
prière contemplative
oblige à un abandon
de soi, de ses occupations
et surtout, de ses
préoccupations. Les
quatre ingrédients
mis en relief tantôt
forment l’acronyme R.A.S.E.
(Recueillement, Attention,
Silence, Écoute).
Rase tout ce qui a
alimenté ta
journée pour te faire
le cadeau à
toi-même d’un vingt
minutes de silence, de paix,
de tranquillité,
d’abandon à la Source
même de ton
être. (Suite le mois
prochain).
_______________________________
(1) THÉROUX, Yvon R.,
(dir.), En quête de
l’Absolu. La
méditation selon
cinq traditions
religieuses,
Montréal, Éd.
Paulines, 2009. 124 p.
Yvon R. Théroux
yvonrtheroux@hotmail.com
Pourquoi
prier,
méditer,
quand tout
semble perdu?
(1 de 3)
Prière,
méditation
et la science
Je vais
débuter
avec une
anecdote. Lors
d’une
conférence
à
l’hôpital
Hippolyte
Lafontaine, il
y a quelques
années,
je me suis
retrouvé
devant plus de
soixante
psychiatres.
Un auditoire
qui voulait
comprendre la
montée
de cas de
délires
religieux. Je
pouvais
facilement
distinguer
deux groupes :
des freudiens
de la
génération
des «
baby boomers
» et la
jeune
génération
montante.
Après
ma
communication,
une
période
de questions
et
d’échanges
a eu lieu. Je
fus
agréablement
surpris de
l’intervention
d’une et d’un
jeunes des
leurs qui
affirmèrent
avec
conviction que
lorsque la
médication
(psychotropes)
et divers
autres
traitements
n’arrivaient
pas à
résoudre
des
problèmes
bien
identifiés
chez certains
patients,
alors ils leur
montraient
à
méditer
ou à
prier. Au
dîner,
je me suis
retrouvé
aux
côtés
du directeur
du
département
de
gériatrie
qui me fit
l’aveu premier
d’être
athée.
Il ajouta que
les quatre
années
à cette
direction lui
avaient fait
tout de
même
observer que
les patients
qui avaient la
foi, ou se
référaient
à
l’expérience
religieuse
mouraient en
général
beaucoup plus
sereinement.
Sur quoi j’ai
voulu
l’inviter
à me
laisser avoir
accès
aux dossiers
pour pousser
une recherche
dans le sens
de ce qu’il
venait de me
confier d’un
point de vue
clinique. Avec
un sourire
expressif, il
me
répondit
non, car il ne
voulait quand
même pas
se contredire!
Cette
expérience
m’avait fait
beaucoup
réfléchir
sur le fait
que dans les
situations
où les
thérapies
devenaient
inutiles en
certains cas,
l’ouverture
à
l’expérience
spirituelle ou
religieuse
pouvait avoir
un certain
effet. Un peu
analogiquement
comme la
musicothérapie.
Y a-t-il un
effet
thérapeutique
de la
prière,
de la
méditation?
De nombreuses
études
étatsuniennes
et maintenant
canadiennes
démontrent
la
portée
de la pratique
de la
méditation
au plan
physiologique,
entre autre.
Voilà
pour cette
brève
entrée
en
matière.
Des
types de
prière
Je
pourrais
regrouper
principalement
trois types de
prière.
D’abord la
prière
vocale, de
demande ou
d’action de
grâce,
comme le
signale
l’évangéliste
Matthieu (6,
1-4). «
Prier en
secret
»,
retiré(e)
dans sa
chambre, en
tête-à-tête
avec ton
Père
« qui
est là
dans le
secret... qui
voit dans le
secret »
(Mat 6,4).
N’insistons
pas trop sur
les demandes
car le
Père
les connait
déjà
avant
même
qu’on veuille
les lui
confier. De
plus trois
réponses
sont possibles
de la part du
Père.
La
première
est un «
oui »
rapide
à notre
demande, un
« oui
»
étonnant
qui
interpelle. La
deuxième
peut
être un
« oui
»
à
retardement.
Le temps de
Dieu n’est pas
le temps des
humains.
Finalement, la
troisième
est une sorte
de « non
»
amoureux
où Dieu
se dit qu’Il
pourrait avoir
une meilleure
solution que
celle
préconisée
dans le
libellé
même de
la demande.
C’est un clin
d’oeil du
Père
qui peut
être
compris dans
le contexte
d’une foi
authentiquement
vécue.
Nous omettons
souvent dans
nos demandes
l’ajout
suivant : mais
que cela soit
conforme
à ta
volonté!
Le
deuxième
type est la
prière
communautaire.
Déjà
Jésus
incitait les
siens en son
temps à
se
réunir
quelques-uns
ensemble pour
prier. Car,
disait-il,
«...
quand vous
êtes
deux ou trois
réunis
en mon nom, je
suis au milieu
de vous
». Plus
tard on
parlera de la
prière
liturgique de
la
communauté
assemblée.
C’est
l’expression
d’une foi
partagée
dans un
contexte
rituel
précis.
Le
troisième
type est la
prière
contemplative.
Ou, plus
brièvement,
la
méditation.
Une
prière
silencieuse
pour entrer en
contact avec
le «
Tout Autre
» qui
nous habite.
Il ne s’agit
pas ici de
parler
à Dieu
mais bien de
l’écouter
attentivement
pour qu’Il se
dise à
moi tel qu’Il
est. Trop
souvent on
parle de Dieu
à
travers des
images de Dieu
enregistrées
depuis la
petite enfance
selon
l’éducation
religieuse
reçue.
Des
idées
sur Dieu, il y
en a à
l’infini. En
définitive,
que peut-on
dire sur Celui
qui nous
échappe
au plan des
conceptions,
des notions et
de
l’imaginaire?
Caractérisons
particulièrement
ce
troisième
type de
prière.
(À
suivre le mois
prochain).
Yvon R.
Théroux
yvonrtheroux@hotmail.com
Le 20e
anniversaire
de
Méditation
chrétienne
du
Québec
2
Le 20e
anniversaire
de
Méditation
chrétienne
du
Québec
et des
régions
francophones
du Canada (www.meditationchretienne.ca) est
toujours en
cours. Il en
va de
même
aussi pour le
le 20e
anniversaire
de la
Communauté
mondiale de
méditation
chrétienne
(www.wccm.org).
Prendre
le temps de
réfléchir
à la
distance
parcourue sur
ce chemin de
pèlerinage
intérieur,
pour un
individu ou un
organisme,
c’est une
nécessité
vitale qui
oblige
à
considérer
les raisons et
motivations
profondes qui
ont fait
jaillir ce
choix
librement
consenti dans
la vie, dans
ma vie. Je
dois toucher
aux racines de
ma croissance
spirituelle.
Pourquoi
méditer?
Au
début,
il y a, bien
sûr,
l’enthousiasme
inhérent
à la
nouveauté.
Je plonge
facilement
dans
l’écriture
de
scénarios
où je
me projette
dans une
nouvelle phase
de ma vie. Un
commencement,
ou un
recommencement,
avec les
meilleures
intentions au
monde. Enfin
quelque chose
de facile,
à ma
portée.
Le contact
avec une
communauté
de
méditation
me confirme
dans mon
choix, me
stimule et
m’encourage
à aller
de l’avant. Je
constate que
je ne suis pas
seul (e).
J’effleure
cette
solidarité,
indispensable
au plan
humain. Tout
va bien, tout
roule dans
l’huile et
j’en suis
même
personnellement
surpris.
Tout
commence dans
la vraie vie
par
l’extérieur.
Et tant que je
n’intègre
pas
intérieurement
une nouvelle
expérience,
elle peut
s’additionner
aux mille et
une autres qui
ont
précédé,
sans plus.
Intérioriser
signifie avoir
un regard
juste et
réaliste
sur ce que je
vis. Au seul
plan humain,
toute
croissance
passe
inévitablement
par des
crises,
c’est-à-dire
de profondes
remises en
question, des
doutes qui
interpellent,
qui
déstabilisent,
qui me sortent
de ma zone de
confort. Quand
ce processus
de croissance
se met en
branle, il est
beaucoup plus
facile de tout
lâcher,
de tout
abandonner...voire
même
laisser tomber
une occasion
ultime de
changer en
profondeur
avec ce que
cela exige
d’efforts, de
ténacité
et de
persévérance!
Au plan
spirituel,
c’est la
même
réalité
qui me
rattrape.
Pourquoi
en serait-il
autrement? La
spiritualité
s’incarne dans
un être
de chair et
d’esprit. Il
faut convenir
que la
méditation
- qu’elle soit
dans le sillon
de John Main,
bénédictin,
ou autre -
surprend par
sa grande
simplicité.
C’est ce qui
la rend
séduisante
pour
plusieurs.
Mais on oublie
trop vite
qu’elle est
une discipline
à
acquérir
au fil des
jours, des
mois, des
années,
et cela est
très
exigeant. Des
occasions pour
éviter
ou ne pas
faire
pullulent
à
l’infini.
S’asseoir et
se faire le
cadeau de
méditer
pendant vingt
minutes matin
et soir pour
se
réconcilier
avec
soi-même,
avec les
autres et le
Tout-Autre est
une
démarche
qui ne va
jamais de soi.
Dans ma
vie
quotidienne,
ma
réalité
biologique
n’exige-t-elle
pas de manger,
boire, dormir,
bouger et quoi
encore? Au
moins
minimalement.
Ma vie
spirituelle,
pourquoi
serait-elle
sans exigence
aucune,
à
« la va
comme je te
pousse
»? Le
parent «
pauvre »
de ma vie
globale? Pense
un instant que
si tu
découvrais,
par hasard, un
trésor
inestimable
dans un
terrain vague,
au surplus
fiché
d’une pancarte
«
à
vendre
», ne
ferais-tu pas
tout ce qui
est possible
pour trouver
des solutions
en vue
d’acquérir
ce terrain? Je
ne fais que
reprendre ici
une parabole
de
Jésus
dans les
Évangiles!
Notre vie
spirituelle a
un besoin
impératif
d’être
nourrie
judicieusement,
adéquatement.
Tout comme
notre vie
biologique,
relationnelle,
intellectuelle.
Alors pourquoi
hésiter
à se
faire du bien,
à faire
le bien envers
soi, envers
les autres?
Car
méditer
transforme
même et
surtout
à mon
insu, pour le
bien global de
ce que je suis
et ce que je
deviens, pour
moi et pour
les autres.
Pour renforcer
ce lien avec
la Source de
ce que je suis
essentiellement.
Yvon R.
Théroux
yvonrtheroux@hotmail.com
Le 20e
anniversaire
de
Méditation
chrétienne
du
Québec
et des
régions
francophones
du Canada (www.meditationchretienne.ca).
Aussi
le 20e
anniversaire
de la
Communauté
mondiale de
méditation
chrétienne
(www.wccm.org).
C’est un temps
de bilan et de
prospective.
De
réjouissance
de toutes les
réalisations
accomplies et
de prospective
pour stimuler
la croissance
à
venir. De
souvenir
inspirant :
tout a
commencé
ici à
Montréal,
au
Québec.
Quand Mgr
Crowley a
demandé
à John
Main,
bénédictin,
de venir
fonder un
prieuré
à
Montréal
pour y
enseigner la
méditation
chrétienne,
ce fut le
début
d’une aventure
sous la
mouvance de
l’Esprit. De
1977 à
1982 (John
Main osb
décède
le 30
décembre
1982 à
l’âge de
56 ans), c’est
bien ici que
la semence a
été
mise en terre.
Johm Main,
Irlandais
catholique
d’origine, de
culture
anglo-saxonne
s’adressait
à
toutes et tous
sur l’avenue
des Pins. Pas
de
barrière
linguistique
en
méditation.
Sa
simplicité
recherche et
va à
l’essentiel.
La
méditation
ou
prière
contemplative
est une
pratique qui
s’apprend en
l’actualisant
(learning by
doing it).
Simple, oui,
mais en
même
temps
exigeante. Non
élitiste,
elle s’adresse
à toute
personne
attirée
par le silence
et
l’attention.
C’est une
discipline, au
sens grec de
«
paideia
»,
éducation,
auto-éducation
pour grandir
intérieurement.
Rien de
contraignant,
Il faut
progressivement
intégrer,
comme une
seconde
nature, cette
décision
quotidienne de
se faire le
cadeau
personnel de
fuir bruit,
occupation et
préoccupation
pour renouer
avec la
sérénité
existentielle,
la paix
intérieure,
vingt minutes
le matin et
vingt minutes
en fin de
journée.
Mais courage
et
persévérance
sont des
tremplins
incontournables.
L’image la
mieux
adaptée
à la
méditante
et au
méditant
est celle
souvent mise
en relief par
Paul dans ses
Lettres :
l’image
privilégiée
de
l’athlète.
L’effort
soutenu et
continu. La
détermination
à se
vaincre
soi-même
d’abord. La
volonté
de se
surpasser pour
extirper le
meilleur de
soi. Pour se
réaliser
pleinement et
en harmonie
avec ses
meilleures
inspirations.
Mais
contrairement
à
l’athlète,
il y a une
liberté
d’accomplissement
sans
concurrence,
les personnes
méditantes
ne se laissent
pas tenter par
la
performance.
On est
toujours une
débutante
ou un
débutant
en
méditation.
Le plus
heureux aussi,
c’est
d’apprendre
à ne
pas se juger
soi-même
d’une
période
de
méditation
à une
autre. Pas
plus que de
juger de la
qualité
de sa
méditation.
Parfois, il
nous semble
que cela est
plus facile,
que ça
coule de
source.
D’autres fois,
c’est plus
difficile. Se
libérer
des diverses
sources de
distraction
n’est jamais
une
sinécure.
C’est l’effort
déployé
intérieurement.
Mes amis
musulmans
soufis
évoquent
régulièrement
que mille
voiles nous
séparent
de la vision
béatifique
du
Très-Haut.
L’acte de
méditation
lève un
à un
chacun de ces
voiles : la
lumière
émerge,
écartant
la part
d’ombre qui
marque chacune
de nos
existences. Je
vous invite
à
consulter les
sites web
inscrits au
tout
début.
N’hésitez
jamais
à vous
faire du bien!
«
Père du
ciel ouvre mon
coeur à
la
présence
silencieuse de
l’Esprit de
ton Fils.
Conduis-moi
dans ce
mystérieux
silence
où ton
amour est
révélé
à
toutes celles
et à
tous ceux qui
appellent
‘Viens,
Seigneur!’,
‘Maranatha’.
John Main,
bénédictin.
Yvon R.
Théroux
yvonrtheroux@hotmail.com
« Se
diviniser
» :
qu’est-ce
à dire
pour
l’être
humain?
(Troisième
partie de
trois)
Saint Basile (v. 330-379), moine et
évêque
de
Césarée
en Cappadoce,
docteur de
l'Église
/
Homélie
14, sur
l'amour des
pauvres,
§ 23-25 ;
PG 35,887
(trad.
Solesmes,
Lectionnaire,
t. 2, p. 161
rev.)
« Celui qui est digne de confiance dans une
petite affaire
est digne de
confiance
aussi dans une
grande »
« Tu dois savoir d'où vient pour toi
l'existence,
le souffle,
l'intelligence
et ce qu'il y
a de plus
précieux,
la
connaissance
de Dieu,
d'où
vient
l'espérance
du Royaume de
cieux et celle
de contempler
la gloire que
tu vois
aujourd'hui de
manière
obscure, comme
dans un
miroir, mais
que tu verras
demain dans
toute sa
pureté
et son
éclat
(1Co 13,12).
D'où
vient que tu
sois fils de
Dieu,
héritier
avec le Christ
(Rm 8,16-17)
et, j'oserai
dire, que tu
sois
toi-même
un dieu ?
D'où
vient tout
cela et par
qui ?
Ou encore, pour parler de choses moins importantes,
celles qui se
voient : qui
t'a
donné
de voir la
beauté
du ciel, la
course du
soleil, le
cycle de la
lune, les
étoiles
innombrables
et, en tout
cela,
l'harmonie et
l'ordre qui
les conduisent
?... Qui t'a
donné
la pluie,
l'agriculture,
les aliments,
les arts, les
lois, la
cité,
une vie
civilisée,
des relations
familières
avec tes
semblables ?
N'est-ce pas de Celui qui, avant toute chose et en
retour de tous
ses dons, te
demande
d'aimer les
hommes ?...
Alors que lui,
notre Dieu et
notre
Seigneur, n'a
pas honte
d'être
appelé
notre
Père,
allons-nous
renier nos
frères
? Non, mes
frères
et mes amis,
ne soyons pas
des
gérants
malhonnêtes
des biens qui
nous sont
confiés
».
« Soyez parfaits comme Dieu votre Père
l’est »
: n’est-ce pas
là une
invitation
directe pour
diviniser
l’humain en le
rendant
semblable
à Celui
qui habite au
tréfonds
de
l’être
essentiel de
chaque
personne ? La
méditation
est cette
rencontre,
dans le
silence, de
l’humain avec
le «
Tout Autre
» :
maranatha,
« Viens
Seigneur
»
puisque je
m’approche de
toi pour notre
rencontre. Je
veux
t’écouter
car Tu te dis
tel que tu es
et cela me
libère
de toutes mes
conceptions
reçues
par
l’éducation
et la culture,
depuis mon
enfance
jusqu’à
maintenant.
Les images de Dieu ne sont pas Dieu. Et tes
témoins
privilégiés,
celles et ceux
qui Te
ressemblent
à ne
pas s’y
confondre,
sont celles et
ceux qui,
librement,
intelligemment
et dans la foi
donnent le
meilleur qui
les habite,
tournés
vers les
autres pour
leur venir en
aide. Et ton
Fils, lors de
son passage en
cette
existence
terrestre,
n’a-t-il pas
révélé
ta vraie
nature quand
il accueillait
inconditionnellement
toutes et tous
? Exprimait
son souci de
justice,
d’équité
et de
solidarité
? Exprimait
amour et
tendresse.
Pardonnait
sans retenu,
témoignant
de ta
miséricorde
infinie ? La
force
intrinsèque
de la
méditation
: se situer au
centre,
là
où
notre nature
humaine peut
devenir divine
et
réaliser
l’équilibre
entre le
visible et
l’invisible,
entre le
terrestre et
le
céleste.
C’est comme
déjà
goûter
aux
délices
de ce à
quoi aspire le
plus l’humain
quand il se
transcende
lui-même.
Yvon R. Théroux
yvonrtheroux@hotmail.com
«
Se diviniser
» :
qu’est-ce
à dire
pour
l’être
humain?
C’est opter « en pleine conscience »
pour «
Être
plus »
selon le mot
même de
Pierre
Teilhard de
Chardin. Ce
n’est donc pas
l’ajout d’un
simple vernis
de finition
sur la
réalité
humaine. Ce
n’est pas non
plus un
gargarisme
langagier pour
dessiner un
idéal
abstrait. Ce
n’est pas non
plus une
composante
moderne d’un
rêve
idyllique.
Cette
aspiration
à
correspondre
au meilleur de
l’humain en se
réalisant
en
plénitude
se trouve
déjà
exprimée
dans des
prières
de religions
disparues.
«
Innocent devant
le grand Dieu
»
présente
des formules
tirées du
Livre des morts,
que le
défunt
devait prononcer
afin de
justifier son
existence
passée.
