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Actualités sur la vie intérieure

Il est possible de collaborer aux manchettes en nous faisant parvenir vos nouvelles, vos expériences... peu importe vos croyances.



Ouverte à tous et à toutes, la ressource multimédia RAVI sur l’intériorité se situe dans la voie spirituelle du christianisme. Elle n’a donc aucun lien avec les mouvements ésotériques, les sectes, le Nouvel Âge et tous les groupes dans cette mouvance.

RP Source http://www.grouperavi.org/rp/qdn.html
Manchettes


  • Avec le nouveau programme d'éthique et de culture religieuse, n'y a-t-il pas lieu d'être pleinement confiant? 
Alors qu’en France, après deux siècles, la laïcité s’ouvre à l’enseignement du fait religieux (Rapport Stasi), au Québec, le gouvernement met en place un cours d’éthique et de culture religieuse qui entrera en vigueur à l’automne. Celui-ci concerne donc toute personne qui se préoccupe de l’éducation des jeunes et de leur vie spirituelle. Déjà, ceux et celles qui ont pris connaissance de ses fondements et de ses visées en reconnaissent le mérite et la valeur. 

 Les gouvernants affirment : « L’instauration d’un programme commun d’éthique et de culture religieuse pour tous les élèves du Québec prend racine dans la volonté du gouvernement de servir au mieux l’intérêt de tous : les élèves, les parents, le personnel scolaire et l’ensemble de la société. »
(Document : La mise en place d’un programme d’éthique et de culture religieuse – Orientation d’avenir pour tous les jeunes, Gouvernement du Québec, Ministère de l’Éducation, du loisir et des sports. 2005)

Les Québécois et les Québécoises ont donc toutes les raisons de miser sur les promesses de ce programme novateur. Il y a là assurément un grand espoir… mais il est fragile. Un optimisme béat n’arrangerait rien. Au contraire, en étant conscient des faiblesses, il sera possible de corriger le tir pour une parfaite réussite. Voici quelques points problématiques : 

PREMIÈREMENT, pour imposer ce programme, les gouvernants ont fait fi de la démocratie. Plutôt étrange de la part de personnes qui se réclament de la laïcité. Une majorité de parents ne souhaitaient-ils pas le maintien du choix entre l’enseignement moral et religieux? Selon la journaliste Katia Gagnon :

« Les Québécois, c’est manifeste, tiennent à ce que leurs enfants conservent une certaine culture religieuse. Ils veulent que leurs bambins sachent qui est Jésus, connaissent le message qu’il a transmis et réalisent à quel point la foi catholique a marqué l’histoire du Québec. »
( GAGNON, Katia, L’enseignement religieux que veulent les Québécois, art. La Presse du 6 mai 2005)

La priorité n’a-t-elle pas plutôt été accordée aux intérêts politiques et à certains groupes de pression? Il faut dire que les catholiques et les chrétiens, majoritaires au Québec, ont souvent l’habitude de se considérer et d’agir comme s’ils étaient une minorité.

DEUXIÈMEMENT, dans l’élaboration du dit programme, il y a l’erreur d’avoir écarté les autorités religieuses des grandes traditions spirituelles : catholicisme, protestantisme (évêques), judaïsme (rabbins), bouddhisme (bonzes), islamisme (imams), spiritualité amérindienne (ainés). S’agit-il là d’un relent du laïcisme revanchard qui a des comptes à régler avec le religieux? La nouvelle laïcité se sent-elle trop facilement menacée? Sinon, pourquoi se priver de l’expérience et de la compétence de ces leaders? Avec eux, il y a un lien essentiel à tisser pour une collaboration féconde entre le pouvoir civil et le pouvoir religieux. Chacune de ces autorités ne doivent-elles pas manifester le « vivre ensemble » qu’elles prêchent aux autres?

Faut-il le répéter, une authentique laïcité ne peut admettre, sous aucun prétexte, que les autorités civiles rejettent ou ignorent les autorités religieuses et vice versa. Certes, dans l’histoire il y a eu des faux pas, des abus d’une partie sur l’autre. Peut-on espérer mieux en ce troisième millénaire?

TROISIÈMEMENT, il y a le manque de temps pour former le personnel enseignant. Voilà ce qui peut mettre le plus en péril la réalisation de ce programme. Durant les dernières décennies, que de prometteuses réformes scolaires ont échoué parce qu’on n’avait pas accordé le temps nécessaire à la formation. De plus, la mise en place de ces cours va s’inscrire dans une réforme boiteuse et souvent contestée dont les jeunes servent de cobaye. C’est là la plus grande appréhension de nombreux observateurs de la vie scolaire. 

Ajoutez à cela le fait qu’il y aura seulement environ 37 heures de cours par année. Très difficile de susciter un intérêt soutenu chez les élèves et de leur faire croire que cette matière est importante. Très difficile, pour ne pas dire illusoire, de penser livrer un enseignement significatif qui couvre un champ d’apprentissage aussi vaste que celui de l’éthique et de la culture religieuse. D’ailleurs, allons-nous tenir compte du climat social où naîtra cet enseignement? Selon le sociologue et théologien Jacques Grand’Maison :

« À quoi bon un petit programme scolaire de culture religieuse si l’univers médiatique quotidien est truffé de jugements négatifs rédhibitoires sur la religion ici au Québec, particulièrement (…) Eh! Oui, il y a des préjugés antireligieux doublés d’ignorance, aussi déraisonnables que des croyances aveugles. »
(GRAND’MAISON, Jacques, Pour un nouvel humanisme, Montréal, éd. Fides, 2007, p 54) 

QUATRIÈMEMENT… Et que dire du déni de la pédagogie particulièrement au primaire en confrontant  l’enfant à une multitude de croyances. Bien sûr, dans les grandes villes, cet enfant est plongé dans la diversité religieuse. Mais ce jeune vit aussi dans un entourage où l’on parle espagnol, italien, anglais, arabe, allemand, etc. Faut-il pour autant lui faire apprendre toutes ces langues dès le début du primaire? 

CINQUIÈMEMENT : Pourquoi faire vite dans ce projet? Où est l’urgence après quatre siècles? Pourquoi a-t-on fixé une si brève échéance? Et si c’était principalement, pour ne pas dire uniquement, pour des raisons politiques? Malheureusement, celles-ci l’emportent trop souvent sur le souci des jeunes. Pour l’avenir, ne faudrait-il pas dépolitiser l’éducation?

« Malheur à l’État (…) qui pourrait prendre, à lui tout seul, le monopole de l’enseignement! »
(FERRY, Jules, Discours devant l’Association philotechnique en 1882)

EN GUISE DE CONCLUSION… Il en résulte que c’est le personnel enseignant qui devra se débrouiller comme le font les animateurs/trices à la vie spirituelle et à l’engagement communautaire dont certains doivent travailler dans 6, 9 et même 23 écoles. 

Devant ces lacunes, les dirigeants ne doivent-ils pas revenir à une saine laïcité où les autorités civiles et les autorités religieuses laissent leur guerre de pouvoir pour unir leur force au service de la population? S’il y a tout lieu d’avoir pleinement confiance en ce programme et d’en relever ses défis, la vigilance est de mise. 

Heureusement, tant dans ce nouveau programme que dans l’animation à la vie spirituelle, il sera toujours possible D’ÉDUQUER LES JEUNES À L’INTÉRIORITÉ.



 

 

 
 



 


 

RP Source http://www.grouperavi.org/rp/manchettes_2.html

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