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Actualités sur la vie intérieure

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Ouverte à tous et à toutes, la ressource multimédia RAVI sur l’intériorité se situe dans la voie spirituelle du christianisme. Elle n’a donc aucun lien avec les mouvements ésotériques, les sectes, le Nouvel Âge et tous les groupes dans cette mouvance.

RP Source http://www.grouperavi.org/rp/qdn.html
Manchettes




Non-violence
et traditions religieuses
      
                                                                               
                                                            Yvon R. Théroux

Il y a quelques mois à peine, avait lieu à Saint-Lambert, chez les sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie (SNJM), une rencontre interreligieuse sur le thème de la non-violence. Une expérience exemplaire en milieu chrétien qui réunissait pas moins de 150 religieuses et personnes associées. Qu’avaient à dire sur ce thème, contrariant pour notre époque et controversé pour les non initiés, les représentantes ou représentants de l’hindouisme, du bouddhisme, du judaïsme, du christianisme et de l’islam? Un message similaire sur une valeur fondamentale de l’humanité, la non-violence. Ce fut  une prise de conscience réelle et authentique.

L’humain, quand il perd de vue sa nature animale, est alors souvent pris en flagrant délit d’actions grégaires et instinctives. La solution de la violence colore ses pensées et ses mouvements : L’autorité devient abusive, les relations exacerbées tuent toute confiance et installe la méfiance, le pouvoir s’érige à partir de la force excessive, les préjugés se nourrissent à même la peur et l’ignorance. On exclue beaucoup en se réservant des exclusivités. On bafoue des personnes, sœurs et frères humains, sous le moindre prétexte. C’est la cacophonie, l’anarchie. Le gain du pouvoir, de la richesse, de la notoriété, de la célébrité enivrent les esprits. Après coup, on se pose les questions suscitées par des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité, des agressions ou voire même le génocide. Mais y a-t-il des antidotes à cette maladie grave de l’humanité? Assurément! La non-violence est une solution pragmatique faisant appel à l’intelligence humaine et à sa capacité de se dépasser dans un investissement solidaire et cordial.

La non-violence est d’abord et avant tout une attitude de tout l’humain, corps, cœur, tête, âme. C‘est une disposition de l’être tout entier à exploiter le meilleur de lui-même et à inciter  d’autres à en faire autant. Pour cela il faut avoir intégré le difficile apprentissage d’être vrai avec soi pour l’être ensuite avec d’autres. En termes spirituels et religieux cela fait appel à l’expression faire techouvah (Hébreu), ou au terme grec de métanoïa, ou la conversion…profonde et authentique, véritable retour à l’essentiel.                                                                     

Au cœur de l’hindouisme, du jaïnisme et du bouddhisme l’ahimsâ est un concept qui recommande la non-violence et le respect intégral pour toute vie, humaine et animale. Le terme ahimsâ apparaît pour la première fois dans les Upanishad et dans le Raja Yoga, c'est le premier des cinq yamas, ou les vœux éternels, les restrictions du yoga.  Mohandas K. Gandhi (1869-1948) , en effet, n'a pas « inventé » la non-violence. À son avis, celle-ci s'enracine dans les plus anciennes traditions religieuses, spirituelles et philosophiques qui constituent le patrimoine universel de l'humanité. Dans la perspective de Gandhi, l'ahimsâ, sous sa forme active, s'exprime par la bienveillance à l'égard de tout ce qui vit. C'est l'amour pur. Le christianisme dirait l’agapè Cette réalité va à l’encontre d’une culture fondée sur la seule performance et la concurrence.

Dans le judaïsme, le terme shalom dérive de la racine shin-lamed-mem (ש.ל.ם), qui possède de nombreuses parentés dans les langues sémitiques, et signifie entièreté, complétion, achèvement, bien-être, autant de concepts qui pourraient se résumer dans le mot paix. C'est pourquoi l'usage de shalom dans la Bible hébraïque fait souvent référence à des conditions liées à la paix : sécurité, santé, prospérité des individus et des nations. "Je forme la lumière et Je crée les ténèbres; Je fais la paix...", c'est-à-dire "J'établis le shalom entre la lumière et les ténèbres" Isaïe,45,7.

Dans le christianisme, Jésus a subi la violence sans y répondre, tout en luttant contre les injustices. La non-violence évangélique n’exclut pas, en soi, de possibles conflits, mais elle respecte ultimement  la vie. «Vous avez entendu qu’il a été dit : “Œil pour œil et dent pour dent” (Ex 21,24). Eh bien ! moi je vous dis de ne pas tenir tête au méchant ; au contraire, quelqu’un te donne-t-il un soufflet sur la joue droite, tends-lui encore l’autre… » (Mt 5,38-42). Voilà l’attitude non violente de Jésus dans les Évangiles. Elle est plutôt radicale, et pour certains peu crédible. 

De plus, il est impératif d’ « aimer ses ennemis ». « Vous avez entendu qu’il a été dit : “Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi.” « Eh bien ! moi je vous dis : aimez vos ennemis, et priez pour vos persécuteurs…» (Mt 5, 43-45). La non-violence est  une attitude engagée envers celles et ceux qui la subissent. Elle est un parti pris pour les marginaux, les laissés pour compte, les sans parole.

Dans l’islam, il est d’abord question de miséricorde, de tolérance et d'humanisme. Quand on renvoie tout l’islam au seul concept de « djihad », au sens prétendu et réductif de guerre sainte, on occulte son sens premier, réel et vrai, à savoir "faire des efforts, lutter". Mahomet a expliqué que le plus grand « djihad » est celui "qu'une personne effectue contre soi-même". Si ce concept inclut aussi celui de la guerre défensive, il exclut toute agression contre des innocents, car autrement il serait synonyme d’injustice. Et telle n’est pas la volonté d’Allah, le Miséricordieux..                                                                                          

C’est un éclairage lumineux pour la foi de chacune et de chacun que de saisir et comprendre d’autres traditions religieuses, leurs enjeux et leurs défis. Jésus dit :« Dans la maison de mon Père il y a de nombreuses demeures » (Jean, 14,2). Et lors de la guérison du serviteur d’un centurion, Jésus conclura : « …pas même en Israël je n’ai trouvé une telle foi. » (Luc, 7,9).

 

 



 




 

 



RP Source http://www.grouperavi.org/rp/manchettes_6.html

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