Texte selon le
papyrus du
Nu(1).
Égypte.
«
Je n’ai pas
commis
l’iniquité
contre les
hommes.
Je
n’ai pas
maltraité
les
gens.
Je
n’ai pas commis
de
péchés
dans la Place de
Vérité.
(...)
Je n’ai pas
appauvri le
pauvre.
(...)
Je suis pur, je
suis pur, je
suis pur, je
suis pur!...
Gâthâ
dit « Les
questions au
Seigneur (Ahura
Mâzdâ)
» Iran
«...
Voici ce que je
te demande,
Seigneur -
réponds-moi
bien
:
Pour
que je fasse ma
sagesse de ton
enseignement,
ô
Sage,
Et
des paroles que
j’aurai obtenues
de la Bonne
Pensée,
Et
que je sache ce
qui, dans
l’existence, est
conforme
à la
Justice,
De
quelle
façon mon
âme,
parvenue au
Bien,
sera-t-elle
ravie? (2)
L’homme
de la
Dévotion
est saint; par
l’Intelligence,
par les
paroles,
par
l’action, par la
conscience, il
accroît la
Justice;(3)
À
Zeus, toi qui
connais nos
coeurs
(Grèce
Antique)
«
Grand Zeus! Tu
me surprends,
toi, le
maître des
choses!
Toi
qui connais nos
coeurs et
pénètre
les
causes,
Regardant
d’un même
œil nos vertus
et nos
crimes...(4)
La
relation entre
l’humain et le
divin met
souvent en
relief cette
capacité
unique pour les
femmes et les
hommes de penser
et d’agir en
conformité
avec ce qui
agrée
davantage aux
déesses
ou aux dieux.
S’approcher
ainsi du divin,
c’est - à
ne pas s’y
confondre -
devenir tel, non
par simple
imitation mais
en puisant en
soi ce qui est
plus qu’humain.
En guise
d’exemple, dans
de nombreuses
traditions
spirituelles et
religieuses, le
seul effort de
pardonner semble
tout à
fait impossible
pour l’humain.
Pardonner
demande un
état
d’esprit qui
transgresse
toute
idée de
vengeance, de
ressentiment, de
colère.
En cela,
pardonner ne
peut pas
seulement
relever de la
volonté
humaine
première.
Pardonner ne
serait-il pas
une forme
concrète
de «
divinisation
» de
l’humain. Se
pardonner,
pardonner
à autrui
est une vertu
divine
incarnée
en l’humain.
On
peut comprendre
que diviniser
l’humain ne
correspond
nullement
à se
prendre pour un
dieu ou pour
Dieu, ou encore
s’élever
au-delà
de notre nature
et de notre
condition
humaine. Au
contraire, c’est
l’assumer dans
ce qu’il y a de
plus lumineux,
de plus noble,
de plus vrai, de
plus beau et de
meilleur.
Méditons
sur cette
réalité.
Les
conséquences
ne seraient que
bénéfiques
et salutaires et
pour l’humain et
pour l’univers
qui constitue
son écrin
vital
privilégié.
(1)CHALIAND,
Gérard,
Les Voix du
sacré.
Les plus beaux
textes des
religions
disparues,
Paris, Robert
Laffont, 1992,
p. 69.
(2)(3)
Idem, p. 85 et
89.
(4)
Idem, p. 116.
Yvon R.
Théroux
yvonrtheroux@hotmail.com
Et si l’humain
se divinisait quelque
peu, qu’arriverait-il?
Selon un dicton commun,
les années se
succèdent et ne se
ressemblent pas. Au niveau
des
événements
produits par les humains,
cela se défend, du
moins en apparence. Quand
à la nature
cosmique qui l’environne,
elle connaît des
cycles
répétitifs :
saisons des moussons, des
typhons, des tornades, des
pluies, de la
sécheresse, de la
neige et du soleil.
À bien regarder
l’espèce humaine,
on croit, bien sûr,
qu’elle évolue,
lentement mais
sûrement. Les
références
sont des paramètres
extérieurs. Comme
l’humain nous semble
défini selon ces
mêmes
paramètres une fois
pour toute, il va de soi
qu’on n’attend pas de
métamorphoses
subites et encore moins
une révolution.
La preuve en est que des
expressions, nombreuses et
banales résument
l’état d’esprit
d’une conception
généralisée
de l’être humain.
« Qu’est-ce que tu
veux, c’est bien humain...
». «
Après tout, c’est
un homme... ».
« On ne refera pas
l’espèce humaine
». « L’homme
est un loup pour l’homme
». « L’erreur
est humaine » etc.
Parler ainsi de
l’être humain
évoque sans nul
doute sa partie animale,
tant d’un point de vue
biologique que
psychologique. On pourrait
alors signaler tout ce qui
relève de
l’instinct, des
réflexes
inhérents à
son côté
animal, de l’irrationnel
qui, parfois, annule sa
capacité de
réflexion et inhibe
ses facultés
intellectuelles.
D’où tiendrait-il
alors sa
supériorité
par rapport aux autres
espèces vivantes,
nommément animales?
Son langage? La plupart
des espèces
animales ont des codes de
communication et des
langages tant gestuels que
non verbaux. Son
intelligence
caractérisée
et ses nombreuses
capacités
d’inventer, d’imaginer. On
pourrait s’approcher peu
à peu d’une
série de
critères qui
pourrait effectivement
reconnaître l’animal
humain comme non seulement
différent des
autres espèces
animales mais en un
certain sens doué
de capacités
supérieures qu’il a
le fardeau de rendre
opérationnelles. Au
strict plan
matériel on doit
accepter, qu’en
pourcentage, la
différence entre
l’humain et certains
singes
évolués, le
chimpanzé par
exemple, ne totalise que
1%. La frontière
est mince!
Mais voilà,
l’humain est un sujet
éthique qui a
conscience des
réalités de
ce monde et qui peut
prendre position tout en
débattant des
enjeux afin de
répondre aux
défis de l’heure.
L’humain peut être
« spirituel »
: en bref, cela signifie
qu’il peut intervenir au
nom d’une cause à
défendre qu’elle
soit politique, sociale,
relevant de la justice ou
de la non violence. Il
s’agit de l’expression
d’un humanisme, d’une
solidarité qui
transcende son seul ego
pour s’ouvrir aux autres.
Les registres d’expression
sont nombreux : toutes les
formes d’art, les
affirmations culturelles,
les résultats des
sciences etc. Le «
spirituel » peut
aussi prendre une
connotation «
religieuse » en
référence
à un Absolu qui
transcende toute la
Réalité.
Chez certains penseurs de
diverses traditions
religieuses
d’obédience
chrétienne, par
exemple, revient souvent
l’idée et l’image
que Dieu s’est fait homme
pour que l’homme se
divinise. C’est
simultanément une
incitation, une
invitation, voire
même une convocation
à s’élever
bien au-delà non
seulement de son
animalité, primaire
et grégaire, mais
de s’affranchir de toutes
ces conceptions
limitatives, coercitives
et grossières de
l’humain.
Parfois on s’étonne
- et c’est là une
douce consolation - des
merveilles produites par
l’humain en divers
secteurs
d’activités : la
musique, l’architecture,
la peinture etc. On parle
du génie humain.
C’est peut-être
là une limite
où s’établit
de façon plus
manifeste et transparente
la frange divine de
l’humain. Personne, mais
personne ne résiste
au Vrai, au Bien, au Beau.
Faire de manière
extraordinaire les choses
ordinaires de la vie
courante est à la
portée de tous les
humains de partout et de
tous les temps. Et faire
un petit pas en cette
direction durant
l’année 2011
témoignerait
peut-être de cette
capacité pour
l’humain de se diviniser
sans aucune
prétention mais
avec la volonté
d’une transformation
profonde, possible et
réelle, d’une
conversion qui
inévitablement fera
vivre un bonheur
renouvelé,
provoquera le sentiment
qu’être pleinement
humain ne peut être
étranger à
cette capacité de
se diviniser.
Bonne route en 2011.
Yvon R. Théroux
yvonrtheroux@hotmail.com
Une
communauté
de
méditation
chrétienne
de l’avenir
La
réflexion
que je veux
partager avec
vous toutes et
tous se dessine
à
l’horizon du
20ème
anniversaire de
fondation de
Méditation
chrétienne
du Québec
(MCQ) et des
régions
francophones du
Canada (RFC) en
2011. Il s’agit
de construire,
de recontacter
le « feu
sacré
» qui a
animé,
dès les
débuts,
Michèle
Dubuc, Monique
Piché et
finalement
Michel Boyer
ofm. C’est
trop courant,
trop facile de
s’asseoir sur
les acquis. Les
habitudes se
durcissent
rapidement.
Chaque
communauté
de
méditation
chrétienne
du Québec
et du Canada
francophone doit
se poser des
questions
viscérales
pour
répondre
maintenant
à cette
soif
grandissante de
chercheurs de
Dieu, femmes et
hommes de toutes
les
générations.
1-
Suis-je une
personne qui
consomme de la
méditation
comme d’autres
consomment
d’autres
produits issus
de la religion,
de la culture?
Consommer veut
limitativement
dire ici venir
chercher un
certain confort
(ou
réconfort)
auprès de
personnes que
j’aime bien
socialement et
qui me le
rendent
plutôt
bien. Ce type de
consommation
peut aller
jusqu’à
développer
une certaine
dépendance.
Le groupe se
ferme
progressivement
sur
lui-même
(tout en niant
cette tendance)
et toute
nouvelle
personne
arrivante risque
de
déranger
un peu. La
nouvelle
personne a
besoin
impérativement
de s’adapter
à notre
groupe
rapidement. Et
non l’inverse.
Tout cela se
sent. Car ce
sont les
attitudes qui
expriment la
vérité
des êtres,
des groupes, des
communautés.
Imaginez un seul
instant un
Jésus
intéressé
exclusivement
par les membres
de son peuple
(Israël),
fermé aux
autres,
satisfait des
résultats
remportés
dans les
diverses
provinces autour
de la capitale
Jérusalem.
Le christianisme
de serait jamais
né! Pour
qu’il y ait
naissance, il
faut une
promesse
d’avenir ouverte
à toutes
les personnes
concernées
et de bonne
volonté.
2-
Le facteur de
vieillissement
des
communautés
de
méditation
laisse croire
parfois que cela
va
s’éteindre
avec la
génération
de
fréquentation
actuelle.
Absence de souci
des
générations
montantes?
Fait-on «
sa petite
affaire »
tant que cela
marche? Pour
l’après,
on ne peut
guère
l’inventer.
Quelle
tristesse!
Former un
couple, quel
défi.
Former une
communauté
vivante, vivace
et vivifiante
pour
l’aujourd’hui
des femmes et
des hommes, quel
projet grandiose
et exigeant?
3-
Comment ma
communauté
réagit
quand l’une des
environs
s’éteint
faute de
relève,
de leadership
assumé et
partagé?
Trouver cela de
valeur n’arrange
rien. Le
leadership d’une
communauté
ne peut pas
reposer sur les
épaules
d’une seule
personne, sans
risque
d’extinction
éventuelle.
Le meilleur
leadership au
sein d’une
communauté
de
méditation
est celui qui
est
partagé
en fonction des
talents et des
charismes des
uns et des
autres. Et
personne n’est
totalement
dépourvu
de talents, dons
ou charismes!
4-
Quels sont les
liens dynamiques
et
complémentaires
qu’entretient ma
communauté
avec
l’accompagnatrice
ou
l’accompagnateur
régional
et
réciproquement?
Ou, à
défaut,
avec la
coordination
générale
de MCQ/RFC? Je
sais bien
qu’aucune
communauté
n’entretient
peur et
méfiance.
Mais la prudence
n’est pas
toujours ce que
l’on croit! Elle
peut même
s’avérer
un bon alibi. Si
on respecte et
on accepte
sincèrement
la
différence,
alors on
admettra que
toutes les
communautés
sont
différentes
dans leur nature
et semblables
dans leur
mission. Est-ce
que les
communautés
d’un même
territoire se
rendent visite
mutuellement?
S’entraident
réciproquement?
Organisent
ensemble une ou
l’autre
activité
pour se
ressourcer et
fraterniser? Une
communauté
n’appartient
à
personne en
particulier, ce
n’est pas une
propriété
dont je
revendique la
paternité
ou la
maternité.
5-
Tout devient
possible quand
on
fréquente
les
Écritures.
Par exemple, les
Actes des
Apôtres
inspirent le
sens à
donner à
une
communauté
(naissante ou
plus
expérimentée),
révèlent
les attitudes
gagnantes dans
l’évolution
de toute
communauté
(imaginez les
différences
profondes entre
celles
fondées
par Paul,
d’autres
fondées
par Pierre et
Jacques, entre
Juifs et Gentils
de pays aux
cultures si
dissemblables)!
6-
La lecture ou
relecture des
enseignements de
John Main osb et
de son
successeur
Laurence Freeman
osb pour
réactualiser
l’intuition
profonde qui a
présidé
à la mise
en place de la
prière
contemplative au
sein du
christianisme.
7-
Combien de fois
nous consultons
les principaux
sites web
reliant les
communautés
de
méditation
de toute la
planète?
8-
En conclusion,
revoyons ce que
nous
étions
à
l’âge de
vingt ans? Et,
avec
l’expérience
et la sagesse
acquises nos
deux ou trois
fois vingt ans
devraient
générer
suffisamment de
puissance et
d’attrait pour
donner des ailes
à chaque
communauté
de
méditation
chrétienne
du
Québec,
de l’Ontario, du
Nouveau-Brunswick,
du Manitoba et
d’ailleurs.
Bien
amicalement,
Yvon R.
Théroux
coanimateur de
la
communauté
de
méditation
chrétienne
Marie-Rivier
à
Mont-Saint-Hilaire.
Yvon
R.
Théroux,
bioéthicien,
religiologue,
théologien
yvonrtheroux@hotmail.com
Leadership
et communauté de
méditation1 -2
• L’envoi en
mission: Initiative de l’Esprit
« Or un jour, tandis qu’ils
célébraient le culte du
Seigneur et jeûnaient, l’Esprit
Saint dit: Mettez-moi donc à
part Barnabé et Saul en vue de
l'oeuvre à laquelle je les ai
appelés. » Actes 13,2. Il
est impératif de
réaliser en plénitude la
mission qui nous est confiée.
• Les personnes qui
animent une communauté de
méditation contribuent à
réaliser ici et maintenant le
Royaume de Dieu en renouvelant
l’Église, en réalisant
l’essentiel de « sa mission
».
• Conditions
gagnantes pour l’équipe
d’animation: les attitudes de
Jésus de son vivant :
1- Un coeur ouvert aux autres, quels
qu’ils soient (l’accueil chaleureux et
expressif est la clé de
voûte au sein d’une
communauté de
méditation).
Décentration du moi pour aller
vers autrui.
2- La transformation intérieure
opérée par la
méditation touche toute la
personne a) Dans son corps (gestes
d’accueil, sourire et rire, joie
expressive, détente); b) Dans
son coeur (compassion,
compréhension libre de tout
préjugé); c) Dans son
esprit (libéré-e de
toute peur, contrainte, fausse
appréhension); d) Dans son
âme (sentiment de paix,
d’équilibre, de joie profonde).
• Une
communauté de foi n’attend pas
d’être dirigée, mais
guidée dans le respect;
l’équipe d’animation n’est pas
au-dessus de la communauté mais
en son centre;
elle reflète les valeurs
évangéliques fortement
humaines et humainement spirituels.
• Le meilleur
leadership est un leadership
partagé en fonction des
charismes de chaque membre.
Sous la mouvance de l’Esprit, guider,
lever les obstacles, soutenir chaque
membre, créer une vraie
communauté en étant des
témoins vivants d’une vie
spirituelle inspirante, dans la
persévérance et la
patience aimante.
• Une équipe
ne se dissout pas à cause de
problèmes:
La colère envers les personnes
qui résistent au changement.
La frustration devant ce qui ne peut
être changé.
Le désappointement devant une
réalité prometteuse mais
finalement stérile.
Déception de gens à qui
on exprime sa tendresse et qui la
rejettent!
Les problèmes sont-ils des
épreuves pour l’être
spirituel ou des questions que Dieu
lui pose?
• Tout ce qu’une
équipe entreprend ne peut pas
toujours réussir MAIS elle ne
doit jamais cesser de revenir à
la charge car elle est appelée
à porter des fruits en
abondance d’une saison à
l’autre.
L’expérience de Paul nous
éclaire ici: « C’est
pourquoi je me complais dans les
faiblesses, dans les outrages, dans
les détresses, dans les
persécutions et les angoisses
endurées pour le Christ; car,
lorsque je suis faible, c’est alors
que je suis fort. » 2 Cor 12,10.
Enjeux et défis de fonder une
communauté de méditation
authentique.
Être vrai avec soi pour
l’être avec les autres.
Développer une pensée
proactive, positive, constructive.
Compter sur l’appui de Dieu pour
changer en nous ce qui doit
l’être, pour affronter des
personnes difficiles et des situations
tourmentantes.
Leçon de vie: Viktor Frankl.
• Un long
séjour dans un camp de
concentration l’a amené
à penser que tout est dans
l’attitude adoptée
vis-à-vis la vie. Il n’a jamais
douté un seul instant qu'il
allait un jour s’en sortir…et c’est ce
qui arriva dans les faits!
La désespérance ne
relève pas du christianisme.
• À quelles
conditions les communautés de
méditation peuvent être
ou devenir un « signe vivant
d’espérance » dans notre
monde actuel?
L’équipe est incontournable
• Faire couple n’est
point facile. Faire équipe est
encore plus difficile, plus exigeant,
mais cela est possible. Il faut relire
les Actes des Apôtres pour
observer comment les premières
communautés ont réussi
le pari de transmettre la Bonne
Nouvelle et de vivre en
ressuscité-e-s.
• La fin de cette
réflexion ouvre sur l’avenir.
Formons une petite équipe (2
personnes et plus), TRAÇONS
ensemble UN PROJET qui puisse
rassembler des femmes et des hommes
qui veulent grandir ensemble tant au
plan humain que spirituel.
Bonne route…
• Consultez le site
web: www.meditationchretienne.ca pour
la version intégrale du
diaporama, avec photos, à
l’onglet « Publications »,
rubrique « Documents divers
», dernier de la liste
intitulé Leadership et
communauté de méditation
/ Yvon R. Théroux, format PDF
(2,80 Mg).
* Texte tiré d’un diaporama
réalisé par l’auteur
- Tous droits
réservés.
Yvon R.
Théroux
yvonrtheroux@hotmail.com
Leadership et
communauté de méditation1
Quelles sont
les attitudes-clés de
l’exercice d’un leadership au sein
d’une communauté de
méditation?
•
Un premier
élément de réponse
dans l’épître de Jacques 3,
13-18 : La vraie et la fausse
sagesse - « Est-il
quelqu’un de sage et
d’expérimenté parmi
vous? Qu’il fasse voir par
une bonne conduite des actes empreints
de douceur et de sagesse. Si vous avez
au cœur, au contraire, une amère
jalousie et un esprit de chicane, ne
vous vantez pas, ne mentez pas contre la
vérité. Pareille sagesse
ne descend pas d’en haut: elle est
terrestre, animale, démoniaque.
Car, où il y a jalousie et
chicane, il y a désordre et
toutes sortes de mauvaises actions.
Tandis que la la sagesse d’en
haut est tout d’abord pure,
puis pacifique, indulgente,
bienveillante, pleine de compassion et
de bons fruits, sans partialité,
sans hypocrisie. Un fruit de justice est
semé dans la paix pour celles et
ceux qui produisent la paix.»
•
La question:
pourquoi je me retrouve dans une
équipe d’animation d’une
communauté de
méditation?
John Main et
Laurence Freeman enseignent souvent la
nécessité de laisser
« son image de
soi » loin en arrière.
Les personnes qui méditent
veulent être des témoins
vivants, vivaces et vivifiants d’une foi
vécue, incarnée et
enracinée dans l’engagement
gratuit envers les autres! Des personnes
qui ne sont pas là pour
elles-mêmes mais capables
d’accueillir toutes et tous SANS AUCUNE
FORME DE DISCRIMINATION.
Les
leaders authentiques pratiquent la
fonction de prophétesse ou de
prophète au sein de leur
communauté de méditation.
Écoutons Amos: « Je ne
suis pas prophète…je suis bouvier
et pinceur de sycomores. Mais
Yahvé m’a pris de derrière
le troupeau et Yahvé m’a dit:
« Va, prophétise
à mon peuple
Israël. » 7, 14-15
•
Amos,
Jérémie… Alain, Claudette,
Darquise, Diane, Emoke, Florence,
François, Geneviève,
Gisèle, Jean-Pierre, Johanne,
Laurence, Lise, Louis, Louise, Lysanne,
Madeleine, Marie-Thérèse,
Mariette, Martial, Michel,
Mylène, Paulette, Pierre,
Pierrette, Raymond, Robert, Roger,
Suzanne, Yvette, Yvon et tant d’autres… Jérémie:
« La
parole de Yahvé me fut
adressée en ces termes: Avant
même de te former au ventre
maternel, je t’ai connu; avant
même que tu sois sorti du sein, je
t’ai consacré comme
prophète des nations, je t’ai
établi. » Jr 1,4-5
De la
même manière, nous,
femmes et hommes de ce temps sommes
tous appelés à exercer
la fonction de prophétesse ou
de prophète et de leader au
sein d’une communauté de
méditation, comme nous pouvons
le faire dans les
réalités de ce monde.
La question
sous-jacente: êtes-vous
conscient-e que si vous êtes
là, c’est parce que Dieu vous y
a appelé-e?
•
Aimé-e-s
de Dieu, nous devons aimer à
notre tour comme le dit si bien
Jean: «Vous êtes mes
ami-e-s si vous faites ce que je vous
commande. Je ne vous appelle plus
serviteurs, car le serviteur ne sait pas
ce que fait son maître; mais je
vous appelle ami-e-s, parce que tout ce
que j’ai entendu de mon Père, je
vous l’ai fait connaître. Ce n’est
pas vous qui m’avez choisi; mais c’est
moi qui vous ai choisis et vous ai
établis pour que vous alliez et
portiez du fruit et que votre fruit
demeure, afin que tout ce que vous
demanderez au Père en mon nom, il
vous le donne. Ce que je vous commande,
c’est de vous aimer les uns les
autres ». Jn 15, 14-17.
•
Rappel:
attitudes-clés: 1- s’affranchir
de son image de soi; 2- nous sommes
appelé-e-s pour exercer ce
travail de leadership et accomplir la
fonction prophétique de notre
baptême; 3- aimé-e-s de
Dieu, à notre tour, et tout comme
Lui nous devons aimer sans aucune
condition.
Nous devons
aussi chercher et invoquer l’Esprit pour
nous guider, y compris au cœur de nos
activités car c’est l’Esprit qui
distribue dons, talents et charismes
pour que l’unité se
réalise dans la diversité.
1 Cor 12. (La suite au mois prochain)
Yvon R.
Théroux
yvonrtheroux@hotmail.com
Le
septembre festif : toutes les
activités humaines y sont
concernées. Quelle
révélation!
Quand on embrasse la vie dans toute sa
plénitude, on ne s’enfarge pas dans
de menus détails qui asphyxient,
démobilisent, démotivent. On
se dresse debout, à pleine
grandeur. On vit passionnément
l’instant présent qu’il soit
heureux ou éprouvant. Qu’il soit
hilarant ou démoralisant. Septembre
est un mois des bilans, le dernier mois du
troisième trimestre. L’agriculteur
fait le bilan de ses récoltes comme
d’autres font le bilan des vacances.
Positif ou négatif, un bilan n’est
toujours que sommaire et passager.
Incontournable, certes, pour apporter les
correctifs nécessaires et rebondir
à nouveau. Mais il n’est pas la
mesure absolue de toute une vie. C’est
pourquoi les activités humaines
diversifiées de septembre
permettent la réflexion qui suit.
La « Fête du travail »
permet à toutes et tous de se
réjouir durant une journée -
prolongeant ainsi une fin de semaine - de
cette activité primordiale du
gagne-pain. Le travail qui donne la
dignité aux femmes et aux hommes,
à des jeunes et à des
seniors. Travail qui permet de
réaliser « sa mission
», c’est-à-dire de mettre
à contribution talents et
savoir-faire. Fête qui laisse
à penser à celles et ceux
qui sont privés de ce lieu
d’épanouissement et d’altruisme
potentiel. Le travail partagé
permet des solidarités. La
simplicité volontaire engage
à partager plus de temps avec les
siens en délaissant une part de
profits plus gros qui risqueraient de
devenir problématiques et en
même temps en laisse à
d’autres, jeunes, débutants,
travailleurs recyclés dans un
nouveau domaine. Une fête bien
humaine.
Septembre, c’est aussi le mois des
fêtes juives, quasi exclusivement.
Juives et Juifs fêtent du 8 au soir
au vendredi 10 Roch Hachana, le premier de
l’An 5771. « D’autre part, cette
fête tombe au septième mois
de l’année hébraïque
selon le calendrier biblique. Ainsi,
l’origine de la fête de Rosh Hashana
se trouve dans la Bible (Lévitique
23, 23-25) »1. Puis la fête du
« Grand Pardon » les 17 et 18
septembre : « Le but de tout ce que
l'on fait à Yom Kippour
(jeûne, prières et autres)
est d'obtenir l'atonement, la
décision Divine de suspendre le
jugement pour nos mauvaises actions. Et
pour cela, il faut éprouver une
sincère repentance,
c'est-à-dire identifier ces
actions, les avouer et regretter ce que
l'on a fait. Il est évident qu'un
profond désir de ne pas retomber
dans ces mêmes erreurs doit
accompagner toute repentance »2.
Deux fêtes où se mêlent
la fibre humaine et des significations
religieuses.
Du 22 au soir au vendredi 1er octobre :
Souccot. La plus universelle des
fêtes juives. « Comme nombres
de fêtes juives, Souccot - cabanes
ou tentes en hébreu - a une origine
agricole. À l’époque
biblique, on construisait des cabanes dans
les vignes pendant les vendanges pour
protéger sa récolte durant
la nuit. Peu à peu, Souccot devint
une fête d’action de grâce
pour la récolte d’automne et
particulièrement les vendanges
comme il est écrit dans le livre du
Deutéronome : "Quant à la
fête des tentes, tu la
célébreras pendant sept
jours lorsque tu auras rentré tout
ce qui vient de ton aire et de ton
pressoir" (16, 13) »3. Relatons
aussi les fêtes suivantes : Chemini
Atseret : (hébreu: Yom hachemini
atseret « solennité de
clôture du huitième jour
») est une fête juive
prescrite par la Bible,
célébrée le
huitième jour à dater du
début de la fête de Souccot,
et marquant le début de la saison
des pluies en terre d'Israël. Bien
que fortement associée à
Souccot, elle n'en est pas moins
considérée comme une
fête indépendante de cette
dernière »4.
Sim’hat Torah : « Toute
l'année, le peuple juif souffre
pour la Torah, voire se bat pour elle. En
ce jour de Sim’hat Torah, il exprime sa
joie à son égard - non
seulement du fait que la Torah soit
réalité, mais encore, et
surtout, car il y est profondément
attaché, de par une appartenance
intime. Et en ce jour il ressent
carrément une joie de l'âme,
et ce, grâce à la Torah
»5.
Septembre enclenche les activités
nombreuses et diversifiées dans
tous les secteurs de la vie humaine.
Fêtes des récoltes, pardon,
reconnaissance : une « nouvelle
» année d’activités se
met en branle. On veut faire mieux
qu’hier. Mais cette farandole
d’engagements ne doit pas nous
éloigner de notre être
profond qui peut leur donner une
portée significative hautement
humaine et ultimement spirituelle. Sachons
garder des temps de silence pour nous. Ils
sont si révélateurs.
Précieux pour le corps, l’esprit,
le coeur et l’âme.
1 www.jerusalem-religions.net
2 www.harissa.com
3 et 4 www.wikipédia.org
5 www.lamed.fr
Yvon R. Théroux
yvonrtheroux@hotmail.com
Un
mois de transition, un tournant, une
charnière.
On
vient
tout juste de vivre des vacances,
seul, en couple ou en famille. Ce fut
un grand bienfait pour la
majorité d’entre nous. Cela a
permis de prendre des distances
bénéfiques par rapport
au quotidien, exigeant et souvent
répétitif, accaparant et
parfois préoccupant. La vie a
de ses surprises…une façon
originale, et parfois inédite,
de faire comprendre que seulement
penser pouvoir contrôler
sa vie – à divers degrés
- relève souvent d’une
illusion. Le mois d’août annonce
pour un grand nombre la fin de la
récréation et la
perspective du train-train quotidien.
Fin de la récréation,
disions-nous?
Dans
ce
mot clé il faut saisir le verbe
actif « recréer ».
Nous ne sommes plus les mêmes et
de subtiles transformations se sont
opérées. Car en
période de latence, la
réflexion se réalise plus
facilement. Les décisions se
prennent plus aisément. Plusieurs
ont même
déménagé le 1er
juillet et s’adaptent tranquillement
à un nouveau quartier, à
une nouvelle ville, voire même
à une nouvelle région.
Mais on se souvient, assurément
et non sans nostalgie, de moments
marquants vécus en
plénitude, seul(e), en couple ou
en famille. Les vacances qui font
franchir aux uns et aux autres une
nouvelle étape dans
l’année courante, dans leur
croissance humaine, et ce, au niveau de
diverses dimensions de leur être.
Un temps nécessaire de
répit, de remise en question,
d’élaboration de projets de
toutes sortes, de planification pour soi
et pour les enfants quand il y a lieu.
On
a passé du temps à la
campagne, en camping ou autrement. On a
fait des rencontres signifiantes. On a
goûté de plus près
la nature dans ses multiples
expressions. On s’est réjoui
ensemble autour d’un bivouac, on s’est
surpris à contempler un coucher
de soleil en silence. Bref, on a
touché à l’essence de
notre être que la vie ballotte
allégrement au gré des
vents de changements, de marées
basses ou hautes. Telle est la vie dans
son abondance et sa complétude.
Mais notre fragilité demeure
néanmoins. Déjà
interpellé par le retour au
quotidien qui risque trop souvent de
devenir banal et effacer l’élan
vital d’un nouveau départ
annoncé par la fin des vacances.
Tout s’oublie trop rapidement comme les
enfants qui grandissent si vite qu’on
néglige les repères
fondamentaux d’une relation vitale
parents-enfant(s).
Des
inquiétudes
montent devant les nombreux défis
afin de répondre à tous
les besoins de chacun(e) à l’aube
de la nouvelle année scolaire.
Surtout s’il s’agit d’un nouveau lieu
à fréquenter. L’inconnu
fait peur. Mais c’est aussi un carrefour
où il faut savoir puiser à
même nos « forces
intérieures », des «
forces vives » qui, seules,
permettent d’avancer positivement et
constructivement en avant dans la
« vraie vie ». C’est
l’aventure « spirituelle »
de tout être humain. Comprenons
que le qualifiant « spirituel
» indique simplement ce qui
relève de l’esprit humain. Il
sert aussi à décrire tous
les efforts faits pour répondre
personnellement et intérieurement
aux éternelles questions de
l’humain : pourquoi je suis là,
je vis, je vis telle
réalité ici et maintenant,
je souffre, je fais l’expérience
opposée et contradictoire du bien
et du mal qui coexistent, je perds des
êtres chers, etc.
C’est
le
seuil d’une réflexion qui se
tisse à même ma croissance
à tous les niveaux. J’apprivoise
tranquillement la
nécessité vitale de
contacter une vie intérieure qui
m’habite et dont je ne soupçonne
pas tout le potentiel! Mon comportement
psychologique, ma vie psychique font
intégralement partie de ma
« vie intérieure »
tout comme mes catégories
mentales propres, mon jugement moral.
Mais il a cette synapse qui unit tout et
me révèle mon
caractère unique et ma
personnalité spécifique au
sein de cet univers dont je suis partie
prenante. Je touche alors à la
fibre qui m’élève comme
« être spirituel en
plénitude ».
Je
puis alors méditer sur ce «
mystère » que je suis
à moi-même et pour les
autres et qui ne sera jamais
épuisé à travers
les multiples relations dans toute mon
existence. Pour cela, il me faut
accéder à mon «
jardin intérieur ». Prends
le temps d’y entrer. Tu verras,
ça en vaut l’effort et l’audace.
Ce site web - www.nidraj.ca
- peut t’y aider.
Yvon
R.
Théroux
yvonrtheroux@hotmail.com
La pauvreté de la méditation
Un interlocuteur me disait récemment que la
méditation était « tendance
». Une expression pour expliquer l’engouement
actuel des personnes de notre temps pour la
méditation, qu’elle soit
séculière ou pratiquée dans le
cadre d’une tradition religieuse. Cela ne
m’étonne guère car il en est de plus en
plus question dans les milieux scientifiques. On
mesure l’impact de la méditation sur la
santé globale. La quatrième
émission radiophonique de la série
« Vivre autrement », entièrement
consacrée à la méditation, laisse
la parole à des scientifiques reconnus et
d’autant plus crédibles. On traite
nommément des fruits de cette pratique et
quelques témoignages de méditantes et de
méditants corroborent les avancées de
l’investigation scientifique.
Alors plusieurs personnes décident de
s’inscrire à des cours de méditation
offerts par des particuliers, des institutions ou
même encore par le volet des activités
culturelles d’une municipalité (comme à
Saint-Basile-le-Grand sur la rive-sud de
Montréal). Cette pratique peut se confondre
avec une prescription médicale où les
résultats devraient venir assez rapidement et
contribuer soit à la guérison ou,
à tout le moins, à une
amélioration sensible de l’état de
santé. Et tout cela va bon train. Une vogue?
La méditation, pratique séculaire au
sein de traditions religieuses occidentales et
orientales ou de sagesses de l’Extrême-Orient,
permet peut-être de cerner certains aspects de
façon première. Certaines d’entre elles
se fondent essentiellement sur la pratique
méditative - rappelons-le- comme l’hindouisme
(le yoga indien), le bouddhisme, le taoïsme (yoga
chinois) via la respiration embryonnaire pour ne citer
que celles-ci. Assis-toi et médite. Car c’est
en pratiquant celle-ci qu’on apprend (learning by
doing it). Quelques techniques de base, postures et
respiration, qui, bien intégrées,
permettent de passer au coeur même de cette
activité. À trop insister sur l’approche
physique et psychologique, on risque d’en oublier la
portée spirituelle. Et cette portée vaut
aussi pour les approches séculières!
Mais il y a des attitudes classiques, longuement
éprouvées, qui président à
toutes les formes de méditation.
On ne doit pas se fixer des objectifs ou exprimer des
attentes spécifiques. Il s’agit d’un abandon
tout à fait gratuit aux forces vives. Nous, les
Occidentaux en général, sommes
habitués à payer et à obtenir en
retour : biens de consommation, services,
privilèges etc. De plus, les résultats
devraient venir selon un échéancier
prédictif, efficace et efficient. Or la
condition préliminaire exigible est la
persévérance. Mais d’un type particulier
: elle échappe en partie à l’espace
temporel qui constitue, chez l’humain, une limite
incontournable. Au surplus, il faut constamment se
remémorer le fait suivant : dans la pratique
méditative nous sommes toujours des
débutantes et des débutants.
Analogiquement, cela correspond à une sorte d’
« éternel recommencement ». Il n’y
a pas de place, mais aucune, pour la vantardise. C’est
plutôt l’humilité comprise dans son sens
fort et inspirant :
« L’humilité n’est pas le mépris
de soi, ou c’est un mépris sans méprise.
Elle n’est pas ignorance de ce qu’on est, mais
plutôt connaissance, ou reconnaissance, de tout
ce qu’on n’est pas 1. »
Dénudée, simple et humble, voilà
bien la méditation. Elle porte l’étoffe
de la pauvreté. Et plusieurs l’abandonnent
plutôt rapidement après quelques temps
d’essai. Car il s’agit principalement de devenir libre
et libérée des occupations et
préoccupations qui forment le menu de notre
quotidien. Et, pour ce faire, on développe, en
sens inverse, des aptitudes à l’attention,
à l’écoute, au silence pour mieux
s’unifier, pour réaliser l’unité
intérieure tout à l’opposé de la
dispersion mentale. On s’habilite progressivement, et
fort lentement, à sortir de la farandole des
distractions multiformes. Conscient qu’on ne peut pas
arrêter le flux des pensées pas plus
qu’on peut arrêter les battements cardiaques.
Mais les moyens simples de la méditation, en
l’occurrence revenir au mantra, nous sculptent presque
qu’à notre insu. Celles et ceux qui
goûtent la « pauvreté » de la
méditation en sortent enrichis. La
période estivale ne serait-elle pas un moment
opportun pour commencer à méditer?
Les vacances fournissent tout naturellement
l’immobilité extérieure propice à
la méditation. L’immobilité
intérieure, en contactant le silence
déjà là en moi, me permettra de
faire une expérience hautement spirituelle si
je demeure moi-même « pauvre en esprit
».
1 Comte-Sponville, André, Petit traité
des grandes vertus, Paris, P.U.F., 1998, p. 187
Yvon R. THÉROUX
yvonrtheroux@hotmail.com
Un lien de parenté entre méditation et
résurrection?
Une période du mazdéisme (ancienne religion
perse), le judaïsme, le christianisme, l’islam
postulent la « résurrection ». Mal
comprise, l’idée de « résurrection
» laisse planer exclusivement un état
d’être à venir, une action qui
précéderait un ‘Jugement dernier’. Ce serait
donc une réalité qui échappe totalement
au commun des mortels en cette vie ici-bas.
Pourtant, la méditation veut, dès maintenant,
présider à la seconde naissance (lire M.
Zundel) de chaque être humain ici et maintenant.
Expression d’une liberté consentie, « se lever
une nouvelle fois », bref la résurrection, est
aussi une réalité du présent. Marc
(1,15) nous dit que le « Royaume est
déjà là parmi nous ». Alors, et
dans ce sens, il nous faut proclamer que la Vie est
belle pour les ressuscité-e-s dès maintenant!
Le monothéisme mazdéen : « Dans les
Gâtha, recueil essentiel de l'Avesta -où
Zoroastre s’exprime- est affirmée
l'immortalité de l'âme, une immortalité
qui n'a rien à voir avec la géhenne ou
shéol judaïque, celui-ci étant similaire
au séjour des morts décrit dans les textes
akkadiens (voyage d'Ishtar aux enfers). Dans l'eschatologie
avestique, les âmes immortelles, après un
passage discriminatoire, le pont Cinvat, qui correspond au
jugement, seront dirigées vers l'enfer, le purgatoire
ou le paradis (paradis vient du mot " paradesa ", qui veut
dire " jardin " en vieux persan), séjour des
bienheureux. La résurrection des corps est
également promise à la fin des temps dans un
monde délivré du mal. » Élisabeth
Marescot dans
http://www.culture-arabe.irisnet.be/zoroastre.htm
Le judaïsme : Lors des funérailles, l'espoir
dans la résurrection est inclus dans une
prière pour la rédemption du peuple tout
entier. « Comme le dit Nahmanide (XIIIe
s.), ce n’est pas la résurrection elle-même
mais la croyance en la résurrection qui se trouve
mise en cause par la crémation, du fait que l’on
n’accorde plus aucun égard au corps. » Il
écrit : « Rien n’empêche, le Saint
béni soit-Il, de réunir toutes les parties
disséminées d’un corps ou de destiner à
la résurrection tous les martyrs qui ont péri
par le feu. Il n’en demeure pas moins que tout ce qui est
dit dans la Loi est destiné à conforter la
croyance en la résurrection des morts, c’est pourquoi
on ne doit pas porter atteinte à la dépouille
» (Chaâr ha-Guemoul). » rabbin Rivon
Krygier « L’angoisse de l’après-mort
» dans
http://www.massorti.com/Cremation-et-Judaisme
Le christianisme : Le mot résurrection vient du latin
via le moyen français (resurrectiun, première
moitié du XIIe siècle), formé sur le
supin resurrectum de resurgere, littér. se lever une
nouvelle fois. Avec une majuscule, Résurrection
désigne le passage physique de Jésus-Christ de
la mort, suite à sa crucifixion, à la vie
manifestée le matin de Pâques, « le
troisième jour, selon les Écritures
». Le christianisme se fonde sur la croyance que
Dieu nous a été révélé
par la personne ou l'histoire de Jésus Christ. Le
sommet de cette automanifestation, selon la constitution
dogmatique Vatican II sur la révélation (Dei
verbum, 4) a atteint son sommet avec la mort et la
résurrection glorieuse du Christ qui furent suivies
de l'envoi de l'Esprit Saint. La résurrection de
Jésus crucifié est l'acte décisif qui
non seulement a révélé Dieu en trois
personnes de façon définitive et
insurpassable, mais aussi inauguré la fin de
l'histoire et la plénitude du Salut. La
résurrection ne doit pas être confondue avec la
simple réanimation physique comme le propose le texte
biblique de la fille de Jaïre (2 Marc 7). Elle doit
être comprise comme une anticipation de la
résurrection générale et glorieuse,
telle que la littérature apocalyptique l'attend
à la fin de l'histoire. Passage tiré du site
de Wikipédia : http://fr.wikipedia.org, (taper
christianisme et résurrection).
L’islam : Le Jour Dernier ou Jour de la
Résurrection est le jour où les comptes seront
faits, où les récompenses seront
attribuées. On l'appelle ainsi car ca sera le tout
dernier Jour, où il n'y aura pas d'autres jours
après lui, où les gens du Paradis et de
l'Enfer gagneront leurs demeures. La Croyance au Jour
Dernier comprend trois points : la Résurrection, la
Rétribution et le Paradis et l'Enfer. Croire en la
Résurrection, qui sera le retour à la vie de
tous les morts, et cela au moment où l'on soufflera
pour la deuxième fois dans la Trompe. Les gens se
lèveront vers le Seigneur des Mondes, ils ne seront
ni vêtus, ni chaussés, leur nudité ne
sera pas cachée, et ils ne seront pas circoncis.
Allah, le Très-Haut dit : « Tout comme nous
avons commencé la première création,
ainsi nous la répèterons comme nous nous le
sommes promis, car certainement, nous sommes ceux qui
accomplissent. » Sourate 21. Les Prophètes
(Al-Anbiya).Verset 104. La Résurrection
est un événement fondé et prouvé
par le Coran, et la Sounna et le consensus des premiers
musulmans. Allah dit : « Ensuite, vous serez morts
après cela. Ensuite vous serez ressuscités le
Jour de la Résurrection. » Sourate 23. Les
croyants (Al-Muminune) verset 15-16.
La méditation amène à la contemplation
du Ressuscité qui agit en nous par l’Esprit. Faire
lever une nouvelle fois ce monde en se levant soi-même
une nouvelle fois pour rendre témoignage à la
Lumière (Jean). Transcender, dans la foi,
l’imaginaire apocalyptique.
Yvon R. Théroux
yvonrtheroux@hotmail.com
Méditer, c’est passer
du printemps de la vie à la vie du printemps!
Des
enfants, des adolescents, des adultes et des personnes
aînées méditent ici
et sur tous les continents. Certains objecteront qu’on
ne voit pas souvent ces personnes. Ces méditantes
et méditants ne sont
pas préoccupés par un intérêt
à exhiber ou à démontrer
publiquement cet espace d’intériorité
initié
par
la
prière
contemplative.
Ces
personnes
ont
quitté
l’esprit
du
monde
et
son
vernis
superficiel.
Elles
ont opté pour l’essentiel qui se traduit par
l’apprivoisement du silence, le recueillement
(unité du dedans), l’attention et
l’écoute. C’est l’éclosion du printemps
d’une vie, d’une vie nouvelle consentie librement.
Un
recommencement notable et important. C’est se situer
à la Source même qui peut tarir toute soif.
Une eau pure et vive qui n’étanche pas qu’une
soif passagère mais nourrit tout l’être et
le revitalise entièrement (La Samaritaine des
Évangiles : Jn 4, 5-42). La lumière
se fait plus proche et chaleureuse et devient
indispensable pour la croissance de tout le vivant.
Chaleur du cœur qui revigore et redonne des
ailes aux humains: courage, détermination,
volonté de grandir sont au rendez-vous
(Guérison de l’aveugle-né en
l’Évangile de Jean : Jn 9, 1-41). Les
parfums printaniers taquinent les narines. Tout se
renouvelle. Le grand ménage du printemps effacera
les dernières traces de l’hiver. Les torrents
s’écoulent dans un grondement de ténor,
les ruisseaux et les rivières courent comme de
folles gazelles. C’est partout les manifestations de la
vie qui pousse.
Les
méditantes et méditants ne sont pas des
personnes exceptionnelles, des athlètes de la
prière. Elles ont tout simplement résolu
de faire de manière extraordinaire les choses les
plus ordinaires. Centrées sur l’essentiel, sur le
moment présent qu’elles vivent
intensément. Comme ces enfants auxquels
Jésus de Nazareth réfèrent si
souvent pour expliquer qui peut participer au Royaume
(Mc 10, 13-16; Lc 18, 15-17).
Ces
personnes qui leur ressemblent sont celles qui ont
gardé leur sens de l’émerveillement, leur
capacité de reconnaissance devant la vie donnée. Humant le moment
présent en le dégustant sans devoir se
préoccuper d’hier qui n’est plus et de demain qui
n’est pas encore. Leur vie est un continuel
printemps : un hymne à l’amour de la vie.
Profondément ancrées dans l’instant
présent, elles ne déchantent pas au
premier obstacle, au premier échec, à la
première épreuve. Elles rebondissent et
trouvent les solutions appropriées.
Habituées à garder le silence, la
réflexion devient plus aisée et plus
aidante. Elles ont tout simplement quelques atouts de
plus que d’autres personnes, fruits de la
méditation biquotidienne.
Le
printemps est synonyme de bouillonnement,
d’éclosion, de croissance, de poussée vers
l’avant. Des personnes méditantes sont
apparemment et paradoxalement engagées dans la
vie courante de toutes leurs forces : pensons
à Mahatma Gandhi, à Teresa de Calcutta,
Jean Vanier. Que faut-il alors comprendre?
C’est que
plus nous avons une vie engagée, plus nous
assumons d’importantes responsabilités, plus des
moments d’arrêt s’imposent au quotidien. La
qualité des projets, de leur résultat, se
mesure souvent à l’aulne des temps de silence qui
les renforcent, les précisent,
les élèvent. Un peu comme ces silences
incontournables en musique pour tout compositeur. Si la
vie du printemps est exaltante, la vie des
méditantes et des méditants est
inspirante. On apprécie toujours des gens
tranquilles, calmes et sereins. Dans les moments
pénibles d’une vie, on fait appel à leurs
services On les sait capables, on les sent prêts
à intervenir judicieusement et
adéquatement. Ils ne sont pas supérieurs.
Bien au contraire. Mais du printemps de leur vie qu’ils
ont décidé, ils vivent maintenant un
printemps perpétuel qui est une symphonie
gracieuse, harmonique, stimulante, créatrice,
lumineuse. Ils gèrent les difficultés sans
se décourager.
Décide
par toi-même et pour toi-même de renaître, c’est-à-dire de
connaître un nouveau printemps dans ta vie. Tu
seras époustouflé(e) du résultat.
Un grand spirituel contemporain, Maurice Zundel, affirme
dans ses écrits que ce n’est pas la
première naissance qui est la plus difficile,
celle que nos parents nous ont donnée,
préfabriquée. C’est la seconde, la plus
déterminante, car je dois personnellement m’arracher à la
première pour devenir moi-même en
plénitude. Renaître à
moi-même, me découvrir dans la
vérité de qui je suis pour me lever et
aller vers… (L’enfant prodigue du texte de
l’évangéliste Luc re-naît :
Lc 15,11-32). On comprend ici le malheur de celles
et ceux qui s’apitoient sur leur passé, rendant
responsables tantôt leurs parents, tantôt
certains membres de la famille ou de leur entourage
immédiat. Ce sont des victimes perdantes. Nous
sommes nés pour devenir des vainqueurs, des
re-né(e)s gagnant(e)s. Relis le passage du
dialogue entre Jésus et Nicodème (Jn 3,
1-21).
Fais-toi
ce cadeau inestimable. Il n’y a pas d’âge pour
RE-NAÎTRE.
Yvon R. THÉROUX
yvonrtheroux@hotmail.com
Février :
un mois bref dédié à l’amour
éternel
Parmi les
expériences humaines universelles, l’amour
remporte la palme sans nul doute. En parler n’est
jamais simple puisqu’il s’agit d’une
expérience si intense que les mots ne
peuvent en épuiser le sens et la
profondeur. Et la poésie est probablement
de par sa nature litteraire, le meilleur
véhicule pour en témoigner. La
Saint-Valentin (1) veut donner une occasion de
réfléchir, et de vivre,
au-delà de la tourmente quotidienne, un
moment d’amour ineffable. Journée-oasis
dans la vie de chacune et de chacun. L’amour, une
réalité trine qui
jalonne le cours de notre vie. La terminologie
grecque emploie trois concepts différents
pour tenter de le cerner : éros,
philia et agapè. Il ne s’agit pas de
degrés qualitatifs mais de qualifiants
marquant des étapes de transformation de la
personne dans le processus de maturation qui
devrait aboutir naturellement à la sagesse.
Éros (Chez les
Grecs de l’Antiquité, le dieu de l’amour
(2).) Il caractérise cette phase
incarnée de l’amour où deux
êtres s’unissent, corps, cœur, tête et
âme. Il n’est point étranger à
l’expérience spirituelle et la mystique
l’évoque à travers des
métaphores évocatrices. Le moment
extatique n’est pas seulement charnel. Il est plus
et transcende les personnes qui le vivent. C’est
pourquoi des philosophies religieuses
l’intègrent pleinement à
l’expérience spirituelle universelle tout
comme certaines sagesses de
l’Extrême-Orient. Le taoïsme qui, entre
autres choses, enseigne des
« techniques sexuelles », le
fait pour que le corps « se
spiritualise ». Et la respiration
embryonnaire du yoga chinois incarne bien le
mouvement cosmique (Tao/Dao) avec lequel tout
adepte veut entrer en harmonie. La méditation
taoïste
intègre donc "Éros".
Philia "Aristote
appelle philia
l'affection qui fait que nous aimons un
être pour ce qu'il est et non pour ce
qu'il peut nous apporter" Wikipédia, et
il correspond
à l’expérience d’amitié.
Expérience relationnelle et
communicationnelle qui défie parfois le
temps pour certains individus. D’où les
expressions « ami-e-s
d’enfance », « ami-e
pour toujours » et on se fait un
plaisir de retracer l’histoire d’un
événement-clé qui a vu
naître une telle amitié. Il est
question de liens sacrés. C’est une
expression amoureuse modulée par une
fréquence différente de l’amour
conjugal. On se sent bien en la présence
d’un-e- ami-e. La confiance tisse leur relation.
C’est pourquoi Jésus Ben Sira (IIe
siècle av. J. C.), dans un extrait
consacré à l’amitié,
signalera la rareté des vrais amis et leur
valeur inestimable :
" Un ami
fidèle est un puissant soutien : qui l’a
trouvé a trouvé un trésor. Un
ami fidèle n’a pas de prix, on ne
saurait en estimer la valeur. Un ami fidèle est un
baume de vie… " (Ecclésiastique, 6,
14-16)
Agapè retrouve toute
la force de l’amour altruiste et
réciproque. C’est un amour engagé,
concret, inconditionnel et sublimement
partagé. C’est à ce
signe vivant qu’on repérait dans
les temps apostoliques les disciples de la Voie
(Actes des Apôtres) nommés
ultérieurement, chrétiennes et
chrétiens. Lorsque
Luc évoque la première
communauté chrétienne, il en parle
en termes inspirants :
« Ils
se montraient assidus à l’enseignement des
Apôtres,
fidèles
à
la communion fraternelle, à la fraction
du pain et aux prières. Ils mettaient tout en commun (…) Jour
après jour, d’un seul cœur, ils rompaient
le pain dans leurs maisons, prenant leur nourriture
avec allégresse et simplicité de
cœur. » (Actes
2, 42-47)
Méditer
sur l’amour c’est
peut-être aussi travailler sur soi
pour en extraire le meilleur. C’est aussi contempler
le bon, le bien, le beau qui gisent en nous mais
qui appellent, par amour, à
s’extérioriser, à se manifester. Ce
trésor enfoui au tréfonds de notre
être n’existe que pour être
partagé et faire le bonheur de toutes et de
tous. Les contrefaçons de l’amour par trop
nombreuses, sont à discerner de l’essence
même de cette expérience lumineuse.
(1) (2) Voir
les termes "Saint Valentin" et "Éros" sur
Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Yvon R.
Théroux
yvonrtheroux@hotmail.com
Janvier
2010 : Déjà une décennie du
IIIe millénaire achevée…
Le «bogue de l’an 2000
», c’est presque déjà
très loin! Une revue des actualités
marquantes durant ces dix dernières
années laisse entrevoir les grandeurs et
les misères de l’humanité, ses
aspirations et ses déceptions, ses
victoires et ses échecs. Et à chaque
nouvel an, on se targue de recommencer à
neuf, de repartir d’un bon pied et de faire les
choses comme jamais auparavant. L’intention est
bonne, la volonté politique de changer
en profondeur est souvent absente. C’est
tellement humain. C’est à croire que la
seule espèce pensante
désespère de s’améliorer, de
se dépasser, de s’autotranscender. Sa zone
de confort est tellement
sécurisante! Pourquoi en sortir? Pourquoi
changer quoi que ce soit?
Alors qu’on tente
d’exploiter l’intelligence animale sous divers
angles, des chimpanzés apprivoisent un
clavier d’ordinateur, la corneille apprend
à parler etc., que fait-on de cette
espèce pensante, unique en son genre?
Elle a le génie de faire évoluer
rapidement la technologie dans toutes les
sphères d’activités des humains,
et plusieurs de ses exploits sont nommés
« miracles de la
science ». C’est tout à son
honneur. Mais n’y aurait-il pas la
possibilité d’autres
« miracles »?
La pleine conscience,
la réalisation intégrale de qui
je suis au tréfonds de mon
être, l’éveil
au Réel, ne sont-ils pas tout aussi
importants que la conquête de l’espace et la
maîtrise des technologies de l’infiniment
petit (nanotechnologies)? Car si de plus amples
efforts étaient orientés dans cette
direction, les réalisations humaines dans
tous les champs du savoir et de leurs diverses
applications n’en seraient-elles pas enrichies au
maximum? Et, me semble-t-il, l’environnement
global en serait, certes, plus sain, plus
harmonieux, plus pacifique. Comme de l’ « uranium
enrichi » à des fins nobles,
légitimes et pour desservir la cause
infiniment précieuse de toute
l’humanité.
À partir de cet
énoncé plausible et possible - et
pas du tout utopique - j’arrive à mieux
saisir et comprendre la pensée de mystiques
qui affirment, du moins dans la tradition
chrétienne, que Dieu a voulu s’incarner
(prendre chair au sein de l’humanité) pour
que l’humain se divinise. C’est un appel
tout à fait vraisemblable!
On pourrait me
rétorquer facilement qu’une telle
idée est irréaliste, et en fait,
irréalisable. L’attraction de la zone de
confort est si séduisante, puissante,
totale…En revanche, je me réfère
fréquemment à une étude d’un
jeune chercheur qui a voulu comprendre le
phénomène de la vague dans les
stades. Avec l’hypothèse de 100,000
personnes dans un immense stade, il a conclu qu’il
fallait trente-cinq personnes seulement pour
initier et activer la vague. Je trouve
intéressant de constater depuis le
début du IIIe millénaire
la réalisation de certains
visionnaires : André Malraux avait
affirmé que le XXIe
siècle serait mystique ou il ne serait pas.
Dans des termes similaires, l’éminent
théologien Karl Rahner a tenu des propos
semblables. Un grand nombre de traditions
religieuses reviennent à l’essentiel et
reformule la voie mystique par excellence,
celle-là même qui est faite
d’attention, de concentration,
d’écoute, de silence. Les méditantes
et les méditants de constituent pas une
majorité dans les sociétés et
les populations de l’ère postmoderne. Ils
correspondent peut-être à ce noyau
minimal qui peut faire lever une vague porteuse du
bien, du beau et du vrai?
Toutes les personnes de bonne
volonté - et particulièrement les
jeunes des générations montantes -
pourraient-elles s’inscrire
dans ce noyau minimal qui peut devenir levain dans
la pâte? Ne serait-ce pas la voie royale
pour rendre la possibilité que
l’humanité révèle le meilleur
d’elle-même dans l’espace cosmique de
l’infini et dans le temps présent de chacun
des instant qui composent les existences?
Que cette année soit
surprenante, enthousiaste, emballante,
féconde en rebondissements imprévus
mais constructeurs. Une nouvelle décennie
commence…
Yvon R.
THÉROUX
yvonrtheroux@hotmail.com
II- Quelques fruits, non exclusifs, de la
méditation.
1- Calme : La
personne active, et parfois même nerveuse,
ressent progressivement la détente
intérieure. Pourquoi s’agiter au niveau de
l’accessoire alors qu’il serait primordial
d’écouter son corps, son coeur et son esprit
dans un état de maîtrise de soi?
2- Discipline :
Un mot qui fut ballonné
jusqu’à récemment de
façon malveillante. La discipline n’entrave
en rien la liberté d’être. Au
contraire, elle lui sert un supplément
inestimable et contribue au calme et à
l’équilibre. Indispensable pour
méditer deux fois le jour, matin et soir.
3- Équilibre
: C’est la vertu du milieu qui libère des
excès dans un sens ou dans l’autre.
Siddhârta Gautama S. Bouddha, dont la vie a
oscillé entre la richesse princière et
l’extrême dépouillement, y compris dans
le jeûne, a découvert la joie profonde
de l’équilibre. Depuis cette
expérience on surnomme souvent le bouddhisme
« la Voie du milieu ». Un état de
bien-être entre la léthargie et
l’agitation.
4- Apaisement :
pour arriver à la concentration, il faut un
corps et un esprit apaisés. John Main osb.
parle de l’immobilité, intérieure et
extérieure, toutes deux prérequises au
développement de l’attention. Cette
dernière est indispensable pour faire
l’unité de soi, en soi.
5- Vigilance :
C’est une aptitude à la pleine conscience
d’être. La vigie est un contrôleur qui
observe avec tout son être dans des situations
ou des états extrêmes : brouillard,
visibilité nulle ou fortement amoindrie.
Au-delà du mental et de ses nombreuses
distractions, revenir au point de concentration.
6- Souplesse : La
rigidité n’a aucune parenté avec l’une
ou l’autre forme de méditation. S’il y a
toujours une technique de base à assimiler et
à intégrer dans l’apprentissage de la
méditation, ce dernier se réalise
davantage dans la souplesse et la vigilance.
Autrement, à trop insister sur la technique,
on en vient à oublier l’essentiel :
méditer. La méditation doit
épouser l’horaire de tous et chacun, et non
l’inverse. La méditation assise et la
méditation en marchant supposent une
adptatabilité circonstancielle
7- Bienveillance
: La méditation cultive le goût du bien
et du bon en pacifiant les relations humaines. Elle
suggère fortement l’éradication de la
violence sous toutes ses formes. C’est, en quelque
sorte, transcender l’animal que nous sommes pour
faire advenir l’humain en nous, pour nous et pour
tous les autres.
8- Harmonie : Au
contraire de la discordance, de la dispersion et de
l’incohérence, la méditation
amène une relation harmonieuse de toutes les
composantes de la vie d’une personne. Au surplus, se
dégage une relation harmonique des diverses
relations amicales, amoureuses ou professionnelles.
9- Lucidité
:
Un
esprit
lucide
devient
plus
pénétrant
et
plus
perspicace.
Les
idées
sont
plus
claires
parce
que la conscience est plus vive. On devient
clairvoyant sur soi-même, sur son propre
comportement par une meilleure conscience de qui on
est et de ce qu’on veut devenir.
10- Joie : Bien au-delà
d’une simple émotion, la joie devient un
sentiment exaltant ressenti par toute la conscience
revivifiée. C’est un aboutissement suave de
la pratique méditative. Si « faire de
sa vie un chef d’oeuvre »(1) est le leitmotiv
de tous les sages, le chemin de la méditation
n’y est pas du tout étranger, et il est
beaucoup plus fréquenté en ce XXIe
siècle (2).
Cette liste
n’est pas du tout exhaustive, car
l’expérience des uns et des autres
pourraient, sans conteste, l’enrichir
qualitativement. Ces fruits de la méditation
apparaissent en leur temps, ce temps qui survient
suite à une longue maturation et une pratique
persévérante.
(1) Bédard, Jean
et Jean-François Malherbe,
Telle une « oeuvre d’art », la
vie, avec des textes de Christiane Besson,
Josée Fabien, Pierre Lussier, Jacques J.
Perron et Yvon R. Théroux, Sherbrooke,
Éditions GGC ltée, 2003. 157 p.
(2) Peck, Scott, Dr., Plus
loin sur le chemin le moins fréquenté,
Paris, Laffont, 1995. p. 238
Yvon R.
Théroux
yvonrtheroux@hotmail.com
Quelques fruits, non
exclusifs, de la méditation
Qu’elle soit
de source séculière, spirituelle ou
religieuse, la pratique méditative apporte des fruits
dits incontestables. Cela fait déjà quelques
décennies que des études scientifiques,
réalisées au niveau universitaire, tentent de
mesurer avec précision des impacts
neurophysiologiques et psychologiques sur les personnes qui
pratiquent assidûment la méditation. En cette
matière, les nouvelles technologies mesurant
l’activité cérébrale sont bienvenues.
Référons en tout premier lieu à www.chaouqi.net/index.php?2005/07/18/19-meditation-et-neurosciences
Méditation
et neurosciences
Par abel, lundi 18
juillet 2005 à 09:25 - méditation : #19 : rss
Le
Massachusetts Institute of Technology a tenu un symposium en
présence du Dalaï Lama et de neuroscientifiques
réputés pour discuter des bienfaits de la
méditation sur la santé.
Avec 2
500 ans de pratique méditative, les Bouddhistes
connaissent bien, quoique de façon empirique, les
effets positifs sur la santé. Depuis une dizaine
d’années, c'est au tour des neurologues de
s'intéresser de plus en plus à la biologie de
la méditation. Richard Davidson, du
département de psychologie de l’Université du
Wisconsin, est l’un des principaux organisateurs du
symposium qui s'est tenu samedi dernier au MIT. Dans son
laboratoire de neurosciences, il dirige des
expériences sur des moines tibétains et des
adeptes de la méditation.
Lors
des expériences, Richard Davidson demande aux
participants de s'installer en état de
méditation. Les cobayes sont ensuite soumis à
des stimuli perturbants – images agressives, bruits. Par
imagerie médicale, les scientifiques mesurent les
impacts de cette situation sur leur cerveau. Les adeptes de
la méditation surmontent plus facilement les
événements perturbateurs que les autres. La
méditation laisserait des résidus biologiques
au niveau du cortex préfrontal, dans la partie gauche
associée aux émotions positives, expliquent
les scientifiques au New York Times, dans son édition
du 14 septembre.
Les
chercheurs ont décelé une intense
activité chez les personnes capables de
réguler leurs émotions par la
méditation. Des études montrent que cette
pratique favorise une meilleure activation du système
immunitaire, certains patients atteints de psoriasis
guérissent quatre fois plus vite s’ils
méditent. Le Dr Davidson a récemment
établi le lien qui existe entre l’activité
dans la partie gauche du cortex préfrontal et
l’augmentation du niveau d’anticorps (Proceedings of the
National Academy of Sciences).
La
recherche dans ce domaine est récente. Mais elle
commence à s’imposer grâce aux nouvelles
technologies qui permettent de mesurer les réactions
du cerveau avec plus de précision. Si l’on se fie aux
résultats aujourd’hui, méditer
serait un moyen efficace, et pas cher, de réduire
le niveau de stress, de combattre des maladies ou
d’être tout simplement plus heureux.
Je
donne encore deux sites web à consulter pour des
articles spécifiques : www.nouvellescles.com/article.php3?id_article=951
www.passeportsante.net/fr/Therapîes/Guide/Fiche.aspx?doc=meditation_th (1)
Je crois important d’examiner
en premier lieu les résultats sur le corps physique
des personnes qui méditent. D’autant plus qu’un grand
nombre d’entre elles s’adonne à la méditation
d’abord et avant tout – et souvent exclusivement - pour
l’amélioration de leur santé globale :
une meilleure forme physique, une mémoire vive mieux
entraînée, un système immunitaire plus
résistant et combatif etc. Des
résultats mesurables qui séduisent plusieurs
personnes qui pratiquent ou voudraient éventuellement
pratiquer une forme ou l’autre de méditation. Mais
des résultats mesurables, quantifiables, sont-ils les
seuls à pouvoir contribuer à la croissance
globale de l’être humain ? Nous en reparlons en
décembre.
(1)
Toutes les études ne vont pas
nécessairement en ce sens. Il faut garder son esprit
critique et apprendre à nuancer. Le site suivant, de
rigueur scientifique, mérite d’être lu mais
n’est pas non plus le dernier mot concernant toutes ces
recherches nouvelles et récentes :
www.jle.com/fr/revues/medecine/med/e-docs/00/04/35/CA/article.md?type=text.html
Yvon R.
Théroux
yvonrtheroux@hotmail.com
Octobre : un mois d’Action de grâces pour...
De façon officielle,
il y aura bien sûr la fête de l’Action de
grâces ce 12 octobre 2009. Il est utile de se rappeler
que c’est le mois de plusieurs récoltes au plan
agraire. Traditionnellement, dans les campagnes, des
familles font aussi boucherie d’animaux engraissés
depuis tôt au printemps pour assurer la nourriture
durant les longs mois d’hiver.
Il y a donc, au plan
séculier tout comme au plan religieux, des rites de
reconnaissance envers la Terre-Mère pour les
récoltes, envers la
Nature, si généreuse et féconde, envers
l’Auteur de toute vie qui a mis à la disposition des
humains toutes ces richesses potentielles liées aux
besoins alimentaires. Fruits du travail de femmes et
d’hommes, éleveurs, agriculteurs ou maraîchers.
Ici prend tout son sens cette prière écrite
par une personne anonyme (1):
Toute vie n’est qu’une.
Et tout ce qui vit est sacré.
Les plantes, les animaux et les humains,
tous doivent se nourrir pour vivre
et pour servir de nourriture aux autres.
Nous bénissons les vies sacrifiées
pour nous donner ce repas.
Mangeons ensemble consciemment,
résolus, par notre travail, à payer
la dette de notre existence.
C’est aussi le mois
où la Nature, artiste par excellence,
révèle la palette de ses coloris. Les
citadins, en nombre non négligeable, réalisent
un bref pèlerinage au coeur même des paysages
bucoliques pour s’enivrer la vue de ces images inouïes.
Des pellicules de photographies voudront immortaliser ces
temps d’extase et d’éternel étonnement
auxquels on voudra revenir occasionnellement pour
réenchanter le quotidien de la vie durant des
périodes plus mornes ou moroses. C’est donc dire
qu’il y a bien manifestement au-dedans de tous les humains,
un petit coin lumineux d’une attitude contemplative.
Dès lors, on saisit
avec une meilleure acuité l’étoffe même
de certaines spiritualités et traditions religieuses
essentiellement fondées sur la contemplation, la
méditation(2). Cela vaut aussi pour des
spiritualités séculières ou dites
laïques où le regard observateur et silencieux a
toute sa place, où l’attention recueillie est
à l’écoute de ce qui se passe non seulement
à l’extérieur mais aussi au-dedans de
l’humain.
La capacité de
s’émerveiller, trop souvent limitée aux seuls
enfants, n’est-elle pas un ingrédient majeur dans la
constitution spirituelle de l’humain? S’émerveiller,
oui, s’étonner, contempler : une musique de
l’âme humaine qui se nourrit au beau, au bon et au
vrai (3). On peut aussi s’étonner de qui l’on devient
dans la lente évolution de notre personnalité
quand on contacte l’essentiel.
Ce mois d’abondance ne
rappelle-t-il pas à toutes les personnes
méditantes, quelle que soit leur appartenance
laïque, spirituelle ou religieuse, la reconnaissance
obligée de tous les fruits dérivés de
la pratique méditative? Encore une fois, et je le
redis, ces fruits ne sont pas la résultante de
demandes incitatives et répétitives. La
méditation fait le même travail que le
sculpteur en libérant tout ce qui n’est pas
nécessaire pour que la forme conçue jaillisse
progressivement, pour que l’être que je suis
réellement arrive à se manifester en toute
simplicité, en toute vérité, sans plus.
Généralement,
ce sont les personnes de mon entourage immédiat qui
constatent des changements opérés dans ma
personnalité. Changements non superficiels, ni
temporaires. Ils ne saisissent pas toujours la source de
cette métamorphose. Rien ne nous interdit d’affecter
à la méditation persévérante ces
changements de divers ordres. Je vais en parler dans la
prochaine chronique du mois de novembre.
D’ici là, soyons
toutes et tous reconnaissants de la vie reçue (un
privilège en quelque sorte), des talents qui sont
miens, des habiletés apprises, des connaissances et
expériences acquises. Je suis beaucoup plus que ce je
crois être. Je suis beaucoup plus que ce que toutes
les personnes de mon entourage pensent que je suis, souvent
à partir de conceptions superficielles et
fragmentaires.
Action de grâces
Yvon R. Théroux
yvonrtheroux@hotmail.com
(1) Rajotte, Patrick et Yvon
R. Théroux, La spiritualité
amérindienne, collection « Labyrinthes »,
Montréal, Éditions La Pensée inc., 2004. p. 41
(2) Le bouddhisme et la voie
du yoga en hindouisme en sont des exemples explicites.
(3) Voir la chronique du
mois d’août dernier: « La méditation :
exercice de persévérance. »
La
méditation : un acte de
générosité libre
La
générosité est une vertu
ambivalente, et parfois même contradictoire.
Envers les autres, elle peut être
philanthropique, c’est-à-dire qu’elle donne
mais se soucie de bien identifier la personne
bienfaitrice. C’est une façon simple et
efficace de flatter l’ego en se délestant
d’un trop, d’un superflu. Pas nécessaire
d’être millionnaire pour s’identifier à
un geste qu’on veut magnanime mais qui perd de son
intérêt dès lors qu’il se centre
sur la personne qui donne. En deuxième lieu,
le geste généreux peut être tout
aussi efficace mais discret. On ne sonne pas tambour
et trompette mais la personne attend tout de
même une certaine reconnaissance. Et sans
celle-ci, son attente profonde n’est pas tout
à fait comblée et satisfaite.. Il y a
finalement le don généreux et anonyme.
Soulager la misère, consoler ceux et celles
qui sont victimes de cataclysmes naturels, aider les
moins nantis dans le secret total et le respect de
ces personnes devenues fragiles et
vulnérables. Souvent malgré elles et
tous les efforts accomplis pour se sortir d’une
pénible situation que toutes et tous
souhaitent temporaire. Mais qu’en est-il de la
générosité envers
soi-même?
Parce qu’il doit
aussi y avoir une générosité
envers soi-même. Seulement donner peut
à la longue assécher le dynamisme du
don, la vivacité du geste gratuit. Il faut
apprendre aussi à se donner
généreusement des espaces dans le
temps pour réfléchir, prier, concevoir
des projets qui auront la portée qualitative
de ce temps créateur, créatif. Car donner peut être relativement
facile. Se donner, comme
présence profondément humaine
auprès d’autres personnes, implique une
qualité d’être qui a été
polie dans le geste répétitif et
purificateur de la méditation silencieuse.
C’est très exigeant. Donner des biens
matériels, c’est bien. Donner de son temps,
se donner comme présence, n’est-ce pas mieux?
À la seule condition de s’effacer,
d’éviter la tentation du culte de la
personne. Se donner n’est pas rendre les autres
dépendants de sa personne. Tout au contraire,
c’est leur redonner une liberté de penser,
d’agir, de grandir dans la dignité. Et la
méditation devrait nous y amener
progressivement.
Méditer peut
effectivement contribuer à la qualité
de la personne. La simplicité est certes la
première vertu que conquiert le sujet
méditant. Car, en méditation nous
sommes toujours, toutes et tous,
des débutants. Il n’y a pas une
hiérarchie de type vertical. Pensons au
cercle où tous les points sont égaux
car équidistants du centre. C’est là
le schéma authentique de toute vraie
communauté de méditation. La
générosité donnée au
temps de méditation décuple les fruits
qui en dérivent.
Car plus on est
engagé au cœur de ce monde, plus il faut
s’accorder du temps de réflexion, de silence.
Il y a comme une loi de la proportionnalité
complémentaire. Ce mois de septembre est
effervescent. Il sonne le départ d’à
peu près tous les projets qui sillonneront
l’année active en cours. Alors, soyons
généreux envers nous-mêmes.
Prenons, matin et
soir, un espace de vingt minutes dans le silence
méditatif où il faut dûment
s’affranchir des occupations et des
préoccupations qui ont meublé
intensivement notre journée. Hier n’est plus,
demain est mystère et surprise. Mais
l’instant présent vaut son pesant d’or. Et la
méditation nous ramène au
présent senti et ressenti de façon
continue.
Yvon
R. Théroux
yvonrtheroux@hotmail.com
La méditation : exercice de
persévérance
Le mois d’août est un
seuil. Il annonce que des activités diverses vont
bientôt reprendre leur cours normal. Mais quelles
activités? Il y a celles qui ont été
seulement suspendues durant la période estivale. Il
y en a aussi des nouvelles
qui vont venir garnir notre agenda
généralement déjà bien fourbi.
La vie extérieure sera envahissante et va accaparer
la majeure partie de toutes nos énergies et de tout
notre temps. Il se peut même que nous ressentions un
peu de nostalgie de ces périodes où nous
étions contemplatifs, gratuitement, devant les
sculptures de la nature ici ou là. Ce temps libre
qui nous permettait d’entrer un peu en soi et qui nous a
tant fait de bien. On a la vive impression, si ce n’est la
certitude, qu’on a touché l’essentiel. On se
surprend d’avoir pu apprécier le beau.
Le beau, non
seulement dans les paysages, sous la pluie comme sous le
soleil, mais dans les personnes rencontrées. C’est
étonnant de constater comment la communication
s’établit facilement entre des vacanciers. Le
sourire est plus facilement au rendez-vous. C’est bien le
résultat de cet état marqué par
l’absence de stresse, de vitesse, de contraintes de toutes
sortes. Seul, en couple ou en famille, tout est plus
naturellement harmonieux, paisible et pacifié.
Est-il possible de retrouver cet état d’être
dans le trafic intense de nos vies individuelles et
collectives puisque bientôt va sonner la fin de la
récréation? Bien sûr, et à la
seule condition d’apprécier le bon
et le vrai.
Le bon, car
si des instants irremplaçables m’ont promu au
meilleur de moi-même, comment ne plus les
désirer à nouveau? Pourquoi ne plus les
revivre sous d’autres formes adaptées à ce
rythme de la vie courante, inéluctable et
incontournable? Pourquoi ne pas me faire le cadeau, deux
fois le jour, d’un vingt minutes de répit, matin et
soir, en pratiquant la prière contemplative ou
méditation? Cela exige de me discipliner, mais pour
un mieux-être tout entier, corps, cœur, tête,
âme, cela n’en vaut-il pas la peine? La
désespérance ne fait pas partie de la
pratique méditative, qu’elle soit juive,
chrétienne, soufie, hindoue, bouddhiste,
séculière! Bien au contraire, elle
entraîne à la persévérance qui
peut finir par colorer tous les aspects de ma vie. Cette
persévérance m’amène graduellement
à la vérité de ce que je
suis réellement.
Le vrai qui
me sort de ma zone de confort, habituelle et ritualiste.
Le vrai qui me façonne
tranquillement, mais avec quelle assurance. Il me sculpte
tel que je dois être, conformément à
ma vraie nature: au-delà donc des images, des
façades, des maquillages, physiques et
psychologiques. Ce vrai qui constitue un
résultat indéniable
et manifeste des changements - presqu’imperceptibles - qui
s’opèrent graduellement à l’intérieur
de moi…à force de persévérer à
temps et à contretemps.
Tous les prétextes se
présenteront chaque jour et chaque fois pour
m’empêcher de devenir moi-même dans ce qu’il y
a de meilleur, de beau, de bon
et de vrai au tréfonds de mon
être. Je dois donc résolument consentir en
toute liberté à cet exercice de
persévérance, facile, oui, mais combien
exigeant. Et si tu peux t’unir à une
communauté de méditation hebdomadairement,
cela va très certainement te stimuler,
t’encourager. La méditation fait la
communauté, dans le silence, la
convivialité, dans une solidarité cordiale.
Le
mois
de mai, mois de la
surabondance,
de la lumière et des couleurs.
Pour
qui sait patienter, à temps et à
contretemps, persévérer au-delà
des doutes et des déceptions, le mois de mai
est un mois qui témoigne de la surabondance
de la nature, de la vie…si bien
« ressuscitée ». Les
méditantes et méditants
de toutes les traditions religieuses
éprouvent des temps de sécheresse,
connaissent des déserts d’aridité
spirituelle. Mais l’amour et la
persévérance les rendent vainqueurs.
Toutes et tous finissent par vivre la
joie intense que procurent la paix et
l’harmonie intérieures, le désir de la
simplicité et de l’équilibre dans leur
existence. Si le superficiel tente, séduit,
tourmente, l’essentiel satisfait au plus haut
degré toute personne en recherche de sens, de
vérité et d’authenticité.
« Moi,
je
suis venu pour qu’on ait la vie et qu’on l’ait
surabondante » Jean, 10,10.
Dans les temps de
profonde mutation, de crise politique et
économique, il est habituel d’observer la
volonté consensuelle des riches et des
puissants d’apporter les changements
nécessaires pour redresser les situations en
corrigeant ce qui est à l’origine des
malaises et des échecs. Les abus de savoir,
de pouvoir ne font qu’un temps. Paradoxalement,
on n’emploie jamais des expressions telles
« abus de sagesse ou de
vérité »! Connaître
la joie, cultiver le bonheur, toujours à
partager, provoquent des moments d’exultation,
d’élévation de tout l’être.
C’est probablement le sens le plus signifiant de l’Ascension : moment de
prédilection vécu par Jésus
ressuscité, vainqueur de la mort,
exalté auprès de son Père pour
envoyer au monde son Esprit. Si un
millénaire et un quart auparavant, donc au
temps de Moïse (1250 av. J. C.), Dieu a fait
connaître à l’humanité les
règles élémentaires (Exode 20,
1-17) pour
connaître le bonheur – tout en laissant
à l’humain sa complète liberté
d’agir – voire même de pouvoir refuser le
bonheur – le judaïsme fête toujours ce
don de la Torah (la Loi) ainsi que la récolte
des premiers fruits. Il s’agit de Chavou’oth (ou en
un sens Pentecôte, don de la Loi)
fêtée les 29-30 mai. Pentecôte,
en christianisme, ou don de l’Esprit au
monde rappelle le don de l’accompagnement du
Créateur auprès de sa création
et de ses créatures. Invitation à
devenir des êtres radieux, des témoins
de la Lumière.
Le 2 mai 2009,
anniversaire de
Gautama
Bouddha
célébré dans l'Asie
de l'Est le 8e jour du 4e mois du calendrier
lunaire
chinois. C'est
un jour de fête officiel à Hong Kong, à Macao et en Corée
du Sud.
Fête de la lumière, de celui qui a
connu l’Éveil lors d’une
méditation intense sous un figuier et qui
inspire encore de nos jours des millions de
personnes sur tous les continents. Le 29 mai, dans la Foi baha’ie, on
commémore la
mort
en 1892 et l’Ascension de Baha'u'llah. C’est encore
une occasion de souligner la rencontre de ce
personnage clé de l’Iran religieux avec la
Lumière. Trame
humaine à l’enseigne d’expériences
religieuses diverses fondées sur la
méditation, la prière et le dialogue
avec le « Tout Autre ».
Puisse ce mois de mai, à travers ses
lumières et les reflets multicolores de la
floraison, de l’émergence de la vie en
abondance, et sous diverses formes, nous
préparer à la saison estivale de
repos, de « recueillement »(1),
de régénération. Sachons
garder notre sens de l’émerveillement
devant la profusion des signes d’abondance,
donnés en toute gratuité, en tout
amour, sans retour attendu. Bon été,
et de belles découvertes en toi et autour
de toi.
(1) "recueillement": faire
l'unité en soi, se "ramasser", s'"unifier",
bref trouver sa véritable identité au
coeur de son existence, de sa vie profonde et
intérieure.
Yvon R. Théroux
yvonrtheroux@hotmail.com
La
vie est belle pour les ressuscité-e-s…
clament des méditantes et des méditants.
Si je paraphrase le 13e
apôtre, Paul de Tarse1, qui n’a pas connu
Jésus de son vivant, il provoque en laissant savoir
que si la résurrection ne fut pas
l’ÉVÉNEMENT dans la vie de
Jésus…alors toute foi est vaine.
« Christ est mort pour nos
péchés, selon les Écritures.
Il a été enseveli, il
est ressuscité le troisième jour selon les Écritures.
Il est apparu à Céphas (Pierre), puis aux Douze.
Ensuite, il est apparu à plus de cinq cents
frères à
la fois;
la plupart sont encore vivants et quelques-uns sont morts.
Ensuite il est apparu à Jacques puis à tous
les apôtres.
En tout dernier lieu, il m’est apparu, à moi L’AVORTON.
Car je suis le plus petit des
apôtres, moi qui ne suis pas digne
d’être appelé apôtre parce que j’ai
persécuté l’Église
de
Dieu.
Mais ce que je suis, je le dois à la grâce de Dieu
et sa grâce à mon égard n’a pas
été vaine. »
Première Lettre de Paul aux Corinthiens,15, 3 à 10
Les
chrétiennes et chrétiens errent
partiellement quand ils croient que la résurrection
sera qu’un événement à venir qui sera
déclenché par la consommation des temps
dès lors achevés. Bien sûr que la foi
chrétienne s’exprime d’abord et avant tout par l’espérance de se voir traduire la
promesse de Jésus, à savoir que, tout comme
lui, nous ressusciterons dans la chair et l’esprit
transfigurés (L’expérience du mont
Tabor : Mt 17, 1-8). Mais si le Royaume
annoncé par Jésus est DÉJÀ
LÀ, nous dit l’évangéliste Marc (1,14), nous devons donc aussi
vivre en ressuscité-e-s dans l’ici
et maintenant de nos vies. Cela implique de renaître comme nous le disions
le mois dernier2. C’est la conversion
radicale, authentique, transformatrice. Le vieil homme
meurt, l’homme nouveau apparaît.
Les méditantes et les
méditants, juifs, chrétiens ou musulmans
travaillent chaque jour à contacter en eux la
même Source qui les anime. Entrant dans le silence
intérieur qui transforme tout être humain,
ils deviennent plus qu’humains ou humains très
différemment. Rappelons-nous que si Dieu a pris
chair en Jésus – Dieu s’humanise –
la rencontre permet à l’humain de se diviniser.
Ce qui ne veut absolument pas dire que l’humain devient
angélique ou se désincarne. C’est lorsqu’il
est pleinement conscient de ce qu’il est qu’il s’accomplit
et se transfigure.
« Celui
qui
se
voit tel qu’il est, est plus grand que celui
qui ressuscite des morts. »
Saint Isaac le Syrien, dans
Sentences.3
N’avons-nous pas, toi et moi,
déjà rencontré des personnes
enthousiastes, inspirantes et entraînantes, pleines
de vie à en revendre : des bons vivants, quoi? Même alitées par la
maladie, elles conservent un « bon
moral » et arrivent même à
consoler leurs visiteurs, à les dérider, eux
qui prenaient un air quasi tragique pour sympathiser avec
le malade?
Une bonne connaissance à moi se fit
annoncer récemment qu’il lui restait peu de temps
à vivre. Âgé de 72 ans, elle exprima
sa joie d’avoir vécu si longtemps et
généralement en excellente santé. Son
sens de l’humour s’est éteint seulement avec son
dernier souffle.
Vivre en ressuscitée-e-s c’est vivre en amants de
la nature, de la vie reçue.
C’est se positionner comme
co-créateurs, vouloir continuer et parfaire la
création de cet Univers, l’écrin de mon lieu
de naissance. M’épanouir au maximum et m’impliquer
dans des causes qui relèvent de la justice, de
l’équité et de l’amour de soi et des autres.
Et quotidiennement contacter, dans la méditation,
le « Tout Autre » qui habite au plus
intime de moi-même4. Faire reculer ce qui
sépare, divise, pour faire advenir ce qui unit et
unifie. La Pâque juive (Pessa’h, 9 et 10 avril 2009)
rappelle le passage de l’état d’esclaves (pendant
quatre siècles en Égypte) à
l’état d’êtres humains libres. La
Pâques chrétienne (Dimanche, 12 avril 2009)
signale à sa manière le passage d’un
état de dépendance aux illusions de ce monde
à un état d’affranchissement, de
libération pour vivre en plénitude une communion avec le Beau, le
Vrai, le Bien.
1 DECAUX, Alain (de l’Académie
française), L’avorton de Dieu. Une vie
de saint Paul. Paris, Perrin-DDB, 331 p. (Ouvrage
très recommandé en cette année
consacrée à saint Paul – YRT).
2 Méditer,
c’est passer du printemps de la vie à la vie du
printemps! Chronique de mars 2009.
3 La vie spirituelle
doit aussi franchir des étapes de croissance.
Chronique de février 2009.
Citation à la toute fin du
texte et référence à la note no4.
4 Consulte le site suivant pour
apprendre à méditer : meditationchretienne.ca
Yvon R. THÉROUX
yvonrtheroux@hotmail.com
Méditer, c’est passer du printemps
de la vie
à la vie du printemps!
Des enfants, des
adolescents, des adultes et des personnes
aînées méditent
ici et sur tous les continents. Certains
objecteront qu’on ne voit pas souvent ces
personnes. Ces méditantes et
méditants ne
sont pas préoccupés par un
intérêt à exhiber ou à
démontrer publiquement cet espace d’intériorité
initié
par
la
prière
contemplative.
Ces
personnes
ont
quitté
l’esprit
du
monde
et
son
vernis
superficiel.
Elles
ont
opté pour l’essentiel qui se traduit par
l’apprivoisement du silence, le recueillement
(unité du dedans), l’attention et
l’écoute. C’est l’éclosion du
printemps d’une vie, d’une vie nouvelle consentie
librement.
Un recommencement
notable et important. C’est se situer à la
Source même qui peut tarir toute soif. Une
eau pure et vive qui n’étanche pas qu’une
soif passagère mais nourrit tout
l’être et le revitalise entièrement
(La Samaritaine des Évangiles : Jn 4,
5-42). La lumière se fait plus proche et
chaleureuse et devient indispensable pour la
croissance de tout le vivant. Chaleur du cœur qui
revigore et redonne des ailes aux humains:
courage, détermination, volonté de
grandir sont au rendez-vous (Guérison de
l’aveugle-né en l’Évangile de
Jean : Jn 9, 1-41). Les parfums printaniers
taquinent les narines. Tout se renouvelle. Le
grand ménage du printemps effacera les
dernières traces de l’hiver. Les torrents
s’écoulent dans un grondement de
ténor, les ruisseaux et les rivières
courent comme de folles gazelles. C’est partout
les manifestations de la vie qui pousse. Les
méditantes et méditants ne sont pas
des personnes exceptionnelles, des athlètes
de la prière. Elles ont tout simplement
résolu de faire de manière
extraordinaire les choses les plus ordinaires.
Centrées sur l’essentiel, sur le moment
présent qu’elles vivent
intensément. Comme ces enfants auxquels
Jésus de Nazareth réfèrent si
souvent pour expliquer qui peut participer au
Royaume (Mc 10, 13-16; Lc 18, 15-17).
Ces personnes qui
leur ressemblent sont celles qui ont gardé
leur sens de l’émerveillement, leur
capacité de reconnaissance devant la vie donnée. Humant le moment
présent en le dégustant sans devoir
se préoccuper d’hier qui n’est plus et de
demain qui n’est pas encore. Leur vie est un
continuel printemps : un hymne à
l’amour de la vie. Profondément
ancrées dans l’instant présent,
elles ne déchantent pas au premier
obstacle, au premier échec, à la
première épreuve. Elles rebondissent
et trouvent les solutions appropriées.
Habituées à garder le silence, la
réflexion devient plus aisée et plus
aidante. Elles ont tout simplement quelques atouts
de plus que d’autres personnes, fruits de la
méditation biquotidienne. Le printemps est
synonyme de bouillonnement, d’éclosion, de
croissance, de poussée vers l’avant. Des
personnes méditantes sont apparemment et
paradoxalement engagées dans la vie
courante de toutes leurs forces : pensons
à Mahatma Gandhi, à Teresa de
Calcutta, Jean Vanier. Que faut-il alors
comprendre?
C’est que plus nous
avons une vie engagée, plus nous assumons
d’importantes responsabilités, plus des
moments d’arrêt s’imposent au quotidien. La
qualité des projets, de leur
résultat, se mesure souvent à
l’aulne des temps de silence qui les renforcent,
les précisent, les élèvent.
Un peu comme ces silences incontournables en
musique pour tout compositeur. Si la vie du
printemps est exaltante, la vie des
méditantes et des méditants est
inspirante. On apprécie toujours des gens
tranquilles, calmes et sereins. Dans les moments
pénibles d’une vie, on fait appel à
leurs services On les sait capables, on les sent
prêts à intervenir judicieusement et
adéquatement. Ils ne sont pas
supérieurs. Bien au contraire. Mais du
printemps de leur vie qu’ils ont
décidé, ils vivent maintenant un
printemps perpétuel qui est une symphonie
gracieuse, harmonique, stimulante,
créatrice, lumineuse. Ils gèrent les
difficultés sans se décourager.
Décide par
toi-même et pour toi-même de renaître, c’est-à-dire
de connaître un nouveau printemps dans ta
vie. Tu seras époustouflé(e) du
résultat. Un grand spirituel contemporain,
Maurice Zundel, affirme dans ses écrits que
ce n’est pas la première naissance qui est
la plus difficile, celle que nos parents nous ont
donnée, préfabriquée. C’est
la seconde, la plus déterminante, car je
dois personnellement m’arracher
à la première pour devenir
moi-même en plénitude. Renaître
à moi-même, me découvrir dans
la vérité de qui je suis pour me
lever et aller vers… (L’enfant prodigue du texte
de l’évangéliste Luc re-naît :
Lc 15,11-32). On comprend ici le malheur de
celles et ceux qui s’apitoient sur leur
passé, rendant responsables tantôt
leurs parents, tantôt certains membres de la
famille ou de leur entourage immédiat. Ce
sont des victimes perdantes. Nous sommes
nés pour devenir des vainqueurs, des
re-né(e)s gagnant(e)s. Relis le passage du
dialogue entre Jésus et Nicodème (Jn
3, 1-21).
Fais-toi ce cadeau
inestimable. Il n’y a pas d’âge pour
RE-NAÎTRE.
Yvon R. THÉROUX
yvonrtheroux@hotmail.com
La vie
spirituelle doit aussi franchir des
étapes de croissance
Étymologiquement le
spirituel indique dans un premier temps, et littéralement, ce qui
relève de l’esprit humain. Or l’esprit humain
exprime diverses dimensions de sa recherche
tantôt intelligente tantôt cordiale. Il
soulève de nombreuses questions pour
étancher sa soif de connaître, sa
quête de sens. Les moyens pour la dire
prennent des chemins correspondant aux talents de
chaque personne : musique, arts de la
scène, peinture, sculpture,
littérature, cinéma, calligraphie et
tant d’autres. Des personnes se situent dans un
cadre qui fait de l’humanité la
référence première. Elles y
consacrent temps et énergie pour des causes
qui relèvent de la justice, de
l‘équité, et s’engagent au plan
politique, économique ou social. D’autres,
bien incarnées dans ce premier cadre, se
réfèrent aussi à une ou l’autre
des formes de transcendance qui marquent de tout
temps les cultures et les civilisations : des
sagesses comme le confucianisme, la philosophie du
bouddhisme sont au rang des spiritualités
séculières. Les multiples
monothéismes vécus par des juifs, des
chrétiens ou des musulmans ou encore des
sikhs réfèrent
au divin. Que la spiritualité, avec ou sans Dieu, soit manifeste de nos jours,
cela va de soi. Mais chacune, comme toute dynamique
du vivant, connaît des phases
évolutives.
Paul Evdokimov1,
se référant à la psychologie
des religions, cerne clairement trois étapes
franchies successivement par toute personne qui fait
l’expérience spirituelle. La
première, pré requise aux deux autres,
est « l’unité préliminaire
de l’être humain, fragile et instable2. »
J’ai
déjà fait allusion qu’au cœur de la
méditation, se recueillir voulait d’ores et
déjà signifier faire l’unité
intérieure, se ramasser, s’unifier du dedans.
Une fois cette première étape
réalisée, il devient plus
évident que la préparation au combat
est ajustée.
Car la deuxième
étape se présente
sous « le conflit aigu entre le
spirituel et
l’empirique3 »
c’est-à-dire cette
nécessité déconcertante de
l’esprit scientifique d’exiger des preuves
indubitables pour tout, et ce par quoi seulement
tout vaut…autrement on se confine dans la
supercherie. Heureusement les sciences mesurent
depuis récemment le non absolu de leur dogme.
Et comme toute croissance, il y a celle,
déterminante et incontournable, de
l’intégration.
L’intégration
finale : c’est là que je fais mienne une
certaine vision de l’Univers, de l’Humanité.
J’y choisis des valeurs à partager, des
combats à mener, des débats à
tenir dans le respect et l’authenticité de
tous. Je suis vrai avec moi-même et avec les
autres. J’ai l’envie très grande de
crier : « I feel great ».
Mais qu’est-ce qui a déclenché tout ce
processus?
Un
événement marquant dans ma vie qui se
nomme « conversion ».
Laquelle
est
le
produit
d’une
rencontre,
d’une
lecture,
d’un
échange…dont
le
contenu,
quel
qu’il
soit,
m’a
orienté
vers
une vie nouvelle. Bien sûr qu’elle a
exigé des retournements décisifs, mais
elle a aussi transformé tout mon être
en le dynamisant dans la joie et la lumière.
Et je m’accepterai désormais tel que je suis
– ce qui, au passage, est tout un défi-. Car
dans la vie spirituelle, l’acte le plus exigeant ne
saurait être autre que l’acceptation de
soi-même.
« Celui
qui
se voit tel qu’il est, est plus grand que celui
qui ressuscite des
morts. » Saint
Isaac le Syrien, dans Sentences.4
1 Paul
EVDOKIMOV, Les âges de la vie
spirituelle. Des Pères du désert
à nos jours, Paris, DDB, 1964.
2,3 Idem, p.66. À lire,
les pages 59 à 69.
4 Idem,
p.68.
Yvon R. THÉROUX
yvonrtheroux@hotmail.com
Rompre
avec
ce
que
je
fus
et
ce
qui
a
été
est le propre de la vie spirituelle
Le nouvel An est une
fête universelle, un des plus vieux
rituels de toutes les sociétés. Il
marque la fin d’un temps et introduit
simultanément à une nouvelle
période de la vie. Nouvelles
résolutions, regard neuf, souhaits de
toute sorte : c’est dans la joie que se
fête le nouvel An. La vie spirituelle
partage quelques similarités avec ce temps de renouveau.
Incarnée profondément dans la vie
humaine, elle ne saurait s’en dissocier. Elle
veut faire aspirer les êtres humains au
meilleur de ce qui les habite. Mais ce n’est
jamais sans obstacles ni difficultés.
Les Mères et les
Pères du désert reconnaissent en
effet trois volontés qui se confrontent
dans la dynamique de la vie spirituelle :
la 1ère est celle de Dieu qui
appelle l’humain, l’invite à le
rencontrer librement pour lui faire
connaître le bonheur d’être. La 2e
volonté est celle de l’humain, un
être fragile et instable, parfois si
indifférent à ce qui le
dépasse qu’il devient prisonnier de
lui-même, prisonnier de l’illusion de
s’autosuffire en tout et partout. La 3e
est une expression du Malin (si symbole,
symbolique en grec signifie unir, unifier,
rassembler, son contraire, le diabolique,
exprime radicalement la séparation, la
désunion, la division). Imposition
fortuite d’une présence qui soumet
l’humain, le rend esclave et peut même
l’entraîner à sa perdition. Qu’y
a-t-il à dire de ces trois
volontés?
Concernant le sujet divin de la
vie spirituelle, il y a très peu à
dire : « …il convient
plutôt de se taire et de le
vénérer par le
silence. » (Mt 16,37;
Éph 2,8; Jn 14,23).
L’élément démoniaque
constitue l’obstacle (1 Pi 5,8;
Éph 6, 11. L’humain aura donc à se
battre, à demeurer vigilant. L’enfant
prodigue (Lc 15, 17-20) comprendra, dans
l’ultime effort d’éviter la
dérive : « Rentrant alors
en lui-même, il se dit :…j’irai vers
mon père…il se leva donc et alla vers
son père ». Un acte salvateur qui place l’agir
humain dans l’agir divin. Il y a naissance
d’un jeune homme nouveau. Il n’est plus
seul, isolé et prisonnier de
lui-même.
Revirement entier, changement
profond, tourner le dos à ce que je fus
et à tout ce qui a été la
trame de ma vie, voilà la rupture
définitive imposée par une vie
spirituelle bien incarnée dans l’ici et
maintenant mais qui épouse l’Esprit du
divin et abandonne l’esprit du monde et toutes
ses convoitises. L’humain se
divinise tout comme le divin est devenu humain
(Incarnation). Cette nouvelle vie n’est
en
rien une même vie à laquelle
on ajouterait quelques pratiques religieuses,
quelques lectures et attitudes pieuses. Un
combat contre soi-même. Se faire violence
pour faire émerger le meilleur de
soi-même. Passer de la mort à la
vie en plénitude. Ressusciter
dès maintenant, ici dans le cours
de ma vie. Cela me rend meilleur pour
moi-même et pour les autres.
C’est un combat continu,
soutenu, de tous les instants de la vie
spirituelle (lire Lc 9,62). Rares sont les
chrétiennes et les chrétiens
authentiques qui assument les exigences
évangéliques, car pour cela il
faut avoir décidé à temps
et à contretemps de se lever et de
marcher vers…
Que cette année 2009
devienne une étape décisive de ce
que je veux être et devenir…en acceptant
le défi de rompre avec ce que je fus
jusqu’ici et avec tout ce qui a meublé ma
vie sans jamais rassasier réellement ma
soif de bonheur et de joie exaltante.
Yvon R. THÉROUX
La lumière
est la puissance
même du silence
"On ne doit tuer, ni
maltraiter, ni injurier
ni
tourmenter, ni pourchasser aucune sorte
d'être vivant, aucune espèce de créature,
aucune espèce animale, ni aucun être d'aucune
sorte.
Voilà le pur, éternel, et constant
précepte de la religion,
proclamé par les sages qui comprennent le monde."
Ayaram Gusatta, moine jaîn (VIIe siècle avant
notre ère)*
Décembre est
un mois de lumière non seulement à cause du
solstice d’hiver mais bien plus à cause
d’événements que nombre d’humains portent en
leur mémoire et dont ils veulent partager le
souvenir vivant. La journée du 10 décembre
est celle des Nations Unies en faveur du respect des
droits humains dans le monde. Elle évoque le silence rédempteur de toutes celles
et de tous ceux qui subissent l’affront
éhonté d’autres humains
qui veulent s’accaparer les richesses naturelles de
leur territoire, saccager leurs propriétés,
éradiquer leurs valeurs culturelles et
spirituelles. Nous savons tous que garder le
silence sur ces faits réels qui
relèvent de la politique et de l’économie de
marché à l’échelle mondiale fait de
nous des complices. Mais les
petites voix qui s’élèvent à cette
occasion sont la lumière de
l’espoir. Elles ne sont pas couvertes par la
toute-puissance médiatique. Mais tous les petits
pas faits dans la direction de la lumière brisent le silence
et redonnent vie. L’onde lumineuse est aussi paradoxale.
Du 22 au 29
décembre, dans le monde juif, c’est
Hanoukkah : fête de lumière et souvenir
de la dédicace du Temple profané en 164
avant notre ère. Une grande souffrance qui a vaincu
l’ennemi dans le temps. Désespérer? C’est un
mot que ce peuple ignore. Les pires ténèbres
se dissipent quand on alimente une lumière
intérieure faite d’espoir et de
détermination, de courage et de foi
inébranlable. Le silence des
années, voire même des siècles,
dégage une puissance de transformation qui
reconfigure l’histoire de l’humanité.
Ainsi en est-il de la
grande fête de la naissance de Jésus
commémorée dès le 24 décembre
au soir. Une arrivée bien discrète dans cet
univers. Curieusement, c’est la lumière
d’une étoile silencieuse qui va orienter les
premiers témoins. Le silence des
Mages viendra à bout de la puissance
d’Hérode. Toute la longue préparation de
Jésus à une vie publique tumultueuse se fera
dans le silence du petit village de
Nazareth. Lieu si peu séduisant qui ne devait
jamais faire surgir de personnalités
célèbres!. Le silence fut
la meilleure arme de ce prophète juif reconnu comme
messie par plusieurs, et ses paroles et gestes avaient le
don d’illuminer les cœurs et les esprits
de gens de son temps…et cela demeure vrai encore de nos
jours.
Si le 29 décembre
est le nouvel An musulman 1430, le 1er
Muharram, c’est dire la joie du recommencement et
l’espérance de vivre plus lumineusement
l’année qui émerge du silence
des âges. Le même jour, en Iran, on
commémore la mort de Zarathoustra (Zartusht-no
Diso), ce grand réformateur de l’ancienne religion
perse, le mazdéisme. Grande religion qui fit la
lumière – avant même les grands traditions
monothéistes – sur des concepts
comme la résurrection, une vie au-delà la
mort, les anges comme messagers. Et je ne peux passer sous
silence la fête mahayana de l’éveil de
Gautama devenu Bouddha (Éveillé) sous
l’arbre de l’illumination, le
8 décembre. Ce même jour les catholiques
soulignent la fête de Marie, manifestation de la
résistance puissante au Malin (Immaculée
Conception) dans le silence de son cœur.
Un mois de lumière
et d’expressions multiples de la puissance qui
connaît ses grandeurs et ses misères chez
l‘humain. Puissance de l’auteur de toute création
qui a besoin des humains pour se manifester à la
face de la
Terre, en toute lumière.
* Citation choisie par
Jean-Claude BASSET, calendrier interreligieux septembre
2007 – décembre 2008.
Yvon R. THÉROUX
yvonrtheroux@hotmail.com
L’écologie du
silence
« Le silence
se meurt; le bruit prend partout
le pouvoir; c’est la seule calamité
écologique
dont personne ne parle, et c’est pourtant l’une
des plus désastreuses. »
Alain Finkielkraut
Je fus
étonné récemment de la position
prise par certains écologistes concernant les
cimetières dans les grandes villes. À
leur dire, ces emplacements polluent. Je ne vois pas
en quoi et j’avoue mon ignorance. La question qui me
vient immédiatement en tête est la
suivante : qu’est-ce qui pourrait bien
remplacer ces espaces verts
généralement ornés d’arbres
matures, de fleurs et de verdure? Ces lieux que
visitent de nombreuses personnes comme un
pèlerinage dédié aux
ancêtres. Ces lieux qui, une fois
l’entrée franchie, offre tranquillité
et paix, silence et sérénité.
Je reste convaincu que ces « parcs du
souvenir » sont encore plus
appropriés pour s’évader
momentanément de la cacophonie urbaine que
tous les autres parcs connus qui obligent souvent la
vigilance policière pour en assurer la
sécurité. Peut-être a-t-on plus
peur du silence (et de la mort) que je ne le
soupçonnais jusqu’ici.
Il est vrai que le
silence est éminemment menaçant pour
toute personne humaine.
Il
contraint à la réflexion, à
l’introspection, il conduit à la dimension
intérieure de l’être humain qui
soulève un questionnement ininterrompu sur
l’essentiel. Ce n’est pas du tout reposant. C’est un
travail qui draine beaucoup d’énergie. Il
comprend, au surplus, quelques risques bien
identifiables.
Le premier risque c’est
un changement d’orientation de la part de la
personne. Ayant remis en question ses valeurs, sa
façon d’exister pour mieux vivre et vivre pleinement, elle se
tourne résolument vers un présent
totalement assumé et un avenir bâti
avec de nouveaux matériaux. Un regard neuf et
renouvelé. Il est d’ailleurs
intéressant de comprendre pourquoi des
personnes ayant fait une expérience de mort
imminente (EMI) change radicalement le cours de leur
vie et que plus rien n’apparaît comme
auparavant. Une analogie fort
révélatrice : certaines personnes
plongées dans un silence profond
et qui reviennent à la pleine conscience ont
« appris »
des réalités éminemment
importantes. Elles les intègrent volontiers
à leur vie qui continue mais qui se
métamorphose de manière incomparable
et incommensurable.
Un deuxième
risque, c’est de devenir quelque peu
« étranger » aux yeux
de beaucoup de personnes de l’entourage
immédiat. Le changement subit
désoriente. On était tellement
habitué à voir
cette personne de telle
ou telle façon. Passer d’une perception
superficielle à une relation qui oblige
à voir autrement, c’est devoir
reconnaître des dynamismes de la vie
intérieure qu’ignorent trop de
personnes. C’est en effet plus facile, plus
aisé, plus « cool »
d’être comme tout le monde et d’être –
comme on le répète souvent – de son
temps. Durant cette mutation sévère
que nous traversons comme société et
comme civilisation, je ne m’étonne plus de
cette soif de silence de tant de
personnes de tous les âges. Elles vont à
contre-courant…et cela est fort
révélateur.
Yvon R. THÉROUX
Dans la vraie vie, méditer donne-t-il des
résultats ?
La
recherche scientifique contemporaine s’intéresse
à cette question justement. Un film de l’O.N.F. du
Canada reprend à son compte divers résultats
des neurosciences analysant les effets physiologiques de
la pratique méditative : Le
cerveau mystique(1). Les recherches
états-uniennes sont antérieures , mais
toutes confirment certains résultats similaires. Et
cela s’applique quelle que soit l’approche
méditative de l’une ou l’autre des traditions
religieuses concernées, y compris aussi les
approches séculières de la
méditation. D’ailleurs, un certain nombre de
méditantes et méditants s’applique à
cette discipline pour des retombées personnelles,
étrangères aux fruits escomptés dans
un contexte spirituel ou religieux.
Si la méditation
devient un outil efficace pour gérer le stress,
renforcer la mémoire, retrouver une meilleure
concentration, on peut comprendre l’intérêt
grandissant de nombreuses personnes, surtout si des
confirmations scientifiques abondent en ce sens. Il faut
cependant être prudent devant certaines
écoles de méditation qui semblent promettre
mer et monde à des clients soucieux de
résultats rapides, efficaces et efficients
moyennant des sommes d’argent non négligeables.
La méditation authentique,
séculière, spirituelle ou en contexte
religieux s’accommode mal du prêt à mesurer
sur demande. Elle fait partie d’un apprentissage exigeant.
Tout aussi exigeant que le jeune athlète qui se
voit honoré(e) par un trophée ou une
médaille suite à des années
d’entraînement physique, de régime
alimentaire strict et d’horaire équilibré
entre la vie d’étude, la vie sociale, la vie
amoureuse et la pratique d’un sport choisi. La méditation n’a pas de lien avec la pensée magique.
Simple, bien sûr, mais elle demeure une discipline
exigeante. Toute personne qui médite demeure
perpétuellement une débutante. Car on
reprend à chaque fois l’effort soutenu et continu
d’un même cheminement répétitif et
renouvelé.
On ne
médite pas en vue de se mettre en vedette.
Résolument non ! Pour
se convertir à l’essentiel ?
Assurément. Ce qui veut dès lors signifier
un changement intérieur profond. Le diamantaire
qui a entre les mains une pierre précieuse
à l’état brut va la ciseler, la travailler
facette après facette, la polir jusqu’à ce
qu’en jaillisse toute la valeur intrinsèque. Elle
a un grand prix.
Oui, la
méditation apporte des fruits. Ce qui reste
étrange, c’est que souvent ce sont des personnes
de l’entourage, parents et ami(e)s d’une personne
méditante qui découvrent ces fruits. Elles
vont exprimer des changements subtils mais vrais
opérés chez cette personne sans
connaître la source de ces résultats qui ne
mentent point.
On dira d’elle
qu’elle est plus calme, plus pondérée,
plus sereine. Qu’elle juge moins les autres
qu’auparavant. Elle est plus réfléchie.
Elle intègre mieux son travail professionnel
à ses responsabilités familiales. Elle est
moins superficielle et moins attachée aux
apparences. Elles reprennent les fruits décrits
par Saint Paul – nous y reviendrons le mois prochain –
mais sans le savoir. Car une personne humaine debout et
qui rayonne de joie constitue un préalable avant
même de s’identifier comme juive,
chrétienne, musulmane, hindoue, bouddhiste etc.
(1) Résumé
Peut-on faire la lumière sur les
états de grâce vécus par les
mystiques et les personnes en état de
méditation? Dans Le cerveau mystique,
la documentariste Isabelle Raynauld fournit l’occasion
d’accéder au coeur du chapitre le plus
récent de la recherche scientifique portant sur
ce phénomène.
Des carmélites et des moines bouddhistes ont
accepté de se prêter à
l’expérience. « Je suis convaincu que la
nature bouddhique se trouve quelque part dans le cerveau
», déclare le Dalaï-lama, chef
spirituel des bouddhistes tibétains. Le film nous
présente, notamment, les travaux exploratoires
d’une équipe de l’Université de
Montréal.
L’extase mystique serait une expérience
profondément transformatrice. Elle pourrait
contribuer au mieux-être psychique et physique des
êtres humains et permettre de soigner la
dépression ou d’accélérer la
guérison des patients qui allient la
méditation aux traitements médicaux
classiques.
Professeure de cinéma, Isabelle Raynauld est une
documentariste chevronnée et une
scénariste reconnue. Production Colette
Loumède. Maison
de production Office national du film du Canada
2006, 52 min 15 s (extrait
du site suivant :
http://www.onf.ca/collection/films)
Ne pas confondre relaxation et méditation
Étonnant, dirons plusieurs, de voir surgir un
peu partout un tel engouement pour la méditation à
notre époque. On constate qu’à chaque
période, variable dans le temps, marquée par une
profonde mutation culturelle et des chambardements
économiques et politiques majeurs, correspond
l’émergence de courants alternatifs qui viennent, en
contrepoids, assurer un équilibre salutaire. Parfois, on
a l’impression que les dimensions du sacré, du spirituel
et du religieux s’estompent au point de laisser croire à
leur disparition quasi totale et définitive. Dans toutes
les cultures et civilisations du passé on peut observer
des cycles récurrents. Il y a effectivement des mouvances
et des déplacements de ces dimensions. Des disparitions,
assurément, mais de nouveaux surgeons apparaissent sous
de nouvelles formes. De toute manière, chaque
génération doit adopter pour ses besoins
spirituels manifestes, des récits, des rites et des
règles qui répondent à ses aspirations
authentiques tout en les adaptant à la culture propre de
son temps.
J’observe parfois que des exercices de relaxation dans
certaines écoles du primaire ou du secondaire sont
confondus avec la méditation. On veut aider le jeune
à apprendre à gérer son stress, à
retrouver une zone de confort intérieure faite de
tranquillité et de paix. Ces efforts sont dignes de
mention et on doit les encourager. Mais, dans le contexte de la
méditation, ils correspondent davantage à un stade
préparatoire à celle-ci. Bien sûr qu’il faut
obtenir une immobilité extérieure qui permettra
d’accomplir progressivement l’immobilité
intérieure. C’est pourquoi toutes les formes de
méditation font appel également au corps, à
l’esprit, voire même au cœur. La posture du corps a son
importance. Le dos bien droit, perpendiculaire, les pieds bien
ancrés au sol, les mains déposées sur les
cuisses. Ensuite on ferme lentement les yeux. Dans la
méditation chrétienne selon Dom John Main,
bénédictin, il est question de s’affranchir de
toutes les pensées, idées ou images pour
concentrer son esprit – avec la plus grande attention
possible (relire la chronique L’attention comme boussole indispensable dans
ma vie ) sur le seul mot prière ou
mantra : MARANATHA (mot
araméen dans la langue maternelle de Jésus de
Nazareth, que l’on trouve dans la Lettre de Paul aux
Corinthiens, 16, 22 et dans Apocalypse 22,20 et qui se veut un cri
du cœur, un appel de tout notre
être : Viens Seigneur !).
Il
faut
demeurer détendu mais vigilant. Pendant les vingt minutes
qui suivent un court extrait musical, me préparant ainsi
à l’immobilité intérieure, écouter l’écho du mot
prière MARANATHA qui se dit au plus profond de mon
être dans un silence extrême. Ce vingt minutes, matin
et soir, est un véritable cadeau que je me fais à
moi-même : je me réserve un espace pour me recueillir (faire l’unité de mon
être), attentif et silencieux,
pour l’écouter Lui se dire à moi tel
qu’Il est. C’est, en quelque sorte, provoquer en moi
l’éveil à l’essentiel. Pour y arriver, il faut
éviter des attentes particulières (extraordinaires,
spectaculaires ou inédites). Ne pas évaluer son
temps de méditation, ni soi-même par
conséquent. Finalement, persévérer à
temps et à contretemps. Une discipline simple mais combien
exigeante. Comme l’alpiniste qui veut arriver au sommet
malgré tous les obstacles rencontrés en cours
d’ascension.(1)
Yvon R. Théroux (yvonrtheroux@hotmail.com)
(1) Roger Frison-Roche,
Premier de cordée, Grenoble, Arthaud, 1942. Un roman lu alors que j’avais 18
ans et qui a marqué ma vie. Un classique qui inspire
toute personne à aspirer à plus que ce qu’elle
croit être.
L'histoire
Premier de cordée
parle d’un jeune homme, Pierre Servettaz, qui vit à
Chamonix dans les années 1930-1940. Le garçon
aimerait exercer la même profession que son
père : guide de montagne. Il est en formation
d'hôtelier et se prépare à passer l’examen
de guide. Quand un jour lors d’une escalade son père est
foudroyé au sommet de la montagne, Pierre décide
d'aller récupérer le corps de son
père : accompagné de ses amis il se lance
donc dans une escalade périlleuse. Pendant cette escalade
il manque d’y laisser sa vie en tombant d'une falaise. Quelques
mois plus tard, après s’être remis de sa chute
Pierre découvre qu’il a le vertige. Il décide de
surmonter cette peur et de devenir guide en l’honneur de son
père. (Voir encyclopédie Wikipédia en
ligne).
Éthique et culture religieuse :
quand il est question de prière et de méditation
L’implantation
de ce nouveau programme dès le mois prochain
permet d’y trouver des richesses
insoupçonnées. Ainsi, à la
référence suivante Éthique
et culture religieuse, Primaire, Version
approuvée, Gouvernement du Québec,
Ministère de l'Éducation, du Loisir et du
Sport, Direction générale de la formation
des jeunes, Direction des programmes, Québec, le
27 août 2007, p. 71, nous pouvons y lire,
concernant le deuxième cycle du primaire, dans
les éléments de contenu, sous le titre Des
pratiques de prière et de méditation
des réalités importantes issues de
diverses traditions religieuses. Il y a un accent
porté sur les aspects externes de la
prière et de la méditation. Pour enrichir
ce chapitre il faudrait distinguer, minimalement, les
grands types de la prière.
Il y a bien
sûr la prière orale, récitée
ou psalmodiée, parfois même chantée.
Elle est souvent contenue dans diverses formules,
tirées des Livres sacrés ou produites par
des auteures réputées ou des auteurs
reconnus. Elle est facilement accessible à toutes
et tous. Les enfants, dans toutes les traditions
religieuses, les apprennent de bon cœur dans le circuit
familial ou celui de la formation religieuse dans leur
communauté d’appartenance.
Intégrées à leur vie, ces
prières apprises reviendront selon un rythme que
va scander la foi vécue.
Puis la
prière liturgique qui préside les grands
rites, les fêtes à caractère
religieux, les rassemblements de croyantes et de
croyants. Elle est essentiellement communautaire,
empreinte de symboles, de paroles solennelles et
dirigée par une femme ou un homme selon la
tradition religieuse ou un de ses courants internes.
Plus généralement, on identifie la
prière liturgique aux grands rites de passage
(naissance, maturité sociale ou/et religieuse,
mariage et mort).ou lors de grandes fêtes
marquantes d’une tradition religieuse spécifique
(Fête du Nouvel An, fête de la
Lumière, fête du Pardon
etc.).
Enfin, la prière
contemplative ou méditation. Dans certaines
traditions, la méditation est le fondement
même de son existence (bouddhisme, soufisme) ou
une voie privilégiée parmi d’autres (
hindouisme/yoga). Dans certaines autres, elle fut en un
temps, fort présente et accessible à
toutes et tous.. Puis elle disparut pour se cantonner
auprès de groupes précis (moniales
chrétiennes et moines chrétiens). Au
tournant du XXIe siècle,
des traditions retournent aux racines de leur histoire
et redécouvrent cette forme de prière
contemplative ( judaïsme et christianisme : Méditation
juive. Guide pratique1 ; Tsimtsoum.
Introduction à la méditation
hébraïque2.
Méditation
chrétienne dans le sillon de John Main, moine
bénédictin (consultez les sites web www.meditationchretienne.ca, www.
meditationchretienne.org et www.wccm.org), la
méditation hésychaste des Églises
orthodoxes (consultez le site web suivant : www.centre-emmaus.qc.ca). Voici un
troisième et dernier exemple, le Centering
Prayer avec le moine cistercien Thomas Keating (www.centeringprayer.com); une communauté francophone
de ce type de méditation existe à
Sherbrooke avec l’abbé Bernard Dionne.
Des personnes voulant retourner
à leur tradition religieuse originelle –
après une absence plus ou moins
prolongée - y reviennent par la porte
discrète et silencieuse de la
méditation. Les communautés de
méditation se
caractérisent par leur accueil chaleureux,
celui du regard attentif plus que de la parole3.
Ce ne sont pas prioritairement des groupes sociaux.
Ces personnes forment une communauté
soucieuse d’accompagner chacune et chacun dans
l’effort d’unité intérieure
(recueillement), d’attention
intériorisée, de silence et
d’écoute du « Tout
Autre » qui habite le tréfonds de
chaque être. Souhaitons des collaborations
assidues entre les enseignantes et enseignants de ce
nouveau programme et leurs collègues,
animatrices ou animateurs à la vie
spirituelle et à l’engagement communautaire.
Ce n’est pas un programme pour la performance
d’érudition, mais surtout pour une
compréhension cordiale et
expérientielle du phénomène
religieux, de la contribution des traditions
religieuses à l’éthique, et la
formation au dialogue interculturel et
interreligieux. Quant
aux communautés confessionnelles qui
président à la formation religieuse de
leurs fidèles, petits et grands, elles
auraient avantage à maîtriser ce
programme, ne fut-ce que pour s’ouvrir à la
fécondité du dialogue dans le respect
intégral des autres et pratiquer la
« Règle d’or » que l’on
retrouve manifestement exprimée dans tous les
écrits de traditions philosophiques et
religieuses : « Fais à autrui
ce que tu voudrais qu’il te soit fait ».
Yvon R. Théroux
- L'écoute,
une clé
d'ultime compréhension de soi-même, des autres
et du "Tout autre".
Entendre est
le propre de l'ouïe, un sens relativement
développé chez les humains. Avec certaines
variables d'intensité selon les individus. On ira
même jusqu'à qualifier des habilités
liées à l'ouïe. Telle personne a "l'oreille
musicale"; une autre capte des sons quasi inaudibles pour la
majorité; une personne ainée est "dure d'oreille"
et cela devient un handicap.
Au sens figuré, on dira d'un individu qu'il n'entend rien de ce que je
lui dis ou que je tente de lui expliquer. L'émotion
n'aura pas d'oreille pour entendre
raison. Un être humain perçu comme très
rationnel n'entend pas
ce que le coeur veut exprimer. En définitive, on entend ou pas pour des
raisons physiologiques ou à cause de motifs
psychologiques qui peuvent induire des blocages empêchant
d'entendre. Bref, il y
a des surdités qui ne sont pas d'ordre physique. N'y
a-t-il pas plus sourd que celle ou celui qui ne veut pas entendre?
Écouter, est-ce
différent?
L'écoute
est la résultante d'un apprentissage exigeant et n'est
pas nécessairement liée à l'organe de
l'ouïe. Je vais évoquer dès maintenant le cas
de Beethoven, ce grand musicien frappé par la
surdité à l'âge de 32 ans, au sommet de son
art, et qui pourtant composera des oeuvres grandioses:
d'exceptionnelles sonates pour piano (notamment la Tempête
et la Chasse, opus 31), la deuxième et la
troisième symphonie - l'Eroïca - et bien d'autres.
Beethoven aimait dire qu'il composait ses pièces
musicales en écoutant
intérieurement des partitions qui se
révélaient à lui.
L'écoute
intériorisée est du même type que
le "révélateur" en photographie: progressivement
se manifeste avec force et détails ce qui était au
départ flou et indescriptible. La configuration devient
nette et précise et enchante l'oeil de l'artiste ou
l'oreille du musicien. L'écoute
peut permettre de se découvrir soi-même
intérieurement au-delà des apparences, des images
et des clichés.
C'est qu'elle met en branle la réflexion, la
pensée. L'écoute
ne s'alimente guère du superficiel. En revanche, elle
nourrit les racines de notre être essentiel, abreuve le
terreau qui nous singularise et syntonise avec justesse la
vérité de qui je suis foncièrement. Elle
m'aide grandement à me découvrir tel que je suis.
Les gens d'écoute
sont ces personnes qui ont pratiqué l'écoute attentive
d'elles-mêmes. Elles sont généralement
reconnues pour leur grande capacité à percevoir,
voir, comprendre, saisir même le langage non verbal (sans
sonorité). Peu bavardes, ces personnes d'écoute. Bien
appréciées par les gens qui vivent une remise en
question, une forme ou l'autre de peine, de souffrance ou de
détresse et qui se confient à elles. Souvent
silencieuses, toujours attentives, elles ont réussi leur
propre bilan de vie en écoutant vivement ce qui se passe
intérieurement.
L'écoute
est le quatrième et dernier ingrédient de la
méditation qui me dispose à l'écouter Lui,
le "Tout Autre" qui habite le tréfonds de mon être.
En m'affanchissant, au surplus, de toutes les idées,
conceptions ou images sur Dieu que je véhicule depuis
parfois trop longtemps, je me dispose, au coeur de la
méditation, à L'écouter pour qu'il se
révèle à moi tel qu'Il est.
Le Credo, le "je crois" de la tradition juive
débute par ces mots révélateurs;
"Écoute Israël", souviens-toi de ce qu'a fait
Yahvé pour toi. Dans le livre du Deutéronome, le
passage suivant est fort explicite:
"Fais silence et
écoute, Israël. Aujourd'hui, tu es devenu
un peuple pour Yahvé ton Dieu.
Tu
écouteras la voix de Yahvé ton Dieu, et
tu mettras en pratique les commandements
et les lois que je te prescris aujourd'hui." (Dt
27, 9-10)
Reprenons à notre compte ce passage en nous
remémorant tout ce qu'Il a fait pour nous, et
écoutons en silence sa voix dans bruissement de la brise
légère (Élie). Méditons.
Yvon R. Théroux
Je consulte les site suivants: http://www.wccm.org
(Communauté mondiale de la méditation
chrétienne)
http://www.unitasmeditation.ca
(Un centre oecuménique de méditation
chrétienne et de spiritualité)
http://www.interbible.org
(Écouter les Écritures avec l'intelligence et le
coeur)
www.meditationchretienne.ca
- Le
silence,
l’ingrédient d’un mode d’être tout
à fait étrange!
Jusqu’ici j’ai
réfléchi avec toi sur le recueillement et
l’attention dans le cadre de l’expérience
d’intériorité. Mais les deux deviennent
possibles qu’avec le silence! On peut spontanément
penser que le silence est d’abord absence de bruit. Ce
n’est pas du tout faux mais c’est incomplet. Si le silence extérieur évoque un
lieu ou un temps de sérénité, de paix
et de tranquillité, il est certes désirable
pour ponctuer le rythme de nos vies dans la farandole de
nos nombreuses activités. Mais lorsqu’il est
question du silence intérieur,
c’est traiter d’un tout autre aspect. Partons de
l’enseignement de John Main, ce moine
bénédictin qui a réintroduit la
prière contemplative (ou méditation) pour
toutes et tous, de 1977 à 1982 à
Montréal même. Il insiste avec vigueur sur le
silence que j’oserais qualifier d’extrême. Non pas
que le silence peut être absolu – au contraire, il
ne peut l’être -! Je pense plutôt à ses
consignes quand il nous invite courageusement à
nous affranchir de toutes les pensées, images,
fantasmes durant les 20 à 30 minutes de la
méditation.
Certaines
personnes
ne comprennent pas que John Main incite aussi les
méditantes et les méditants à se
libérer des images et des idées
concernant Dieu lui-même. Jongler avec mes
idées de Dieu ou sur Dieu, avec mes images que je
me fais de Lui depuis ma tendre enfance, voilà
bien, au même titre que mes occupations et
préoccupations quotidiennes, des sources
sûres de distraction. Les autres formes de
prière, orale et liturgique, se réalisent
par et dans la parole, le
chant, la demande, l’action de grâce. La
prière contemplative ou méditation est d’un
genre différent. Si je me sais habité(e) par
Dieu, je dois créer un espace de silence
extrême, pour le laisser se dire à moi
et me laisser la pleine liberté intérieure
de l’écouter, simplement l’écouter pour le
saisir dans sa réalité et non comme je
l’imagine.
John
Main
signale souvent que la méditation chrétienne
est d’une grande simplicité, et il rajoute
sur-le-champ, d’une grande exigence aussi. En fait, la
difficulté majeure provient du silence
intérieur à réaliser. C’est
l’ingrédient primordial pour se disposer à
l’écoute, et j’en traiterai au mois de mai
prochain. C’est un mode d’être qui nous est peu
familier. De tous les temps, d’hier à aujourd’hui,
le silence intérieur
apparaît étrange. Il a quelque chose de
bouleversant sans qu’il opère par des
manifestations extraordinaires. C’est d’ailleurs pourquoi
il ne faut pas avoir d’attentes quand on
médite : ni rien de merveilleux, ni rien de
miraculeux, ni rien, au surplus, de magique. La
simplicité, liée au silence
intérieur, opère de façon
imperceptible, gré à gré. Ce sont
souvent les proches de l’entourage immédiat de
l’individu méditant qui constatent de légers
changements positifs , constructifs et constitutifs de la
personnalité. Le silence
intérieur est un sculpteur discret, voire
même secret qui nous aide à faire de notre
vie une œuvre d’art. Voilà l’accomplissement des
gens qui se tiennent debout tant dans leur humanité
que dans leur foi profonde et authentique.
Yvon
R. Théroux
- L’attention comme
boussole indispensable dans ma vie
« Le recueillement est le fruit de
l’attention, seconde composante de la posture du sujet spirituel.
Aussi est-il d’une importance
primordiale de porter attention à l’attention." Richard BERGERON 1
Dans
notre monde d’aujourd’hui nous entendons parler souvent de
déficit d’attention. Il semble bien que ce soit contraire
à notre capacité de pouvoir comprendre, analyser
et faire la synthèse de ce qui se passe dans notre
environnement habituel qui n’est pas seulement extérieur.
Quand une personne veut observer, elle se munit d’instruments
qui vont l’aider à mieux réaliser ses
observations. Celle qui observe les oiseaux a des lunettes
d’approche qui ont été conçues
expressément pour cette fonction. L’astronome amateur se
procure un télescope parmi les plus performants. Dans le
premier cas, l’observation, pour très bien
réussir, exige le silence le plus complet pour ne pas
interférer dans la vie de l’oiseau observé dans
son habitat naturel (prairie, savane, forêt, littoral
etc.). L’autre observera le silence sidéral des espaces
célestes. Observer, c’est ultimement être
très attentif.
Porter
attention à soi c’est vouloir, dans un premier sens, se
saisir dans sa réalité avec ses forces, ses
potentialités, mais aussi avec ses faiblesses et ses
limites. C’est une observation fort attentive
de qui je suis vraiment. Sans me diminuer, sans me grandir
au-delà de qui je suis. Bref, c’est simplement de faire
la vérité en moi. Une vérité qui
libère quand je suis authentique d’abord avec moi. Car,
comment être vrai avec tous les autres de mon entourage si
je ne suis pas vrai avec moi? La plus grande des libertés
est la liberté intérieure : celle qui me
promeut à une vie meilleure. Je me dis souvent que la vie
est simple, pas du tout compliquée…mais que les humains
ont la fâcheuse manie de la compliquer à souhait avec leurs entourloupettes, leurs
scénarios comiques ou dramatiques ou tragiques, avec
leurs feintes et multiples stratégies, avec leurs
racontars, bavardages et clavardages, commérages et
ragots et je ne sais trop quoi! Et qu’en est-il des autres?
Dans un
deuxième sens, porter attention à soi signifie
être pleinement conscient de la qualité de mes
relations avec autrui qui est totalement redevable à la
qualité de ma propre vie que je prends le temps de polir,
de corriger, d’améliorer toujours dans la
vérité de qui je suis. Pour cela il me faut puiser
intérieurement le meilleur de
moi-même. L’attention est la véritable boussole de
ma vie. Surtout si mon objectif de vie est de toujours devenir
meilleur à mes yeux pour rendre les autres plus heureux.
Je saurai à partir de là inspirer les autres,
humblement et simplement. Et qui sait si cela ne viendra pas
contribuer chez certains à aspirer à devenir vrais
à leur tour? Entreprise difficile, certes, mais pas
impossible. Un défi pour femmes et hommes qui veulent
marcher debout avec fierté et grandeur. La
méditation est un lieu privilégié de
l’exercice de l’attention. Un apprentissage exigeant pour qui
aime la vie en plénitude. Il n’y a pas d’âge
idéal ou prescrit pour entamer d’une nouvelle
manière ou poursuivre le pèlerinage dans cette
existence-ci. Porte toute l’attention nécessaire à
toi. Le reste suivra, car cela relève du spirituel vrai.
1 BERGERON,
Richard, La vie à tout prix! En quête
d’un art de vivre intégral, Montréal/Paris,
Médiaspaul, 2006. 183 p.
(Chapitre 8 fortement recommandé).
Yvon
R. Théroux
- « Le
silence comme un souffle ténu » (Élie)
Chers
jeunes et chères personnes de tous les âges,
J’accepte
aujourd’hui
l’invitation de vos responsables et animateurs d’écrire
une chronique mensuelle liée à l’expérience
de l’intériorité. Parmi toutes les
expériences humaines, elle se situe probablement pour un
grand nombre dans l’ombre de la vie privée,
discrète, voire même secrète. Elle fait
partie de notre vie intime. Elle exprime souvent un besoin senti
ou ressenti quand une réalité s’écroule,
quand l’on se sent dépassé par les
événements, quand on connaît l’échec
ou la perte. Cela affecte et déstabilise notre vie.
Car elle se compose beaucoup d’occupations et
de préoccupations. Il n’est pas du tout naturel de se
sortir du trafic de la vie active des études, de
l’emploi, des engagements sociaux, amoureux, sportifs, et pour
certains, des responsabilités
familiales. On a parfois l’impression que notre vie se
déroule rapidement comme un bon film sans annonces
publicitaires. Le bruit scande nos heures quotidiennes : en
son absence on se munit d’écouteurs avec les fournisseurs
technologiques les plus récents. On est de son temps,
quoi? Aimer la vie, croquer à pleines dents tous les
instants qui la meublent est, certes, un signe de santé
tant au plan physique, que psychologique et spirituel.
Essoufflé, on a parfois simplement le goût étrange
de se retrouver seul, en silence, en paix. Quand on sort d’une
grande ville pour se retrouver dans un paysage inspirant qui
nous calme et nous aide à nous recueillir, c’est que nous
sommes au seuil d’une expérience
d’intériorité. Car se recueillir veut
simplement signifier se ramasser, s’unifier
intérieurement, faire un bilan avant de reprendre la
route. Et cela est aussi un signe de bonne santé. Le silence
facilite ce recueillement. Il est l’étoffe même de
l’Univers.
Le silence extérieur d’un lieu choisi,
pacifiant, en pleine nature ou dans un monastère est de
même parenté. Mais c’est tout un défi que de
provoquer un silence intérieur,
libéré des images, des idées, des
pensées. La rencontre avec l’Auteur de toute vie se
réalise dans le silence. Élie (1R 19, 9-14) en a
fait l’expérience. Dans le bruit d’une brise
légère, Élie reconnut la présence de
Yahvé et non dans le bruit de l’ouragan, du tremblement
de terre ou le crépitement du feu. Remarque tout autour
de toi : le soleil se lève et se couche dans le
silence, la fleur de l’hibiscus voit le jour dans le silence…
Si tu veux aller plus loin
dans cette réflexion, rends-toi sur le site suivant en
cliquant sur MÉDITER : www.meditationchretienne.ca
…et à la prochaine.
Yvon R.Théroux
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